I. L^ Ami et l'Aimé^ i5i
a. Id., 33i.
s'élevaitdelavueclesarbresdelaforètà cette curieuse théorie des seize arbres de la science, depuis les arbres élémentaire et ('e^»'eto/jusqu'à celui de l'Éternité. Et il avait les bases d'une des premières classifications des sciences.
Lorsque, quittant les solitudes et les âpres sentiers, il suivait le grand chemin, il y rencontrait des hommes qui étaient allègres, riaient, chantaient et vivaient en joie et divertissement. Alors il implorait les vertus qu'il portait dans son cœur et leur demandait si, sur cette terre, il y a plus de motifs pour rire que pour pleurer; les vertus lui répondaient qu'il y en a davantage pour pleurer, car il y a plus d'infidèles que de fidèles, car il y a très peu de gens qui espèrent en Dieu et aiment leur prochain*.
Il rencontrait aussi quelques pèlerins qui, comme lui,'supportaient des adversités sans nombre, l'excès de chaleur et de froid, et allaient toujours à pied par des plaines et des montagnes inhabitées. Mais il en voyait surtout qui allaient à Montserrat et à Rome comme en voyage d'agrément, accompagnés de serviteurs, avec des voitures chargées de vivres et de barriques de vin; ils étaient vêtus de beaux habillements et montraient des bijoux, et ils envoyaient des hommes dans les bourgs où ils devaient passer, retenir les meilleures chambres des auberges, faire préparer les lits avec de fins draps blancs et des rideaux ornés; c'étaient les amants qui mettent leur honneur à rechercher la vaine gloire, gros pour avoir trop mangé, trop bu et trop dormi, et il voyait