V Ami et V A'imé
en eux la tlanmalion*. « Seigneur, disait-il, lorsque tu vins en ce monde pour nous chercher, tu ne vins pas h cheval, mais tu marchas pieds nus, et tu portas des clous à tes mains et à tes pieds lorsque tu fus crucifié, et sur la tête tu portas la couronne des épines qui pénétrèrent dans ta chair*. »
Aussi, aimait-il mieux vivre parmi les arhres et les oiseaux innocents et retournait-il volontiers auprès d'eux. Il fuyait surtout les cités et les cours des princes parce que « les hommes qui aiment l'argent, les femmes, les viandes délicates, les beaux vêtements, la vie tranquille, les maisons, la seigneurie, y sont en plus grand nombre que ceux qui aiment l'Aimé mieux que nulle autre chose ^. »
Lorsqu'il fallait les traverser, « il y voyait tant de maux et de péchés qu'il se sentait tout malade du déplaisir qu'il en ressentait* ». Dans les cours il voyait des vanités et des iniquités, dans les tribunaux, des juges et des avocats fourbes. « Dans une grande cité, il vit des hommes lettrés qui savaient la vérité et ne la montraient pas à ceux qui étaient dans l'erreur, et ceux-ci mouraient infidèles et hérétiques par ignorance de la divine doctrine^. » Une sainte colère l'animait contre ces savants qui prostituaient la science, se servaient d'elle pour propager le mal et aider Satan à la perdition du monde; mais sa pitié grandissait envers les victimes qui mouraient dans l'erreur parce qu'elles ne rencontraient point