‹ Le Bienheureux Raymond Lulle (1232-1315)Chapitre 47 sur 60 · I. Deut., 6, 5. Math., aa, 36. Marc, 12, 3o. Luc · texte numérisé non relu

I. Deut., 6, 5. Math., aa, 36. Marc, 12, 3o. Luc

plutôt l'aurait détruite : « Moi qui suis vrai catholique, dit-il, j'entends prouver les articles non contre la foi, mais moyennant la foi, vu que sans elle je ne pourrais rien prouver. Les articles appartiennent à un ordre supérieur, mon intelligence à un ordre inférieur; et la foi est un état par lequel l'intelHirence s'élève au-dessus de ses forces. Je ne dis pas que je prouve les articles de la foi par des causes; Dieu n'a pas de causes au-dessus de soi, mais je les prouve dételle façon que rintelligencenc puisse raisonnablement nierles raisons produites ».

Lulle ne cherche donc pas à édifier une doctrine religieuse à l'aide seulement de la science; il est le chrétien qui par la foi croit que Dieu est, et, ensuite, parla philosophie comprend que Dieu est.

« La foi est sur l'entendement comme l'huile sur l'eau », aimait-il à répéter, et, se servant, selon sa coutume, d'exemples familiers, il ajoutait : « L'entendement est semblable à un homme qui monte par une échelle. Sur le premier échelon il posed'abord le pied de la foi, puis celui de l'entendement, lorsque le pied de la foi est sur le deuxième, et il va ainsi montant. La fin de Feuteudement n'est pas de croire, mais de comprendre*; mais il se sert de la foi comme d'un instrument. La foi est un milieu entre l'entendement et Dieu ».

Et encore, dans son Livre des démonstrations admirables : « Il est certain que l'erreur est mieux détruite par les raisons nécessaires que par la foi ; c'est parce que l'entendement et la lumière de la sagesse ■ conviennent pour comprendre, tandis

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