‹ Le Bienheureux Raymond Lulle (1232-1315)Chapitre 57 sur 60 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

n être pas reconnu et arrêté en chemin ' ». Il prit un costume arabe, et, comme il connaissait bien la langue des infidèles, il put séjourner h Tunis et s'y livrer à une propagande occulte pendant quelques mois. Les conversions qu'il opérait ne tardèrent pas à être connues et à inquiéter les autorités; on fit rechercher le hardi chrétien qui, ne pouvant plus poursuivre h Tunis son œuvre de propagateur du Christ, partit pour Bougie, où il avait débarqué. Il ne fuvait un danger que pour retourner au-devant d'un autre, car en Algérie on n'avait point perdu la mémoire du prophète chassé avec des menaces de mort. Il voulait v revoir quelques sarrasins, ses anciens néophytes, en convertir d'autres et offrir de nouvelles âmes au paradis. Comme à Tunis, « il voulut se déguiser pour nêtre pas reconnu en chemin; mais il ne put cacher les pleurs de ses yeux ni la maigreur et les pâleurs de sa face, ni les pensées, les plaintes, les soupirs, la tristesse et les langueurs de son âme.... »

Il ne put cacher son éloquence qui l'avait rendu célèbre et redoutable dans tous les pays des infidèles; la première fois qu'il parla sur la place publique, a // fut reconnu et pris et livré aux tourjuents par les ennemis de son Aimé ».

Traîné devant les magistrats, il fut condamné à mort et exécuté sur-le-champ. Le Docteur illuminé fut frappé à la tète de deux coups d'alfange, et livré à la populace, qui le lapida.

La nouvelle de son supplice se répandit rapidement parmi des chrétiens qui étaient venus irafi-

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