‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 23 sur 108 · L. Guiraud, Les Fondations^ etc., t. III, p. i · texte numérisé non relu

L. Guiraud, Les Fondations^ etc., t. III, p. i

2. Cartulaire. de l'Université de Montpellier, 1. 1, pp. 296 et suivantes.

peuventvenir interroger, discuter; amis et envieux ont droit de suffrage. Aujourd'hui le candidat a devant lui sept des plus fameux docteurs en décrets. Il se recueille, pose ses points, les développe et joute brillamment dans une discussion serrée. Puis il se retire avec son parrain, Paul de Deaux, pour les laisser délibérer. Mais, parce que, sur son mérite, l'unanimité absolue des votes s'est faite, il l'apprend presque aussitôt de la bouche du délégué épiscopal, dans les termes les plus flatteurs. Ses compatriotes, ses condisciples, ses amis sont là, l'entourent, le félicitent. L'épreuve sérieuse est terminée ; l'examen public ne sera que « l'acte triomphal » et « le solennel début » régléspar le protocole.

Par tout le Studium, depuis neuf heures du matin, un millier d'étudiants sont répandus dans les auditoires. Tout à coup, du haut de la tour Sainte-Eulalie, la cloche, à pleines volées, détermine leur prompt exode. On se groupe, on s'ébranle. Sur les pas dés deux moines, le licencié et son parrain, chaque docteur s'avance entre deux bacheliers ou écoliers. Revêtus de manteaux blancs, bruns ou écarlate, étroitement fermés, les professeurs viennent ensuite. Tout ce cortège, silencieux et grave, glisse à travers l'encombrement animé des étaux de marché, et pénètre dans le sanctuaire qui leur doit son nom de Notre-Dame des Tables. A une argumentation rapide le vote succède Dès qu'il est proclamé, frère Guillaume prête serment à l'évêque en la personne de son délégué, reçoit de lui licence d'enseigner. Puis son parrain lui confère, sur sa demande, les insignes du doctorat : il le fait asseoir dans la chaire, lui tend le livre, lui impose le bonnet; il lui donne le baiser et la bénédiction. Aussitôt le nou-

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