‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 24 sur 108 · AFFECTION DU BIENHEUREUX POUR MONTPELLIER · texte numérisé non relu

AFFECTION DU BIENHEUREUX POUR MONTPELLIER

veau docteur lit un décret, afin de montrer qu'il a droit d'enseigner partout : uhique terrarum. Enfin il se dirige vers l'autel, se prosterne pour la prière et termine par une oblation.

Professeur goûté au-dessus de tous les autres, Gruillaume de Grimoard devint aussi le conseiller attitré des consuls de Montpellier. On possède encore les consultations juridiques qu'il signa avec quelques-uns de ses collègues, et l'une d'elles * n'a certainement pas été sans influence sur la vente de Montpellier au roi de France par Jacques III de Majorque.

Au temps de ces études et de ce professorat, il appartenait, on le sait, à l'ordre de Cluny. En religieux fidèle, il ne manquait pas d'en joindre la qualification à ses titres scientifiques. Il ne semble donc pas douteux que, dans la mesure où il pouvait déserter la colline Sainte-Eulalie, il n'ait souvent partagé la vie des religieux de Saint-Pierre de Clunezet, établis au xii^ siècle par Guillem VI sur les bords du Lez 2,

De tout cela le Pape se souvenait, lorsque, écoutant les délégués des Montpelliérains, il répondait par ses faveurs aux doléances des Universités de Médecine et de Droit, des consuls et des marchands. . Car la ville n'était plus ce qu'il l'avait connue jadis. Trois mois d'une mortalité qui frappa souvent cinq cents personnes par jour, l'avaient irrémédiablement décimée en i36i. La fureur des routiers ou la nécessité de se défendre d'eux avaient amené la dévastation des faubourgs. Le collège des Cent-Moi-

I. D'Aigrefeuille, Histoire de Montpellier, 1. 1, p. i3i. a. L. Guiraud, tin monastère clunisien à Montpellier.

nés, Studium générale de l'Ordre des Carmes, était rasé. Maîtres et écoliers désertaient les auditoires en ruines : l'Université de Droit ne comptait plus que deux cents écoliers, celle de Médecine une trentaine seulement 1. Les commerçants les plus riches étaient réduits à la pauvreté.

A chacun de cesmaux Urbain V porta remède.

Mais, surtout, il se préoccupa des écoles. Il commit la réforme de l'Université de Droit à un de ses anciens membres, le lozérien Raymond de Canillac. Afin de réparer l'injustice de certains professeurs locaux envers un étudiant provençal, il envoya un étranger, Gilles de Saint-Munion, prévôt de Lérida, lui confia une chaire de droit civil, le défendit contre la jalousie de ses confrères. De même, il accréditait à l'Université de Médecine le cardinal de Saint-Marc, comme médiateur dans le conflit entre les professeurs Jean Jaume et Jean de Tournemire. A la Faculté des Arts, qui se mourait, il fournit des maîtres éminents. Il se laissait solliciter pour Térection ofiicielle de la Faculté de Théologie. Il favorisa le recrutement des écoliers, en approuvant la fondation du collège Saint-Ruf par son frère, en assurant Texécution de celui de Pézenas, en provoquant la reconstruction de celui des Carmes. Surtout il réalisa un ensemble de fondations personnelles 2, si considérable par ses résultats que ce Pape restera toujours le plus grand bienfaiteur de l'Université de Montpellier.

1. Cartidaire de L'Université, de Montpellier^ t. I, pp., 45o et

2. Voir, pour tout ce qui se rapporte à ces fondations, les trois volumes que M"eL. Guiraud y a consacres à l'époque du sixième centenaire de l'0niversité de Montpellier : Les Fondations du pape Urbain F à Montpellier.

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