‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 34 sur 108 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

URBAIN V RESTAURE ET EMBELLIT l'ÉGLISE DE SAINT- VICTOR, DONT IL AVAIT ÉTÉ ABBÉ. IL VISITE

MARSEILLE ET CONSACRE l'aUTEL DE l' ABBAYE.

Parmi les félicitations des peuples parvenues au nouveau Pontife, se firent remarquer les hommages vibrants des Marseillais. Le grand événement de la nomination d'Urbain V les touchait de plus près que les autres et faisait rejaillir sur leur cité, d'origine grecque, une gloire sans pareille. Jamais aucun de leurs concitoyens n'avait obtenu les honneurs de la Papauté, et voilà qu'un Marseillais de cœur, sinon de naissance, atteignit ce summum de toute dignité.

Marseille fière, enthousiaste, cordiale, s'empressa d'envoyer, le 3 novembre 1862, une ambassade solennelle à Avignon pour complimenter, des premières, son fils d'adoption, le chef bien-aimé de l'abbaye de Saint- Victor.

Les ambassadeurs furent si bien reçus que, quelques jours après, le 12 novembre, d'autres députée viennent solliciter le pardon du Pape pour les navires^ chargés de blé, enlevés violemment à l'Aumônerie apostolique.

A peine se furent-ils prosternés aux pieds du Souverain Pontife, et eurent-ils fait agréer les sentiments d'estime de la ville, qu'Urbain V les releva, les écouta avec une patience infinie, et leur dit, avec un accent de bonté intraduisible : « J'aime Marseille, j'aime vos concitoyens, clercs et laïques; je les porte tous dans mon cœur, et je ferai tout pour leur être agréable. Je veux que la Chambre apostolique demande et obtienne seulement le prix du blé volé. 11 n'est pas question d'intérêts ni de dommage. Les frais que vous avez payés seront défalqués de la dette et, quant, à la somme que vous devez verser, on vous donnera le temps nécessaire. Dites à la ville de Marseille qu'il ne sera point porté d'interdit contre elle, je vous le garantis; et, si quelques-uns ont encouru l'excommunication pour ce vol audacieux, je suis prêt à les en relever * ».

En parcourant ce qui nous reste des délibérations municipales, nous voyons, à chaque instant, les Marseillais députés auprès du Pape pour des questions de tout genre; demandes de grâces, distributions journalières de pain à la porte de Saint- Victor, pétitions de dignités et de prélatures en faveur des amis de la ville, réclamations contre le sénéchal, avec prière d'intervenir efficacement dans le conseil de la reine, admission gratuite d'étudiants aux Universités!... Urbain V accueille avec la même bonté et accorde tout ce qui est en son pouvoir, toujours pour le même motif, l'attachement qu'il a pour sa chère Marseille. Souvent même il prévient les désirs; c'est ainsi qu'il fait don de deux galères,

I, Délibérations communales du i3 décembre iSôa.

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