‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 35 sur 108 · URBAIN V RESTAURE L'ÉGLISE DE SAINT-VICTOR · texte numérisé non relu

URBAIN V RESTAURE L'ÉGLISE DE SAINT-VICTOR

qu'il prête huit mille florins pour nettoyer le port qui était dans un étal affreux *.

Marseille tenait beaucoup à obtenir un privilège, connu sous le titre De non extrahendo, qui épargnât à ses habitants l'ennui d'être cités devant des tribunaux étrangers, privilège très important pour des hommes de commerce, dont le temps est précieux. Le Pape accorde, et les termes de sa lettre doublent la valeur de la concession (2 août i364).

Un lien existait qui resserrait cette union cordiale entre Marseille et le Souverain Pontife : c'était l'abbaye de Saint- Victor ! Le cœur d'Urbain V s'était attaché à ce berceau, à ce nid où il avait pris naissance à la vie religieuse et, pour moins soujffrir, il trompait son aflPectîon en se regardant toujours comme abbé de Marseille.

Pendant quelque temps même il n'établit à Saint- Victor que des procureurs 2. En parcourant ses bulles pleines de sollicitude, nous voyons le Pape, sensible et bon, tracer les limites de l'abbaye, soustraire les moines, les lieux, l'église, à toute juridiction laïque et ecclésiastique, procurer le bien spirituel des religieux, développer leurs connaissances intellectuelles, rétablir l'observance régulière, refaire^ embellir, fortifier cette vieille maison-mère.

L'observateur, le pèlerin qui visite la vénérable église de Saint-Victor, distingue aisément, dans les constructions noircies par le temps, la signature de plusieurs siècles. Sans parler des basiliques inférieures, qui, en certaines parties, ont quelque chose

1. Délibérations du 18 mars, du i4 novembre, du 11 décembre .i365, du 24 mars i363. ~

2. Guillaume de l'Orme, Eons de l'Orme; le premier avait été prieur de Chirac, le secoad, cellerier de Saint- Victor.

du parfum antique et des ruines des premiers temps le porche actuel et sa tour semblent un reste de Iî belle période romane.

Postérieurs sont plusieurs nefs et des remanie ments divers que nous ne pouvons décrire ici. Maii ce que nous précisent les registres d'Urbain V, c'es la réfection des transepts, la création d'une nouvelL abside et la bâtisse d'une tour très fortifiée 1. Cett< tour prodigieuse a plusieurs étages, où peuvent êtr< placées plus de vingt cloches, nous l'avons considérée dans un vieux dessin d'un superbe aspect. Ei lisant le manuscrit du Vatican, édité par Baluze, e récemment par M. Ulysse Chevalier, nous avons un< étonnante confirmation de « l'existence de ces muri élevés, de ces tours hautes qui font le circuit di monastère et de l'église restaurée par Urbain V»

Avignon donnait l'exemple aux villes de Provence et à tous les monastères importants. A cause dei guerres qui désolaient si fréquemment nos contrées tous les châteaux-forts, toutes les abbayes, tout c< qui avait nom castrum ou ville s'entourait de muri épais, de gigantesques fortifications, de rempart! crénelés.

Les grands travaux entrepris à l'abbaye, à l'église à la salle d'armes garnie de meurtrières étant sur h point d'être achevés, le Pape se préparait à venir lei visiter ; mais il voulut auparavant se faire précède] de nouvelles marques de sa munificence et des témoignages éclatants de sa piété envers les saints d( ce lieu si vénérable.

Il envoya à Marseille des joyaux, des tapisseries.

I. De novo sedificatur novum et pulchrum caput, cum turr fortissima. — Archiv, de Saint-Victor, Registre 23 qualer.

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