‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 53 sur 108 · URBAIN V APPROUVE DE NOUVEAUX- ORDRES · texte numérisé non relu

URBAIN V APPROUVE DE NOUVEAUX- ORDRES

rendirent les métropolitains de Narbonne, de Toulouse et d'Auch, avec leurs suffragants. « L'excommunication est fulminée contre ceux qui s'enrôlent dans les compagnies si fréquentes en Languedoc et Gascogne. Toutes les sociétés civiles ou' religieuses quîprésenteront une organisation pareille à celle des compagnies seront dissoutes. Ceux qui, après avertissement régulier, n'assisteront pas au sacrifice de la messe les dimanches et fêtes seront excommuniés. Les Juifs porteront des habits particuliers qui les fassent reconnaître des chrétiens. Le luxe des souliers et des coiffures est banni ici comme ailleurs, etc. . . » .

En se séparant, les Pères de ce concile durent, suivant l'usage, adresser au Pape le texte de leurs canons pour en demander l'approbation. Dans sa réponse, Urbain V relève un abus très grave, qu'on lui avait signalé. Il réprimande les évêques qui prêtaient aux seigneurs de fortes sommes d'argent appartenant à leurs églises, sommes que les seigneurs ne restituaient pas toujours. La défense pontificale devait être affichée à la porte de toutes les églises, si les évêques le jugeaient convenable.

Rien n'échappait à la sollicitude du Pontife. Après avoir pourvu, comme dans les statuts synodaux d'Avignon^, à l'administration des sacrements, à la réforme des clercs, aux bonnes mœurs des laïcs, le voilà maintenant souriant à la naissance de plusieurs Ordres religieux.

L'Ordre des Jésuates, fondé par le bienheureux J ean Colombini, recourut à Urbain V pour le prier de sanctionner ses règles.

Dans la ville de Sienne, en face de ces campagnes

I. Le parchemin contenant ces statuts est à la Bibliothèque Calvet, Avignon.

ouvertes aux largues rayons du soleil italien, était venu au monde Jean Colombini. Plein de savoir, environné d'honneurs, il avait renoncé à tout pour se consacrer au service des pauvres de l'hôpital. Celte petite ville, que n'avait point corrompue la civilisation supérieure de Florence, comptait un grand nombre de malheureux. Emu des misères des pauvres qui s'amassaient à la porte des églises, François d'Assise, prenant le chemin de Rome, essaya de consoler, en priant et en aimant, l'humanité réduite à la douleur. A son tour, Colombini, son voisin de patrie, voyant l'homme luttant dès le berceau contre la maladie et la souffrance, se dévoua k toutes les infirmités. Laissant la nature riante de son pays de lumière et comme parée des grâces exquises d'une matinée d'avril, il s'enferme dans les hospices, marchant pieds nus, se vêtant de misérables habits, formés de mille pièces. Les compagnons de Jean Colombini, le peuple les appela Jésuates, parce qu'ils avaient sans cesse à la bouche ces mots : Loué soit Jésus-Christ !

Leur indigence extrême ayant paru une singularité, et leurs opinions étant devenues suspectes à quelques-uns, ils désiraient obtenir du Saint-Père la confirmation de leur Ordre. Il la leur accorda sans peine. Les cardinaux Sudre et de Grimoard leur furent très favorables, et, quand le premier se fut convaincu, par un sérieux examen, de la pureté de leurs principes, du noble but de leur mission, de la sainteté de leur vie, le Bienheureux Urbain agréa leur supplique. Cependant il voulut changer leur habit et leur donna, à ses frais, des tuniques blanches, ce qui les fit appeler les Pauvres du Pape.

Ils ne voulurent point d'approbation solennelle et

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