I. Reg. Urb
enfin le désir que vous avez de notre amitié, vous inspirer de la modération et l'amour de la paix* ».
Urbain V, qui avait eu tant de peine à réconcilier les Pisans et les Florentins, en eut davantage encore à pacifier le Milanais.
Après la trêve de 1 363, Bernabo, furieux contré l'Église, se prépara à reprendre la lutte. Les rois d'Europe se liguèrent cette fois contre lui et l'audacieux révolté eut la prudence de conclure la paix avec le Pape, le 3 mars 1 364 ^. Dans sa haine pour son vainqueur, il y mit des conditions pénibles pour la Papauté. Le légat Albornoz dut être remplacé et éloigné. Quelle figure que celle de ce cardinal diplomate, guerrier, législateur, obligé de s'effacer devant la victoire définitive!
Le cardinal Androin reçut la légation de Bologne, Forli, Ravenne; le cardinal Albornoz, les Marches, rOmbrie, la partie méridionale de l'Italie.
A Milan, on fit fête au nouveau légat; la justice, le droit glorifièrent davantage celui qui, pour le bien inestimable de la paix, accepta sa disgrâce avec une grandeur d'âme antique. Quand Urbain V se résigna à faire savoir à Albornoz ce que les malheurs des temps exigeaient de lui, celui-ci répondit tout de suite, en soldat discipliné, qu'il obéissait. Et il partit, à l'improviste, pour l'Ombrie avec des troupes fidèles^, entra dans Assise , en expulsa les Pérusins , rendit cette ville à l'Église.
Ainsi le Saint-Siège, par la politique, pleine de sagesse, d'Urbain V et d'Albornoz, avait reconquis tout son domaine temporel. Divisant leurs enne-