‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 59 sur 108 · I. Arch. Vat., reg. 245, f" i68 v · texte numérisé non relu

I. Arch. Vat., reg. 245, f" i68 v

146r LE BIENHEUREUX URBAIN V.

compagnies continuent leurs ravages, principalement dans les sénéchaussées de Toulouse, de Carcassonne et de Beaucaire. N'ayant pu les intimider par les préparatifs de guerre, Urbain V essaya de la bienveillance. Il ne réussit pas davantage. C'est alors qu'il a recours à la dernière arme qui lui reste. En même temps qu'il accorde des indulgences aux bienfaiteurs et défenseurs de la Ligue, il lance l'excommunication contre toutes les compagnies qui ne se seraient pas dispersées dans un mois ou n'auraient pas réparé les dommages causés ^. La guerre finie, ou du moins apaisée, entre Charles V et Charles de Navarre, entre le comte de Foix et le comte d'Armagnac, entre Jean de Montfort et la veuve de Charles de Blois, toutes les provinces françaises subissaient une recrudescence des routiers. On intercéda auprès du roi d'Angleterre et de son fils pour qu'ils consentissent à unir leurs efforts à ceux d'Urbain V et du roi de France. Guy de Prohins, gouverneur de Montpellier, se rendit auprès du prince de Galles, en vue d'aviser à l'expulsion des détestables compagnies. Bertrand Duguesclin, comte de Longueville, vint aussi trouver le même prince, au nom du Pape, afin de l'intéresser à cette œuvre.

L'empereur Charles IV arriva, sur ces entrefaites, à Avignon. C'était le aS mai 1365^. Rien de plus opportun que de mettre à profit son voyage pour obtenir de lui son adhésion. Le duc de Bourgogne, qui n'avait cessé de voir son duché envahi depuis le traité de Brétigny, voulut se rendre favorable l'emp'ereur et lui fit une visite. De son côté, le roi de France envoya à ce monarque l'archevêque de Sens,

I. Arch, Vat., reg. 261, i» 112, 27 mai i364. a. Secunda Fita.

l'évêque de Nevers et Guillaume de Dormans, chancelier du Dauphiné, pour parler de l'envoi de routiers en Hongrie*. Au surplus, Raoul de Loupy, gouverneur du Dauphiné, alla au-devant de Charles IV autant pour protéger sa suite que pour lui faire plaisir. Il l'accompagna à Avignon, à Arles et dans le comté de Savoie.

Pendant son séjour à la Cour papale , on prodigua à l'empereur réceptions, solennités, honneurs. Les seigneurs allemands, les princes français, les cardinaux s'unirent à Urbain V pour donner aux fêtes d'Avignon le plus de majesté possible.

Le jour de la Pentecôte, il assista à la messe pontificale en habits impériaux, le diadème en tête et le sceptre à la main.

Des entretiens qui s'échangèrent entre le Pape et l'empereur naquirent les plus heureux résultats. Charles IV promit de subvenir aux frais des routiers jusqu'à leur entrée en Hongrie, et ofiFrit les revenus de son royaume de Bohême pendant trois ans.

Le Saint-Père, tout content, envoya auprès du roi de Hongrie le maréchal d'Audrehem, puis négocia avec les compagnies, afin qu'elles fussent prêtes à partir, sitôt les ordres arrivés. Les négociations traînèrent en longueur. Les capitaines ne voulaient pas entendre parler d'une expédition en Hongrie et ensuite en Turquie, quelques sommes qu'on leur proposât. C'étaient là des pays lointains et inconnus, d'où ils craignaient de ne pouvoir plus sortir, en cas d'une défaite ^.

I. Le roi de Hongrie les demandait à Urbain V et au roi de France pour les lancer contre les Turcs, avec qui il « guerrioit et qui lui portoienl moult de damages », dit Froissarl.

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