lier italicum
3. Le Petit Thalamus distingue les galères d'un mot caractéristique. Celles de Gênes avaient à leur tête le frère du doge « am motz embayssadors, savis e mot ben ornatz. E en aquelas de la Regina ïohana de Nappls era Capitani lo comte Gamarlenc, et en cascuna galea de la Regina avia i comte e i baron am mota cavaleria ben ornada » .
Le lendemain, jeudi, on reprit la mer, et on s'arrêta à Port-Olive, près de Nice, où l'on dormit.
Vendredi, 21 mai, la flotte arriva au petit village de Saint-Etienne. La mer étant belle, le Pape voulut descendre à Albenga, le samedi, et le dimanche à Gênes.
Cette ville fit éclater les plus vifs transports de joie à l'aspect du Pontife. On eût dit qu'elle voulait lui offrir comme une fleur d'allégresse de l'Italie entière. Muratori rapporte l qu'une immense vague humaine s'était jetée sur le rivage. Des drapeaux blancs flottaient sur les arbres et aux devantures des maisons. Plus de mille personnes se couvrirent d'étoffe de cette couleur, escortèrent le Pape « am i sollempne papelhon » et l'acclamèrent. Urbain V demeura cinq jours à Gênes, chantant des messes et pacifiant la noblesse avec le peuple. Il rendit visite à la maison bénédictine dite « du Paradis », qui se trouvait près de la mer, et « donet perdon de VII ans et VII quarantenas ».
Le 28 mai, il quitta Gênes avec ses cardinaux et vint se reposer trois jours à Porto-Venere, « car fazia orre temps de pluoia » . Au soir du 3 1 mai, il y eut halte à Salsadas.
Le i" juin, on amarrait dans le port de Pise, mais Urbain V n'osa descendre à terre, à la vue du doge qui avait amené une cavalerie nombreuse et trop bruyante 2.
Piombino, petit port voisin, retint jine journée les
1. Muratori, t. XVII. Chronique italienne des événements ecclésiastiques.
2. D'après le Petit Thalamus^ Urbain V changea de galère pendant le trajet et, pour faire plaisir, monta un peu avec tous, encourageant, récompensant, bénissant.
illustres navigateurs et les voilà tous en face de Corneto, le jeudi 3 juin.
Le port de Corneto ne touchait pas immédiatement à la ville. C'est pourquoi on avait disposé, dans la petite plaine qui fait suite aux rochers, les pavillons de soie et les arcs de verdure, les banderoles bariolées et les bouquets de fleurs. Un pont élégant, orné de riches tapis, s'avançait dans la mer et faisait communiquer la terre avec les navires.
L'auteur de Vlter italicum, en disant que Corneto était du patrimoine de l'Eglise, fait une réflexion curieuse : il appelle ce lieu le commencement de l'Italie ! Il est certain qu'à Corneto le spectacle fut magnifique enla matinée du 4 juin. Au premier rang des notables et seigneurs de l'Etat pontifical, devançant les évêques et les députés de toutes les villes d'Italie, qui avaient amené sur la plage un peuple immense, se présenta le cardinal iËgidiusAlbornoz. La fièvre le minait, ce vieillard triomphateur, mais lui, qui avait fait les préparatifs de cette fête, ne manqua pas de se traîner jusqu'aux pieds du Souverain Pontife, pour le saluer de tout son cœur. Un concert unanime de louanges partait de toutes les bouches. Les députés de Rome se firent remarquer par l'offrande des clefs du Château Saint-Ange. Les Jésuates se distinguèrent par leurs acclamations enthousiastes.
Ces religieux, ayant à leur tête Jean Colombini, appartenaient presque tous aux plus grandes familles de la péninsule*. Illustres par leur savoir et leur naissance, ils l'étaient encore davantage par leur humilité. Ils accoururent préparer les apparte-