‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 77 sur 108 · I. Rer. senil · texte numérisé non relu

I. Rer. senil

savants, éloquents, généreux, et qui m'ont bien traité, n'ont pu recevoir de moi cette faveur, répondez-lui que, suivant ma manière, il est le seul qui ait fait son devoir i- ».

Il est certain que, dans les conversations du Pape et de ses érudits familiers, le nom de Pétrarque revenait fréquemment. Urbain V désirait recevoir à Rome ce vieillard qui connaissait les plaies de son pays et en restait l'orgueil. Il voulait aussi faire du bien à son âme inquiète. L'auteur des Canzoni, dont l'Italie faisait ses délices, le troubadour qui avait chanté la belle Laure en des vers immortels, d'une tendresse d'amour dont le cœur humain a laissé peu d'exemples, le pamphlétaire fougueux qui frappait ses adversaires et ses bienfaiteurs avec une audace sans mesure, une passion haineuse, consolait maintenant ses infirmités par la lecture de Cicérdn, de Virgile et de la Bible.

Voici sa réponse à l'invitation du Pape 2 : « Pourrais-je, ô très saint Père, ne pas désirer ardemment de voir le grand homme que Dieu a suscité pour tirer l'Eglise du cachot où elle gémissait? Je ne me croirais pas chrétien, si je n'aimais pas, si je n'adorais pas le Pontife qui a rendu un tel service à la République et à moi-même. Si ma santé était meilleure, si, du moins, le Pô se jetait dans la mer de Toscane, je m'embarquerais sur-le-champ. Le cours des eaux suppléerait à ma faiblesse et vous me verriez arriver assis dans nion bateau au milieu de mes livres. Les, médecins me font espérer que le printemps achèvera de rétablir mes forces. Dans cette espérance, je cherche des chevaux pour faire mon

1, Seniles, lib. IX, ep. 2.

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