‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 82 sur 108 · I. Bibl. Vat., ms · texte numérisé non relu

I. Bibl. Vat., ms

de tant de grâces i. Le cheval qui la portait caracolait sous la poussée des cris de joie de la population, mais la présence des cardinaux apaisait le cortège. En passant sur le Pont Saint- Ange, on s'arrêta et l'impératrice conféra la chevalerie à quelques seigneurs.

Cette solennité rappelle celle qui avait eu lieu au carême précédent. La reine Jeanne vint à Rome ainsi que le roi de Chypre et son fils. Comme le Bienheureux donna la rose d'or k Jeanne de préférence au roi de Chypre, plusieurs cardinaux murmurèrent, soutenant que jamais, en pareille rencontre, on n'avait vu préférer une reine à un roi. Urbain V repartit allègrement : « Jamais un abbé de Saint- Victor de Marseille n'a été Pape ^ » .

Tenant la rose à la main, la reine parcourut la ville à cheval accompagnée des cardinaux et du roi de Chypre. Le spectacle unique d'une femme ainsi récompensée attirait à Jeanne les ovations des foules, toujours si avides de nouveautés.

Rome n'avait point vu de canonisation depuis le commencement du siècle. C'est Boniface VIII qui avait inscrit le dernier nom dans le catalogue des saints. A la suite de saint Louis, roi de France, Urbain V résolut de faire figurer Elzéar de Sabran.

Ce personnage appartenait à l'une des plus nobles familles de Provence et avait été élevé à Marseille dans l'abbaye de Saint- Victor, dont son oncle, Guillaume de Sabran, était abbé. Modèle de vertu, il s'unit, à Marseille, à une femme digne de lui sous tous les rapports, avec laquelle il vécut dans une

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