‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 90 sur 108 · DERNIERS MOIS -D'URBAIN V · texte numérisé non relu

DERNIERS MOIS -D'URBAIN V

terbe, il manifesta publiquement la résolution qu'il avait prise de revenir à Avignon. Les curiaux furent avertis de se tenir prêts à partir pour le mois d'octobre. En apprenant cette nouvelle, les Romains furent consternés. Ils entrevirent pour leur cité leg troubles intestins et surtout la profonde misère d'où les tirait la présence de la Papauté en Italie. L'expérience de deux générations leur avait démontré que si, à la rigueur, les Papes pouvaient se passer de Rome, Rome, au contraire, ne pouvait se passer des Papes. Et ils se repentirent de la guerre sourde que leurs concitoyens et les provinces du Saint-Siège n'avaient cessé de leur faire. Youlant donc essayer de retenir Urbain V, ils lui envoyèrent des ambassadeurs à Montefiascone. C'était le 22 mai. « L'Esprit-Saint, leur répondit le Bienheureux, m'amena vers Rome, il y a trois ans, et maintenant, pour l'honneur de l'Église, je dois aller à d'autres régions. Croyez que de tout cœur je reste avec vous^. »

• Le 23 mai, ces ambassadeurs sont invités à la table du Pape et repartent ensuite lentement pour leur ville endeuillée.

Pétrarque, mis au courant, accusa la faiblesse d'Urbain V et, rude, bref, âpre, lui reprocha, avec amertume, de céder au::^ instances de quelques cardinaux habitués au séjour avignonais.

De saints personnages, voyant que le Souverain Pontife ne tenait pas compte des prières, lui adressèrent des menaces. Le moine franciscain Pierre d'Aragon lui fit entrevoir la possibilité d'un schisme, s'il venait à s'éloigner du tombeau des Apôtres. Alors

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