‹ Le bienheureux Urbain V (1310-1370) [microform]Chapitre 91 sur 108 · I. Iter italicum · texte numérisé non relu

I. Iter italicum

que déjà tout se trouvait réglé pour le départ, sainte Brigitte vint à Montefiascone, éplorée, demandant à exposer une révélation à Urbain V. En présence du cardinal de Beaufort, plus tard Grégoire XI, Brigitte prédit la mort du Bienheureux, s'il quittait l'Italie. Celte prophétie d'une sainte qui pensait être l'interprète de la volonté divine, comme Pétrarque l'était des sentiments italiens, laissa le Pape inflexible. Pieux comme il l'était, il tenait compte des voies surnaturelles dans le gouvernement de l'Eglise, mais il jugeait que la sagesse humaine, assistée par l'Esprit-Saint, devait l'emporter sur les révélations.

Dans cette affaire capitale, Urbain V semble véritablement s'être laissé guider, comme il fit constamment, par ce qu'il croyait être le devoir. Découragement, manque d'énergie pour dénouer une situation embrouillée, suggestion diabolique, conseils de cardinaux éperdu ment attachés aux délices de la France, politique des intérêts princiers, tous ces motifs ont été apportés, surtout de l'autre versant des monts, pour amoindrir la grandeur d'âme du Bienheureux. Collucio Salutato, le célèbre chancelier de la république florentine, accuse Urbain V d'avoir cédé à la mobilité d'esprit de sa race. Mais ce transfuge du secrétariat apostolique, ardent humaniste, plus ardent ennemi encore des Papes et des a brigands français», laisse beaucoup voir sa partialité nationale.

Si nous nous en rapportons aux premiers biographes du Bienheureux, au procès de isa canonisation, à ses secrétaires, ce fut le fléau de la guerre abattu sur le royaume de France qui causa le retour de la Papauté. Urbain V dit expressément lui-même « qu'il fut poussé, incliné, amené à aller en Avignon

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