X. Bibl. Vat., ms. 4026, no^ 166, 167, elc
Palais apostolique 1. Il se fit porter dans la maison de son frère, au pied même de ces hautes tours où il avait reçu tant d'honneurs. Il commanda que toutes les portes demeurassent ouvertes afin que, librement, chacun pût entrer et assister à ses derniers moments.
Revêtu de son habit bénédictin qu'il n'avait pas déposé durant sa maladie, il était couché sur un pauvre lit, tenant en ses mains une croix qu'il baisait amoureusement.
La mort respecta le corps du Bienheureux. Ses traits restèrent colorés et tout son extérieur inspirait plutôt le contentement que la crainte. Un licencié en droit, familier du Pontife, contemplant le visage du défunt , le baisa avec émotion et s'écria : « En toute vérité, ce corps a renfermé une âme très pure : il fut l'habitacle du Saint-Esprit et déjà cette âme, bienheureuse, intercède pour nous ».
Le 21 décembre eurent lieu, avec les cérémonies d'usage, les obsèques solennelles du Pontife. Tout Avignon accompagna la dépouille d'Urbain. A l'église de Notre-Dame des Doms, devant le Sacré- Collège, les clercs et le peuple, Guy de Boulogne prononça l'oraison funèbre. Ce cardinal, revêtu de la pourpre depuis trente ans, était le doyen de la Cour romaine. Il appartenait à une illustre famille française : une de ses nièces avait épousé le roi de France ; une autre fut la mère' du Pape Clément YII.
I. Etienne de Conty, bénédictin à Corbie, décédé en f4i3, prétend qu'Urbain V se repentit d'être revenu à Avignon. Il n'y a rien de cela dans les Informations si détaillées et si précises de la vie d'Urbain V de iSSa. Sainte Brigitte ne nous étonne pas non plus, lorsqu'elle apprécie un peu sévèrement le Bienheureux pour ce qu'elle appelle sa désobéissance aux révélations de Dieu.