‹ Le Bifteck d'or, vaudeville en 1 acteChapitre 9 sur 21 · LE BIFTECK D’OR ENSEMBLE · texte numérisé non relu

LE BIFTECK D’OR ENSEMBLE

Air :

CALYPSO

C’est lui, le coquin, le gueux, Le volage à qui je veux Arracher ici les yeux Pour punir sou crime affreux.

JONATHAS, il part.

Ils le prennent tous les deux Pour un coquin, pour un gueux, | C’est vraiment prodigieux; Qu’ils sont fous, les malheureux!

FRID0L1N

C’est lui, le coquin, le gueux, Le personnage odieux Qui nous outrage tous deux; Punissez cet homme affreux.

LÉOPOLD

O hasard malencontreux,

Les trouver ici tous deux.

Quel rendez-vous périlleux, Fuyons vite, si je peux.

JONATIIAS.

Comment! c’est là le capitaine Maurice! (Riant h part.) Ah! ah! ah! ils sont fous à lier. (Haut k Léopold.) Venez donc ici, capitaine!

LÉOPOLD, troublé.

Que me voulez-vous?

JONATHAS, aroc une feinto indignation.

Vous le demandez, drôle, quand c’est vous qui êtes cause.*,

LÉOPOLD

De quoi?

JONATHAS

De quoi, maroufle? de quoi, bélître? mais de l’esclandre qui arrive chez moi... Comment, butor, vous trompez cette jeune fille, et vous promettez à monsieur de lui .couper les oreilles, s’il épouse la belle Julia? (a Fridoiin et k coiy P »n.) C’est bien cela, n’est-ce pas?

FRIDOLIN et CALYPSO.

Très-bien! très-bien!

LÉOPOLD

Permettez...

JONATnAS.

Du tout, je ne permets rien ; monsieur et mademoiselle m’ont tout appris. (Avec coiéro.) Comment, misérable 1 (b««.) Taisez-vous, je n’en crois pas un mot... Mais ce sont deux

LE BIFTECK D’OR

fous, deux jeunes malades qui ont des visions... ils vous prennent pour le capitaine Maurice. Ah! ah! ahl

LÉOPOLD

Ah! ah! ah! c’est très-drôle!

JONATHAS, »vec solennité.

Ainsi, monsieur, c’est donc vous qui osez...? Mais, malheureux, vous ne savez donc pas qu’il y a des lois pour proléger la vertu; mais, malheureux, vous prenez donc votre bourgmestre pour un imbécile? (nas h Léopold.) Hein? sont-ils fous?...

LÉOPOLD, de même.

Très-fous!... (a part.) Si je pouvais profiler de ce quiproquo

pour m’esquiver !... (fausse sortie. — Calypso fait un pas vers lui.)

Bravo! monsieur le magistrat!

CALYPSO

Oui, il faut que l’infidèle m’épouse...

FRIDOLIN

Et moi , qu’il me laisse épouser sans me couper les oreilles.

JONATHAS

Oui, mes enfants, oui; seulement, je vous en prie, calmezvous... tenez, si nous... si nous lampions?...

FRIDOLIN

Lampion, vous-même...

JONATHAS

Je veux dire... si nous buvions encore un verre d’eau?...

FRIDOLIN

Ah! non, par exemple.

CALYPSO, * Fridolin.

Il est assommant avec ses verre.- u’eau.

JONATOAS, bas i> l.éopold.

Ali! s’ils ne mordent pas mieux que cela à la boisson, je vais être obligé d’employer les douches...

LÉOPOLD, b Jonatlias.

Laissez-moi avec eux, je vais les engager h être plus dociles...

JONATHAS

Cher ami, que de complaisance!

LE BIFTECK DOR

CALYPSO, 4 Jonallus.

Pourquoi donc chuchotez-vous ensemble?

FRIDOLIN

Oui, pourquoi chuchotez-vous?

JONATHAS

Mais, non, nous ne chuchotons pas. M. Léopold... je veux dire le capitaine Maurice, s’épanche avec moi... il me dit qu’il est dévoré de remords... N’est-ce pas?

LÉOPOLD

Dévoré, c’est le mot.

JONATHAS

Et il voudrait vous exprimer son repentir entre quatre z-yeux.

FRIDOLIN

Entre six yeux, puisque nous somme trois.

JOMATI1AS.

C’est juste. Eh bien! je vous laisse avec lui... Pendant ce temps-là, je vais faire préparer vos chambres, (a part.) Et vos douches, (a Léopold.) Faites-les boire... mais boire comme deux éponges... (Haut.) A bientôt, mes enfants, (h sort.)

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