EXPLOITATION DES MINES. GÉNÉRALITÉS
sont venus pourvoir à la ventilation; les méthodes d'exploitation ont été étudiées et perfectionnées ; la préparation mécanique des minerais a subi des transformations essentielles; on est parvenu à attaquer les mines en traversant des terrains naguère inabordables; etc.
Il n'est pas jusqu'aux éléments en apparence le moins propres aux nouveautés, comme l'introduction et la sortie des ouvriers, les transports intérieurs, le travail manuel du mineur à son chantier, qui n'aient été renouvelés ou ne soient en voie de l'être d'une manière plus ou moins complète.
Là de même qu'ailleurs, les modifications ont eu pour objet l'économie des frais généraux , par la centralisation et l'accroissement des moyens de production, et l'économie de main-d'œuvre, par l'usage de plus en plus étendu des engins mécaniques.
Du reste, aucune industrie peut-être n'était plus accessible que celle des mines à de telles modifications : en effet, ni les capitaux, ni la compétence et l'intelligence dans la direction, ne lui ont jamais manqué; elle a eu, de plus, la bonne fortune de trouver des débouchés presque indéfinis, d'être poussée par une demande sans cesse croissante; elle a dû s'ingénier, bien moins pour placer ses produits que pour les mettre au niveau des besoins de la consommation, bien moins aussi pour utiliser tous les bras disponibles que pour remédier *à leur insuffisance.
La transformation radicale du matériel est surtout apparue à l'Exposition universelle de 1878. A cette époque, les mines venaient de se trouver aux prises avec les plus grosses difficultés, provenant d'une demande excessive et d'une production insuffisante pour y faire face. Partout, les exploitants avaient été conduits à augmenter considérablement la puissance de leur outillage; cette puissance s'affirmait par les grandes machines d'extraction et d'épuisement qu'exposaient les constructeurs le plus en renom. La mesure avait même été dépassée, comme toujours en pareil cas, et l'excès de la demande a fait place à un excès temporaire de production ; il y a eu pléthore industrielle et les prix se sont abaissés pour une assez longue [)ériode. Du reste , les oscillations de ce genre constituent un fait presque normal dans de nombreuses industries.
à SONDAGES.
Depuis, le progrès a continue, comme nous allons le voir par une revue sommaire des diverses opérations que comporte l'exploitation des mines. À côté des efforts ayant pour but de réduire les frais de production à leurs extrêmes limites, s'est manifestée une autre préoccupation caractéristique de Tépoque contemporaine : je veux parler de l'appel fait à la science afin d'améliorer la condition du travailleur, de diminuer les dangers auxquels il est exposé, de réduire le risque professionnel, malheureusement si redoutable dans certaines mines. Cet aspect de l'industrie minière était un de ceux qui éveillaient le plus l'attention et l'intérêt du public lors des Expositions universelles de 1889 et de 1900.
2. Sondages. — Au premier rang des opérations minières se placent les sondages effectués pour reconnaître les gisements souterrains de substances minérales utiles. Quelques exemples suffiront à en faire apprécier le rôle et l'importance.
Depuis la découverte par M. Mulot des gisements houillers du Pas-de-Calais (1889), les sondages destinés à la recherche de la houille se sont multipliés non seulement dans cette région, mais encore dans d'autres, telles que le bassin de la Moselle. La science géologique est venue en aide au sondeur, pour lui indiquer le point exact où devait frapper son instrument; parmi les résultats industriels ainsi obtenus, on peut citer celui du sondage des mines de la Grand - Combe (Gard), qui, il y a moins de vingt ans, enrichissait ces mines d'un faisceau de couches carbonifères jusqu'alors inconnu dans la concession et donnait une confirmation éclatante aux déductions tirées par MM. Zeiller et Grand'Eury de leurs études paléontologiques.
Un autre exemple remarquable est fourni par les nombreux sondages qui ont été pratiqués dans le département de Meurthe-et-Moselle en vue de la recherche du sel et de son exploitation au moyen de la dissolution.
Les sondages ont aussi très fréquemment pour objet la recherche dos eaux jaillissantes, la création dos puits dits artésiens, du nom de la province d'Artois où la pratique des forages s'était introduite longtemps avant qu'on songeât à l'étendre aux explorations minières.