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DE L'IMPRESSION ET DE L'APPRÊT DES MATIÈRES TEXTILES

1. Observations diverses sur les fibres textiles. — Entre le moment où elles sont enlevées à leur lieu d origine et celui où elles apparaissent sous forme de tissu teint ou imprimé , les fibres textiles subissent de nombreuses manipulations pour lesquelles Tbabileté du mécanicien, la science du chimiste et lart du dessinateur se prêtent un mutuel concours. C est surtout le rôle de la chimie qui sera examiné dans ce chapitre.

La chimie prépare les substances propres au blanchiment, extrait les matières colorantes élaborées par la nature , crée de toutes pièces des couleurs bien plus riches, plus belles et plus variées que celles dont les phénomènes naturels ont eux-mêmes réuni et combiné les éléments; elle fournit, dans chaque cas, les procédés les plus convenables de blanchiment, les meilleures méthodes de teinture et d'impression.

Ces procédés et ces méthodes changent notamment avec la nature des textiles. Selon leur espèce, en effet, les fibres possèdent une composition chimique et des propriétés distinctes; tandis que les fibres végétales sont principalement formées de cellulose, la laine et la soie appartiennent au groupe des matières azotées, protéiques ou albuminoïdes, et Ion conçoit sans peine que de telles différences dans la composition entraînent des différences correspondantes dans l'action des réactifs. Pour ne citer que certains exemples, les alcalis, sans influence marquée sur la cellulose et sur les fibres végétales, dissolvent au contraire et altèrent profondément la laine et la soie ; les acides peuvent respecter la laine et détruire le coton, le chanvre, le lin; de nombreuses matières colorantes, en particulier celles qui dérivent de Taniline, se combinent directement à la fibroïne de la soie et à la kératine de la laine , et ne présentent que fort peu d'affinité pour le coton.

Si écourté soit-il, ce simple aperçu permet de comprendre le carac-

tère chaque jour plus scientifique des industries du blanchiment, de la teinture et de l'impression, ainsi que Tinfinie variété des moyens dont la mise en œuvre entre dans leur domaine.

Gomme la plupart des auteurs ayant écrit sur la matière , je rappellerai d'abord quelques faits intéressants qui se rattachent à l'étude attentive des fibres textiles et de l'action exercée sur elles par les alcalis , les acides ou les sels.

Mercerisées, c'est-à-dire soumises à des lessives caustiques suffisamment concentrées , les fibres végétales subissent une assez forte contraction. Cette propriété a été, depuis longtemps déjà, mise à profit par divers industriels pour produire des reliefs, des effets de crêpage sur les tissus de coton : il suffit d'imprimer sur l'étoffe des bandes à la soude ou encore d'y imprimer des réserves à la gomme et de la passer ensuite à la lessive; la contraction se trouve limitée à certaines parties du tissu et les zones soustraites à l'alcali sont soulevées.

Un autre effet analogue est celui du bosselage, obtenu par les alcalis concentrés sur des tissus mixtes en fils de coton et en fils de laine ou de soie. Les fibres végétales se contractent, alors que les fibres animales conservent leur longueur ; on doit avoir soin de ne pas prolonger l'opération et de l'effiectuer à basse température, faute de quoi la laine et la soie risqueraient d'être dissoutes.

Le retrait des fibres végétales sous l'influence des alcalis caustiques peut aussi être utilisé pour accroître la force et l'élasticité des tissus légers de coton, avant leur gaufrage à chaud. '

Par le mercerisage, le coton acquiert une affinité supérieure pour les colorants et se teint en nuanciBs beaucoup plus foncées.

Une nouveauté de la fin du siècle est le mercerisage sous tension, qui donne au coton le brillant et l'éclat de la soie. MM. Lowe, d'une part, Thomas et Prévost, d'autre part, sont les inventeurs du procédé. Le lustre résiste aux lavages. On applique le mercerisage sous tension soit aux écheveaux, soit aux tissus; le coton similisési de nombreux emplois. Des effets de damassé sont obtenus par l'impression de réserves à l'albumine ou à la caséine. L'illusion de l'apparence soyeuse s'accroît au moyen de la compression, à haute température, par un rouleau ou une

plaque métallique portant l'empreinte d'une étoffe de soie ou gravés en hachures.

Pour le jute comme pour le coton, la soude ou la potasse caustiques déterminent une forte contraction et exaltent l'aptitude à prendre les couleurs. Le jute mercerisé offre un aspect laineux ; il est très employé dans le Nord de la France.

Quand on imprègne partiellement un tissu de laine avec une lessive de soude caustique ou carbonatée et qu'on le sèche ou le vaporise, puis qu'on le lave, les parties ainsi imprégnées apparaissent avec un ton plus sombre lors de la teinture. L'acide sulfurique peut amener le même résultat. Ce phénomène permet aisément de faire des tissus en deux tons d'une même couleur, de réaliser des effets de broché ou de ciselé; il est aussi susceptible de faciliter la production d'étoffes ayanl le fond d'une couleur et le dessin d'une autre.

Aimé Girard avait étudié l'hydratation de la cellulose par les acides forts et décrit, sous le nom d'hydrocellulose, le produit de cette hydratation. Des observations postérieures ont prouvé que le trempage des fibres de coton dans les acides pouvait développer leur affinité pour certaines matières colorantes.

À l'action des acides sur les fitres végétales se lie l'épaillage chimique, opération ayant pour but de débarrasser la laine et les tissus de laine des matières végétales qui y sont mêlées. L'épaillage chimique est fondé sur la destruction de la cellulose par les acides. Parmi les nombreux procédés en usage, on distingue trois types principaux: éj)aillage parles acides dilués (voie humide); épaillagepar les acides gazeux (voie sèche); épaillage par les dissolutions salines (décomposition du sel et action de l'acide sec naissant). Généralement appliqué aux laines en mèches, le premier procédé comporte les manipulations suivantes : lavage et immersion dans un bain d'acide sulfurique étendu à 5 degrés Baume ; égouttage et essorage , les rouleaux exprimeurs devant, être préférés à l'essorage centrifuge, qui porte les fibres à se feutrer; passage dans l'étuve, où les substances végétales sont carbonisées avec les précautions voulues pour ne point jaunir la laine et ne pas lui enlever son élasticité; introduction dans des battoirs-broyeurs, qui pulvérisent les matières carbonisées; désacidage par leau, le savon et

les cristaux de soude; rinçage. Les tissus blancs ou teints en nuances très solides s'épaillent également par immersion dans un bain d'acide. Quant aux autres articles, on ne les épaille guère qu'au moyen de dissolutions salines (chlorhydrate d'alumine ou chlorure de magnésium).

Une application fort intéressante de l'épaillage chimique est celle qui a pour objet d'ouvrir des jours dans les tissus. La méthode consiste, par exemple, soit à imprimer un tissu laine et coton avec une réserve chimique et à le plaquer en chlorure d'aluminium pour lui faire subir l'épaillage, soit à imprimer sur le tissu du chlorure d'aluminium et à le faire passer par l'étuve. On produit de très belles broderies à jour, en brodant sur coton avec de la laine ou de la soie et en épaillant; inversement, on peut obtenir des broderies de coton k jour, en brodant sur un fond de laine et en le détruisant par la soude caustique.

Soumis à l'épaillage chimique^ les fils mélangés acquièrent plus de souplesse et de douceur.

Le crêpage de la laine s'effectue industriellement par rem[)loi d'acides, de sels acides, de réducteurs, etc., combiné ?ivec le vaporisage. Il semble que les sulfocyanates présentent des avantages au point de vue du danger d'altération éventuelle de l'étoffe.

Dès 1862, Jules Persoz avait observé l'action dissolvante du chlorure de zinc concentré sur la soie du mûrier et en avait déduit une méthode de dosage pour les tissus mélangés. Ce réactif, moins concentré, est capable de rétrécir et de crêper les tissus de soie. Le crêpage des étoffes de soie se réalise aussi à l'aide des acides.

En 1889, M. Witz s'est livré à de beaux travaux au sujet de Toxycellulose. Cette substance, développée dans les tissus de coton par le chlorure de chaux et par d'autres agents d'oxydation, décompose les solutions salines métalliques, attire les couleurs basiques, repousse les couleurs de nature acide. La découverte de l'oxycellulose a jeté la lumière sur des faits jusqu'alors inexpliqués ; elle a surtout conduit à des observations importantes en ce qui concerne le blanchiment, montré les précautions que nécessite l'usage du chlorure de chaux, établi qu'il fallait recourir exclusivement à des solutions limpides , diminuer la force de ces solutions, réduire le nombre des chlorages, éviter le grand air et la lumière trop vive. Ce n'est pas seulement pour

le coton que ces précautions Vimposent, c'est encore pour les autres fibres végétales, lin, chanvre, jute.

Le chlorage des tissus de laine destinés à l'impression rend les nuance plus unies et plus intenses.

Depuis quelques années, Tindustrie tisse des laines dotées d'un éclat soyeux par un traitement au chlorure de chaux, aux acides, au chlore gazeux.

À l'étude des fibres textiles se lient les travaux entrepris par C&evreul et poursuivis par d'autres savants sur la composition des matières accompagnant la laine brute. Le liquide sudorique du mouton renferme les principes de l'urine dos herbivores, ou du moins leurs produits de décomposition, et, à l'état de sels de potasse, presque tous les acides de la série grasse, y compris l'acide caprique; il contient aussi de l'acide malique et de l'acide succinique.

Les indications relatives aux soies artificielles trouveront leur place dans un autre chapitre. Je ne veux signaler ici que l'une des substances propres à donner des soies de ce genre, la viscose découverte grâce aux travaux récents de MM. Cross, Bevan et Beadle. On prépare la viscose en traitant la cellulose par la soude caustique, puis, en vase clos et à la température ordinaire, par le sulfure de carbone; les grumeaux fournis par la réaction sont solubles dans l'eau. La solution se gélatinise soit lentement à la température ordinaire, soit rapidement à 80 ou 90 degrés, et le viscoïde ainsi obtenu ressemble à la corne, se travaille sans difficulté, peut prendre un beau poli. Entre autres applications de la viscose aux industries qui nous occupent actuellement, il y a lieu de citer, outre le tréfilage: l'emploi en impression, avec des pigments appropriés et notamment du kaolin, pour faire des damassés: l'apprêt des étoffes, en particulier des tissus de coton; la confection de tissus gaufrés, imitant le cuir.

2. Blanchiment. — Quelle que soit leur origine, les fibres textiles contiennent des substances plus ou moins colorées qui leur donnent un ton jaunâtre, fauve, désagréable à l'œil, et dont l'élimination est indispensable non seulement pour ce motif, mais aussi parce qu'elles peuvent altérer considérablement la pureté et l'éclat des couleurs de

teinture ou d'impression. D'autre part, les tissus, à leur sortie de la fabrication, sont recouverts ou imprégnés dun grand nombre de matières étrangères, corps gras, matières résineuses, apprêts, etc.; parmi ces matières, les unes s'opposent à la fixation de couleurs, les autres agissent comme mordants et déterminent cette fixation d une manière irrégulière, de telle sorte que, sans leur enlèvement préalable, il serait impossible de produire des teintures unies ou des impressions correctes. On donne le nom de blanchiment k lensemble des opérations ayant pour objet de dépouiller les fils ou tissus des substances qui les souillent et de les décolorer. Ces opérations chimiques varient avec la nature des fibres.

Jusqu'à la fin du xviii^ siècle, la méthode généralement en usage pour lesjibres végétales consistait dans l'action alternative de lessives alcalines plus ou moins caustiques et des rayons solaires. Le blanchiment exigeait plusieurs mois et immobilisait de vastes étendues de terrain. C'est k la fin du xviii* siècle que se place la découverte la plus importante dans l'art du blanchiment: Scheele avait isolé le chlore et constaté son action destructive sur les couleurs végétales; en 1786, Berthollet, reprenant les études de Scheele, reconnut qu'il y aurait avantage à substituer une solution de chlore au gaz lui-même et proposa de blanchir les tissus par des immersions alternatives dans des solutions de chlore en bains étendus et dans des lessives alcalines; il donna d'ailleurs la théorie chimique des effets produits par le chlore. La belle découverte de Berthollet constituait une véritable révolution. Watt, qui avait assisté à quelques-unes de ses expériences, en comprit immédiatement la valeur et dota l'Angleterre du blanchiment au chlore, alors que la France se confinait encore dans ses anciens procédés.

Voici quelle est aujourd'hui la méthode classique pour les tissus de colon. Tout d'abord, les pièces subissent le grillage ou le flambage, dont le but est d'enlever de la surface du tissu les nœuds, les parties pelucheuses et duveteuses qui la recouvrent (^'. Cette opération s'effectue tantôt par le passage au-dessus d'une plaque métallique chauffée au rouge, tantôt au moyen d'un cylindre grilleur également porté à

^'^ Autrefois, on tondait Téloffe soit à la main et à Taide de ciseaux courbes, soit au moyen d'une machine dite tondeuse.

une haute température , tantôt par l'action des flammes d un mélange de gaz et d'air, sous une pression de 3o à 80 centimètres d'eaii. Des précautions doivent être prises pour éviter que les sels introduits dans lencollage de la chaîne n'altèrent plus ou moins profondément les fibres lors du flambage.

Après cette opération préliminaire vient le trempage, qui comporte de nombreuses variantes: immersion, pendant vingt-quatre heures, des pièces écrues dans l'eau chaude; mouillage au clapot, où l'étofl^e circule dans l'eaù et se trouve fortement comprimée entre des cylindres en bois; lavage dans des roues, vastes tambours de bois divisés en compartiments que séparent des cloisons percées de trous; circulation guidée par des roulettes dans des cuves spéciales, puis laminage entre des cylindres presseurs.

Le trempage est suivi du passage au lait de chaux, destiné à attaquer les matières grasses et à les transformer en savons avec élimination de glycérine; ce passage a lieu dans une cuve avec cylindres presseurs et se fait ordinairement à froid. Pour que la saponification s'effectue , il faut soumettre à une longue ébullition le tissu imprégné de lait de chaux. Les appareils employés dans cette phase des opérations sont les uns à haute pression, les autres à air libre ou à basse pression. Chacune des deux catégories d'appareils a ses avantages et ses inconvénients : la première facilite la saponification, mais affaiblit quelquefois le tissu; si la seconde n'offre pas les mêmes dangers pour la solidité de l'étoffe, elle augmente la durée, le nombre et le prix de revient des manipulations. Dans tous les cas, les tissus doivent être traversés de part en part; il importe, d'ailleurs, de ne pas oublier que la chaux attaque énergiquement la cellulose en présence de l'air, surtout à une température élevée. Généralement, les appareils à basse pression sont formés de vastes cuves en tôle avec double fond; la lessive, interposée entre les deux fonds, s'élève, sous la pression de la vapeur, dans un tube terminé par un champignon , se déverse sur les tissus et filtre à travers la masse. Quant aux appareils à haute pression, ils sont constitués par des chaudières closes, dans lesquelles la circulation du liquide est déterminée au moyeii d'un courant de vapeur ou mieux à l'aide d'une pompe.

A la suite du premier passage alcalin, le tissu subit un lavage à fond dans des clapots ou appareils analogues. Ce lavage ou dégorgeage présente une extrême importance; il se reproduit, du reste, après chaque opération.

Les pièces complètement nettoyées sont soumises à un passage en acide , qui décompose les savons calcaires , met les acides gras en liberté , dissout l'excès de chaux, les oxydes métalliques et une partie de la matière colorante. On fait usage de T^cide sulfurique ou plutôt de l'acide chlorhydrique. Les appareils consistent en clapots ou cuves de bois à double fond, avec pompe pour relever le liquide et le rejeter au-dessus des tissus.

Un nouveau dégorgeage a lieu. Il est suivi d'un deuxième passage alcalin au carbonate de soude, qui dissout les acides gras et forme avec eux des savons solubles. Le carbonate de soude peut être remplacé par le savon de colophane : celui-ci a la propriété de détruire les matières résineuses inhérentes à la fibre du coton et fonctionnant comme mordants.

Ce second traitement alcalin, complété par un lavage, clôt la phase du dégraissage.

Le tissu doit se trouver alors dépouillé des matières étrangères qu'il renfermait, à l'exception de la matière colorante. Cette dernière est détruite par le chlore. Jadis, on employait une solution aqueuse de chlore; plus tard, on a recouru à une solution de chlorure de chaux, en ayant soin de la prendre absolument claire, précaution indispensable pour éviter que des parcelles en suspension ne se fixent sur le tissu et n'y déterminent des brûlures pendant le passage en acide. Une fois imprégné de cette solution, le tissu est exposé à l'air, dont l'acide carbonique décompose l'hypochlorite de chaux et dégage de l'acide hypochloreux; puis il est traité par un acide faible, ordinairement de lacide chlorydrique , qui achève cette décomposition et dissout la matière colorante, modifiée par l'action' du chlore ou de l'acide hypochloreux. Les appareils utilisés sont des clapots, des réservoirs en ciment ou en pierre à fond perforé , des cuves à roulettes et squeezers.

Enfin tout se termine par un lavage très soigné : s'il restait une quantité même très minime d'acide en contact avec la fibre, cet acide

tlirilllfEBIB XATIOXALI.

se concentrerait par la dessiccation et déterminerait une altération du tissu.

A ce moment, le blanchiment est achevé. Les opérations subséquentes, telles que le séchage soit à l'air libre, soit au tambour à vapeur, après essorage à l'hydro-extracteur ou au squeezer, ne s'y rattachent qu'indirectement.

Telle est, dans ses grandes lignes, la méthode en quelque sorte classique pour les tissus de coton. Il convient de réduire autant que possible le chlorage, toujours plus ou moins dangereux , sinon au point de vue de la solidité des fibres, du moins au point de vue de la teinture ou de l'impression, sauf à accroître le nombre et la durée des lessivages alcalins.

D'autres procédés sont également en application. H. Kœchlin a préconisé le suivant : passage à froid dans un bain d'acide sulfurique à 9 degrés Baume; lavage à fond; trempage dans une solution de soude caustique et de bisulfite de soude à la température de 70 degrés; traitement dans un grand cylindre horizontal en tôle par une solution de soude caustique et de soude avec de la colophane, sous une faible pression; chlorage; passage au clapot dans de l'acide sulfurique très étendu ; rinçage final. Certains systèmes excluent l'acide sulfurique ou chlorhydrique. Il en est qui proscrivent tout traitement acide, tout lessivage à chaud, et ne comportent qu'un léger lessivage à froid ou même un mouillage à l'eau pure, suivi de la décoloration par un hypochlorite de soude. Le chlore agissant comme oxydant, on a cherché, mais sans grand succès pratique, à le remplacer par l'eau oxygénée. Une méthode de chlorage, due à M. Hermite et justement appréciée, est celle de Télectrolyse des chlorures alcalins ou alcalino-terreux.

En ce qui concerne le matériel, je me suis borné à la citation d'exemples. Les appareils présentent une infinie variété, mais n'offrent pas assez d'intérêt pour que leur étude de détail prenne place dans cet exposé sommaire. •

Les écheoeaux de coton sont lavés à l'eau bouillante, passés en chlorure de chaux et en acide, puis rincés, quand on ne veut arriver qu'au blanc ordinaire. Pour le blanc fin, les opérations comprennent un lessivage au sel de soude, un lavage, un passage en chlorure et un

passage en acide, répétés une ou deux fois; elles se lerminent par un lavage et un azurage.

Bien que le chanvre et le Un se rapprochent du coton par la composition de leurs fibres, ils offrent cependant un caractère spécial méritant d'être signalé. Je veux parler de la très forte proportion de matières résineuses, gommeuses et colorantes, mêlées à la cellulose. Le lin peut perdre ainsi jusqu'à 3o p. i oo de son p^ids pendant le blanchiment, alors que la perte du coton ne dépasse pas 5 p. loo. Cette abondance de matières étrangères conduit souvent à opérer le blanchiment sur le fil de préférence au tissu , parce que leur disparition laisse dans Tétoffe des vides préjudiciables à sa résistance.

Le blanchiment des Jils de Un et de chanvre peut se faire à deux degrés. Pour le premier, dit crémage, on pratique un lessivage au sel de soude, un lavage, un passage en chlorure de chaux, un passage en acide et un lavage. Arrêté à ce point, le blanchiment laisse aux fibres plus de poids et de résistance; les fibrilles qui les composent restent collées les unes aux autres, mais la nuance jaunâtre demeure très prononcée. Souvent, on accuse cette nuance du fil crémé et on la rend plus franche par une immersion dans de leau tenant en sus-^ pension de Tocre pulvérisée; la coloration factice ainsi obtenue cède à des lavages prolongés. Quant au second degré de blanchiment, il est constitué par des lessivages et des passages en chlore.

Pour les tism$^ il est avant tout indispensable de faire disparaître lapprêt ou parou : en général, on se sert d une décoction d'orge germée qui, à 35 degrés, transforme les matières amylacées en dextrine soluble dans l'eau. Ensuite viennent des opérations multiples, dont le nombre tend toutefois à décroître et qui comprennent, par exemple, un trempage, un lavage, une exposition sur pré, un lessivage à l'eau de chaux bouillante, un lavage, un passage en acide sulfurique, un lessivage au sel de soude, deux lavages suivis chacun d'une exposition sur pré, un nouveau lessivage au sel de soude, un passage en chlorure de chaux, un passage en acide sulfurique et un dégorgeagc.

Un procédé anglais, applicable an jute ^ supprime les traiteuienls alcalins énergiques et leur substitue l'action de corps réducteurs; le

chlorure de chaux est remplacé par un chlorure de soude, et les opérations s'achèvent par une immersion en sulfite de soude. La matière incrustante du jute peut absorber des quantités considérables de chlore; M. Albert Scheurer conseille de diminuer la force de Thypochlorite , au fur et à mesure que les opérations se succèdent.

Gommé le blanchiment des fibres végétales, celui àesjibres animales se divise en dégraissage et décoloration. Pour le dégraissage, il nç peut plus être question d'alcalis caustiques et de chaux, qui altéreraient les fibres: on emploie des bains de savon ou de cristaux de soude, fréquemment répétés et maintenus à des températures peu élevées. Pour la décoloration, on recourt à des agents chimiques autres que le chlore, notamment à l'acide sulfureux.

La laine ^ telle qu'elle est prise sur le dos du mouton, s'appelle laine sarge ou laine en suint et contient, outre l'argile, le sable et les débris de toute nature qui la souillent, une matière colorante fauve, ainsi qu'une substance grasse, produit de l'exsudation du mouton, plus ou moins modilié par les agents extérieurs. On sait que le suint peut atteindre jusqu'à 55 p. loo du poids de la laine. Presque toutes les matières composant le suint sont solubles dans l'eau; aussi çommence-t-on toujours par un lavage à l'eau pure. Cette opération préliminaire s'effectue souvent sur le dos même de- l'animal : les laines ainsi préparées prennent la dénomination de laines lavées à dos; elles perdent dans ce traitement de ao à 3o p. loo de leur poids. Quand le lavage a lieu sur la laine en toison, on opère dans des cuves, de telle sorte que le suint s'y accumule peu à peu , fournissant à l'eau des savons et des corps gras qui facilitent le dégraissage. Divers procédés, comme un passage dans dé l'eau tiède additionnée de savon vert ou de soude caustique, permettent l'enlèvement des matières grasses que renferme encore la laine désuintée. Une fois le dégraissage terminé, la laine reçoit un lavage complet.

Ensuite on procède à la décoloration par l'acide sulfureux gazeux, dans des chambres ou soufroirs susceptibles d'une fermeture hermétique; une toile grossière étendue au-dessous des laines tamise le gaz qui, sans cette précaution, jetterait sur elles des impuretés

entraînées par les vapeurs. Quand le blanchiment est terminé, les laines sont desséchées soit à Thydro-extracteur, soit au moyen d une machine analogue aux squeezers, soit à l'air libre dans des étendages.

Les fiU et iis9U8 de laine subissent des opérations analogues. En général, le blanchiment des tissus donne de meilleurs résultats que celui des laines en toison. Du reste, il y a lieu de remarquer que, si la laine doit toujours être soumise à des traitements avant la filature et le tissage, Tensimage nécessaire à la filature n'en exige pas moins dans tous les cas un blanchiment soigné des tissus. Le blanchiment s'applique non seulement aux articles qui doivent rester tout à fait blancs, mais encore à ceux qui doivent être imprimés, c'est-à-dire recevoir des dessins variés de forme et de couleur, et dans lesquels des effets blancs seront ménagés. Pour la première catégorie d'articles, le blanchiment est exceptionnellement soigné et aboutit au blanc de vente; pour la seconde, on réalise le blanc d'impression. Avant le dégraissage des étoffes, il faut enlever le duvet qui masque le grain du tissu, soit à l'aide de la tondeuse, s'il s'agit de blanc de vente, soit à l'aide de la flamme du gaz, s'il s'agit de blancs ordinaires; la pièce se dégraisse en passant successivement dans des bains de carbonate de soude et de savon, à une température variant de 9& à /io degrés, puis dans un bain de rinçage à l'eau pure ; au dégraissage succède le blanchiment par l'acide sulfureux gazeux; les tissus blanchis sont fortement rincés et azurés avec des couleurs dérivées de l'aniline, opération délicate à cause des inégalités que peut offrir la teinte sur les différentes parties de la pièce.

En 1889, M. Persoz recommandait très fermement la décoloration à l'eau oxygénée, comme offrant l'avantage de détruire la couleur jaune des laines, tandis que Tacide sulfureux masquait simplement cette couleur et la laissait reparaître si les fibres subissaient plus tard un traitement énergique à l'eau bouillante, aux alcalis ou aux acides forts. L'emploi de l'eau oxygénée a pris beaucoup d'extension.

Quelques appareils sont spéciaux au blanchiment des laines. Outre les soufroirs déjà mentionnés, je citerai des chaudières en cuivre, garnies intérieurement de toile, et des barques en bois, à roulettes, chauffées à la vapeur au moyen d'un serpentin.

La soie grège est toujours souillée par des matières étrangères, matières grasses et résineuses, matière colorante, sorte de cire analogue à celle des abeilles. Il existe des méthodes assez variées de blanchiment, suivant la nature et la destination des fibres. En voici quelques-unes, à titre d'exemples.

Pour les soies de première qualité, destinées aux tissus riches, ou soies cuites, on procède successivement au dégommage ou décreusage, à la cuite et à la décoloration, quand la matière nest pas blanche à Tétat brut et doit être teinte en nuances claires ou employée blanche. Le décreusage s'effectue à l'aide d'une dissolution de savon, vers la température de 90 ou 96 degrés, dans des chaudières en cuivre surmontées de perches en bois ou de bâtons en verre; ensuite vient la cuite par ébullition dans une dissolution de même nature. Ces opérations font perdre à la soie environ 26 p. 100 de son poids; elles ne sauraient être prolongées trop longtemps sans enlever aux fibres une partie de leur substance. Après le décreusage et la cuite, on lave les soies à l'eau courante, on leur donne un léger passage en acide sulfurique très faible et on leur fait subir deux dégorgeages, l'un à l'eau chaude, l'autre à leau froide. La décoloration est produite par le gaz acide sulfureux.

Le traitement des soies souples, de seconde qualité, comprend un passage en eau régale, un lavage à grande eau, un soufrage, un passage en savon faible et des passages à l'eau bouillante ; il ne fait perdre que iSàaop. loodu poids.

Pour les tissus ordinaires, teints en couleurs foncées, on se borne quelquefois à une demi-cuite, c'est-à-dire à un passage à 100 degrés dans un bain de soude, suivi d'un simple lavage.

Dès avant l'Exposition de 1878, un fait capital s'était réalisé : la découverte d'un moyen pratique pour décolorer les soies sauvages ou soies tussah, envoyées par les régions asiatiques. La grège tussah se présente sous forme d'écheveaux ayant une teinte plus ou moins brune. A l'origine, elle était utilisée avec sa couleur naturelle dans la confection de tissus mixtes imitant Técru. Après une longue suite de recherches commencées vers 18/19, Tessié du Motay trouva en 1875 la décoloration au bioxyde de barium : la soie était maintenue

pendant une heure dans un bain de bioxyde chauffé à 80 degros, lavëe, mise dans un bain aiguise d'acide chlorhydrique et rincée; l oxygène abandonné par le bioxyde de barium détruisait la coloration. Toutefois le bioxyde de barium avait Tinconvénient de durcir la fibre et d'en altérer la solidité; un progrès sérieux consista dans l'emploi de l'eau oxygénée, en présence des alcalis et particulièrement de l'ammoniaque; cette eau s'obtenait par la décomposition du bioxyde au moyen de l'acide carbonique ou plutôt de l'acide fluorhydrique. L'addition de magnésie ou de silicate de soude aux bains de blanchiment (au lieu de soude caustique ou d'ammoniaque) réduit la dépense d'eau oxygénée. Parfois, le traitement se fait à l'aide du peroxyde de sodium, additionné de sulfate de magnésie. Le peroxyde de sodium ou l'eau oxygénée peuvent aussi être employés en présence d'alcools, d'aldéhydes ou d'acétones.

3. Teinture et impression. — La teinture et l'impression se touchent de très près. Elles ont l'une et l'autre pour but de colorer les fibres textiles; elles mettent en œuvre les mêmes matières premières; elles peuvent du reste se combiner et se prêter un mutuel concours. Mais, tandis que dans la teinture on réalise ordinairement des couleurs unies, l'impression produit au contraire des dessins coloriés. La teinture s'applique aux fibres brutes, aux filés, aux tissus; l'impression, exigeant une surface quelque peu étendue, ne concerne que les tissus ^^K

Si loin que l'on remonte dans l'antiquité, on trouve déjà en usage l'art de colorer les fibres textiles et les tissus. Toutefois les peuples anciens ne paraissent pas avoir connu l'impression proprement dite. Celle-ci est apparue en France, en Angleterre, en Suisse, en Hollande, pendant le cours du xvii* siècle. Une de nos premières manufactures importantes de cotonnades imprimées fut fondée en 1769 par Oberkampf, à Jouy près de Versailles; bientôt des établissements analogues s'élevèrent en Normandie, à Bolbec, à Rouen, à Maromme. De leur côté, Mulhouse et le Haut-Rhin entrèrent en lice et marchèrent à grands pas vers la prééminence qu'allaient leur assurer les travaux des

^*) Exeeptionnellement, elle s^applique aux écheveaux pour le chinage.

Haussmann, des Kœchlin, des Dollfus, des Hartmann, des Schluniberger, des Schwartz, etc.

Notre pays occupa dès lors un rang élevé dans Tart de l'impression aussi bien que dans celui de la teinture. Le mérite en revient non seulement aux industriels, mais aussi à une pléiade d'illustres chimistes, en tête desquels se placent Bertliollet, Ghaptal et Ghevreul.

Après ces très courtes indications historiques, rappelons brièvement les principes généraux de la fixation des couleurs.

La teinture n a pas pour but unique de colorer les fibres et les tissus; elle doit fixer la couleur. Cette fixation ne peut d'ailleurs être simplement superficielle, comme le serait celle d'une couleur disposée sur une surface imperméable. Il faut que la matière colorante imprègne le corps de la fibre et s'y fixe ensuite soit mécaniquement, soit par affinité chimique. On ne saurait considérer comme une teinture l'application des couleurs insolubles au moyen d'un vernis siccatif ou de l'albumine, quelle que soit d'ailleurs l'importance dje ce procédé pour l'industrie des toiles peintes.

Quand on veut fixer une couleur autrement que par application, il faut avant tout l'amener à l'état de solution : c'est une condition sine q\ia non pour qu'elle pénètre dans la profondeur de la fibre et se répande uniformément à la surface.

Si la matière colorante est insoluble par elle-même , on la dissout au moyen d'un dissolvant physique ou chimique comme l'alcool, l'esprit de bois, les alcalis, les acides, certains sels; parfois, on ramène la substance par des réducteurs à l'état de matière susceptible de se dissoudre dans l'un ou l'autre de ces dissolvants. Cela fait, on imprègne la fibre. Tantôt le corps insoluble est faiblement retenu par le dissolvant et cède à l'attraction plus puissante de la fibre, s'y précipite, s'y incorpore, s'y emprisonne en quelque sorte. Tantôt l'affinité du dissolvant l'emporte sur celle de la fibre, et il devient nécessaire d'opérer le déplacement du composé insoluble par un artifice convenable, de le précipiter de telle sorte qu'il s'incorpore à la fibre et y soit ensuite retenu mécaniquement. Une fois précipitées soit par attraction de porosité, soit par réaction chimique, les couleurs insolubles sont rete-

nues dans la flbre et empêchées d en sortir, pour la raison même qui s opposait à leur pénétration sous forme solide.

Les fibres animales, laine et soie, ont la propriété remarquable de précipiter et de retenir énergiquement beaucoup de matières solubles, telles que lacide sulfoindigotique, les dérivés de laniline, lacide picrique, Téosine, etc. Il se forme là une véritable combinaison chimique plus ou moins stable. G est' la forme la plus simple de la teinture, puisqu'elle ne fait intervenir que deux éléments, la fibre et la matière colorante.

Dans le cas d affinité faible ou nulle de la matière colorante pour la fibre, on imprègne celle-ci dune substance insoluble, faisant corps avec elle et jouissant de la propriété de se combiner avec la matière colorante : cette substance intermédiaire, dont la destination est de modifier Tinertie de la fibre, reçoit le nom de mordant. La fibre mordancée agit alors comme agiraient la laine et la soie jsur les couleurs daniline.

Les résultats tinctoriaux varient dans des limites très étendues sous rinfluence de conditions physiques ou chimiques très multiples. Pour les traduire, Chevreul a établi une nomenclature basée sur la couleur (rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet-rouge, formant 72 types), sur le ton et le degré d'intensité (couleur pâle, tendre, faible, délicate ou vive, vigoureuse, sombre, formant 31 tons), sur le degré de pureté ou de mélange au gris et au noir (couleur franche, fraîche, fine, pure ou éteinte, terne, rabattue, brune, formant 10 degrés). L'illustre savant distinguait ainsi 1 4,430 nuances représentées par des cercles chromatiques.

Dans l'impression, les couleurs sont fixées aux tissus, tantôt par une véritable teinture, tantôt encore par d'autres procédés. A ce point de vue, on les a souvent divisées en trois catégories : i"* couleurs de teinture; 2*^ couleurs-vapeur; 3*^ couleurs d'application. M. Paul Schutzenberger a proposé une autre classification des méthodes de coloration et distingué la fixation mécanique des couleurs insolubles, la combinaison de la matière colorante aux fibres, l'incorporation de la couleur aux fibres sans combinaison chimique. De courtes indications

suffiront pour mettre en lumière le lien entre ces deux classifications, qui, du reste, ne sont pas les seules.

Pour la fixation mécanique des couleurs insolubles, on applique la matière colorante en poudre impalpable et on la fixe par l'intermédiaire d un corps qui devient solide et généralement insoluble en présence de la fibre, comme Talbumine, le gluten, la caséine, la gommelaque. Ces substances jouent le rôle de fixateurs plastiques. Il y a là un procédé rappelant par ses effets la peinture à Thuile; les premiers essais ont été faits en 1 820 par Blondin, à la Glacière, avec de Toutremer naturel.

La combinaison de la couleur avec la fibre s'obtient de deux manières. On peut opérer par immersion dans un bain de matière colorante, après avoir imprimé préalablement une préparation qui s oppose à la teinture (réserve), ou sauf à détruire la couleur par places en appliquant après teinture une préparation appropriée (enlevage). On peut aussi imprimer la matière colorante en dissolution épaisse et déterminer la teinture par exposition du tissu à une chaleur humide, généralement à l'action de la vapeur d'eau; ce genre comprend une partie des couleurs-vapeur sur laine et 9oie.

Quant à l'incorporation sans combinaison chimique, elle se réalise par des moyens très divers : fixation, par attraction de surface, de la couleur au moment où elle se sépare d'un dissolvant; précipitation, par attraction de porosité, de la couleur faiblement unie à un dissolvant; fixation par une action oxydante qui précipite la couleur (»t développe en même temps la nuance; application de la couleur dissoute et volatilisation par l'exposition à l'air ou par le vaporisage; formation de la couleur sur la fibre par double échange entre deux sels, un sel et un hydrate d'oxyde ou un carbonate alcalin; application des éléments constituants d'une couleur en solution chimique et dans un état tel que, sous l'influence de la chaleur humide (vaporisage pour une grande partie des couleur&-vapeur) ou du temps (pour un grand nombre de couleurs dites d'application), ils se réunissent et forment la couleur insoluble qui deviendra en même temps adhérente.

Les explications sommaires qui précèdent montrent les combinaisons susceptibles d'être établies entre la teinture au bain et l'impression. Il convient dy insister un peu.

Ces combinaisons si intéressantes consistent soit k imprimer avant teinture des réserves qui s'opposeront à la fixation de la couleur, soit à imprimer de même avant teinture des dessins formés par une matière qui modifiera la nuance déposée par le bain , qui la convertira, soit à imprimer sur le fond teint des rongeants qui détruiront la couleur du fond, soit encore à imprimer après teinture des couleurs qui modifieront la teinte par superposition ou par conversion.

Les réserves agissent, tantôt en repoussant pour ainsi dire la couleur (réserves mécaniques), tantôt en précipitant la matière colorante avant son contact avec la fibre textile, en détruisant cette matière ou en l'altérant (réserves chimiques), tantôt en l'absorbant et empêchant son action sur la fibre (réserves physiques). Il y a les blancs réserves, laissant apparaître la couleur propre du tissu, et les couleurs réserves, donnant après teinture une nuance déterminée.

On distingue, parmi les enlevages, les blancs enlevages et les couleurs enlevages.

Aux conversions chimiques se rattachent les conversions mécaniques faisant, par exemple, apparaître des dessins fond sur fond, comme dans le genre frappé^ ou provoquant des inégalités de réflexion de lumière, comme dans le genre moiré.

Les couleurs-.vapeur, déjà citées, offrent de précieuses ressources à l'impression et agrandissent chaque jour leur domaine. Elles se développent par une action plus ou moins prolongée de la vapeur d'eau. C'est un genre qui permet, grâce aux machines à plusieurs couleurs, d'imprimer à la fois et de fixer simultanément, par une seule opération, toutes les nuances d'un dessin. Il comprend : les couleurs insolubles fixées à l'albumine; de nombreuses préparations renfermant les matières colorantes nouvelles, dérivées de l'aniline et de ses homologues; les anciennes couleurs-vapeur, dans lesquelles entrent, d'une part, les matières colorantes naturelles, pouvant se fixer par le con-

cours de mordants minëraux et employëes sous forme d extraits ou de dëcoctions, et, d autre part, une préparation métallique, susceptible de fournir à la matière colorante l'élément basique qui lui est nécessaire pour former une laque. Dans ce dernier cas, la vapeur détermine la précipitation de. la laque. Actuellement, la prépondérance appartient aux couleurs sur tanin, parmi lesquelles se placent la plupart des couleurs d'aniline.

On se sert presque exclusivement des couleurs-vapeur pour l'impression sur laine ou sur soie. L'usage s'est répandu de cblorer les tissus de laine, ce qui exalte leur aptitude à prendre la couleur; un traitement à l'acide sulfureux devient alors nécessaire pour annihiler les effets de l'excédent de chlore et pour empêcher la laine de jaunir au vaporisage.

Chevreul a étudié le rôle fixateur de la vapeur d'eau et prouvé qu'elle n'agit pas seulement à titre de moyen calorique, puisqu'on ne peut la remplacer par la chaleur sèche.

Il convient d'éviter l'emploi simultané de couleurs dégageant, au vaporisage, des vapeurs acides ou alcalines qui nuiraient à l'une ou à l'autre d'entre elles.

Une étude, même rapide, des couleurs trouvera plus naturellement sa place dans le chapitre de l'industrie chimique.

Parmi les autres matières premières, les épaississants jouent un rôle considérable. Leur but essentiel est de donner du liant et de la viscosité à la couleur. On emploie, à cet effet, l'amidon, la fécule, la farine, la dextrine, le british-gum (obtenu par le grillage de l'apiidon de maïs), des dérivés de l'amidon et de la fécule préparés au moyen de traitements par les acides, différentes variétés de gommes (gomme du Sénégal, gomme arabique, gomme adragante, etc.), certains épaississants d'origine animale, tels que l'albumine et la caséine, parfois des produits minéraux insolubles comme le kaolin et la terre de pipe, l'algine ou la gélidine tirées des algues, etc. M. Jules Meyer est parvenu à corriger le défaut de stabilité des solutions de gomme, de dextrine, de gommeline, de british-gum, en soumettant ces substances à la cuisson sous pression avec de la chaux caustique; il a également

réussi à bien dissoudre les gommes de l'Inde par le chauffage sous la pression d'une atmosphère,

L'albumine, la caséine, la gélatine n'ont pas pour unique objet de communiquer au liquide la viscosité voulue; elles servent de fixateurs plastiques pour les couleurs insolubles ou de mordants pour certaines matières colorantes. C'est l'albumine qui constitue l'épaississant d'origine animale le plus répandu; toutefois sa fonction, jadis étendue dans l'impression des tissus de coton, a beaucoup diminué. Au nombre des couleurs appliquées à l'aide de fixateurs plastiques, figurent l'outremer, le vert Guignet, le vert de Schweinfurt, le blanc de zinc, le gris de charbon, les jaunes et oranges de chrome, l'oxyde ferrique, le vermillon, le carmin de cochenille, les poudres métalliques.

Nous avons vu précédemment que certaines matières colorantes ne pouvaient se fixer sans l'intermédiaire de corps étrangers ou mordanls^ avec lesquels elles s'unissent pour former une laque. Les mordants métalliques le plus communément employés sonl ceux d'alumine (sulfate basique, souvent fixé par l'intermédiaire d'un acide gras; aluminate; nitrate basique; acétate; etc.), de fer (pyrolignite, etc.), de chrome (chrome alcalin, sulfate basique, bisulfite, mélange de chromate neutre et de sulfite d'ammoniaque, chromate de chrome, acétate basique, etc.); on recourt aussi, mais plus rarement, au nickel et au cobalt. Dans certains cas, le mordant est incorporé à la fibre avant teinture; dans d'autres, on imprime une préparation contenant à la fois la matière colorante et le mordant, puis on détermine par la vapeur d'eau la fixation du mordant et sa teinture sur place. Certaines matières colorantes, comme l'alizarine, donnent naissance à des- laques de nuances très différentes, selon la nature du mordant. La teinture sur mordants métalliques a diminué pour les articles imprimés, mais non pour les fonds couverts et surtout pour les unis.

Le véritable mordant des couleurs basiques est le tanin. Imprégnés d'une solution tiède de tanin, les écheveaux ou les pièces sont de suite passés en émétique, lavés et teints.

Une pratique qui s'est considérablement développée depuis vingt ans est celle de la charge de^ soies; elle a, d'ailleurs, été perfectionnée

de façon à mieux ménager la fibre. On emploie beaucoup le bicblorure d'étain, qui donne à la matière un toucher particulier, convenant bien à certaines étoffes, et respecte néanmoins le brillant comme la solidité de la soie; le procédé consiste à tremper dans une solution froide de bichlorure, à essorer, à laver légèrement, à passer dans un bain de carbonate ou mieux de phosphate de soude et de savon; aucune gêne nen résulte pour la teinture, si Ion a égard au rôle que l'oxyde d'étain peut jouer, en qualité de mordant, vis-à-vis de certaines matières colorantes. Le sesquioxjde de fer hydraté est approprié aux noirs et à quelques nuances foncées; on utilise surtout le mordant de rouille, obtenu en traitant par Tacide nitrique un mélange de sulfate de fer et d'acide sulfurique; loxyde de fer vaut mieux que Toxyde d'étain, au point de vue de laltérabilité de là fibre par Tair et par la lumière, mais peut rendre la soie très combustible, inconvénient auquel on remédie par le tanin; ajoutons encore que la chaîne à loxyde de fer contribue à l'obtention de la couleur et à la fixation ultérieure des . astringents. Exclusivement usitées autrefois pour les noirs, les charges au tanin peuvent maintenant trouver leur emploi pour les nuances les plus claires.

De même que le matériel du blanchiment, celui de la teinture et de l'impression est très varié. Le cadre de cette revue m'oblige à citer seulement les appareils les plus usuels.

La teinture de la laine et du coton peut se donner sur la fibre brute simplement nettoyée, sur le filé ou sur le tissu ouvré; celle du lin, du chanvre et de la soie ne se donne que sur le filé ou le tissu. À peine y a-t-il lieu de faire remarquer que le matériel varie selon l'état de la matière et se modifie aussi dans une certaine mesure avec la nature de la fibre.

En tout cas, la substance est nécessairement immergée dans des solutions qui exigent l'emploi de terrines, baquets, cuves cylindriques ou rectangulaires, cuviers, tonneaux, barques ou caisses rectangulaires, chaudières en cuivre étamé, récipients doublés de plomb, etc. Diverses machines sont venues successivement faciliter la manutention, en substituant le travail mécanique au travail de Thoinme.

Autrefois, le feu nu était en usage pour les chaudières métalliques. Maintenant, le chauffage est presque exclusivement opéré à la vapeur. Si Ton ne craint pas d'étendre le bain par la condensation, la vapeur y arrive directement, au moyen d'un tuyau percé d orifices répartiteurs; sinon, elle circule soit dans des serpentins, soit dans des enveloppes doubles.

Pour les matières filamenteuses non filées, le teinturier peut être conduit à remuer et à retourner la fibre avec des crochets. Souvent, la circulation du bain colorant est assurée par une pompe.

Le procédé rudimentaire, en ce qui concerne les écheveaux, consiste à tremper dans une cuve, à fouler et à opérer des torsions manuelles. Il existe de nombreuses machines, dont les organes caractéristiques sont, par exemple, les suivants : paires de cylindres horizontaux entre lesquels 's'engagent les écheveaux et dont la rotation fait passer successivement toutes les parties des fils dans le bain, en même temps que leur pression exprime le liquide; jeux de bâtons triangulaires tournants et cylindres exprimeurs; bâtons de forme aplatie, que commandent des engrenages et sur lesquels les flottes reçoivent tous les mouvemeùts .ordinairement effectués à la main; doublesjeux de chevilles, les unes supérieures tournant autour d'un axe horizontal, les autres inférieures tournant autour d'un axe vertical, s'élevant pour suivre le raccourcissement produit par la torsion des flottes et soulevant un poids qui remplace l'effort musculaire de l'homme; etc.

Fréquemment, les étoffes doivent être tendues pendant leur passage dans le bain; même alors que cette disposition est inutile, les appareils diffèrent de ceux qui sont en usage pour les flocons ou les filés. On peut citer : la Champagne, cuve dans laquelle l'étoffe se trouve tendue par deux cadres supérieur et inférieur, de forme hexagonale; les cuves à roulettes, avec rouleaux exprimeurs, où le Ttissu parcourt des circuits multiples; des cuves spéciales de teinture et de savonnage, dans lesquelles les pièces tordues en torchon circulent sous l'action d'un tambour supérieur; les machines classiques à foularder.

L'avivage de certaines teintures exige une température supérieure à 1 00 degrés, et par conséquent des opérations en vase clos. Un dîspo-

sitif* usuel est celui de deux chaudières à double fond, chauffées lune à feu nu et l'autre par la vapeur de la première.

Après la teinture viennent le lavage et le dégorgeage, faits à laide de clapots, de roues à laver ou d'autres machines dites laveuses et dégorgeuses.

Les séchoirs occupent une place importante dans la teinture. Tantôt ils sont simplement aérés à la température ordinaire; tantôt ils fonctionnent à chaud. Parfois, la matière textile essorée y parcourt de longs circuits, grâce à des chaînes sans fin. Dans quelques cas, on aide à la dessiccation par des châssis ou branloires. Souvent enfin, les tissus sont desséchés instantanément par le passage sur des tambours que chauffe de la vapeur.

Il me reste à citer les appareils d'oxydation. L'un d'eux est formé par une chambre close , où arrive de la vapeur et au travers de laquelle le tissu passe un grand nombre de fois; des cheminées et des ventilateurs pourvoient à l'évacuation des vapeurs acides.

Au commencement du xix* siècle, on imprimait à la planche en relief, à la planche plate en taille-douce^ au cylindre également en laillc-douce (deux et trois couleui» en Angleterre, une seule en France). Certaines couleurs d'enluminage s'appliquaient au pinceau , et d'autres à la planche.

Bientôt, les Anglais eurent recours, pour l'impression en relief, à des cylindres dits métiers de surface; essayé plusieurs fois chez nous, le procédé n'y réussit pas. La planche plate gravée en relief resta assez longtemps sans progrès autre que des perfectionnements secondaires (accouplement de bois divers; substitution du buis au poirier et au cornouiller, dans les planches affectées à des dessins délicats). Spœrlin et Jean Zuber imaginèrent, en 182 4, le ^enre fondu, plus tard désigné sous le nom d'ombré; ils montrèrent que des couleurs différentes, logées dans un baquet à compartiments, pouvaient être relevées avec la planche et appliquées sur le tissu en autant de dégradations de nuances ; toujours effectués au début parallèlement à la direction de la chaîne, les fondus furent ensuite réalisés dans tous les sens. Cette méthode d'impression amena la découverte du châssis à comparti-

nients, qui lit la fortune des imprimeurs parisiens et à l'aide duquel un certain nombre de couleurs imprimées sur la planche gravée se transportaient simultanément sur le tissu. En i835, Perrot créa une machine dite perroliney qui, moyennant lemploi du châssis à compartiments, imprimait mécaniquement quatre couleurs et même davantage, avec une netteté et une précision irréprochables.

Mais le succès de la perrotine, en France, et des métiers à surface, en Angleterre, exigeait l'invention du clichage; Hoffmann, de Schlestadt, qui avait trouvé la solution du problème (1788-1790), mourut sans avoir mis ses idées en pratique. On commença par des clichrs au plâtre y comme pour la typographie. Puis vinrent les clichés au bois : après avoir implanté dans un bloc de tilleul des lames de cuivre composant le sujet et formant saillie, on y coulait de Tétain; retirée, la lame d etain entraînait les feuilles de cuivre et, par suite de la carbonisation du bois, laissait une matrice dans laquelle on coulait Talliage et dont on pouvait tirer autant d'épreuves que de besoin. L'Angleterre grava immédiatement la matrice en creux, à l'aide de mèches et avec le concours du gaz, pour carboniser le bois : ce furent les clichés au gaz. Vers 1 85o , apparurent les clichés moulés en gutta-percha.

Pour l'impression en creux , il est juste de mentionner d'abord une machine à planche plate, due à Durand, de Lyon; cette machine disparut avec l'inventeur. Le rouleau faisait merveille : avec les appareils construits aux environs de Manchester, on imprimait huit, dix et douze couleurs à la fois; nos constructeurs n'allaient qu'à quatre ou cinq.

Jusqu'en 1 8â o , on gravait les cylindres à la main et au poinçon , du moins en France. Bien avant cette époque, les Anglais avaient imaginé de graver d'abord un petit cylindre miniature en acier, ou molette ^ de le tremper, de transporter la gravure en relief (par une machine à relever) sur une autre molette d'une surface égale ou multiple , de soumettre cette seconde molette à la trempe et de l'appliquer à son tour sur le cylindre en cuivre. L'Angleterre (i8âo), la France et la Suisse (182/1) inaugurèrent l'emploi du tour à guillocher pour la gravure des cylindres. Dès lors, la gravure ne cessa de recevoir d'utiles modifications, parmi lesquelles on constatait la tendance rationnelle à user des mêmes artifices dans la gravure des molettes que dans la gravure dos

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cylindres : cette tendance fit naître la molette canevas y servant à graver la molette proprement dite. Les graveurs français accomplirent, vers 18 4 G, au point de vue de l'impression des fonds couverts, d'immenses progrès dont le caractère est trop technique pour que j y insiste ici.

Tel était îe bilan de la première moitié du xix*^ siècle. Depuis, la marche en avant a continué, et, sans qu'il y ait eu de découverte capitale postérieurement à i85o, le matériel ne s'en est pas moins considérablement transformé.

Pendant un délai encore assez long, trois systèmes d'impression ont vécu côte à côte : impression à la main, au moyen de planches plates en relief; impression mécanique à la planche plate en relief; impressioji continue au rouleau grav^ en creux.

Il y avait plusieurs sortes de planches plates en relief, pour l'impression à la main : des planches de bois, gravées; des planches sur lesquelles on implantait de petites lames de cuivre, formant les contours et les traits fins du dessin; des clichés métalliques; des planches en cuivre, gravées. Les planches de bois étaient formées de plusieurs couches d'essences différentes, superposées de manière à croiser les fibres et commençant par une couche supérieure de poirier ou de pommier. On appliquait la planche sur un châssis à matelas élastique garni de couleur et on la reportait sur l'étoffe recouvrant une table d'impression. À chaque couleur correspondait normalement une planche; mais, comme je l'ai indiqué, on pouvait faire des fondus. Certains dispositifs permettaient soit de maintenir les couleurs à une température plus élevée que celle de la salle, soit d'empêcher leur altération par l'air; Parfois, le châssis était mobile, quand la table d'impression avait une grande longueur. L'étendage des couleurs sur le châssis pouvait, le cas échéant, s'effectuer automatiquement à l'aide de ftrettr« mécaniques.

La perrotine se composait essentiellement : d'une table à trois faces, sur laquelle circulait l'étoffe; de trois chariots portant les planches gravées et recevant un mouvement alternatif, de manière à s'appliquer contre les trois faces de la table d'impression ou à s'en écarter; de distributeurs et de châssis à couleurs, qui appliquaient mécaniquement

ces couleurs sur les planches. Aussitôt les trois coups de planche donnés, l'étoffe avançait de la quantité voulue.

Dans rimpression au rouleau^ le tissu passait entre un tâniLour presseur et le rouleau gravé, qui recevait la couleur d'un autre rouleau; des racles enlevaient la couleur, en dehors de la gravure. Les rouleaux pouvaient être multipliés et donner autant de colorations différentes- Pour la gravure, on avait recours à divers procédés : poinçon et balancier; poinçon-molette et machine à graver; molette roulante; eau-forte; burin; tour à guillocher; pantographe et électricité. Le procédé le plus usité était celui de la molette roulante, dont le principe a été précédemment rappelé : une fois gravée en creux et trempée, la première molette simprimait en relief sur la seconde molette, au moyen d'une sorte de laminoir ou presse à relever; celle-ci gravait le cylindre, avec lequel elle était montée sur un tour spécial. Quand plusieurs rouleaux devaient imprimer des couleurs successives, leur diamètre allait en croissant afin de compenser l'extension du tissu. Le nickelage des cylindres avait constitué une sérieuse amélioration.

Il me reste encore à citer la presse écossaise pour enlevages. Celte presse puissante maintenait une pile d'étoffe entre deux plaques de plomb, percées d'ouvertures qui se correspondaient et faisaient office de dessins (croix, pois, etc.); le liquide pénétrait par les orifices de la plaque supérieure et sortait par les orifices correspondants de la plaque inférieure.

Je laisse de côté des fabrications spéciales, comme l'impression des étoffes de laine pour ameublement. L'examen, même tout à fait sommaire de ces fabrications, m'entraînerait trop loin.

Aujourd'hui, les machines à imprimer au rouleau ont une prédominance absolue. Elles se prêtent à un travail facile et précis. Toutes sont munies d'un moteur indépendant, ce qui permet à l'ouvrier de chercher avec une marche très lente la mise en rapport des différentes parties du dessin, puis, lorsqu'il y est arrivé, de poursuivre rapidement l'impression; l'habileté des mécaniciens a su vaincre les difficultés que soulevait la commande électrique. II existe des machines imprimant sur les deux faces de l'étoffe et assurant l'exacte superposition des deux impressions. Un artifice récent, consistant à imprimer Tétoffe sans

pression et à donner aux rouleaux gravés une vitesse différente de celle du tissu engendre des effets d une variété extraordinaire et presque illimitée.

Le matériel de l'impression ne se borne pas aux presses et à leurs accessoires. Il embrasse une foule d appareils, dont les uns lui sont communs avec la teinture, tandis que d'autres lui appartiennent en propre. Les limites de cet exposé m'obligent k n'en citer que quelquesuns.

A l'origine de la série se placent les machines battant le tissu, le brossant, le débarrassant du duvet, des filaments et des impuretés avant son envoi à la presse.

Le tamisage des couleurs épaissies est fait ftiaintenant par des moyens mécaniques. Tantôt la couleur, versée dans une trémie avec tamis métallique, se trouve aspirée à l'aide du vide; tantôt l'appareil reproduit automatiquement les anciennes opérations manuelles.

Divers appareils sont utilisés pour la fixation des couleurs-vapeur. Ils fonctionnent soit à haute pression, soit à moyenne pression, soit à basse pression. Autrefois, on se servait beaucoup de la colonne, à basse pression: c'était un cjlindre percé de trous, autour duquel s enroulait le tissu et où on introduisait de la vapeur, qui traversait l'étoffe. La fpiérite, le tambour à vaporiser, la chnmbre à vapeur sont des récipients, où les tissus convenablement disposés reçoivent l'action de la vapeur. À la suite.de nos deux dernières Expositions universelles, les rapporteurs du jury ont particulièrement signalé, d'une part, de grandes cuves avec chaînes sans fin et roulettes faisant circuler les tissus, et. d'autre part, de petites cuves à vaporisage continu, moins coûteuses, mais fonctionnant dans des conditions analogues.

Au sortir de la presse, les étoffes passent dans des chambres de dessiccation. Les dispositions de ces chambres varient; mais le principe est toujours de porter l'air du réceptacle au degré requis de température, d'y introduire les tissus et de les en faire sortir, après un circuit sur roulettes.

Pour le savonnage au large des tissus imprimés et vaporisés, les constructeurs ont établi des cuves à roulettes spéciales, qui se divisent en compartiments de dégommage, de premier rinçage, de savonnage.

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