‹ Le bilan d'un siècleChapitre 65 sur 69 · LINGERIE · texte numérisé non relu

LINGERIE

6. Lingerie. — Rien de plus complexe que la lingerie. Elle présente de grandes subdivisions. C'est tout d'abord la chemiserie d'homme, chemiserie en gros, chemiserie en détail, chemiserie mixte (chemises blanches ou de couleur, en coton, en toile, en flanelle, en tissu de fantaisie; caleçons en toile, en croisé, en soie, en flanelle, en tissu de fantaisie; gilets en flanelle, en tissu pur ou mélangé; devants de chemise en toile ou en coton, unis ou de fantaisie; fauxcols, manchettes, plastrons de chemise). Une autre branche d'importance capitale se compose de la lingerie en gros ou en détail pour femme ou pour enfant : la lingerie de femme comprend d'innombrables articles, chemises de jour ou de nuit, camisoles, pantalons, jupons, matinées, cache-corsets, cols, manches, parures, peignoirs, taies d'oreillers, draps, nappes, serviettes, etc.; quant à la lingerie d'enfant, elle a pour domaine toute la layette. Récemment est née la chemisette, qui donne lieu à un mouvement d'affaires considérable; elle se rapproche du corsage, mais ses formes reproduisent plutôt celles de la chemise d'homme.

Les fabricants de lingerie n'ont commencé à prendre part aux Expositions qu'à partir de iSk^. Vers cette époque, Paris comptait déjà 3,00 industriels produisant pour 36 millions et demi par an. La première Exposition universelle internationale, celle de Londres en i85i, montra la supériorité de nos produits, la perfection de leur coupe, la variété et l'élégance de leur dessin, le bon goût de leur ornementation. Tout se faisait encore à la main, et les maisons religieuses avaient, pour ainsi dire, le monopole de la confection.

À l'Exposition de 1862, on constata pour la première fois l'application de la machine à coudre, qui devait amener des changements profonds dans l'organisation du travail. De petits ateliers s'établirent d'abord à Paris pour la piqûre mécanique; les coutures, les fronces, les ourlets continuaient à être confiés aux couvents de province. Plus tard , les exigences de la fabrication à bon marché étendirent le travail à la machine et amenèrent à créer de grands centres de confection hors de la capitale, notamment dans le Rerry. Les entrepreneurs recevaient de Paris les chemises coupées et en opéraient la répartition entre les ouvrières de la région ; tenant pour la plupart un commerce,

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