CHAUSSURES
l'Angleterre et aux Etats-Unis, a été de 4 o,3 00,000 francs; elle avait atteint 60 millions en 1890.
9. Chaussures. — Sous le Directoire et l'Empire, les hommes portèrent des hottes rigides et collantes à talon bas et large, ainsi que des souliers sans talon ou à talon has; les femmes, des souliers sans talon, à cothurnes, et des hottines hasses lacées en dedans ou à boutons de c6té. Ces modèles se voyaient encore à l'Exposition de i855; on y trouvait aussi des chaussures rappelant, au moins pour les talons, le règne de Louis XV; enfin les bottines avec élastiques faisaient leur entrée dans le monde. Le maître cordonnier qui établit en France, vers i85o, les premières bottines de ce genre, se servait des élastiques à ressorts en métal alors employés à la fabrication des bretelles. Bientôt, les ressorts furent remplacés par des fils de caoutchouc vulcanisé. Depuis, les transformations importantes se sont produites moins dans les formes que dans les méthodes de travail. La fin du siècle se caractérise par l'abandon de toutes les exagérations, notamment des bouts carrés ou pointus et des talons démesurément hauts ou affreusement plats.
Jadis, la fabrication industrielle n'existait pas. Les chaussures étaient généralement faites sur mesure, dans de modestes ateliers ne comprenant que le patron, la femme et un apprenti, auxquels s'ajoutaient parfois quelques compagnons : ces ateliers, dont le bon La Fontaine chanta la gaieté proverbiale, ont été popularisés par la gravure. Quant au commerce peu important de la chaussure confectionnée par avance, il était exercé par des marchands, pour lesquels travaillaient soit les maîtres cordonniers pendant les mortes saisons, soit des fournisseurs spéciaux.
Vers 1820, les allures de la profession commencèrent à se modifier. Plusieurs maîtres entreprirent d'expédier des chaussures dans l'Amérique du Sud, à la Réunion, à Bourbon, puis aux Antilles. Le principe de la division du travail reçut bientôt ses premières applications, qui ne tardèrent pas à se développer avec les procédés mécaniques.
Après les indications déjà données dans un précédent chapitre, il