CHAPITRE III
LE RENDEMENT INDUSTRIEL DE l'ÉTATISME DE GUERRE
Nous connaissons maintenant, dans ses formes essentielles^ ta puissante machine étatiste. Mais quel fut son rendement industriel ? Il est temps de s'en rendre compte.
Tirer au clair la situation de ses affaires apparaît en effet comme le premier pas vers leur rétablissement. Nous n'aurons pas de politique économique avant de savoir où nous en sommes, et d'abord combien la guerre a coûté.
Qui donc à présent le sait au juste ? L'addition seule est achevée. On connaît la somme qu'il fallut prélever sur la fortune publique, sous forme d'impôt ou d'emprunt, pour mener les choses à bien. Mais le détail, le contenu de cet énorme ensemble ? Le moment paraît venu, non pas d'arrêter les résultats financiers de l'étatisme de guerre, — il faudrait que les comptes en soient rendus, — mais de mettre en ordre les éléments que l'on possède, afin que l'opinion soit à même d'asseoir, au sujet du système étatiste, un jugement plus fondé. On n'ignore pas le désordre financier au milieu duquel l'effort national s'est dépensé, la France devant payer du prix d'une absolue néghgence dans la tenue de sa caisse, l'ordre qui régna dans ses rangs. Où est ici le vrai et le faux ? Les chiffres vont nous l'apprendre. En somme, l'œuvre la plus utile, à laquelle on se puisse livrer actuellement, c'est