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L INFILTRATION NATURALISTE DANS LES DIFFERENTES FORMES DU ROMAN

Lorsqu'on a étudié le tempérament et les idées des grands maîtres du roman naturaliste, Balzac, Flaubert, les Concourt et Zola, il semble que la tâche soit complète de ce côté, et qu'on puisse passer sous silence les écrivains qui se sont inspirés des doctrines de ces maîtres et de leurs procédés. Et pourtant, rien ne serait plus injuste que cet oubli, car il se trouve que ces écrivains sont eux-mêmes des maîtres, et qu'ils ont eu assez de puissance dans la création ou dans l'expression, pour diversifier le fond du naturalisme, au gré de leurs tendances ou de leur génie particulier.

Voici d'abord, parmi eux, Guy de Maupassant, un disciple de Flaubert, dont il avait appris l'art de pénétrer le caractère particulier des choses et en même temps celui de l'exprimer avec un relief saisissant. A cette école,

il développa le don d'observation suraiguë et d'extrême impressionnabilité qu'il portait en lui, et par l'apprentissage d'une sévère discipline et d'une méthode rigoureuse, il acquit une langue excellente, un style concis jusqu'à l'austérité et même, parfois, jusqu'à la sécheresse.

Il était d'autant mieux préparé à recevoir les leçons de Flaubert, qu'il avait naturellement cette absence de sensibilité et d'expansion, acquise par son maître au prix des plus grands efforts.

A ses yeux, le monde est un écoulement constant de phénomènes qui se traduisent en actes, en mouvements, dans lesquels il voit les ressorts intimes de notre activité. Ce sont donc ces actes et ces mouvements qu'il note, sans philosopher, mais aussi sans repousser la psychologie lorsqu'elle peut l'aider dans ses démonstrations. Or, pour Maupassant, les mouvements et les actes sont provoqués par des désirs, mais par des désirs brutaux et égoïstes qui n'ont jDour but que des satisfactions physiques et matérielles. Il n'a vu l'homme, en somme, qu'au travers de lui-même, et comme il aimait le bien-être, il a cru inutile de chercher au dehors des types dont le besoin de jouissance ne soit pas l'objectif exclusif.

Il excelle à dégager un caractère de la réalité

complexe, en employant un procédé de simplification hardie. Chacune de ses œuvres en est une preuve vivante : dans Une Vie (1883), dans Bel-Ami (1885), dans Pierre et Jean (1888), dans For( eomnie la Mort (1889), ainsi que dans ses nombreuses nouvelles, il a esquissé des tvpes généralement vulgaires, mais expressifs au plus haut degré; il les a représentés sans cruauté, avec une impassibilité qui touche de bien près à l'indifférence, mais qui, certainement, n'est pas la sympathie. Tout au plus relève-t-on quelquefois une note dédaigneuse et légèrement ironique dont il souligne certaines parties et qui, peut-être, trahit son sentiment intime.

!M. Alphonse Daudet doit beaucoup au naturalisme ; il lui a emprunté d'abord sa méthode précise et scientifique, ses procédés de documentation et d'information qui consistent ii recueillir des notes abondantes sur les événements de la vie courante et à les faire passer dans ses livres.

Cependant, il n'est point impersonnel : il écoute volontiers vibrer son àme au contact des sensations douloureuses ou agréables, car il ne se contente pas de voir, il veut encore sentir. Sa sympathie est facilement éveillée, et il ne

-demeure pas longtemps dans l'attitude impassible d'un savant qui dissèque ou analyse.

Malgré cela, il objective fort nettement ses sensations ; on le sent alors qui fait effort pour dompter cette sympathie débordante qui est le fond de sa nature ; il pénètre en quelque sorte les ressorts les plus intimes de son émotion et il arrive ainsi à noter avec précision l'objet dont le contact a éveillé en lui joie ou tristesse. Il a uni, pour tout dire, son expérience personnelle à une méthode rigoureuse d'investigation,, par laquelle il ne s'est jamais laissé absorber. C'est ainsi que le Petit Chose (1868), Fromont jeune et Risler aîné (1874), Jack (1876) sont d'émouvantes et fines peintures de l'existence pénible, laborieuse et pleine de soucis que mènent, d'une part, ceux auxquels la vie n'est point clémente, d'autre part, le monde préoccupé et actif des affaires : ces types qu'il met en scène, M. Alphonse Daudet les a coudoyés dans sa jeunesse si pleine de luttes et d'efforts; ces milieux qu'il reconstitue, il les a vus de près et l'impression qu'ils ont produite sur lui, il l'a exprimée avec quelque chose de plus que l'exactitude minutieuse. Dans son cerveau où s'est imprimée la réalité, un bouillonnement d'images des êtres et des choses n'a pas tardé à se produire, cherchant une issue pour se traduire à l'extérieur. Obsédé par ce monde en

travail, l'auteur a bien vite senti l'œuvre devenir, en quelque sorte, indépendante de lui ; il s'est mis au travail avec l'ivresse de la « production folle », sans se laisser toutefois trop engager dans la matière de chacun de ses romans, et supérieur à beaucoup d'égards, parce qu'il avait précisément cessé de les vivre.

Toute sa vie est ainsi passée dans son œuvre; depuis Jack qu'il a connu, dont les douleurs sont devenues les siennes, jusqu'au Petit Chose qui n'est autre que lui-même, jusqu'à Tartarin, son double longtemps contenu et qu'il a senti tressaillir en lui, lors de son voyage en Algérie, « à la belle lumière de là-bas », tous ces personnages représentent des fragments diversement découpés et rassemblés de son expérience personnelle.

C'est cette même expérience qui lui a permis d'écrire de grandes études d'histoire et de mœurs contemporaines, le Nabaù [1811), dans lequel il évoque le monde du second empire ; les Rois en exil, grande et souvent aussi mélancolique peinture des existences princières, en notre époque démocratique ; enfin V Im?nortel, tableau satirique mais chargé, dans lequel sont représentées les parties tristes et mesquines de la vie des hommes de travail et de pensée.

Les analyses poignantes et vigoureuses ont également tenté M. Alphonse Daudet : à cet

égard, Sapho (1884) est un tableau navrant mais parfaitement sain, et surtout douloureusement observé et senti, des conséquences funestes qu'une liaison de jeunesse peut avoir sur la formation d'une âme. De même VEvongèliste (1883) étudie avec une vigueur parfois âpre et cruelle, les ravages que peut causer, de nos jours, le fanatisme religieux.

C'est le Paris de notre époque et celui d'il y a trente ans que M. Alphonse Daudet a su faire revivre dans ces ouvrages; c'est de même la Provence ensoleillée qu'il retrouve dans ses délicieux Contes^ comme dans la folle et épique trilogie de Tavtarin de Tarascon, ainsi que dans son très réel Numa Roiunestan.

Il nous a dit en propres termes (1), qu'à dix ans, il était « déjà tourmenté du désir de sorti?' de lui-même, de s'incarner en d'autres êtres dans une manie commençante d'obserçation ». Tout son tempérament est nettement précisé en cette double remarque. Il a étudié et compris, à merveille, les Sfestes, les attitudes, les sentiments des personnes qu'il a rencontrées; mais sa sympathie s'étendant aussi à la nature, il a étudié et compris aussi les paysages, les rues, les maisons, les ameublements; il en a saisi le caractère, aussi bien par l'ouïe et l'odorat que par la vue : le parfum grisant des herbes de Provence, le son

(1) Dans Trente ans de Paris (1S80).

grêle de quelque instrument de musique champêtre dans les Alpilles et le murmure des feuilles Font frappé autant que la « palette aux gammes intenses et variées » des paysages algériens ou provençaux.

En résumé, M. Alphonse Daudet s'est fait du roman une théorie qui est l'expression de son propre tempérament, combinée avec les influences littéraires du milieu artistique où il a vécu. Doué d'une admirable compréhension, il s'est défié des échappées de sa fantaisie, s'est mis à copier, par principe, d'après nature, de façon à donner à ses personnages « la vraie articulation de la vie ». Il a réalisé ainsi, en un style étincelant et nerveux, une sorte de fusion entre le naturalisme intégral et ce qu'on pouvait garder de l l'idéalisme.

Le naturalisme occupe, aujourd'hui, dans le roman, de si fortes positions, qu'on le rencontre même chez des écrivains qui voudraient répudier ses doctrines, et qui lui doivent, le plus souvent, les meilleures de leurs qualités.

Nous laisserons de côté, bien entendu, cet aimable et spirituel Edmond About, dont les romans sont des contes délicieux qui n'appartiennent, à proprement parler, a aucune école : l'esprit mordant et aiguisé qu'il y déployait,

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About le porta, d'ailleurs, dans le pamphlet et dans le journalisme, où il trouva de brillants émules, tels que Prévost-Paradol dans le parti libéral, et Louis Yeuillot, le champion du catholicisme intransigeant.

Mais Octave Feuillet, avec son expérience du monde, sut peindre en traits d'une réalité qui va parfois jusqu'à la crudité, surtout dans des œuvres telles que Mojisieur de Ccunors (1867) et la Mo?-te ^1886, la décomposition morale d'une aristocratie dont la vie oisive et ennuyée aboutit il la honte ou au suicide.

Sans insister sur M. Ferdinand Fabre dont Y Ahhé Tii^rane mérite d'être considéré comme l'une des œuvres les plus pénétrantes et les mieux observées du roman contemporain, on peut dire que M. Victor Cherbuliez, bien que réi'ractaire, en apparence, aux hardiesses de l'école expérimentale, se laisse pénétrer, à son insu, par certaines de ses théories qui donnent à son observation nn tour pénétrant et aisé.

Nous en pourrions dire autant de M. Hector !Malot. dont l'œuvre un peu touffue et quelquefois inégale offre des parties qui rappellent Balzac, par l'art de créer et de faire vivre les caractères.

Sous son dilettantisme qui fait songer parfois il celui de Renan, M. Anatole France lui-même ressent l'influence de cette précision scientifique

qui s'est introduite, depuis un demi-siècle, dans toutes les branches de la littérature. Le fait est d'autant plus caractéristique qu'il traite d'ordinaire des sujets qui demandent avant tout la légèreté de la pensée et les grâces ailées du style ; toutefois, dans ses légendes religieuses, dans son Crime de Sjjh'estre Bonnard (1881), comme dans Thaïs, la Rôtisserie de la reine Pédauque (1893), VOrme du Mail (1897), le Mannequin d'Osier, et il sait combiner avec le charme de son ironique sympathie, la vérité des détails extérieurs, des attitudes et des gestes. Dans ce fureteur inquiet et spirituel, dans ce conteur délicieux et sceptique, il y a l'étoffe d'un grand artiste naturaliste, bien (ju'il se vante de n'appartenir à aucune école.

Enfin, il faut inscrire ici deux écrivains dont le talent divers, malgré leur aspect tout particulier et leurs prétentions, l'un à la psychologie, l'autre à l'exotisme, croient échapper peut-être au grand mouvement qui porte la littérature à faire plus de place aux manifestations extérieures de la pensée et à prendre une forme plus scientifique : ces deijx écrivains sont MM. Paul Bourget et Pierre Loti (1). En réalité, tous deux sont fortement imprégnés de naturalisme, et tout au

(1) Do son vrai uom M. Julien Viaud.

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plus peut-on leur concéder qu'ils ont seulement aidé le naturalisme à s'affranchir de certaines formules étroites et quelque peu dogmatiques.

Pierre Loti, a-t-on souvent répété, a repris parmi nous la tradition de la littérature exotique que Bernardin de Saint-Pierre et Chateaubriand avaient mise a la mode. Cela est vrai, si l'on considère seulement la mélancolie profonde que traduit soji œuvre, et la vivacité des impressions pittoresques dont elle est le magnifique développement. Certaines partie de cette œuvre rappellent, par leur éclat et leur souplesse, le style coloré de Théophile Gautier. Mais, tandis que ce dernier se contentait d'être un descriptif. Loti est un naturaliste extrêmement puissant, qui fait passer dans l'âme de ses lecteurs, au moyen de descriptions souvent violentes, le frisson d'inquiétude qu'il ressent en face de la nature. Comme il est tout à fait subjectif, cette nature il la A'oit sans cesse à travers sa mélancolie; il la déforme sous l'effort de ses sensations. L'émotion qu'il éprouve lui devient un auxiliaire puissant, pour accuser les reliefs, les détails nets et précis, en même temps que la vivacité des couleurs.

Seulement, à l'encontre de Chateaubriand, Pierre Loti n'est pas chrétien ; ses efforts apparents pour le devenir me semblent les tentatives d'un intellectuel curieux de sensations nou-

velles, bien plus que l'affirmation convaincue de celui qui veut retrouver une foi perdue. « Mon livre ne pourra être lu et supporté, écrit-il au début de Jérusalem, que par ceux qui se meurent d'avoir possédé et perdu l'Espérance Unique ; par ceux qui, à jamais incroyants comme moi, viendraient encore au Saint-Sépulcre... » C'est bien cela : « a jamais incroyant » il est et il restera, « en attendant que le néant » lui « réapparaisse, plus noir, demain. » Son pessimisme est, en effet, navrant ; et tous ses livres, Le Mariciife de Loti (1880), le Roman d'un spald, Mon frère Yt^esflSSS), PécJieurs d'Islande, Japoneries d'automne, Fantôme d'Orient, expriment à merveille l'amertume de l'anéantissement de la sensation en lui-même et des apparences en dehors de lui. On peut dire que cette amertume, il la savoure d'autant plus douloureusement qu'il jouit avec plus d'intensité de ces apparences et de cette sensation. Le monde n'est donc, à ses yeux, qu'un écoulement incessant de phénomènes, comme l'univers parcouru par l'auteur, dans sacarrièrede marin, n'est qu'une suite chanoeante des formes de la vie et de la nature.

Son œuvre reste une peinture, sans grande psychologie, de ses différents états de sensibilité, exprimés avec une spontanéité caractéristique, dans un style savamment rythmé, très pénétrant, car il rend les moindres particularités des lignes

et des couleurs avec une remarquable précision et un réalisme surprenant.

M. Paul Bourget est un disciple fervent de Taine et cela dit suffisamment que les racines de son talent plongent assez avant dans le naturalisme expérimental jjNourri de science, familier avec tous les systèmes de philosophie, armé d'une méthode d'investigation aussi rigoureuse que celle des purs anatomistes, il a en outre beaucoup voyagé, pour renouveler ses sensations, et pour acquérir du monde une vue aussi complète et aussi étendue que possible.

Seulement les qualités qu'il devait à Taine et à l'éducation personnelle qu'il s'est donnée, il les a mises en œuvre de façon à faire du roman un document d'histoire morale, tel h peu près que l'avait entendu Stendhal. Il est devenu ainsi le réprésentant le plus éminent du roman dit psychologique. Son penchant à l'analyse aiguë des sentiments les plus indéfinissables, cachés aux profondeurs de l'âme humaine, s'est affiné et exaspéré à mesure qu'il avançait dans sa carrière littéraire. Ainsi, il avait commencé par se révéler dans Cruelle énigme (1885) et Crime d'amour [1886], un arbitre fort délicat des cas de conscience amoureux ; mais dans A/idré Cornélis et Mensonges (1889), il fournit toute la mesure de sa puissance à pénétrer la passion jusque dans ses plus obscurs symptômes. Enfin, avec le

Disciple (1889) il donne libre carrière à ses facultés d'analyse, en étudiant le travail intime d'une àme ardente de jeune homme, au contact de la doctrine séduisante sur le déterminisme universel.

M. Paul Bournet a voum, avant tout, être le peintre d'une partie très restreinte de la société contemporaine : les gens du monde suffisent à son observation, peut-être parce qu'à ses yeux ils sont les seuls qui peuvent encore s'offrir le luxe d'une vie morale et des crises de conscience. Si ce cadre un peu étroit a trop circonscrit l'essor de son talent, ce talent v a suffisamment traoné en protondeur, pour que nous n'ayons pas trop il nous en plaindre.

Parti du naturalisme expérimental, ]M. Bourget, — et ce n'est pas là un des traits les moins curieux de sa physionomie littéraire, — - a abouti à des conclusions qu'on ne s'attendrait guère à trouver sous la plume d'un disciple de Taine. De ses explorations à travers le domaine des passions et de ses naufrages sans nombre, il a rapporté cette conviction que l'idée religieuse demeurait, en somme, la seule force capable de préserver les consciences des chutes ou de les guérir de leurs blessures. Il est arrivé ainsi aux confins du mys.ticisme et par là il a rompu, sinon avec les méthodes du moins avec les aspirations du naturalisme.

Une partie de la jeunesse s'est engagée dans cette voie en exagérant naturellement les tendances de ceux qui l'y ont guidée, si bien qu'on nous a menacés d'une littérature mystique au xx^ siècle.

Les saines et robustes aptitudes de l'esprit français suffiront à nous préserver de pareils excès.

Déjà nous sentons fléchir cette forme de roman mystique et néo-chrétien entre les mains de M. Edouard Rod, esprit vigoureux pourtant et intéressant, mais dont l'allure un peu lourde n'a pas l'envolée nécessaire, peut-être, pour agiter les problèmes obscurs et troublants des âmes contemporaines. Son Michel Te issier [1892] et la Seconde Vie de Michel Teissier (1893), le prouvent suffisamment, malgré leur solidité, malgré l'intérêt puissant qu'ils renferment.

Et dans la passion qu'il apporte à cultiver comme à analyser son moi, M. JMaurice Barrés ne paraît guère en mesure, lui non plus, de former de nombreux disciples. Excellent dans les impressions de paysages, supérieur en somme dans l'analyse, il est assez déplaisant par son égoïsme où l'orgueil entre pour une bonne part : Sous l'œil des Barhares, le Jardin de Bérénice, le Culte du moi et L'Ennemi des lois, sont des œuvres originales à coup sûr, mais d'une forme si subtile et si tourmentée

qu'elles resteront comme les manifestations isolées d'un art personnel bien plus qu'humain (1).

Plus avisé, M. Margueritte, malgré une rupture apparente avec le naturalisme, en a gardé la méthode scrupuleuse d'investigation et d'observation. Pascal Ge fosse (1887), Jours d'Epreuve, La Tourmente (1893), sont, à cet égard, des œuvres fortes et durables. Mais le naturalisme de M. Margueritte s'est comme attendri au souffle de pitié venu, en ces dernières années, des littératures du Nord. Tolstoï et Ibsen ont eu sur lui une influence marquée qui a imprégné ses livres de cette « religion de la souffrance humaine » dont on nous parle tant. Nous n'en sommes pas moins, avec lui, en plein domaine naturaliste ; en sorte que si l'on a pu dire de la forme d'art présentée par M. Margueritte qu'elle était appelée à prévaloir au siècle prochain, on a affirmé, par là même, la vitalité de la doctrine naturaliste élargie et comme épurée, à mesure qu'elle occupe dans les esprits une place mieux assurée et plus solide.

(1) Les Déracinés, publiés dans une grande Revue parisienne, semblent indiquer une orientation nouveUe du talent de M. Barrés.

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