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LE NATURALISME AU THÉÂTRE

Depuis 1850, le natuialisme a conquis droit de cité au théàti'C. Aux fièvres enthousiastes du romantisme, il a substitué un idéal plus terre à terre, mais aussi plus rapproché de la vérité. Aussi, en est-ce tait désormais des drames de cape et d'épée, des scènes gonflées d'héroïsme et de sentiment. C'est la comédie qui prend, pour elle seule, possession de la scène, parce qu'elle est le genre le plus propre à représenter la réalité des mœurs et les caractères moyens dont notre société contemporaine est composée. Elle se plie, d'ailleurs, à merveille, aux combinaisons les plus variées, tantôt prenant la forme de la bouffonnerie et de la charge, tantôt s'alliant avec la musique, — et quelle musique ! — dans des opérettes folles, tantôt enfin, se faisant plus fine et plus grave, pour représenter les travers et les vices de notre temps.

L'opérette fut, par excellence, la forme théâtrale qui charma la société du second Empire. Elle répondait, à merveille, au goût de ce monde matérialiste et jouisseur, trop peu capable d'idéal élevé, pour aspirer et atteindre au grand art; elle lui présentait, avec une libre ironie, lasatirebouffonne de tout ce qu'on avait respecté jusqu'alors, non seulement en art, mais en morale, en politique. Les maîtres du genre ont été Henri Meilhac et Ludovic Halévy qui, dans la Belle Hélène [1865], la Grande-Duchesse de Gérolstein (1867) et les Brigands (1869) ont permis à la verve endiablée du musicien Offenbach de se donner libre carrière. L'enthousiasme purement sensuel émanant de pareilles œuvres complétait la démoralisation d'une société dépourvue de toute conviction, toute prête h se moc[uer d'elle-même au besoin, etnedemandant authéàtre,en attendant, que des plaisirs faciles et des sensations assez vulgaires.

Le vaudeville tel que l'a compris Eugène Labiche, de 1850 à 1870, a des qualités bien supérieures : il nous fait entrer directement dans le domaine du naturalisme au théâtre. Après Scribe, il avait tourné à l'excentricité, cherchant à forcer l'attention par des affectations bizarres ou se condamnant à une vogue bien éphémère par une étroite adaptation au talent d'un acteur renommé. Ce fut Eugène Labiche qui le ramena

h l'observation de la réalité et qui le rapprocha vraiment de la comédie. Ses vaudevilles se présentent sous l'aspect d'amusantes drôleries, un peu grosses d'effet peut-être, mais écrites avec une verve réaliste irrésistible et une intarissable gaieté. Ces fantaisies délirantes cachent, la plupart du temps, une. observation délicate qui dégage d'une banalité une exquise moi'ale, comme dans le Misanthrope et V Auvergnat ou dans le Voyage de M. Perric/ion (1860). C'est cette même observation, — produit véritable de l'art naturaliste, — qui permet à Labiche de tracer, dans son étonnant premier acte de la Cagnotte (1864), un délicieux tableau d'intérieur, au fond d'une petite ville de province. Comme beaucoup d'écrivains naturalistes, Labiche aime à o-rossir les traits des personnages qu'il représente, de façon à nous donner une idée plus complète et plus saisissante de la réalité. C'est pourquoi son théâtre nous semble peuplé de détraqués et d'imbéciles : mais la précision de son observation nous donne la sensation très nette que s'il accentue la vérité, il ne la déformejamais et que ses héros nous heurtent chaque jour, sans que nous songions trop a en rire.

Mais la vraie comédie s'est acheminée surtout vers le naturalisme, avec des écrivains dramatiques tels qu'Emile Augier, Alexandre Dumas fils et Pailleron. Il semble même qu'elle ait

suivi, depuis Balzac, une route parallèle à celle du roman, en enveloppant dans une peinture fidèle des mœurs contemporaines, une thèse morale ou sociale. Nous sommes donc également éloignés de la vieille comédie classique avec ses types généraux, du drame gonflé des romantiques et du vaudeville prétentieux de Scribe.

Emile Augier est un artiste fort médiocre ; il est trop bourgeois pour l'être davantage : c'est pourquoi ses comédies en vers sont si lourdes et si pénibles ; il versifie comme un Ponsard qui n'a pas de style. Mais, en revanche, sa prose est ferme, sincère et chaleureuse : on sent qu'elle exprime les solides convictions morales d'un écrivain de sens droit et sain. C'est précisément ce tempérament bourgeois qui l'a amené au naturalisme. En effet, il déteste d'instinct le romantisme dont l'idéal passionné lui semble faux : c'est ce qu'il montre bien dans sa comédie de Gahrielle (1849), comme dans le Mariage d'Olympe (1855), deux œuvres qui révélèrent, dès l'abord, un écrivain plein de promesses.

Enfin, détail bien caractéristique, ce bourgeois dit à la bourgeoisie de son temps son fait et ses travers ; il la voit éprise d'intérêt et d'argent avant toutes choses ; il sent que sa moralité apparente n'est qu'hypocrisie, que dans le mariage son seul but est la dot, qu'en affaires elle met la fortune au-dessus de l'honnêteté,

que la conscience est, pour elle, un préjugé dont on plaisante, et qu'enfin pour cacher cette corruption profonde, elle a besoin de se couvrir du manteau de la religion.

Augier tout entier est dans la répulsion que lui inspirent tant de vices masqués avec une si grande habileté : c'est, en somme, un bourgeois libéral, honnête, qui connaît à fond la classe dont il est, mais qui est décidé à ne lui passer aucune infamie, précisément, peut-être, parce qu'il en est.

I Voyez les Effrontés (1861) : est-il possible de peindre en traits plus accentués cette poursuite enfiévrée de la fortune, qui fut le propre de la génération du second empire ? Dans la Contagion (1866), c'est à cette ironie dissolvante de tovis les fondements de la morale sociale qu'il

' s'attaque avec une âpreté virulente. Et la dot des jeunes filles, cette misère dont la chasse fausse dans la société contemporaine les principes mêmes du mariage, cette dot hallucinante, comme il la traite dans Ceinture dorée (1855), dans PJiiliherte (1853) et dans les Fourchamhault (1878)! — Mais, allez plus loin, et voilà qu'en 1862 paraît le Fils de Gihoyer : c'est maintenant au tour du parti catholique, formidable appui de cette société corrompue, de venir étaler sur les planches, ses turpitudes et ses hontes. Dans cette dernière comédie, Veuillot et ses amis

sont assez rudement maltraités. Ils le seront plus encore, lorsqu'en 1869 Augier dénoncera la -politique des Jésuites, dans Lions et Renards.

Tout cela est très vivant, et même à force de réalité expressive, ces comédies arrivent à n'avoir en aucune façon l'apparence abstraite de la thèse. Je sais bien qu'il y a, au milieu de tant de caractères vigoureusement esquissés, quelques types assez ingénus ou assez naïvement rendus, comme les jeunes savants austères ou l'agent des jésuites : mais si ce sont là de petites taches qui font penser h Scribe, il n'en reste pas moins vrai que le monde de coquins ou d'inconscients mis à la scène par Augier est rendu avec une puissance et un relief incontestables.

Enfin, Emile Augier n'est pas incapable d'abandonner la thèse pour n'esquisser que des caractères, avec l'unique souci de les peindre conformément à la réalité : c'est le bourgeois enrichi et le noble ruiné dans le Gendre de M. Poirier (1854) ; c'est dans Maître Guèrin (1864), le type de ce notaire canaille, d'imagination dépravée, auquel l'honnête Mme Guérin, sa femme, sert de repoussoir.

A côté de ces œuvres vraiment fortes, dans lesquelles revit toute une génération, toute une époque, on pourrait citer encore, dans un autre ordre d'idées, cette élégante et brillante fantaisie du Post-Scriptiim (1869), ce petit acte en prose

qui Aiit songer à Musset, et qui prouve, tout au moins, l'étonnante souplessse d'un écrivain que son art consommé met au premier rang parmi les maîtres de l'école naturaliste.

Avec sa science du monde et son étincelant esprit, M. Pailleron reprendra, dans le Monde où l'on s'ennuie (1881), la tradition comique au point ou Emile Augier l'a laissée, et son naturalisme affiné par une sorte de sensibilité discrète, assurera à son œuvre une place remarquable dans l'histoire du théâtre à la fin du xix" siècle.

Alexandre Dumas fils est un romantique venu taid au naturalisme. Des romantiques il a le goût pour les thèses absolues, tournant facilement à l'abstraction et au symbole. Il s'y tiendra durant toute sa vie, en modifiant seulement le caractère abstrait de ses pièces par une étude de plus en plus précise de la réalité.

En 1852, il débute au théâtre par la Dame aux Camélias : nous sommes là en pleine imitation romantique, car cette comédie pose la thèse de la réhabilitation de la courtisane, et c'est ce que Victor Hugo avait fait déjà en donnant Marion Delorme. Mais Alexandre Dumas fils s'aperçoit, semble-t-il, qu'il' fait fausse route. A dater de ce jour, sa carrière littéraire n'est qu'un long effort pour s'arracher aux étreintes du roman-

tisnie désormais condamné, et pour créer une sorte de comédie à prétentions morales, fondée sur une étude attentive des réalités de la vie. En d'autres termes, le naturalisme, auquel aboutit Alexandre Dumas, lui fut imposé par la nécessité beaucoup plus que par ses goûts personnels.

C'est alors qu'en 1855 il donnele De77ii-Monde qui marque vraiment son entrée dans un domaine nouveau. J'y relève encore bien des traces de romantisme, mais celui-là, au moins, n'a rien de sentimental, et c'est un progrès, après tout. Seulement, désormais, Alexandre Dumas filss'est assigné une tâche, et il va la poursuivre au travers de ses différentes pièces, tout en faisant,, de jour en jour, une place plus large à la réalité. Il trouve la société mal faite, parce que la famille est mal organisée ; tous ses efforts tendront donc à reconstituer cette dernière : d'abord en attaquant l'éducation qui ne prépare ni l'homme ni la femme à l'accomplissement des devoirs domestiques ; puis en proclamant le mariage vicié par la poursuite de l'argent et de la dot ; ensuite en s'élevant avec indignation contre l'inepte préjugé mondain qui excuse si facilement l'inconduite de l'homme marié ; enfin, en protestant contre les lois qui sacrifient la femme et l'enfant à l'éffoisme de l'homme.

Réformer tous ces abus, telle est l'œuvre que poursuit Alexandre Dumas fils avec une ardeur

fiévreuse faite de vaillance un peu chimérique et d'austérifé évangélique. Depuis la Question d'argent (1857), en passant par le Fils naturel (1858) et le Père prodigue, jusqu'à la Femme de Claude (1873), Monsieur Alphonse , V Etrangère (1876), et dans les derniers temps de sa vie, Denise (1885) et Francillon (1887), il n'a pas eu un moment de repos qu'il n'ait démontré avec une logique pressante et sévère, la nécessité de panser et de guérir ces redoutables plaies de notre société.

Les pièces d'Alexandre Dumas fils sont composées avec un art infini, mais un peu trop, peutêtre, pour mettre en évidence la thèse posée dans des préfaces d'une grande importance. Le stvle est vigoureux et incisif, le dialogue pétillant d'esprit; en tout, une grande sûreté de main pour dompter les résistances du public et l'empêcher de se cabrer devant des situations épineuses qui préparent des conclusions hardies mais toujours morales aux yeux de l'auteur.

Cette hal)ileté à soutenir une thèse et à s'efforcer den faire accepter les conclusions par le public, ne va pas assurément, parfois, sans un inconvénient redoutable : il arrive, par exemple, que trop préoccupé de battre en brèche quelque préjugé social, l'auteur laisse trop volontiers entendre sa voix dans le dialogue; les caractères se vident ainsi de réalité, et comme nous l'avons fait remarquer plus haut, se transforment en

symboles: la Femme de C/aude i\\te?,te d'une manière probante ce délaut dans Fart si parfait de Dumas. Ordinairement, il est vrai, ces caractères sont rendus avec une telle précision, ils ont même, en de certaines scènes, un tel frisson de vie, qu'ils ouvrent sur les profondeurs de l'âme contemporaine des perspectives étonnantes de clarté et de lumière.

A considérer l'ensemble de son œuvre, ainsi que nous venons de le faire, il parait bien que le naturalisme a sauvé Dumas des pires excès, et si ses dernières pièces nous laissent une impression de supériorité, c'est parce qu'il abandonne plus largement sa pensée au souffle de réalité encore indécis et flottant dans .ses comédies de début. Franc/lion est bien à cet égard l'indice le plus précieux de la modification profonde subie par son grand talent : c'est une œuvre de pur naturalisme, attendrie et baignée dans le courant de tristesse et d'humaine pitié que le puissant génie de M. Zola, — plus encore que l'influence des littératures du Nord, — a fait déborder sur son siècle.

Il faut enfin mentionner un écrivain dramatique dont le succès a été considérable et qui, à n'envisager que la faveur dontil jouit, mériterait d'être placé en première ligne : cet écrivain est M. Sardou. Lui aussi a exploité la veine naturaliste avec une dextérité surprenante, mais avec des procé-

dés un peu trop gros, un peu trop artificiels, pour qu'on puisse vraiment le considérer comme u,n artiste. Il a, tout au plus, le talent de Scribe avec une facilité d'observation en plus et-qui fait illusion. Mais la forme qu'il emploie est toujours la même, et laisse entrevoir les f celles dont il se sert pour mettre son action en jeu. C'est pourquoi la Famille Benoiton (1865), Patrie (1869), la Haine (1875), Daniel Rachat (1880), sans compter le reste, sont des pièces superficielles et très médiocres, en somme. L'action y est toujours posée en deux actes de simple vaudeville, nouée dans deux actes de drame, et dénouée, tout à coup, au dernier acte, d'une façon inattendue. Le public est vigoureusement empoigné et la pièce tient l'affiche. Mais est-ce bien là, vraiment, de l'art dramatique, et pour emprunter beaucoup au naturalisme, M. Sardou est-il bien sur de n'avoir pas contribué à le déconsidérer injustement auprès de quelques excellents esprits?

Un fait essentiel a contribué, dans ces dernières années, à établir et à fortifier sur la scène, Fart naturaliste : c'est la création du Théâtre-Libre. Cette tentative n'a pas réussi, d'abol'd parce que le théâtre admet un certain nombre de conventions avec lesquelles il faut

compter, et que M. Antoine a peut-être violées avec trop de brutalité courageuse ; ensuite parce que le public n'était pas préparé à une réforme aussi radicale de notre conception dramatique, et qu'on n'a pas suffisamment tenu compte des préjugés d'un public défiant à l'égard de toutes les nouveautés hardies.

Quoi qu'il en soit, le Théâtre-Libre a constamment appliqué cette règle, de suivre de près la nature quelle qu'elle soit, quant au fond même de la pièce, et d'apporter dans la mise en scène, dans le jeu et dans le débit des acteurs une exactitude absolument rigoureuse. Malgré l'échec de l'entreprise, il n'en est pas moins résulté qu'elle a montré toute l'importance des détails matériels du spectacle, pour renforcer, en quelque sorte, le sujet de la pièce; elle a fait, de même, comprendre aux acteurs et aux spectateurs, combien la vérité dans l'imitation des sentiments et des passions ajoute de force et de valeur à leur expression.

Par une tendance naturelle et que nous avons déjà signalée pour les manifestations de l'art naturaliste, le Théâtre-Libre a incliné, dans les derniers temps, vers le symbolisme. Il a ainsi détruit les derniers vestiges du scrihisme, tout en favorisant la recherche de Vidée : on s'est^ dès lors, épris davantage, au théâtre, de morale et de psychologie, tout en conservant les acqui-

5 sitions naturalistes qui semblent désormais, en l toutes choses, un besoin de notre esprit.

C'est ainsi que M. de Curel, un des auteurs du Théâtre-Libre a successivement donné, depuis 1892, L'Ejn>ers d'une Sainte, Les Fossiles, l'Invitée, l'Amour brode, quatre pièces originales dans lesquelles s'affirme cette recherche d'une étude morale fondée sur une conception naturaliste consciencieuse.

Le talent de M. de Curel est souvent moins profond que celui de M. Henri Becque qui, avec une ironie plus aiguë, une observation plus pénétrante, a su faire passer dans le public de douloureux frissons, lorsqu'il a donné les Corbeaux , en 1882, et la Parisienne, en 1885. Malheureusement sa précision un peu dure, la tristesse dont son œuvre est empreinte, ont éloigné de lui un public souvent plus sensible au (( machinisme » dramatique qu'à l'art véritable.

A côté de M. Henri Becque et de M. de Curel, il faut sio-naler un écrivain d'une grrande valeur, M. Jules Lemaitre, dont l'œuvre dramatique fort originale est bien loin de concilier les aspirations nouvelles du théâtre avec sa psychologie très fine et très forte en même temps. Sa première pièce. Révoltée, a traduit d'une façon expressive cer-

lains mouvements d'âme d'un intérêt puissant; le Député Leveau (1891), œuvre moins puissante, a cependant attesté encore les qualités toutes particulières de M. Jules Lemaitre. INIais, Mariage hlanc n'a pas semblé rencontrer dans le public l'accueil qu'il méritait : cette pièce pose en principe que le malheur s'abat fatalement sur qui n'aime pas et joue la comédie de l'amour, parce que du mensonge rien de bien ne peut sortir. Seulement, les personnages ne sont guère que de pâles ombres, sans consistance, sans réalité, et l'on sent trop qu'ils disparaissent derrière une moralité absorbante. Ils servent uniquement à la rendre concrète. C'est que M. Jules Lemaitre n'a rien d'un naturaliste : là, peut-être, est sa grande originalité, en ce moment. Il a réussi à écrire des pièces c[u'aucune école ne saurait revendiquer, ce qui n'est pas un mince mérite j il les a composées avec son talent très personnel, gracieux et souple, s'enfuyant, sans cesse, hors de la réalité, et ne laissant ainsi qu'une impression, charmante il est vrai, mais un peu décevante. C'est pour cette raison qu'il occupe une place bien à part dans l'art dramatique contemporain. Il n'en est pas moins sympathique par sa pénétrante indulgence pour toute faiblesse, par cet appel incessant à la bonté, h la pitié qui circule au travers de son œuvre^

depuis Récoltée jusqu'à Flipote. C'est par là surtout qu'il est bien proche de nous, et nous savons gré à son talent de nous arracher un moment aux duretés nécessaires du naturalisme, pour nous reposer au souffle frais de son humanité attendrie.

C'est à condition toutefois que ce talent reste une exception et ne donne pas à M. Jules Lemaître des disciples qui risqueraient d'être de bien pâles imitateurs.

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