‹ Le biscuit de SèvresChapitre 4 sur 9 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

NAT Te oo. es SRE SX, ER SESZSSNEZS,

>. re dec FR : s bons à Se SO ue nr teen ue NN ve. di ù .,

ee rome

LCONET, parti pour la Russie à l’appel de Catherine Il, en 1767, ne fut pas remplacé à Sèvres, ou du moins sa place fut donnée au chef

des ateliers de peinture qui cumula jusqu’en 1773. Incapable de fournir au biscuit des modèles et persuadé à tort qu’en tout genre de sculpture la porcelaine pouvait suppléer au marbre, Bachelier fit alors éditer les œuvres les plus connues des artistes du temps, ou des reproductions de l'antique : l'Amour Bouchardon, comme la Vénus Callipyge ou Médicis. La Manufacture devint ainsi un vrai musée Pigalle où figurérent : le Mercure de Sans-Souci, la Vénus assise, l'Amour et l'Amitié de Bellevue, le Mercure éducateur de l'Amour, les statues de la place de Reims, la Joueuse d'Osselets, les Enfants à la Cage. A cette série, il faut rattacher le fameux surtout du Triomphe de Bacchus, que toute l’Europe connaît, inspiré, sinon signé, par Pigalle encore. Peintre avant tout, Bachelier s’ingénie même à traduire en biscuit les œuvrages de ses confrères : la Conversation espagnole de Vanloo, les Chasses d'Oudry, l'Histoire de Don Quichofte de Coypel.

Le procédé eût pu devenir dangereux à la longue pour la sculpture en biscuit, si un académicien jeune et un sculpteur de talent, L. Simon Boizot, ne fût venu, par la faveur successive de la Dubarry et de Louis XVI, reprendre la tradition créée par Falconet et la soutenir avec l’aide de ses élèves et collaborateurs : Le Riche, Perrotin, Duru, demeurés dans la maïson. Avec eux, Sèvres revit les modèles qui avaient fait sa fortune : les Nymphes, les Amours, les Vénus, les figures élégantes destinées aux boudoirs et aux salons, les portraits d’artistes, Préville, Dazincour!t, les scènes de théâtre ou de mœurs contemporaines, les images du retour à la vertu et à la vie simple qu'avait recommandées Rousseau, comme la Nourrice, le Déjeuner, la Rosière de Salency, ou la Fête des Bonnes Gens ; les allégories mythologiques, amoureuses ou vertueuses, les groupes de l'Hymen, du Mariage, l'Enfance de Silène, la Toilette de Vénus, le Jugement de Pâris, etc.

Tous les goûts de l’époque de Louis XVI s’exprimèrent dans cette production variée à laquelle, jusqu’à la fin du règne, présida Boizot, guidé par le ministre des Arts, d'Angiviller. La manière du sculpteur formé par Michel-Ange Slodtz aux élégances du XvIII° siècle, qui s’adaptait sans perdre encore le style et la grâce de ses prédécesseurs, à l’imitation de l'antique, prescrite à ses confrères comme un retour salutaire à la vérité et à la nature, le choix des sujets moraux, figures de Vertus comme la Santé, la Fidélité, la Force, ou de grands hommes et de citoyens philosophes dont le gouvernement décidait l'éloge en marbre ou en biscuit, les groupes commandés par l'Etat pour les souverains étrangers, comme la Toilette, offerte à la Comtesse du Nord, le &urfout du Parnasse, destiné à Catherine II, ou la belle allégorie qui célébrait l’Invention des Ballons, indiquaient cette double tendance d’un art encore charmant.

Pour leur docilité, leur talent et leur zèle, Louis XVI aimaït ses « bonnes gens de Sèvres ». Hncouragés, maîtres depuis 1772, avec la découverte du kaolin en France, d’une matière moins difficile à manier que la pâte tendre, de la pâte dure très propre à la fabrication du biscuit, ceux-ci se prodiguaient au service du roi. Boizot modelait les images du roi, de la reine, de leurs enfants, célébrait les mariages de la famille, le couronnement de Louis XVI, les naissances de ses fils longtemps attendus. Il se laïssaït oublier dans cette fidélité au roi et à l’art du biscuit qui, la monarchie disparue, a conservé, à Sèvres du moins, le souvenir de son nom, de son talent et de ses œuvres.

Page 1