‹ Le Blanc et sa municipalité sous la RévolutionChapitre 6 sur 12 · SOLS LA RÉVOLUTION. ST · texte numérisé non relu

SOLS LA RÉVOLUTION. ST

> le poing, disant qu'ils ne partiraient qu'autaatque tous I leaautres citoyens, sans distinction d'ftge, en feraient 1 autant ; qu'ils ne voulaient pas souffrir qu'on écrivit.

» Au même instant, plusieurs d'entre eux ont renversé

> la table, dont la chute a fait tomber le citoyen maire ; •1 enlevé les registres du recrutement, les différents « autres papiers qu'ils n'ont rendus qu'après beaucoup » d'instances; cassé et jeté les chaises e&etlà, menafonf » de nota égorger 'si nota ne noits enrôlions pas Us pre- » mûrs. Le citoyen Philippeau a voulu frapper le citoyen » G..., l'un de nous, et il enaélé empêché par le citoyen » Oimonet. Le même Oimonet a reçu un coup de poing M qiù lui a fait rendre beaucoup de sang par le nez, 1) d'un particulier {sic) & nous inconnu, qu'il voulait em- » pécher de maltraiter le citoyen D.., notable, qui était n avec nous.

» Ayant vûnement tenté de calmer les esprit échauf- » fés des concitoyens mal intentionnés et n'ayant pu y » parvenir, pour nous soustraire & leur fureur, nous » avons voulu nous retirer en la chambre conunune, ad- » hérenle & la dite église, pour en rédiger un procës- » verbal ; mais nous y avons été suivis par les mêmes u citoyens, toi^ours animés, qui se sont encore permis » des propos indécents et ont fait de nouvelles menaces. » Le nommé P..., dit Lacreuse, a dit au citoyen P... : » petit J... F..., lonécharpe neme faitpaa peur; élk ne » m'empêchera peu de te casser la barre du col. D'autres » disùent : Voyons ce qui va se passer ici ; si c'est fini. » Craignant qu'ils ne se portassent & des excès, comme

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u Us y paraisaaient déterminés, nous n'avons pas crn » devoir entrer dans la dite chambre commune où sont » déposés des fusils avec lew-s baïonnettes et des piques, dont o ib auraient pu s'emparer et faire un mauvais usage. Nous » nous sommes retirés au milieu des huées, dans une » autre salle, nous y croyant plus en sûreté.

» Voyant qu'il n'est pas possible de continuer l'opéra- » tion sans s'exposer h des dangers, nous avons fait et » rédigé de suite le présent procès-verbal pour icelui » être envoyé par l'intermédiaire du directoire du dis- » triot aux citoyens administrateurs du département.

o Fait, clos et arrêté à huit heures du soir, etc. »

Ainsi se termina & huit heures du soir, cette mémorable séance commencée à huit heures du matin.

Cependant, force devait rester à la loi et à l'autorité. Le 18 mars, le Conseil général reçut du procureur syndic du district la lettre suivante :

A Les autorités constituées, citoyens, ne sont pas mé- >> prisées en vain. Le département, par son arrêté ci-Joint, » vous démontre combien est grave à ses yeux le délit » commis le 14 de ce mois, par les individus qui vous » ont outragés. La suite que l'on va donner & cetteafTaire » imprimera aux malveillants le respect qui vous est dû » et qu'ils ont méconnu. Je vous invite à vous confor- II mer bttéralement et exactement & la délibération ci- » jointe. Sans doute, vous sentirez la nécessité d'interji poser la force armée. Le département me témoigne, » dans cette hypothèse, sa coDÛance, et je serai bien » flatté de me concerter avec vous, pour que tout se

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» passa dans Tordra ; il n'y a point de temps h » perdre. »

L'arrêté du département, rappelé dans la lettre qu'on vient de lire et qui répondait à l'appel de la municipalité, était daté du 16 mars. D dénonçait b l'accusateur public la conduite des émeutiers, et ordonnait à la municipalité du Blanc de convoquer pour le 16 mars les citoyens appelés par la loi au secours de la République, l'autorisant & requénr, si elle le jugeait nécessaire, la force armée des brigades des villes circonvoisines.

En conséquence, le Conseil général du Blanc décida que pour se conformer à cet arrêté, les citoyens qu'il visait seraient convoqués sur-le-champ, pour se trouver le lendemain, à 7 heures du matin, en l'église des cidevant Augustins, afin de se concerter, à la pluralité des voix, sur )e mode k employer pour compléter la nombre d'hommes demandés h la commune pour le recrutement de l'armée. Il devait être fait des prodamaUonB à son de caisse ; des affiches devaient être apposées dans la ville et quatre hommes étaient désignés pour parcourir les villages et hameaux de la commune.

Pour faire régner dans l'assemblée l'ordre et la tranquillité nécessaires & l'opération dont il est question, la municipaUté demanda au procureur syndic4Û hommes armés, pris hors de la commune et requit en outre, 30 gardes nationaux ainsi que la brigade de gendarmerie du Blanc.

Le 19 mars, la réunion eut heu sans incidents ; le lieutenant de gendarmerie y assistait. L'assemblée ayant adopté le tirage au sort, les officiers municipaux pro-

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clamèrent les noms des citoyens désignés par ce moyen et ils leur recommandèrent de ne pas s'éloigner de leur résidence et d'être prêta à se présenter & toute réquisition, ce qu'ils promirent par acclamation. Au bas du procès-verbal on peut remarquer rénorme stgttabtre du citoyen Déciui,

ComniQDlutloD dn distriol. — Les horreurs commiBËB par les VeDàéta». — RuBemblement des farces du département de l'Iadre.— 600 bommes parleot pour Toura. — OITruidei patriotlqaes. —

Mauvais vouloir des volont^res. — Un volontaipe de 13 aos. — Mesures priaea contre les rérractaires. — Acharnement d'un offlcier municipal contre eux.

IE même jour, 49 mars, à 9 heures du soir, la municipalité se rendit à la séance du directoire du district. Là, il lui fut donné connaissance d'un arrêté des administrateurs du département, ainsi que de plusieurs lettres des districts de Thouars, de Ckinon et de Tows qui annonçaient que les brigands réunis dans le département de la Vendée et autres circon voisin s, y portaient la terreur et la mort. L'administration du district de Chollet avait été livrée aux flammes. Les monstres avaient attaché des républicains six par six, et les avaient placés à la bouche des canons. La femme d'un horloger avait été attachée à sa porte, etc. Le directoire du département décidait l'emploi de la force armée et la réunion de tous les individus qui devraient aller au secours de leurs frères, livrés & de si grands dangers.

Il déclarait toute la f^arde nationale et généralement

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tous tes citoyeDB, en réquisition permanente. Il ordonnait aux officiers municipaux des six chefs-lieux de disbict d'apprendre aux populations, au son de la générale, les dangers de la République. Enfin, il arrêtait ksixcents hotames l'efTectif du détachement de l'Indre que le département allsdt envoyer & Tours, pour s'y mettre & la dispc^ tion de l'administration du département d'Indre-etrLoire. Les six cents hommes étaient distnbués entre les districts, de la manière suivante :

Chftteauroux 120 hommes.

lasoudun 180 —

La Chfttre 100 —

Argenton 80 —

Chitillon 60 —

Le contingent du district du Blanc devùt se réunir à celui de Gh&tillon le jeudi 21 mars. Ceux d'Issoudnn, LaCh&tre, Argenton et GhAteauroux devaient partirtout armés et le mieux possible. A cet effet, les municipalités devaient rassembler les fViails de tous calibres et s'assurer des munitions appropriées h ces armes. La municipalité d'Issoudun devait faire escorter son contingent par dettx pièces de canon (probablement les belles couleuvrines qu'on admire aujourd'hui au musée de cette ville T). Tous les contingents devient être réunis & GhAtillon le 31 mars et de là partir pour Tours. Les commandants de la gendarmerie nationale étaient également requis de faire rendre aux Jour et lieu indiqués trois gendarmes par brigade, armés et équipés en guerre.

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' Chaque administration de district devait fournir un chariot ou une voiture propre & transporter les effets des volontwres ; les oiBciers devaient être montés sur des chevaux requis par les municipalités.

De Bon côté, le directoire du district du Blanc Qxait le contingent de la commune & 30 hommes. La municipalité arrêta que le lendemain, dès cinq heures du matin, la générale serait hattue dans toute la ville ; que le jeudi 31 mars, h cinq heures du matin, les 30 hommesdu Blanc et le reste du contingent du district partiraient pour ChfttUlon, suivis d'un chariot alteU de six chevaux; qu'on fournirait des chevaux de selle « aux officiera que se choisiraient ki citoyens gui voleront au aecoan de noi frères ».

Ces préparatifs indiquaient une inquiétude considérable ; ellt! fut la cause des mesures de rigueur qui furent prises contre les suspects et que j'ai rapportées précédemment.

Tandis que nos volontaires volaient au secours de leurs frères, des individus qui regrettaient de ne pouvoir offrir leur sang, prouvaient à leur façon et de leur mieux, leur dévouement à la patrie.

La citoyenne Masson de Listes &t déposer sur le bureau de la municipalité, cinq paires de bas de laine drappÉsdegris dessous, qu'elle offraitaux volontaires.

Le citoyen G.... Qt don d'un habit de garde national pour vôtir un volontaire. Le citoyen Jean B..., huissier, fit un don semblable ; c'était fort & la mode.

Un certain Mallilo adressa au maire une lettre dans laquelle il lui exprima ses sentiments civiques, son atta-

chemeDt & la cause de la liberté et de l'égalité, et il y joignit le don d'un habit uniforme complet et une somme de 10 livres pour acheter des souliers et des bas à un garde national. Le Conseil ordonna que cette lettre serait déposée dans les archives.

Un autre citoyen offrit gratuitement & la patrie deux fontes de pistolets avec housse et chaperon roi^s, ornées d'un galon d'argent et une paire de boites garnies de leurs éperons.

Le citoyen B..., avoué, en offrant un habit complet de garde national adressa aux ofQciers municipaux une lettre dans laquelle il donna les preuves d'un palriotitme pur et éclairé et exprima ses regrets de ne pouvoir marcher au secours de la patrie.

Voici cette lettre qui mérite d'être reproduite :

« Au Blanc, le 10 Mars 1793, l'an 2"' de la République Française.

" Citoyens,

» Sitôt la communication que j'ai prise de la loi con- » cernant les cent mille hommes à lever dans la Répu- H blique française pour former le complètement de notre » armée, j'ai regretté, & cause de ma nombreuse famille, M de ne pouvoir voler au secours de ma patrie. Heureux » celui qui peut avoir ce bonheur; il n'en futjamais de » plus grand. Mon cœur ne sera pas assez insensible » pour ne pas regretter d'y être admis le premier.

» Cependant, citoyens, il est du devoir d'un vrai républi- >< cain de donner des preuves de son civisme et de son

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» attachement à la chose publique. Recevez, je vous prie, » en faveur d'un volontwre de notre district & votre choix, » mon habit, ma veste, ma culotte uniformes et le fusil » qui m'avait été conflé, que je déposerai demain à la i> maison commune.

>i Je désirerais que ma fortune correspondit & mes in- » tentions; vousmeveiriez avec le même zèle et le même » courage. Quoique les circonstances me privent de vous » offrir mon corps avec mon habit, je me regarderai » toujours défenseur de ma patrie toutes les fois que » les circonstances l'exigeront. Je ne renoncerai que M lorsque les tyrans de l'univers seront vuncus et H que les ennemis de la chose publique seront terras- » ses.

» Je suis, citoyens, avec fraternité, votre égal en » droits.

>■ Signé: B. » ■

EnQu, le fameux Décius, h. son tour, ne craignit pas de se transporter à Poitiers et de Ih. à Bressuire, député par la municipalité aSn de reconnaître les progrès que faisaient les révoltés sur !e territoire de la République et rapporter des nouvelles positives à ce si^et.

A peine partis, les volontaires envahis par une nostalgie invincible, ne songeaient qu'& abandonner le noble métier des armes et & regagner au plus vite leurs foyers. Plusieurs d'entre eux, dont le retour irrégulier avait été signalé, furent mandés, le 29 mars, devant le GonseO gé-

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