‹ Le blé et les céréalesChapitre 28 sur 101 · fr · texte numérisé non relu

fr

Dix ou quinze ans après, le froment n'est plus vendu que 22 francs par quintal au lieu de 30 francs et le seigle ne vaut que 15 francs au lieu de 18 francs.

Les autres recettes n'ont pas sensiblement changé et nous les supposons égales.

Voyons quelle a été la répercussion de la baisse des deux céréales vendues sur les bénéfices du fermier. La réduction de ses recettes est représentée par :

i.3oo quintaux à 22 fr., au lieu de 3o fr., ci . . io.4oo fr.

100 quintaux de seigle à i5 fr., au lieu de 18 fr., ci, . 3oo

Réduction totale 10.700 fr.

Dès lors, le bénéfice du cultivateur, don t les dépenses n'auraient pas changé, serait tombé de 13.870 fr. à 3.170 francs, et il aurait diminué de 77 % !

Or, cotte réduction énorme des profits correspond à une baisse :

Mais en revanche, dans cette exploitation, près des deux tiers des recettes brutes étaient représentés par des ventes de céréales.

En généralisant — pour une même région — on arrive tout de suite à comprendre pourquoi la baisse des prix du blé a provoqué des plaintes très vives, et entraîné comme conséquence la baisse des fermages.

Dans une autre région ou la vente des céréales ne représentait qu'une fraction beaucoup plus faible, — moins du quart — des recettes brutes, la réduction drs profits correspondan t à la baisse des grains ne ressort qu'à 10 % environ.

Une hausse analogue à celle qui s'est produite en France de 1850 à 1875, pour les grains, exerce une action immédiate sur les profits delà culture, sur les fermages et sur le prix des terres dans toutes les régions où les céréales sont la base des assolements. Et si, comme nous le croyons, les cours du froment s'élèvent seulement de 15 ou 20 % , d'ici quelques années, on verra grossir dans une proportion considérable les profits et les revenus des fermiers et des propriétaires.

Tels sont les effets des variations du prixdes grains; ils exercent une trop sérieuse influence sur la prospérité de la culture des terres consacrées aux céréales pour que nous négligions de la signaler.

De 3o à 22 fr. pour le blé, ou de.

De 18 à i5 fr. pour le seigle, ou de.

La baisse du revenu et du prix des terres

Nous avons déjà signalé dans un des chapitres de cet ouvrage 1 la baisse rapide du prix dés grains. En prenant comme terme de comparaison les cours de la période 187G-1880, on trouve que cette baisse atteint :

2 4 °/o pour le froment.

26 °/ 0 pour le seigle,

1 9 % P our l'orge,

20 °/ 0 pour le sarrasin, M) °/o pour le maïs,

i4 {) / 0 pour l'avoine.

Sans môme tenir compte des baisses de prix analogues — quoique généralement moins fortes — observées pour les au très produits agricoles, on peut aisément démontrer que le revenu et le prix des terres furent immédiatement affectés par la réduction du prix des grains. Les observations développées plus haut, dans ce chapitre, font prévoir cette répercussion. Les locataires de biens ruraux, notamment, exigèrent des diminutions de fermages puisque leurs profits culturaux avaient diminué. Le revenu et le prix des terres se proportionnant naturellement aux bénéfices qu'on tire de leur culture, La baisse des biens ruraux affermés, aussi bien que celle des héritages exploités par le propriétaire, fut la conséquent de La diminution du prix des grains ou autres denrées.

Est-il possible de préciser les variations du revenu de la terre en France depuis une trentaine d'années!'

1 Voir page 59.

LE BLÉ ET LES CÉllEALES

Voici à quelle méthode el à quelles recherches nous avons eu recours pour répondre a eette question :

Aucune enquête officielle, depuis 1SS1, n'a été faite pour déterminer les variations du revenu des propriétés rurales. Nous avons doue été contraints d'étudier cette question en relevant^ dans des régions différentes, les prix de fermages d'un grand nombre de domaines ou de lots de terres d'étendue, de qualité, de situation et de fertilité très diverses.

La comptabilité des hospices nous a fourni, à ce1 égard, les plus précieux renseignements. Sans être publiques les comptabilités des établissements hospitaliers peuvent, du moins, être consultées sans grandes difficultés, et comme les hospices sont généralement riches en biens-fonds ruraux de toute nature, il nous a été possible de noter les différences de prix pour les baux en cours : 1° entre 1870 et 1880, avant la crise agricole, 2° à l'heure actuelle.

Voici un tableau qui résume ces indications pour les domaines des hospices de Langres (Haute-Marne) voir p. 78).

On sait qu'il s'agit ici d'un très grand nombre de petits domaines, ou de simples pièces de terre. Dans les cinquante-huit exemples relevés, nous obtenons les résultats suivants :

Prix des baux en cours do 1870 à 1880... . 4 5. 808 fr. Prix des baux en cours à l'heure actuelle. . 36.45? —

Différence 9.35i

Dans Pespaee d'une trentaine d'années, la baisse ressort à 9.351 francs ou à 20 % .

Fermes des Hospices de Langres [Haute-Marne)

REVENUS

PVTRF lS~D

LT IooO

Page 1