P1U.Y PAR HECTOLITRE
i8,ag 16,92
1 Chiffres empruntés aux statistiques du Ministère de l'agriculture.
La baisse progressive et la dépression prolongée des cours est donc bien le fait caractéristique de la seconde période (1875-1900).
A Paris, les cours suivent la même marche et voici quels sont, en effet, les prix du froment de première qualité cotés par le syndicat des grains et farines à la Bourse de commerce. Nous soulignons ces mots : « froment de première qualité », pour être plus précis, parce que les cours dits : « du marché de Paris » en diffèrent quelque peu.
Voici le tableau qui résume les faits :
Cours annuels du quintal de blé l rû qualité à Paris
de 1811 à 1906
ANNEES
fr. c.
23, iG 20,97 i9>43 i8,85 19,00
ANNEES
fr. c.
fr. c.
Il est superflu de démontrer que les cours du marché parisien ont suivi une marche analogue à celle que Ton a observée en France sur l'ensemble des places prises comme régulatrices des prix. Au surplus, voici un graphique qui marque cette analogie et retrace, en outre, d'une façon précise, les oscillations annuelles observées à Paris, durant la même période (1877-1901).
Lndépendammenl du mouvement général de baisse que Ton observe, il s'esl produit dans cet intervalle drs variations secondaires d'une grande amplitude. Les cours maxima cotés à Paris sont ceux des années 1S77, L891 et L898; les minima correspondent aux années 1885, 1895 et 1000. Ce sont les extrémités supérieu res ou inférieures des courbes affectant la forme de V ou de triangles dans le sommet est placé tantôt en haut tantôt en bas.
Nous allons rattacher les variations intermédiaires à des causes générales avant de signaler les raisons qui expliquent La baisse générale ou le mouvement de La courbe <l<*s prix qui retombe toujours plus ]>as après s'être momentanément relevée.
Les récoltes et les prix
Il est facile de voir que les variations des cours sont intimement liées aux fluctuations des récoltes annuelles. En jetant les yeux sur notre graphique, cette relation apparaît nettement. Les prix s'élèvent quand la récolte a été mauvaise ; ils fléchissent quand elle a été bonne. On remarquera seulement que la moisson du mois d'août exerce une action
décisive sur les cours de l'année qui suit, soit pour les élever, soit pour les abaisser.
Ainsi, les prix augmentent en 1880 à la suite de la mauvaise récolte de L879; et La hausse de 1898 est la conséquence d'une moisson très médiocre en 1897. A i'inVerse, les prix s'abaissent par exemple, de 1882 à 1885, à la suite d'une série de belles récoltes et il en est de même de 18<)2 à 1897, ou de 1898 à 1900.
Ou voit donc clairement que le marché français est directement et immédiatement influencé par les variations de la production intérieure. C'est là une conclusion qui s'impose et qu'il est pourtant nécessaire de signaler avec soin parce que le public attribue très volontiers — trop volontiers même — les variations de prix à d'autres causes, et notamment à la concurrence étrangère.
Nous ne voulons pas discuter 'ici cette question; elle ne rentre pas dans le cadre de ce chapitre, mais il est bon do montrer simplement que les importations de froments étrangers n'exercent nullement l'influence qu'on leur attribue sur les prix. Il suffit pour cela de noter simultanément leô variations des des cours sur le marché de Paris et celles des importations étrangères.
Si la concurrence étrangère expliquait seule les fluctuations dé prix, on devrait constater que les coins s'abaissent quand les importations augmentent el qu'ils &'élèven1 lorsque les importations diminuent.
L'étude des faits ne justifie pas cette hypothèse. Bien au contraire, nous voyons la courbe des importations étrangères suivre dans ses indexions celle des prix et s'élever ou s'abaisser en même temps qu'elle.
Variations simultanées des récoltes des importations et des cours du froment
«•n France (1877-1906)
LE DLl! ET LES CEREALES
Une seule exception notable peut être relevée en 1878 H 1879. Encore faut-il remarquer immédiatement que La récolte de 1878 e1 surtout celle de 1870 avaient été mauvaises. D'au Ire part. La production américaine, exceptionnellement considérable , avait permis de compenser le déficit sans <|iie les prix eussent subi la hausse normale qu'on pouvait prévoir.
Les droits de douane et les fluctuations des prùç sur le ma relié français
Nous venons de voir que les importations diminuaient jusqu'à devenir insignifiantes lorsque les prix s'abaissaient sur le marché français, et qu'elles augmentaient seulement — chose curieuse — lorsque les cours s'élevaient.
Il est intéressant de se demander si la marche des prix du froment n'a pas subi L'influence des droits de douane votes en 1885, 1887 et 1894 dans Le but d'atténuer ou de limiter La baisse. Nous saxons déjà que ces droits ont été impuissants à l'enrayer puisque la courbe des prix s'abaisse; mais il ost fort possible que Ja baisse ait été limitée e1 que \r niveau général des cours ail subi un relèvement dû précisément à faction des t a ri fs protee t eu rs .
(Test ce qu'il est, d'ailleurs. Tort aise dé démontrer en comparant les cours du marché de Paris aux prix cotes en Angleterre voir p. 12 ( J).
Tout le monde sait que le froment n'est frappé d'aucun droit à son entrée dans le lloyaume-l ni, et nous pouvons étudier La marche des prix anglais concurremment avec celle qu'a suivie Les cours à Paris
où les blés étrangers étaient frappés d'une taxe de 3 francs à partir de 1885, de 5 francs en 1887 et de 7 francs (par 100 kilos) dès le mois de février 1894.
Cours <lu quintal de froment à Paris et en Angleterre
ANNEES