‹ Le blé et les céréalesChapitre 47 sur 101 · H CO · texte numérisé non relu

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Moyennes . .

Ainsi, de 1893 à 1894, les cours s'abaissent au lieu de monter à partir du quatrième trimestre 1893 jusqu'à la récolte de 189V

Kn 1894, ou constate, il est vrai, une hausse légère à la fin de l'année, hausse qui se poursuit dans les premiers mois de 1895; mais, en revanche, les prix s'abaissent ensuite de telle sorte que les achats faits par la « spéculation » à cette époque auraient, ensuite, été écoulés à perte, et l'on ne peut pas admettre que le commerce ait acheté 100 ou 105 millions d'hectolitres de novembre 1894 à janvier 1895.

A la suite de la moisson de 1895, il ne se produit une hausse que durant le second trimestre de 1896.

L'élévation rapide des cours, d'août 1896 à août 1897 a sa contre-partie dans La baisse rapide qui se produit d'août 1897 à août 1898, — Apres la récolte de 1898, les prix diminuent continuellement jusqu'à l'automne de 1<S ( ,) ( .) au lieu de se relever sous l'influence des « accaparements » de l'agiotage.

En 1900, la courbe des prix s'abaisse duranl le quatrième trimestre, niais en L901 nous voyons qu'elle se relève au contraire durant la même période et retombé même à un niveau moins élevé durant le premier trimestre de 1902.

Au demeurant, nous ne constatons pas de règles fixes, de hausses ou de baisses se succédant régulièrement de façon à faciliter l'agiotage et la spéculation.

Ce sont les récoltes qui par leur abondance ou leur médiocrité agissent sur les cours, et parfois l'annonce seule d une très belle ou d'une très mauvaise moisson sullit pour faire varier les prix sans que L'agiotage exerce une influence visible.

C'est ainsi que les cours fléchissent et restent fort l>as, avec 4 des variations insignifiantes, depuis le troisième trimestre L894 jusqu'au troisième trimestre 1896. Or, les années 1894 et 1895 étaient des années de bonnes récoltes.

L'annonce d'une très mauvaise récolte — celle de 1<S ( .>7 — fait monter les prix qui fléchissent ensuite, en dépit de la spéculation, et sans interruption, depuis le deuxième trimestre 1898 jusqu'à la fin de 1899, et ce, à cause des récoltes exceptionnellement abondantes des deux dernières années.

La récolte médiocre de 1901 détermine une hausse

continue bien intéressante à opposer un mouvèmenl de baisse si accusé en 1898-99.

On peut, d'ailleurs, montrer assez aisément que les variations trimestrielles du prix du blé sur le marché de Paris sont Tort peu sensibles. Il sullit pour cela de calculer la moyenne des chiffres relatifs aux divers trimestres pendant tout le cours de la période décennale L893-1902,

Nous i rouvons :

Les différences sont- très faibles, presque insignifiantes. Les cours pratiqués, en général, pendant les deux trimestres qui suivent la moisson (4 e , 1 er et 2 e ) augmentent de quelques centimes seulement.

On pourrait, il est vrai, nous objecter que la période L893-1902 est trop courte et qu'elle présente un ca ractère except lonnel.

Nous avons donc l'ait 1rs mêmes calculs en prenant les moyennes relatives aux cours pratiqués, de 1877 à L901, sur le marché de Paris, durant les divers trimes l res :

Les résultats sont les suivants :

Depuis le 4 e trimestre (octobre, novembre, décembre) jusqu'au premier, l'écart dans le sens de la

ti imcslre. .

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(Moisson) 4 e trimestre

Cours des 100 kilos

hausse n'est que de 0 fr« 20; cette différence s'élève et atteint 0 fr. 80 entre les 4 e et 2 e trimestres, mais elle diminue ensuite.

Ce mouvement de hausse durant les neuf mois qui suivent la moisson s'explique, d'ailleurs, fort naturellement quand on songe que les grains conservés durant cette Longue période ont perdu de leur poids par suite de Vé\ aporation, qu'ils ont été mani pules, aérés, etc., etc., ce qui nécessite des dépenses, et enfin qu'ils représentent une somme dont les intérêts pendant 6ou 9 mois doivent être récupérés par le vendeur.

Ni « l'agiotage » ni la « spéculation » n'interviennent nécessairement pour expliquer et justifier les faits que nous venons de constater.

Remarquons, enfin, qu'il s'agit d'une moyenne et que Ton observe tantôt une hausse tantôt une baisse après la moisson jusqu'à la récolte suivante. Les achats faits par le commerce comportent donc des risques, et ces risques sont d'autant plus grands que les quantités achetées sont plus considérables. L'élévation moyenne des cours durant les six ou neuf mois qui suivent la moisson constitue une prime de risque correspondant aux pertes que subit l'acheteur lorsque les cours s'abaissent après la période des achats au lieu de se relever.

Cette prime jointe aux pertes résultant de Févaporation, aux déchets, aux frais de conservation, de manipulation et de garde, à l'intérêt des sommes exposées, ne représente pas un total supérieur à 0 fr. 80! C'est l'écart maximum constaté — durant une période de 25 ans — entre les cours de l'automne

et ceux des autres trimestres qui suivent la moisson .

Il y a lieu, en vérité, de s'étonner que cet écart ne soit pas plus grand, < k t ce qui doit nous frapper, c'est l'extraordinaire fixité du prix du blé durant les diverses périodes de Tannée. L'influence exercée par le commerce sur les cours et leurs oscillations nous paraît plutôt bienfaisante. La baisse résultant de l'abondance des récoltes et de l'affiuence des grains sur les marchés se trouve atténuée par la concurrence des acheteurs disposant de capitaux importants et payant domptant les froments que le cultivateur ne cède jamais que contre argent* — 'Toute hausse marquée provoque, en revanche, les réalisations de ces mêmes acheteurs, — parfaitement informés et assagis par l'expérience, — car ils s'efforcent d'alléger leurs positions et de toucher des différences.

Une hausse exagérée provenant d'une spéculation trop hardie et trop exigeante aurait, d'ailleurs, pour effet de provoquer des arrivages de froments étrangers a partir du moment où la différence des prix à l'intérieur et à L'extérieur dépasserait Je montant du droit protecteur * Or, nous avons vu précisément, dans un chapitre précédent, que les importations étrangères s'accroissaient au moment où les prix s'élevaient. Les spéculations agissant sur les prix à Tintérieur ne sauraient les élever, même momentanément, au delà de la limite que nous venons d'indiquer. Cette limite n'est, d'ailleurs, qu'exceptionnellemen t atteinte, à la suite d'une mauvaise 4 récolte, et Ton ne saurait, dans ce cas, accuser l'agiotage d'avoir réduit

La production dont l'insuffisance explique seule l'élévation des cours.

Avant de conclure, il nous reste à examiner une dernière hypothèse et à exposer d'autres faits d'un très réel intérêt.

Les variations trimestrielles des prix ne fournissent pas, nous dira-t-on, des indications suffisantes* elles marquent peut-être des fluctuations mensuelles très accusées que la « spéculation » peut avoir intérêt à provoquer.

<( Il faudrait, en outre, savoir si les laits constatés à Paris ne présentent pas un caractère exceptionnel tout différent de celui qu'on observe dans les autres régions de la France ou a l'étranger. »

Pour étudier et apprécier cette hypothèse, nous avons relevé les prix moyens du quintal de blé a Paris et dans deux autres régions très éloignées,- celles du Nord-Ouest et de Sud-Est par exemple. Chacun des chiffres calculés correspond à la moyenne des cours cités durant les divers mois de l'année pendant la période 1877-1901,

Les mêmes calculs ont été laits pour les prix du blé en Angleterre de façon a permettre des comparaisons utiles.

Prix moyens mensuels des ÎOÔ kgs de froment durant la période 1811-1901 à Paris, dans diverses régions de la France et en Angleterre .

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