‹ Le blé et les céréalesChapitre 48 sur 101 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

fr. c.

fr. o.

fr. c.

fr. c.

Janvier

Mai

Septembre

Novembre

Décembre.

Ces quatre séries de chiffres correspondent aux courbes tracées sur nos graphiques.

Leur analogie est frappante. A Paris comme dans la région du Sud-Est et dans le Nord-Ouest les prix se relèvent à partir de janvier, atteignent un maximum en mai, puis s'abaissent graduellement jusqu'en décembre.

Kn Angleterre, les cours restent plus longtemps station naires, mais la hausse se produit, en mai également, et la baisse lui succède à partir du mois d'aoû t .

Rien de plus facile à expliquer, croyons-nous. En France, les cours s'élèvent à mesure que la récolte s'épuise et que les frais de conservation joints à Tin-

térêt des capitaux exposés deviennent plus grands parce que les froments ont été emmagasinés plus longtemps.

C'est pour cela que les cours sont toujours plus

Prix en francs

Janvier

Février

Mars

Avri I

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

rsj

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Xû.

•El

Variations mensuelles du prix du froment (moyennes 1857-1901)

élevés de mai à août que pendant les autres périodes de l'année.

Si les cours anglais ne s'élèvent pas graduellement à partir de janvier, c'est que le Royaume-Uni est

approvisionné surtout par l'étranger et que les moissons ainsi que les arrivages se succèdent d'octobre à mars, tandis que nous vivons surtout en France sur les réserves de notre récolte qui s'épuisent graduellement.

Auc un de ces faits ne révèle Faction de la spéculation, de c< l'agiotage effréné » dont nous entendons parler si souvent.

L'écart maximum constaté entre les prix les plus bas et les plus élevés est de :

fr. c.

1,10 pour la région du N.-O.

0,90 — Paris.

i,5o — l'Angleterre.

Est-il besoin de faire remarquer que le « négoce » et la « spéculation » ne profitent pas de ces écarts, car il faudrait pou? 9 cela que tous les achats fussent opères en baisse et les ventes effectuées aux plus hauts cours.

Or, personne ne peut savoir à Pavaner quels seront les prix maxima ou minima de façon à profiter des écarts dans leur intégralité.

Conclusion. — En résumé, nous ne constatons pas des variations régulières de cours attestant l'influence toute-puissante du commerce et constituant pour ce dernier une source de profits. Les variations durant les diverses époques de l'année sont irrégulières et dépendent des récoltes.

On constate, cependant, que les cours s'élèvent généralement six ou neuf mois après la moisson, niais cet écart de prix est aujourd'hui très faible et les risques courus par les acheteurs, les Irais qu'ils

supportent, l'intérêt de leurs avances, justifient, aussi bien qu'ils expliquent, ce phénomène économique. I /agiotage ne saurait, légitimement, être accusé de le provoquer.

Les cours du marche de Paris et ceux des autres régions de la France

Les cours pratiqués sûr le marché de Paris sont-ils dilîérents de ceux que l'on observe au même moment sur les autres marchés de la France? C'est là un premier problème qui se pose naturellement et qui comporte la recherche des causes capables d'expliquer les écarts observés.

En utilisant les données que nous fournissent les statistiques du Ministère de l'agriculture, on peut relever le prix du quintal de blé dans divers dépar tements et les comparer aux cours du marché de Paris. C'est une première méthode.

Voici, par exemple, les chifTres relatifs à l'Ain, aux Bouches-du-Rhône, au Cantal, à la Gironde, à Tllleet-Vilaine et à la Meurthe-et-Moselle pour la période L884-1901.

Ces régions sont très différentes, fort éloignées les uns des autres, soumises à des influences atmosphériques diverses, et enfin, l'importance de la production du froment par rapport aux besoins de la consommation n'est pas la même dans chacune d'elles. On peut donc admettre — a priori — que le cours, du blé ne doit pas être le même sur chaque marché et diffère notamment de ceux qu'on relève sur la place de Paris. Cette hypothèse est confirmée par Tobser-

vation des faits, et pour s'en convaincre, il suffirait de jeter les yeux sur un graphique.

Les courbes ne se confondent pas; bien mieux, elles restent fort écartées les unes des autres et Le trait spécial qui correspond aux cours de Paris occupe une place particulière. Il ne s'agit pas d'un fait isolé, d'une seule année, mais bien d'unep ériode de L8 ans. Nous pouvons donc généraliser — avec prudence — et tirer quelques conclusion s des faits observés.

En premier lieu, il est hors de doute que des différences de prix très notables existent entre les cours des diverses régions de La France et ceux du marché parisien.

Cours du quintal de blé sur divers marchés en France (Bulletin du Ministère de l'Agriculture)

B.-du-Rhône .

Ille-et- Vilaine Meurthe-et-M .

•23,7 1 25,65 ai,5o 25,39 22,54

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