‹ Le blé et les céréalesChapitre 56 sur 101 · ORGE · texte numérisé non relu

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BLE [ re QUALITÉ

LE BLE ET LES CÉllÉALES 173

De la première période à la dernière, on trouve les diminutions suivantes des cours cotés :

iSSx

Baisse °/ 0

Orge

Maïs

Blé

Il est donc clairement démontré que l'avoine, l'orge et le maïs ont subi une baisse analogue, mais non semblable, à celle que Ton a observée pour le froment. Les cours de cette dernière céréale ont diminué de 27% alors <[iie le prix des trois autres n'a fléchi que dans une proportion qui varie de 9 % à 17 %•

Les mêmes faits sont constatés en Angleterre, par exemple, où la concurrence étrangère n'est entravée par aucun droit. Les quatre céréales dont nous venons de parler ont subi une baisse plus forte qu'en France et le cours du blé a été particulièrement impressionné par ce mouvement général. C'est ce que montrent clairement les chiffres suivants que nous empruntons à un ouvrage de M. Dùlac sur la Production agricole dans le Royaume-Uni :

Prix du blé et de l'avoine en Angleterre et en France

ipar hectolitre)

i° Blé :

En France 20,0 16,70

Eu Angleterre 1^,45 11,7a

2° Avoine :

Eu France. . . .

En Angleterre

De la première période à la dernière, le blé abaissé, en Angleterre, de 32 % et l'avoine de 20 % seulement. C'est précisément le phénomène constaté en France.

Si nous relevons, maintenant, les écarts existant entre les prix anglais et français, nous voyons qu'ils ont augmenté et passent de 2 fr. 55 à4fr.95 pour le blé ; de 0 fr. 15 à 1 fr. 30 pour l'avoine.

11 est clair que ces faits doivent être attribués à la protection douanière et qu'ils démontrent sa répercussion sur les cours.

La consommation est grevée en France de cet écart, c'est-à-dire de la différence produite — vraisemblablement — par les droits de douane. Nous soulignons le mot vraisemblablement, car nous sommes, ici, en présence de simples probabilités. Déjà, durant la période 1879-86 pendant laquelle les céréales ne sont pas taxées à nos frontières, il existe un écart pour F avoine et le blé entre les cours français et anglais. Cet écart s'élève à 2 fr. 55 par hectolitre pour le froment el à Ofr.ISpour Pavoine; les cours étant déjà plus élevés en France qu'en Angleterre.

Cette différence augmente de 181)1 à 1899; elle atteint 4 fr. 95 pour le froment, et 1 fr. 30 pour l'avoine. ï^es droits <le douane ont donc seulement augmenté l'écart <l< ; ,ja constaté auparavant e1 L'ont porté à 2 fr. 40 par hectolitre pour le blé et à 1 fr. 15 pour l'avoine.

C'est là, fort probablement, un impôt de consom-

mation dont sont grevés les acheteurs du marché français au profit des producteurs agricoles, ceux-ci bénéficiant de cette prime en proportion des quantités d avoine et de blé qu'ils vendent effectivement.

Ajoutons qu'il en est de même pour l'orge et le mais. Nous croyons inutile de le démontrer en citant des chiffres.

Ce qui nous parait certain, en tout cas, c'est que la nourri dire des chevaux employés par l'industrie et le commerce se trouve grevée d'une façon appréciable par notre tarif douanier qui en rehausse le prix. Cette hausse est, sans doute, de 1 franc par hectolitre d'avoine ce qui représente 2 francs par quintal, car l'avoine pèse rarement 50 kilos par hectolitre. Or, nous savons que Ton faisait entrer, par exemple à Par is chaque année (moyenne 1894-1901), un million 900 mille (juin taux d'avoine. Le sacrifice résultant des primes indirectes accordées à la culture française atteint doue l'industrie des transports ou les particuliers à Paris en leur imposant un supplément de dépense de 3 millions 800 mille francs!

Il n'est pas exagéré de porter à un million le sacrifice analogue que subissent les mêmes acheteurs pour les 536. 000 quintaux de mais qu'ils font entrer à Paris.

C'est là u ne I rès lourde charge qui s'ajoute auxdroits d'octroi acquittés par les mêmes consommateurs.

Les cours de Paris et des autres régions

Nous avons déjà moutré que les cours pratiqués à Paris — pour le blé — ne différaîen! pas sensible-

17(3 LÉ ftLB ET LES CÉRÉALES

ment de ceux qui étaient cotés dans les autres régions de la Frariée.

Voici, pour l'avoine, tout au moins, les moyennes quinquennales calculées en relevanl les coins de Paris e1 des cinq régions du Nord, du N.-O., du Cen1 re, du S.-O. et du S.-E.

Nous inscrivons dans une colonne spéciale, la moyenne relative aux cinq régions considérées dans

leur ensemble :

Cours des 100 kilos cV avoine

PERIODES

GO

ON

Ces moyennes diffèrent for1 peu les unes des autres, ce qui ne saurait, d'ailleurs, nous étonner puisque le bon marche des transports et l'organisation commerciale actuelle ont pour conséquence te nivellement des prix.

Pour compléter le tableau précédent, nous reproduisons ci-dessous les chiffres relatifs à chaque année de 1877 à 1901.

LE BLÉ ET LES CÉltÉALES 177

Avoine (pria: de V ) par 100 kilos (1877-1901)

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