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Ici aussi, on voit les cours se relever à partir de 1900, et la hausse du mouton est particulièrement sensible. Sans doute, les droits de douane votés en
11)03 ont pu exercer quelque influence, et la période que nos calculs embrassent est trop courte pour qu'il soit possible de tirer des faits observés une conclusion certaine el générale. Il n'est pas rigoureusement démontre que la hausse va se produire. En tous cas, aucun des calculs signales ne peut nous conduire à admettre l'hypothèse d'une baisse des prix résultant nécessairement de l'état stationnaire de la population et du développement rapide de la production. La baisse des prix déterminerait, d'ailleurs, une transformation rapide des systèmes de culture. Au lieu d'augmenter la « sole » de froment, les cultivateurs développeraient les cultures fourragères et la production d'origine animale parce que ces produits ont conservé — même durant la crise agricole — une valeur élevée par rapport aux denrées végétales dont les cours avaient subi une baisse plus marquée.
Un seul produit, le vin, paraît être affecté d'une fa çon spéc iale par l'augmentation rapide et inconsidérée de la production, en présence d'une population stationnaire 4 . C'est là, bien certainement, un phénomène tout spécial. Les récoltes de 50 à 00 millions d'hectolitres, déterminent, depuis quelques années, une baisse qui équivaut à un désastre pour les producteurs. La viticulture et surtout la viticulture méridionale, souffre d une crise grave à laquelle on n'apporte aucun remède sérieux depuis dix ans. Il est certain, à nos yeux, que les quantités produites, avec ou sans addition de sucre, sont trop considérables dès que la température est favorable au développement des raisins. Certe s, nous n'envisageons pas sans tristesse la nécessité de réduire les surfaces plantées en vignes;
c'est là une mesure désespérée qui aura pour conséquence de ruiner les espérances d'un grand nombre de bons et vaillants viticulteurs. Mais l'état stationmaire de la population française n'est nullement la c ause immédiate de ce lamentable désastre. La baisse des prix est la conséquence d'une augmentation exagérée de la production licite ou frauduleuse des vins ordinaires. C'est un phénomène exceptionnel. Sous la pression de la nécessité, les quantités récoltées seront réduites et l'équilibre se trouvera rétabli. Les pertes immenses que devront subir les viticulteurs résulteront de ce fait que la constitution d'un vignoble exige des frais considérables qui se trouvent perdus lorsque la terre plantée en vignes est de nouveau consacrée à la culture des céréales ou des fourrages.
L'hésitation est donc de longue durée et le propriétaire ne se résout à un pareil sacrifice qu'après avoir constaté longtemps sou impuissance à obtenir de ses vignobles un revenu suffisant.
Si la production des cçréales s'accroissait démesurémenl d'ici quelques années, et si l'état stationnaire de la population provoquait, contre notre attente, un baisse nouvelle des cours, 1rs I ransformationsà opérer pour restreindre la production seraient très prompt*^ et fort peu coûteuses II est donc vraisemblable, pour ne pas dire certain, qu'elles interviendraient presque immédiatement, pour réduire les récoltes et provoquer la hausse. En conséquence, nous ue saurions admettre que Ton ait à redouter pour les produits des plantes « annuelles » une crise analogue à celle que subit en ce moment la viticulture.
Bien au contraire, nous sommes convaincus que les indices de hausse qu'on peut noter depuis quelques années sont très instructifs. L'énorme production d'or qui constitue depuis dix ans un des phénomènes économiques les plus extraordinaires et les plus graves, cette « récolte », disons-nous , qui est double de L'extraction constatée entre 1850 et 1880, va probablement provoquer une hausse générale des prix. Voici, en effet, à titre de renseignements, les chiffres puisés dans le dernier rapport "officiel du directeur de l'Administration des monnaies à Paris.
Production de Vor dans le monde (moyennes
annuelles)
1 QQ . OOO kgs 201 .OOO
i85.ooo iq5 . ooo i^3.ooo 166.000 1 53. 000 1 69 . 000 245.000 387.000 485.000 602.000
Ainsi, la production de l'or en 1006 a été triple de ce qu'elle était (Mitre 1851 et 1870, une pareille masse de métal jaune jetée dans la circulation ne peut que réduire la puissance d'acquisition de Por et par suite provoquer une hausse inégale mais générale, notamment (mi ee qui touche les produits agricole^ dont le coût de production ne saurait être brusquement ré-
duit comme cela pourrait à la rigueur être observé pour certains produits industriels.
Nous entrons, à notre avis, dans une période de hausse et le cours des céréales s'élèvera graduellement pendant quelques temps, comme cela s'est vu de 1850 à 1875.