LES IMPORTATIONS
Ce terme, importation, ne sert pas ici à désigner les quantités de grains et de farines qui viennent de* l'étranger, mais bien les arrivages de toute provenance à destination du marc hé parisien. Il s'agit des « entrées » telles que nous les connaissons d'après les relevés statistiques du Bureau des approvisionne* ments à la préfecture de la Seine. Ces statistiques, publiées depuis 1893 jusqu'à 1900 dans des rapports
annuels, n'ont pas toutes le même caractère de précision et de certitude. L'avoine, Forge et le maïs sont frappés à Feutrée de Paris par une taxe d'octroi. Nous connaissons ainsi exactement les quantités introduites et donnant lieu à la perception d'un droit.
Il en est autrement pour le froment en grains et sa farine, pour le seigle et le riz. Ces céréales ne sont pas soumises aux droits d'octroi. Les entrées à Paris ne sont donc pas connues avec une j^arfaite précision. — Toutefois, les Compagnies de chemin de fer d'une part, et le service de la navigation d'autre part, communiquent à la préfecture de la Seine le relevé des quantités de froment en grains ou en farine, et de seigle qui constituent les « arrivages » à destination de Paris. Aucune indication n'est fournie en ce qui concerne les riz.
11 résulte de cette situation spéciale que tous les arrivages provenant des environs de Par is, et notamment des moulins de la banlieue, ne nous sont pas exactement connus quand les grains et les farines de froment ou le seigle pénètrent dans Paris sur voitures, charrettes ou camions sans utiliser un chemin de fez la Seine ou un canal.
Les quantités de froment et notamment de farine ainsi introduites peuvent être assez considérables, soit qu'elles arrivent directement de l'intérieur dans les magasins des boulangers, pâtissiers, épiciers, etc., etc., soit qu'elles restent dans les magasins généraux où elles constituent ce que l'on nomme à la Bourse de commerce des « stocks ». Cinq entrepôts aménagés et administrés par la société des
magasins généraux sont placés en dehors des limites de l'octroi. Ce sont ceux de Clichy, de Saint-Ouen, de Saint-Deni's-Aubervilliers, de Pantin et de Bercy- Nicolaï. Nous ne sommes nullement renseignés par la statist i<|iie municipale sur le mouvement des grains et farines qui peuvent pénétrer dans ces entrepots et être introduites ultérieurement dans Paris par des services de camionnage.
D'autre part, il est certain que les nombreux moulins installés dans la banlieue, à la porte de Paris, peuvent faire entrer des farines sans emprunter la voie ferrée ou la voie d'eau. On aura une idée de l'importance des établissements dont nous parlons en consultant le tableau suivant :
Moulins de la banlieue