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Il est clair que les arrivages pris dans leur ensemble subissent des variations. Notamment nous constatons que durant les années 1897 et 1898 l'accroissement très visible des entrées générales est brusquement suspendu, La réduction est très marquée- Tout ce que nous avons dit plus haul au sujet des variations simultanées dos arrivages de grains, de farines d'une paît, puis des récoltes et des prix d'autre part, se trouve encore vérifié ici.
Il nous parait donc certain que la hausse du froment coïncide avec la diminution de La récolte française et que cette hausse a pour effet de réduire les arrivages parce que la consommation de froment à Paris subit elle-même une diminution. La capitale ne connaît plus assurément les horreurs de la disette; on ne manque pas de farine et de pain, mais l'élévation des cours pèse sur le marché, restreint les débouchés et réduit la consommation. Il est probable qu'au début du xx e siècle la cherté des farines force un grand nombre de familles à manger moins de pain.
A L'inverse, nous voyons .que l'abondance de La production nationale et la baisse des prix a pour conséquence certaine une augmentation rapide des entrées à Paris et un développement parallèle de la consommai ion .
Il n'est donc pas vrai, comme on l'a tant de fois affirmé, que le relèvement des prix du blé reste sans effet sur le développement de la consommation du pain. Cette répercussion explique seule la réduction des arrivages de froment que nous constatons en 1<S!>7 e! 1898, années de faibles récoltes et de hauts prix. Si la baisse du blé a été tant de fois considérée comme
mi mal au point de vue des intérêts des producteurs et des propriétaires Fonciers, on peu t affirmer, en revanche, qu'elle a eu pour conséquence un développement appréciable de la consommation puisque nous voyons, à Paris même, 1rs entrées de froment augmenter quand les cours s'abaissent et diminuer, au contraire quand les prix s'élèvent. Sans exagérer abusivement la valeur d'un pareil fait, il est permis de la signaler- IVut-étre ne nous rendons-nous pas compte irès exactement du développement que peut prendre La consommation du froment dans an pays comme La France, I l n'est nullement impossible que L'accroissement de La production — coïncidant avec la baisse des cours — vienne simplement satisfaire aux exigences croissantes de La consommation .
L'exemple eité plus haut pour Paris en 1897 et 1898 prouves en tout cas, très clairement que la hausse des prix exerce une influence immédiate sur la eonsommalion et a pour conséquence de La réduire.
Tel serait L'effet de toute politique douanière qui contribuerait à rehausser encore Le niveau des prix dé jà maintenu Jusqu'ici par nos droits de douane audessus du niveau qu'ils atteignent dans les pays où le ble n'est frappé d'aucun droit.
Cette influence curieuse des variations de prix sur le chiffre des arrivages peut paraître singulière. Il est doue utile de confirmer nos conclusions par d'autres exemples. C'est ce que nous avons fait en étudiant les variations des entrées de grains et farines de froment à Paris de 1864 à 1870. Durant cette période, un droit d'octroi frappait Les arrivages de blé sur le marché
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parisien : les chiffres de la statistique mu n ici pale sont donc connus avfec une parfaite précision.
Nous savons, d'au tre part, q tir Is on I él é les prix du froment, du pain, et 1rs récoltes correspondantes. Voici le tableau qui résume 4 ces indications :