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Nous commenterons tout à L'heure ce tableau pour chercher quelle est, dans ces divers pays, l'importance relative des surfaces consacrées aux différentes céréales. Dès à présent nous pouvons comparer les étendues totales semées ru céréales à la surface cultivée (moins les bois et forets) dans chaque Etat.
On trouve les rapports suivants dont la diversité es1 expliquée par l'influence qu'exercéni sur la culture des plantes, le climat, l'aptitude spéciale des sols, les facilités d'&pprovisionnemenl résultant du commerce extérieur, etc., etc..
Proportion de la surface cultivée (moins les bois) consacrée à la production des céréales
France 1
Royaume-Uni 2
Russie 2
Belgique 2
Allemagne 2
Autriche et Hongrie 2
Ainsi, dans ces divers pays — sauf en Angleterre, Ecosse et Irlande (Royaume-Uni), la culture des céréales s'étend sur plus du tiers ou même de la moitié du territoire cultivé, déduction faite des bois ol forêts.
Cette remarque permet d'apprécier immédiatement l'importance agricole et économique vraiment exceptionnelle des plantes céréales.
L'observateur superficiel serait tenté de se demander comment l'Européen peut manquer parfois de grains et de pain alors que tant de millions d'hectares sont couverts par des moissons.
Il faut bien comprendre qu'une partie des récoltes doit être employée à fournir les semailles de Tannée suivante. Le dixième — et parfois beaucoup plus — des terres emblavées sont consacrées ainsi à la production des semences, grains dont l'homme ne peut pas se servir pour sa consommation. En outre,
1 Période iSqO- iqoo.
2 Statistiques les plus récentes publiées par le Ministère de l'agriculture en France dans la statistique agricole annuelle (1907).
LE BLÉ ET LLS CEREALES
il faut songer que le seigle, F avoine, Forge et le sarrasin sont destinés soit à l'alimentation des animaux domestiques, soit à des usages industriels (fabrication de la bière, de l'alcool de grain). Quand on a opéré ces retranchements et tenu compte des pertes de toutes sortes, on s'aperçoit que le stock dont l'homme dispose pour sa nourriture esi réellement assez faible par rapport à rénormite apparente des surfaces cultivées.
Répartition géographique de la culture des céréales
en France
Nous avons vu plus haut quelle était La surface occupée, en France, par les céréales. Les chiffres puisés dans les statistiques officielles sont des totaux et par conséquent ils ne nous renseignent pas sur la distribution géographique de la culture des plantes à grains alimentaires. Pour se rendre compte des ressources que possèdent les diverses régions, il est donc indispensable de savoir comment est répartie sur notre territoire l'étendue totale que nous avons indiquée, soit quatorze millions d'hectares, en chiffres ronds. Cette surface doit, en outre, être comparée au territoire agricole pour préciser du même coup l'importance relative des cultures de céréales dans chaque département .
Le cartogramme à teintes dégradées que nous insérons ici renseignera immédiatement le lecteur. 11 est visible que si Ton divise la France en deux parties d'étendues presque égales à l'aide d'un trait
partant de la Çrironde pour aboutir à La frontière allemande au sud des Vosges, toute La moitié sep-
(1892) Proportion 0 i0 d'hectares cultivés en céréales par rapport au
territoire agricole.
Moyenne, France : 29,37 °/o*
tentrionale renferme 1rs départements clans Lesquels l'importance relative de la culture des céréales est
14 LE BLÉ ET LES CÉllEÀLES
supérieure à la moyenne. Cette moyenne, pour la France entière est égale à 29,3 % , c'est-à-dire que sur 100 hectares de territoire agricole — y compris les bois et forets — la culture des céréales occupait 29hectares 3 dixièmes. Au nord de la ligne E.-O. que nous avons tracée, cette proportion de 29,3 % est presque toujours dépassée. Ainsi, la Bretagne, la Vendée, la Normandie, L'Ile-de-France, la Picardie, l'Artois, les Flandres, et, plus au sud, la Touraine, le Berry, la Bourgogne et la Champagne, sont les régions à céréales de notre pays. L'intensité des teintes de notre carte marque encore les degrés de cette richesse spéciale et les diversités bien connues des aptitudes culturales des sols.
Dans la moitié méridionale de la France, au contraire, les céréales occupent des étendues médiocres inférieures à la moyenne générale, sauf dans la vallée de Là Garonne. L'influence des sols, et surtout celle des climats devient ici manifeste. L'altitude du territoire, la présence de forets plus étendues sur des montagnes plus élevées exercent la même influence. C'est le cas pour le Plateau central, les Alpes, les Pyrénées. Dans La région côtière méditerranéenne, la sécheresse, la préférence accordée aux cultures spéciales telles que celle de la vigne, des primeurs, des fleurs, expliquent la réduction des surfaces occupées par les céréales.
Il est donc bien démontré qu'à moins de se passer des grains dont ils ont besoin les habitants de ces régions doivent les demander aux autres départements. Sans doute la densité de la population étant
moins grande dans 1rs régions montagneuses el les districts forestiers, La consommation des céréales peut rester moins considérable ; mais, néanmoins, la nourriture humaine aussi bien que l'alimentation du bétail exigent évidemment des échanges et des transports destinés à compenser l'insulïisance de la production dans la moitié méridionale de la France par les exportations des autres régions.
La division du travail agricole est ainsi clairement démontrée. La spécialisation des cultures doit, d'ailleurs, être considérée comme un progrès, en France, aussi bien qu'à l'étranger; elle est la conséquence de la connaissance et du respect des aptitudes naturelles des sols qu'on se voyait autrefois obligé de méconnaître et de heurter pour pouvoir produire sur place les aliments qu'il était impossible de transporter sans des frais énormes. L'abaissement des frais de transport, la multiplication des voies de communication par terre, par chemin de fer et par eau, ont permis, au contraire, de produire dans de meilleures conditions et de consacrer à la c ulture des céréales les terres ou les régions qui lui étaient plus spécialement favorables.
Importance relative des surfaces consacrées à la culture des diverses céréales
On observe à cet égard des différences marquées entre les diverses régions de la France. Dans son ensemble, l'étendue occupée parles céréales est ainsi divisée :
( 'hiffres (i/>sohis et relatifs