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CHAPITRE XIV

l'organisation commerciale du MARCHÉ PARISIEN

Le marché de Paris et la halle aux blés. — La g marchandise ». — Le marché de Paris. — Le Disponible. — Le Terme. — La Filière. — Le Filiériste ou liquidateur. — Les marchés à terme.

L'organisation commerciale du marché parisien

Le marché de Paris et la halle aux blés

L'approvisionnement de la capitale a rendu nécessaire depuis longtemps Le choix d'un lieu de réunion où les négociants comme les producteurs vinssent examiner des échantillons de grains, ou de farines, en discùter le prix, régler le montant et la date des livraisons.

En 1755 La ville de Paris achetait L'Hôtel de la Reine qui s'élevait à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la Bourse du commerce.

En 1763, Camus de Mézières élevait au même endroit la halle aux blés qui a subsisté après bien des modifications diverses jusqu'en 1888.

Ce bâtiment servait en même temps d'entrepôt et de magasin de réserve pour les négociants en grains, Les anciens « facteurs » s'y étaient Installés pour la vente en demi-gros de leurs produits. Le véritable marché de Paris, le « marché libre », se tenait, en réalité, à l'extérieur de cette halle et en plein air.

Beaucoup de négociants se réunissaient, il est vrai, à la Bourse des valeurs, du côté de la rue Vivienne, mais le bâtiment ayant été pèu à peu accaparé par les « boursiers », les négociants en grains, farines, etc., etc., fondèrent en 1863 le Cercle commercial de la Place du Louvre dont les locaux devinrent bientôt insuffisants.

Enfin, après diverses démarches, pétitions et combinaisons dont il serait trop long de retracer l'histoire, la fondation d'une Bourse de commerce fut décidée. Le bâtiment actuel, édifié eu 1888, fut inauguré en 1889.

Une association de commerçants et d'industriels^ sous le nom de Société anonyme de la Bourse de Commerce, se charge de la gestion et de l'administration de la Bourse sous le contrôle de la Chambre de commerce.

C'est là, dans des locaux spéciaux aménages à son - intention, que s'est installé l'ancien Cercle du Louvre transformé en Syndicat général des grains, graines, farines, huiles, sucres et alcools, représentant notamment : 1° l'Association syndicale du marche des farines fleur; 2° l'Association syndicale du marché du blé, du seigle et avoine; 3 q la Chambre syndicale des grains, graines et farines.

200 LE BLÉ ET LES CÉlŒALES

Nous allons suiioul parler de ces Mois associai ions et de leurs opérations.

Disons, auparavant, quelques mois d' un marché spécial, celui <|ui est ouverl à ions les producteurs.

La « marchandise »

Il s'agil d'un marché <|ui fonctionne à Paris el se tien i a La Bou rse de commerce.

La marchandise » est représentée par les producteurs qui viennenl à ce marché le mercredi de chaque semaine, e1 s'y trouvenl en présence des consomma-* leurs ou acheteurs quels qu'ils soient, négociants ou non. Ce terme expressif de « marchandise o, a donné son nom au marché du mercredi, marché libre ouverl à lousel non pas seulement aux membres du Syndica i général.

Là viennenl les représentants dé la grosse culture des environs de Paris et aussi un certain nombre de marchands de grains des départements limitrophes, ou voisins, tels que Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise, Somme, Aisne, Eure-et-Loir, Loiret, Aube. On vend, on achète sur échantillon, ou même sans échantillon d'après des types régionaux connus.

Par exception, e1 dans certains cas. quand il y a par exemple pénurie de grains, on trouve sur ce marché des marchands ou producteurs d'un rayon plus éloigné : Normandie, Berry, Bourbonnais, etc.

Les acheteurs sont : 1° les meuniers de Paris, ou de la banlieue: 2° les négociants commissionnaires qui revendent ensuite à la meunerie.

L'avoine est vendue par les producteurs aux mai -

chauds grainetiers soi! directement, soil par l'intermédiaire de courtiers libres.

Notons que la plupart des opérations se font au comptant ou à un délai très court après livraison où expédition delà marchandise;

Le mai cite de Paris

Il s'agil Ici d'un marché spécial réservé à ceux qui s'engagent à en observer 1rs règlements. La nature, Vorigine, le poids spécifique ,1a qualité e1 les propriétés des grains ou farines sont l'objet d'expertises spéciales, de telle sorte que toute céréale admise sur ce marché constitue un échantillon d'un type connu et vérifié. Les quantités mêmes sur lesquelles portënl les transactions sont des multiples d'une unité spéciale :

250 quintaux par exemple pour le froment.

Toutes les affaires sont ainsi simplifiées et rendues plus sures. Une transaction ne porte pas sur un objet certain, — comme on dit à l'Ecole de droit, su»' un loi spécial de qualité e1 de nature variables, déterminé quanl à son individualité seule. Les transactions du marché de Paris portent sur un nombre variable d'unités appartenant à des types définis de façon à éviter les surprises, les incertitudes ou les fraudes.

Une expertise préalable classe les céréales cl les farines on même les rejette comme ne pouvant pas rentrer dans l'une des catégories prévues et acceptées.

I les expertises de conservation viennen t prouver que les lots ont conservé les qualités qui leur avaient été reconnues tout d'abord.

il existe des règlements spéciaux relatifs aux mar-

chés des Mes, seigles el avoines, el à celui des farines

fleu r de Paris.

Sans entrer dans de Longs détails nous dirons seulement que l'admission d'une farine dans la catégorie des farines fleur donne lieu à des expertises qui portent :

1° Su r L'humidité :

2° Su i' la teneu r eu glu ten :

3° Sur les qualités de panification.

I n Laboratoire ; des pétrins mécaniques., des fours,

placés dans les sous-sols de la Bourse de commerce,

permettent de procéder à tous les dosages et à tous les essais.

On voit avec quels soins, et ou pourrait dire avec quels scrupules, la Commission des farines du marche de Paris garantit la valeur marchande des produits auxquels ou accorde une dénomination spéciale qui Lui servira de marque et permettra au négociant (ouïes t ran sac t ions sures sans discussions ultérieures.

On voit aussi quelle est la complexité el l'exceptionnelle importance de L'organisation générale du marché de Paris.

Nous allons en décrire, maintenant, les principales opérations.

Le disponible

Ce sont les marchés au comptant du commerce que Ton désigne sous ce nom. Ils se rapportent à des marchandises, grains ou farines, qui peuvent être immédiatement examinées, pesées et Livrées. Cetie Livraison est l'objet immédiat de la transaction tandis que

les opérations à terme n oui pas toujours ce but, au moins immédiatement-

(Test une première différence.

Les quantités traitées en « disponible » ne sont pas déterminées à l'avance et les parties contractantes ont à cet égard une liberté absolue;

Lorsqu'il s'agit d'opérations à terme, les marchés portent toujours sur une unité fixe ou sur ses multiples : 150 quintaux par èxeitaple pour la farine, 250 quintaux pour le froment.

Le ternie

Le marché du terme est réservé aux négocia?) ts qui se soumettent par cela même aux règlements du marché de Paris.

La livraison et le paiement du prix par unité ne doivent avoir lieu qu'au boul d'un délai déterminé e1 c'esl précisément ce délai j > i lis ou moins fông qui a fa il donner aux marches de cette sorte le nom de marchés à terme,

A la Bourse des valeurs on ne coté qur pour la quinzaine, la fin du mois ou la fin du mois suivant. A La Bourse du commerce, les marchés à terme on1 I i ^ u avec des cours divers pour tous les mois dé l'année. On achète, par exemple, au printemps > des farines — quatre derniers — c'est-à-dire <les marchandises dont le paiement sefca effectué depuis septembre jusqu'à fin décembre. Il existe naturellement des écarts de cote, considérables parfois, entre le disponible, 1rs mois prochains, 1rs ^derniers, etc., etc. La situation du marché, 1rs réserves ou stocks, 1rs pronostics <l< k s

récoltes exereenl une influence décisive sur les cours drs livraisons à vem r.

On pourrait supposer que toutes ces opérations ont lieu simplement entre deux personnes avec livraison (1rs quantités prévues el paiement après livraison.

En réalité, 1rs transactions sont beaucoup plus compliquées. Un nombre parfois considérables d'acheteurs et de vendeurs à des rouis différents se transmettent successivement la propriété d'un même lot et 1rs parties en cause oui beaucoup moins ru vue renlèvemenl ou la livraison effective, \r versement d'un prix, que le paiement d'une différence.

Nous touchons précisément a cette question brûlante de la spéculation dont il est si souvent question. Avant dr l'aborder, il <>st Indispensable de faire imr remarque essentielle :

La plupart drs opérations à terme portent sur des marchandises existant en magasin au moment où 1rs transactions s'engagent. L'existence de ces grains et dr ces farines, leur qualité et leur type sont même indiquées sur le titre qui circulera par la suite dr main en main. Ce titre, dont nous allons parler, porte un numéro d'ordre correspondant à la place qu'occupe la marchandise dans un entrepôt : la cbmmission drs Jariurs estampille le titre; ce dernier rst visé par un magasinier ou un entrepositaire .

Les personnes qui parlent de spéculation sur drs denrées qui n'existent pas, celles qui redoutent l'influence i*x(>\cr(> par la multiplicité drs ventes fictives sur 1rs cours du blé et des farines, toutes ces personnes — disons-nous — ignorent complètement les réalités.

Pour lé démontrer, il suffîl d'examiner un des titrés circulant comme La représentation effective delà marchandise. C'est l'expression même don1 se sont servis les rédacteurs des règlements du marché de Paris.

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