SCENE III
11 a'éUnce veri Doris, et crie ■
Arrête...
Puis, il revient vers l'avant-scéne et tombe accablé sur un banc de ma
Une femme! pourquoi, Pendant qu'elle fixait ses yeux ardents sur moi. Sentais-je s'arrêter mon cœur dans ma poitrine? Oh! ses regards de feu. sa lèvre purpurine! Une femme! C'est vrai. Je vis seul, dans ce trou Lugubre, morne et triste ainsi que le hibou, Et je n'aime personne, et personne ne m'aime! Je végète, bouffon d'un ennuyeux poème Composé par moi seul, par moi seul écouté. Une femme! Doris a raison.
Après un silence.
Ianthé A quin\e ans. Elle est belle : un sourire! Sa bouche Arquée, aux coins moqueurs, a la rougeur farouche De la fraise des bois et de la mûre, et, longs Et doux, jusqu'à ses pieds coulent ses cheveux blonds! Puis, comme un gaiouillis de matin et d'aurore, Sa voix éveille l'heure où le ciel se colore! C'est vrai. Si je l'aimais, je serais plus heureux; Ensemble nous irions, par les sentiers ombreux, Perdant nos pas, mêlant nos cœurs, sous la fétu liée; J'épierais, couché sur l'herbe fraîche et mouillée, Sa démarche d'oiseau si légère...
Rêveur.
Ianthé!
Le bois serait jaloux de sa jeune beauté}
Sous aurions tous les deux de charmantes querelles
Comme en ont en avril les blanches tourterelles; Je cueillerais des feurs que j'irais déposer A ses pieds, et j'aurais en échange un baiser!
Comme sous le coup d'une révélation subite.
Mais je l'aime! Une vie adorable et nouvelle S'ouvre à mes yeux charmés, et soudain me révèle Un monde de tendresse et de ravissements! Mna^ile est aujourd'hui des vôtres, doux amante, 0 couples enchantés d'aimer, d'être et de vivre! Oh ! que je suis heureux! Dieux bons! cela m'enivre. . .
Appelant, Doris! Doris! Doris!