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grand X dont les quatre extrémités sont : la petite montagne de l’ancien rond Mortemart, la porte de Boulogne , la porte des Princes et la porte d’Auteuil. Enfin, une autre route ancienne part de Boulogne et conduit à Longcbamp, c’est l’allée des Gravilliers.
Je ne vous ai nommé que les grandes voies du Bois, celles qui conduisent aux principales portes et aux points que les promeneurs, poussés par la curiosité et le plaisir, ou attirés par le charme des souvenirs, aiment à visiter. 11 en est beaucoup d’autres, de moindre importance, que vous découvrirez vous-même. Il est aussi des parties nombreuses du Bois, naguère parcourues par les voitures et les cavaliers, et que d’épaisses plantations ont fermées. Si on a abattu quelques taillis çà et là, on a aussi beaucoup planté. Les anciennes routes supprimées sont fermées par de verts massifs, et, à la place même où la roue de votre coupé traçait son sillon, s’élèvent de beaux arbres sur lesquels les oiseaux ont déjà fait leurs nids.
Les glacis de la grande allée des Fortifications,
plantés d’arbres de diverses essences, pittoresquement mélangés, déroulent un long rideau vert devant les bastions que l’on n’aperçoit plus. Vous le voyez, la transformation est complète. Partout l’œil est charmé, partout le sol est frais, ombragé, partout l’art s’est inspiré de la nature pour perfectionner, — on peut le dire, — la nature elle-même. Et je ne vous ai cependant pas dit un seul mot du prolongement de la rivière, qui s’en va, serpentant à travers le Bois, suivant toutes les sinuosités du terrain , se perdre dans la Seine. Sur son parcours, elle forme des rives charmantes , étroites , embaumées, chères aux rêveurs et aux amoureux. Et je ne vous ai rien dit non plus de dix autres, de cent autres travaux exécutés pour établir l’unité pittoresque du Bois, ou plutôt du parc de Boulogne ; car vous comprenez bien que ces grandes lignes froides, plantées d’arbres cruellement mutilés, dont la vue vous afflige tant aujourd’hui, formeraient un cadre impossible à ce nouveau jardin d’Armide si digne d'être chanté en beaux vers.
Tout cela sera fait , tranquillisez -vous. Vous ne verrez plus ces arbres que la hachette a déshonorés et qui semblent implorer le ciel avec les rares
branches qu’on leur a laissées. Vous aurez mieux
que Versailles, mieux que Saint-Cloud; vous aurez le parc de Rambouillet , ses aspects sauvages, ses eaux vives et ses grands effets d’ombre et de lumière. Vous aurez le parc de Rambouillet aux portes de Paris, avec cette différence qu’il faudra plus d’un jour pour le visiter, et que ses eaux seront des lacs, des cascades et des rivières.
Déjà Paris se prépare à fêter le nouveau Bois. Il lui a fait les honneurs d’un chemin de fer, d’un chemin de fer à deux voies, s’il vous plaît ! long de 9,500 mètres. Ce chemin ne compte pas moins de là ponts, tous en fonte et en fer, d’un modèle solide, uniforme , et d’une élégante simplicité. Outre ses deux gares extrêmes, le chemin est desservi par cinq stations dont la première, en quittant l’embarcadère de la rue St-Lazare, est placée à Batignolles, au pont Cardinet, à l’endroit où le chemin s’éloigne de la voie de Saint-Germain.
Vient ensuite dans le bas de la plaine qui s’étend entre les Fortifications et le mur d’enceinte de Paris, la station de Courcelles, puis la station de l’Etoile, construite sur l’avenue de Neuilly, tout près de la Porte-Maillot, puis enfin sont les stations de la porte Dauphine et de Passy. Cette dernière station est située dans le Bois de Boulogne même, près de la Muette et du Ranel agh. Ce charmant petit rail-way finit à Auteuil , dans la villa Montmorency.
Ces travaux, vous le voyez, ont été poussés assez vite, et vous ôtes tout étqnné de les trouver achevés. C’est que, pendant les mois d’hiver passés par nous dans les salons et près du feu , des milliers de bras creusaient la terre, élevaient les ponts, plaçaient les rails, bâtissaient les stations. Une égale activité régnait au dedans et au dehors du Bois, et vous préparait, pour le printemps, un lever de rideau dont vous êtes aussi surpris qu’enchanté.
Je ne veux pas clore ce chapitre sans dire que
les travaux spéciaux d’architecture, qui seront
exécutés dans le Bois, ont été confiés à M. HittorfT, membre de l’Institut. M. HittorfT est chargé de toutes les constructions à faire : embarcadères au bord des rivières, ponts, kiosques ou pavillons sur les hauteurs, au bout des perspectives, revêtement des talus, etc. Jusqu’à ce moment, le Bois de Boulogne n’a pas encore, je crois, fait appel à M. HittorfT ; mais le talent bien connu de cet architecte est un sûr garant de la beauté et de l’élégance des œuvres qu’il exécutera, lorsque le moment sera venu pour lui de prendre le crayon et le compas.
Le bijou sera prêt, gravé, ciselé, bruni : M. HittorfT
y mettra les lu illants.
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