PARTIE COUVERTE
Ildefonse ftousset f/wle
de Paris, &, grâce à leur concours empressé, il forma une bibliothèque de quatre mille volumes.
Rien ne manque donc aux botes de l’Asile, qui se recrutent dans six catégories :
Les individus qui ont été traités dans les hôpitaux de Paris &: de la banlieue ;
Ceux qui, secourus à domicile, sont envoyés par les bureaux de bienfaisance de Paris;
Les ouvriers blessés oti atteints de maladies en travaillant sur un chantier public;
Les membres participants des sociétés de secours mutuels ;
Les ouvriers appartenant à un atelier ou à une usine dont le patron a contracté un abonnement avec l’administration de l’Asile ;
Les ouvriers qui prouveront qu’ils n’ont pas le moyen de se faire donner chez eux des soins de convalescence.
Depuis l’inauguration de l’Asile, le 30 août 1857, jusqu’au 11 septembre 1865, il a été reçu ^ 4,8 ^5 6 convalescents, qui, sauf de rares exceptions, sont sortis guéris. Sur 1,000 convalescents admis, 990 recouvrent complètement la santé, 6 sont renvoyés dans les hôpitaux ou remis à leur famille comme atteints de maladies chroniques; 4 seulement succombent.
Le receveur-économe de l’Asile, M. Porriquet de Maisonneuve, nous a en montré avec une gracieuseté extrême tous les détails.
Puis la voiture héliographique roule de nouveau dans les allées ombreuses du bois. Elle suit encore une fois les méandres de la rivière Aimable, dont nous admirons particulièrement un bras entièrement couvert par des branchages de chêne réunis en forme de berceau. Au bout de cette rivière se trouve la caserne des gardes. C’est une ancienne
brasserie, dont les caves immenses sont taillées dans des carrières dont les parois méritent l’examen des géologues, car elles renferment une foule d’ammonites, d’ossements fossiles & d’arbres pétrifiés. Les vagues gigantesques d’un déluge ont battu ce promontoire & y ont jeté pêle-mêle les débris d’animaux & de végétaux que, dans leurs volutes immenses, ils rapportèrent des régions tropicales.
Derrière la brasserie, nous remarquons un clair bassin.
U Voilà, dit Rousset à Gabriel, où l’on fabrique les poissons. »
Gabriel descend de voiture, se penche pour observer, & aperçoit des milliers de petits poissons qui frétillent.
« Il m’en faudrait pas mal pour faire une friture , dit-il dédaigneusement.
— Comment ! parmi les onze cents qui ont été mis ici après leur éclosion obtenue, au printemps dernier, dans les appareils que possède l’administration du bois, on en a trouvé, le 12 octobre 1865, à sept mois d’âge, du poids de 122 grammes & de la taille de 22 centimètres; d’autres avaient 12 & l ‘j centimètres de long & pesaient de 5 o à 60 grammes.
— Savoir s’ils vivront?
— Ils vivent à merveille, on en a déjà lancé quatorze mille dans les lacs & ruisseaux du bois.
— Bonne affaire pour les canards!
— Les perches, vos perches de la Marne, en dévorent bien plus. Cependant, il en reste. L’incubation des œufs de saumon , truite & ombre -chevalier, donne des produits de plus en plus satisfaisants; &: un de ces jours, nous vous ferons goûter du saumon né & élevé à Vincennes.
— Je n’en mangerai jamais, » dit Gabriel d’un ton ferme.
Et, avec la superbe d’un Romain, il remonte en voiture