PIASTRES
hciuarrissage
Poutres de Teck
Teck non équarri
Teck pour navires
Teck en bûches
En 1898, Singapour a reçu principalement des planches : 25.099 piculs, 72.028 piastres; des poutres : 16.576 piculs, 13.644 piastres; du teck équarri : 7.921 piculs, 41.576 piastres ; du bois de teck : 4.175 piculs, 19.808 piastres.
Pour Hambourg, les chiffres de l'importation du teck du Siam sont : planches : 20.585 piculs, 53.116 piastres; teck équarri : 53.551 piculs, 250.000 piastres. Pour Bombay : bois de teck: 134.788 piculs, 318.000 piastres. Pour l'Europe et les autres contrées : teck équarri : 49.610 piculs, 296.000 piastres ; planches de teck : 39.000 piculs, 155.250 piastres ; bois de teck : 12.000 piculs, 60.000 piastres.
Le prix moyen du teck était, en 1897, de 70 piastres la tonne anglaise pour la première qualité et 40 piastres pour la qualité inférieure ; il s'est élevé respectivement, en 1898, à 90 et 60 piastres, hausse qui n'a cessé de se maintenir, par suite du renouvellement des concessions en 1901, renouvellement effectué à des conditions plus onéreuses.
Il faut noter, comme nous l'avons déjà dit, que tout le teck du Siam ne descend pas sur Bangkok par le Mênam^ mais que beaucoup de radeaux sont amenés par le Salouen dans les ports de la Birmanie d'où on expédie le bois aux Indes et en Angleterre.
On a pu remarquer que les chiffres d'exportation de 1893- 1900, que nous avons donnés plus haut^ varient beaucoup d'une année à l'autre, ce qui s'explique simplement par ce
fait que le nombre de troncs arrivant chaque année de Tintérieur, dépend absolument de l'état des rivières résultant luimême de rimportance et de la longueur plus ou moins considérable de la saison des pluies.
La région du teck au Siam est au Nord, à plusieurs centaines de kilomètres de Bangkok. Le gouvernement siamois a donné des concessions de ces forêts à des Européens, parmi lesquels les Anglais tiennent le premier rang, ils sont d*ailleurs à la tête du département des forêts au ministère intérieur ; étant grands acheteurs ils avaient intérêt à posséder la haute main sur Texploitation ; ils s'cflorcent de la réglementer pour empêcher la destruction irréfléchie à laquelle se livrent les indigènes.
Voici comment on procède à cette exploitation :
La première opération est le ceintunige ou girdling dont lious avons déjà parlé. 11 se pratique deux ans (un peu plus ou un peu moins) avant labatage.
L'abatage et le transport par éléphants aux ruisseaux les plus proches réclament encore 2 ans environ ; de là aux petites rivières et de ces rivières au grand fleuve le Mênam, il faut efl'ectuer un nouveau transport dont la durée dépend de rimportance des pluies tombées; peu à peu les troncs d'arbres sont réunis en trains de bois, qui descendent le Mênam jusqu'à Bangkok. Ce transport ne s'eficctue pas sans de nombreux incidents qui en augmentent la durée : désagrégation des trains, passage de rapides, tentatives de vol, etc. En somme, il faut un minimum de 4 ans pour que le bois arrive à Bangkok et une moyenne de 5 à 6 ans.
Cette exploitation exige le débours de fortes sommes qui restent immobilisées pendant plusieurs années, ne rapportant pas d'intérêt.
Il faut un personnel considérable pour procéder à Tabatage, à la conduite des troncs vers les petits cours d^eau^ puis le longs des cours d'eau plus importants. A ces frais, ii faut ajouter le prix de location à l'Etat ou aux concessionnaires, les taxes de passage sur le fleuve et Tenlretien coûteux d'éléphants nombreux.
Ce genre d'aff'aires ne convient donc qu'à des capitalistes : pour 82.000 francs de bois vendu par an, soit mille troncs à 52 fr. 50, il faut 210.000 francs de capital environ. Les petites
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maisons qui avaient entrepris le commerce du teck ont toutes disparu.
Au nord-est duSiam, existent de magnifiques forêts de Teck, encore peu exploitées, situées sur la rive droite du Mékong dans la région de Xieng-Kong et de Pak-Laï. Ce fait a une importance particulière, pour nous Français, car ces produits ne peuvent avoir d'autre issue que le Mékong, qui traverse nos possessions du Laos, du Cambodge et de la Cochinchine. Réunis en trains ou abandonnés au fil de Teau, ces tecks ne pourraient relever que de nos marchés de Phnom-Penh et de Saïgon. Il est vrai d'ajouter que Ton croit généralement l'expédition des bois impossible par ce fleuve, par suite des rapides et des cascades qui y sont nombreux ; la question n'est pas encore éclaircie, nous verrons cependant, en parlant du teck au Laos, que des essais ont été tentés et couronnés de succès. Quoi qu'il en soit, des personnes bien informées disent que le Mékong pourrait être, sans trop de frais, rendu navigable pour des trains de bois. Il y aura là une source très importante de prospérité pour notre Indo-Chine.
Voici la liste des principales maisons se livrant au cornirierce du teck à Bangkok en 1901 (1) :
Bombay,Burmah,Trading Corporation, dirigée par des Anglais
Bornéo Company Limited, — —
Siam Fores t C° Limited, — —
East Asiatic C% — Danois
Clark et C®, — Anglais
Windsor et C", — —
A. Markwald et C^ — —
Denny, Mott et Dickson, — —
Jourdan et C, — Français
La Siam Forest C* a des concessions sur d'importantes forêts du district de Muang-ngow, province de Lakone; la Clarke, la East Asiatic opèrent dans la même région. Lorsqu'il arrive h Bangkok, le bois est débité en planches ou en blocs par de nombreuses scieries. Parmi les plus importantes, citons celles
(i) Bulletin économique de VIndo-Chine, mars 4902. « La situation économique au Siam en 49001901 ». p. 223. (Renseignements extraits, pour la plupart, des rapports consulaires anglais sur le Siam).
if
de : Akhon-Teng, riche Chinois protégé français ; celles de Denny, Mott et Dickson, fort bien installées ; celle de Clarke et C°; celle de la Bombay, Burmah, Trading Corporation et celle de M. Jourdan, industriel français depuis 16 ans à Bangkok.
Il est difficile de juger d'avance ce que contient un tronc. Il existe de nombreuses causes qui déterminent des défauts intérieurs, impossibles à prévoir, aussi 25 0/0 seulement du bois apporté à Bangkok donne-t-il la première qualité ; pour TEuropc, il obtient d'ailleurs un prix bien supérieur à celui des qualités dites non européennes.
Il faut noter que le prix de la main-d'œuvre pour l'exploitation du teck au Siam s'est élevé ces dernières années ; cette hausse a été accompagnée de celle du prix des éléphants : voici comment s'explique cette élévation du coût de l'exploitation. Les ouvriers employés appartiennent, pour la plupart, à une tribu de Laotiens, les Khas Kmons, qui sont nos protégés ; ces Laotiens étaient exploités par des traitants qui leur faisaient de belles promesses et les renvoyaient incomplètement payés. Le gouvernement indo-chinois y a mis bon ordre en exigeant pour nos protégés des garanties sérieuses et une paie suffisante. Il s'est, de plus, opposé à l'exportation des éléphants cambodgiens qui prenait des proportions inquiétantes. Les concessionnaires remédient actuellement à ces entraves, justement apportées à un trafic irrégulièrement conduit, en employant des coolies chinois et birmans et en faisant venir les éléphants de la presqu'île de Malacca, L'acclimatation de ces animaux ne parait pas, d'ailleurs, devoir réussir.
Birmanie. — Cette province de l'Empire anglais des Indes produit une importante quantité de teck, mais nous avons fait observer déjà qu'une bonne part de ce bois qu'elle exporte provient des régions septentrionales du royaume de Siam. Le teck est, après le riz, la production la plus importante de la Birmanie. Il est exploité surtout par la Bombay Burinah C^ dont nous avons signalé le rôle au Siam.
Les ressources forestières de la Birmanie furent d'abord gaspillées par l'administration birmane; le premier acte de l'administration anglaise fut, en 1826, de déclarer les forêts propriété domaniale et d'en réglementer l'exploitation ; de
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nombreuses pépinières de teck furent installées dès 1857 et cette essence propagée le plus possible. Le pays recueille maintenant les fruits de la prévoyance anglaise et, malgré les frais considérables que coûte au gouvernement Tentretien de très nombreux agents, les revenus sont actuellement fort élevés.
Les exportations en teck ont été^ en 1896-98, d'une valeur de 9.271.553 roupies (de 1 fr. 70), et de 9.096.191 roupies en 1898-99.
Dont