PARASITES
plus au fur et à mesure que les ouvrières deviennent plus nombreuses ; les ouvrières écloses en automne hivernent et continuent leur travail au printemps suivant.
Ces insectes attaquent le liège à l'aide de deux mandibules dentées en scie à Textrémité et très puissantes.
Le nombre des arbres attaqués par les fourmis est considérableenTunisieet, par suite, les dégâts causés sont très grands. Jusqu'ici on n'a pas trouvé de remède pratique ; on a proposé de badigeonner Tentrée des galeries, pour les éloigner, avec de rhuile de cade dont Todeur suffit à les chasser ; mais ce procédé est inapplicable sur une grande échelle et les fourmis qui ne sont pas tuées peuvent atteindre les arbres voisins. Lamey (1) recommande de porter une attention spéciale aux parties de la forêt où Ton constate beaucoup d'arbres infestés et de faire disparaître tous ceux qui sont reconnus mauvais, les vieux bois et écorces susceptibles de servir de retraite aux fourmis étant ramassés et détruits par le feu ; il recommande encore de veiller, au moment du démasclage, à ce qu'il ne soit point laissé de vieille écorce adhérente au pied de l'arbre et que, dans le haut, le détachement du liège se fasse de manière à ne pas soulever le liège mâle qui reste au-dessus, car c'est toujours dans cet endroit que vont se réfugier les fourmis. Une autre fourmi, la grande fourmi ronge-bois (Camponotus ligniperdus), est bien moins nuisible, elle vit dans le bois et n'attaque le liège que pour le traverser.
D'autres insectes creusent des galeries dans le liège, tel est le cas d'un autre Hyménoptère, unTenthrède {Strong y log aster Desbrochersi Konow.). Ce sont les larves adultes qui creusent des galeries dans le liège, galeries qui sont normales à l'écorce, de 2 ou 3 centimètres de longueur, souvent coudées, s'avançant jusque dans là région interne du suber où elles se terminent en cul-de-sac ; la section de ces galeries est sensiblement circulaire et mesure 2mm. t/2 à 2mm. 3/4 de diamètre et elles sont en communication avec l'extérieur par un trou circulaire de même dimension. Ces larves viennent seulement chercher dans le liège un abri pour Thiver et effectuer leurs métamorphoses.
(1) Lsuney^Le Chêne-liège, p. 196, Paris, Berger-Levrault, 4893.
Le Sirongylogaster Desbrochersi est parasité par un Ichneumonide qui empêche sa grande multiplication.
La larve d'un Coléoptère, le Corœbus nndatiis Fabric, attaque le liège des chênes en France, en Espagne et en Portugal, et cause des dégâts comparables à ceux des fourmis. Cet insecte n'a pas été signalé jusqu'ici comme nuisible aux forêts du Nord de TAfrique. La larve, à complet développement, mesure 30 à 35 millimètres de longueur sur 2 millimètres de largeur ; elle est blanche, molle, charnue, déprimée et apode ; grâce à la dilatation de la tête, l'insecte présente l'aspect d'un pilon. Les galeries peuvent atteindre Im.SO à 1 m. 80 de longueur.
hoiÏKVwe àe^VAgrilus big ut tatus ¥.^ autre Buprestide, vit également entre la mère du liège et l'aubier, particulièrement chez les jeunes arbres. Sa couleur est vert-bronzé ; l'insecte ressemble â un Bupreste aminci.
Parmi les Coléoptères longicornes, il faut signaler le Cerambyx cerdo^ capricorne dont les jeunes larves percent le liège pour atteindre le bois ou pour en sortir.
D'une façon générale, il faut supprimer les vieux arbres dépérissant qui servent de refuge à ces insectes, abattre et brûler de même tous ceux qui sont trop atteints ; brûler également tous les détritus susceptibles de servir d'abris aux insectes. Il faut avoir soin, en prélevant le liège, de ne pas soulever le liège mâle subsistant au-dessus de remplacement, pour ne pas créer des zones abritées où ne manquent pas de s'établir les insectes ; le mieux pour cela est de faire les entailles en biseau.
Les insectes qui attaquent la mère du liège, lorsqu'elle a été mise à nu après la levée, comme le Corœbus undalus par exemple, sont particulièrement à redouter. Nous parlerons plus loin des moyens employés pour protéger Tarbre pendant cette période critique.
Enfin le liège, même en magasin ou transporté sur les navires, n'est pas à Tabri des attaques des insectes. Lorsque les lièges sont entreposés dans des locaux où se trou* vaient avant eux des peaux, des laines ou autres substances d'origine animale, ils peuvent être détériorés par les larves d'un petit Coléoptère, le Dennestes vulpinus ; ces larves sont brunes, cylindriques, velues, de 12 à 15 millimètres de long ;