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Récolte da liège. Bèinnflclage. Liège mAle

Dès que la plante a un an ou deux, l'assise génératrice du liège (v. p. 32) se constitue dans l'assise immédiatement sousépidémique ; elle donne, en se cloisonnant sur sa face externe, des cellules de liège disposées régulièrement en assises radiales et tangentielles.

A trois ou quatre ans, Tépidcrme est fendillé, déchiré sousla poussée du liège qui se forme, et il ne tarde pas à tomber. La production des cellules de liège, d'un rouge brun et de forme tabulaire, devient alors plus active, et la couche produite s'accroît en épaisseur d'années en années ; les cellules formées à la (in de chaque période de végétation sont sensiblement plus aplaties que les autres, de telle sorte qu'il est possible de distinguer les zones annuelles dans le liège comme on le fait dans le bois et d'en apprécier Tàge en comptant ces zones.

Au bout d une quinzaine d'années, la couche de liège a plusieurs centimètres d'épaisseur, elle continuera à s'accroître indéfiniment. Malheureusement Tenveloppe subéreuse livrée à elle-môme se crevasse largement et profondément, elle perd son homogénéité, devient peu élastique et n'est point propre aux usages auxquels le liège est habituellement destiné. De plus, les couches produites annuellement deviennent de très faible épaisseur quand Tarbre vieillit. Un tel liège est le lirge vierge ou îiaturel^ appelé plus souvent encore liège mdle.

Aussi, pour obtenir plus tard du liège de bonne qualité, on enlève ce liège mâle en pratiquant le démasclage. Cette opération délicate ne peut se faire sur des arbres encore trop jeunes, il faut attendre qu'ils aient 25 à 30 centimètres de circonférence, soit 12 années environ. On doit avoir errand soin de ne point entraîner, avec le liège que Ton enlève, l'écorce active intérieure ou fleur de Técorce, où se formera la zone génératrice, seule capable de reproduire du liège.

Pour opérer le démasclage, on délimite la surface produc-

tive à une hauteur d'environ 1 m. 50, en faisant un trait de scie, puis on enlève le liège mâle. Quand il s'agit d'arbres âgés, qui n'ont pas été exploités antérieurement, on démascle les branches et on réserve Técorce naturelle du tronc que Ton utilisera pour Textraction du tannin qu'elle contient abondam* ment et qui servira au tannage des peaux.

Le liège mâle, si médiocre que soit sa qualité, peut servir à certains usages ne réclamant pas une grande flnesse de la matière première. On peut en faire des bouées, des madragues (filets pour pécher le thon), des jardinières rustiques^ des meubles de jardin, des grottes artificielles ; on peut en obtenir par distillation un noir très léger, ou s'en servir comme combustible.

L'opération du démasclage ne fut appliquée en Algérie qu'à partir de 1884, et dans la région kroumirienne à partir de 1883. Aussi le liège produit dans ces localités, qui fut d'abord de qualité grossière, tend-il toujours h, devenir un produit de valeur supérieure.

Le démasclage se fait en temps de sève, lorsque par suite de la multiplication des nouveaux éléments anatomiques du cambium générateur, l'adhérence entre Técorce et le liège est particulièrement faible. Cette période coïncide en France avec le courant de juin et en Algérie avec l'époque de mai à juin.

Liège femelle ou de reproduction. — Lorsque le premier liège a été enlevé, il ne tarde pas à se former au sein du parenchyme cortical ou fleur de liège, que l'on a eu bien soin de ne pas arracher, un second périderme, d'origine for cément plus profonde que le premier. Il produit un liège souple et homogène ; on le laisse fonctionner aussi longtemps que cela est nécessaire pour obtenir l'épaisseur voulue pour le commerce, soit 23-27 millimètres au moins, ce qui demande généralement 10 ou 12 ans. Le liège de meilleure qualité ainsi produit est appelé liège femelle ou de reproduction.

Ce liège est enlevé à son tour ; il se forme une troisième assise génératrice dans la profondeur de Técorce subsistante et ainsi de suite. L'arbre peut donner de cette façon jusqu'à dix ou douze récoltes sucessives, représentant une épaisseur de plus de quarante centimètres de liège.

Les produits obtenus sont d'autant meilleurs que la croissance est plus lente, et leurs qualités dépendent de celles du végétal qui leur a donné naissance. Quand le tronc grossit, on élève le niveau delà zone exploitée en la maintenant au double du diamètre de l'arbre. On n'exploite plus les branches des gros arbres, qui donnent du liège gras, véritable liège de rebut.

Levée du liège. — Il faut, quand on enlève le liège, ménager autant que cela est possible, l'écorce intérieure, c'est-àdire le liber, ce qui reste de parenchyme cortical, et même la zone subéreuse la plus récente qui, dans la saison où Ton opère, est encore en pleine voie d'accroissement. C'est d'ailleurs au niveau de ces cellules toute jeunes et de leur zone génératrice, que s'opère la séparation quand on tire sur le liège pour le lever. Cette écorce active est appelée par les ouvriers la mère^ nom qui correspond à son rôle, ou encore la ppaii ou le lard,

La mère dénudée se dessèche dans la partie la plus superficielle où reste encore un peu du plus jeune suber, elle brunit plus ou moins au contact do l'atmosphère. C'est au-dessous de cette couche brunie que se forme la zone généra trie 3 qui va redonner du liège ; elle se différencie, soit dans une assise plus ou moins profonde du parenchyme cortical, soit même dans le liber.

On recommande de démascler ou de lever le liège pendant la saison d'été, de la mi-juin à la fin août dans le midi de la France ; de la mi-mai à la fin juin en Corse et en Algérie, en évitant, dans tous les cas, les moments de pleine activité de la sève, les temps pluvieux ou les vents secs ou chauds, afin que la mère, trop gorgée de sucs, ne soit pas surprise par des conditions capables de provoquer son altération ou sa dessiccation rapide.

Les coups de soleil, les insectes qui percent des galeries dans les couches mises à nu, peuvent faire périr un grand nombre d'arbres. Pour parer aux inconvénients que présente cette mise à nu de l'écorce, beaucoup d'exploitants ont recours à un procédé ingénieux, dit du revête^ ment^ dû à M. Capgrand-Mothes (1). Par ce procédé on

(1) Capgrand-Mothes, « Exploitation des lièges »,/?et?uc des eaux et forêts^ tome XXn, 4883, pp. H6, 610.

rétablit, en quelque sorte, les conditions naturelles normales de la production du liège. Il consiste en un rhabillage fait avec la propre écorce du chêne démasclé. On a soin, dans ce cas, de lever Técorce avec précaution, pour l'avoir en deux bandes seulement. Cette écorce est immédiatement remise en place et maintenue en différents points par des ligatures en fil de fer. On n'agit de cette façon qu'avec des arbres d*avenir et d'une certaine valeur. Après trois mois, alors qu'une nouvelle couche de suber déjà suffisante est venue garantir le sujet, on enlève l'enveloppe protectrice, dont on peut disposer. Grâce à cette protection, les parties délicates mises à nu sont protégées contre les insolations, les atteintes des insectes, Teau et l'humidité et autres agents extérieurs; la production du liège se fait plus abondante et plus régulière, sans croûtes, ni crevasses. On conçoit que Ton puisse remplacer l'enveloppe de liège mâle, par une enveloppe d'une autre substance se prêtant à cet usage. Les résultats ont été particulièrement et incontestablement heureux chez l'auteur du procédé, à Saint- Pau dans les Landes ; ils ont été moins favorables dans le Var.

Pour lever les plaques de liège, on commence par ouvrir au moyen d'une hache de forme spéciale et parfaitement tranchante, une ou plusieurs entailles, longitudinales et radiales en même temps, puis on pratique deux autres incisions horizontales laissant entre elles la distance que Ton veut donner aux plaques. On chauffe alors légèrement avec un réchaud et les plaques se détachent ensuite facilement.il vaut encore mieux que Fouvrier msquier fasse usage du manche de l'instrument qui a servi à entailler, manche qui est légèrement courbé et aminci en coin à l'extrémité ; il s'en sert comme d'un levier, pour soulever le liège avec précaution. On facilite l'opération en frappant légèrement sur Técorce, de manière à diminuer l'adhérence qui existe entre le liège et la mère. Le liège est ainsi obtenu, soit à l'état de tronçons cylindriques ou canons^ soit à l'état de planches ayant généralement un mètre de côté. Il ne faut pas oublier pendant cette opération que toute blessure ou écorchure faite à l'écorce se traduirait ensuite, sur le nouveau liège, par des défauts aux places correspondantes.

Il faut prendre certaines précautions pour conserver les plaques de liège. Il faudra éviter de laisser exposée au soleil

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la face interne des planches et ne pas les placer sur le sol sablonneux, les grains de sable qui pourraient s'y fixer détérioreraient les couteaux de travail et le liège donnerait des bouchons rugueux.

Le liège produit est transporté dans les lieux de dépàl où il est vendu par adjudication, à un prix déterminé par quintal métrique (100 kilos).

On fait généralement les levées de 8 ans en 8 ans, et cela jusqu^à douze et quinze fois successivement et plus.

Les premières levées sont les moins productives, parce qu'on ne peut les prolonger à plus de 2 mètres au-dessus du sol sans risque de nuire à la vie de Farbre ; mais on les remonte ensuite, à chaque exploitation, de 0 m. 60 environ pour s'arrêter finalement à 1 mètre au-dessous des premières branches. C'est à Tàge moj-en que Tarbre donne le liège le plus beau et le plus abondant.

Périodes d'exploitation. — On employaitautrefois un système d'exploitation du chêne liège aussi préjudiciable que barbare : on procédait par coupes ou périodes régulières. Ces coupes se pratiquaient sur toute une surface forestière et se faisaient à nne même époque, d'après le cahier des charges iniposé aux concessionnaires, avec abatage des arbres (1849). On a vite reconnu que l'abatage des arbres était une erreur, puisqu'ils peuvent fournir jusqu'à quinze récoltes et que le liège produit est d'autant meilleur qu'on a pratiqué le démasclage.

Dans les forêts en futaies jardinées, on fait généralement porter l'exploitation du liège sur la forêt tout entière, ce qui augmente les frais et rend la surveillance difficile. Pour éviter cet inconvénient, on peut procéder autrement en partageant la forêt en autant de parties que la révolution comprend d'années, soit 10 à 12 pour la France et 8 à 12 pour l'Algérie. On enlèvera chaque année le liège sur un des lots, tandis que, sur celui venant immédiatement après, on fera seulement le débroussaillement.

Conditions qui influent sur la quantité de liège produite. — La quantité de liège produite varie naturellement suivant les circonstances. C'est ainsi qu'on a pu établir que : 1* sa production est plus rapide sur les arbres isolés que sur ceux qui ont crû en massifs ; 2^ le développement du liège dépend de la vigueur de l'arbre ; H^ l'activité de production du liège est

RECOLTE DU LIKGE

lodd

plus considérable, sur un mémo arbre, pour le côté exposé au sud que pour celui qui est tourné au nord ; i^ la croissance est plus active en Algérie qu'en France : tandis qu'il faut scu« lementS à 12 ans en Algérie pour que la couche de liège atteigne la valeur marchande de 25 à 28 mm., il faut, en France, une période de 12 ou 15 ans ; 5^ les anneaux successifs annuels d'accroissement sont plus larges les premières années, puis leur largeur devient stationnaire et enfin décroit constamment. Par suite, plus les époques d'exploitation seront rapprochées, plus grande sera la quantité totale de liège obtenue d'un même arbre. Malheureusement on est obligé d'attendre, pour faire le prélèvement, que la couche de liëge ait atteint l'épaisseur marchande. On doit même s'assurer qu'il en est ainsi, au moyen d'un sondage pratiqué dans la partie la plus faible, c'est-à-dire en haut.

Exploitation du chêne-liège en Algérie. — En Algérie, le démasclage et le levage sont opérés par les Arabes qui vont ensuite porter les plaques sur les sentiers accessibles aux mulets, puis ceux-ci les transportent à dos, soit aux dépôts installés sur des chemins carrossables, soit jusqu'à l'établissement du concessionnaire. Un mulet peut transporter, à chaque voyage, de 100 à 120 kilogrammes de liège brut, ce dernier chiffre étant un maximum.

Rappelons qu'autrefois on enlevait en Algérie Técorce de liège, soit en abattant l'arbre, soit en pratiquant l'écorcement complet, ce qui ne valait guère mieux. Depuis 1884, avonsnous dit^ on opère méthodiquement le démasclage en vue d'obtenir du liège femelle de bonne qualité. L'Algérie est actuellement, et de beaucoup, le plus important fournisseur de liège pour la France.

Tous les travaux que nécessite la récolte du liège sont exécutés par les arabes, sous la surveillance de contremaîtres et ouvriers européens. La forêt est d'ailleurs la poule aux œufs d'or de l'indigène qui vit, la plupart du temps, de ses produits.

Préparation du liège. — Le liège, une fois récolté, est mis à sécher; pour cela on l'expose, généralement pendant plusieurs mois, dans un milieu bien aéré. Souvent aussi, on le plonge dans de l'eau bouillante, contenue dans de grandes chaudières en cuivre, pendant environ trois quarts d'heure ;

le liège se gonfle de près d'un tiers. Les planches, une fois sorties du bain, sont aplaties, les pores se resserrent, et elles sont finalement mises à sécher. L'opération en question est appelée bouillage. On procède ensuite au raclage (qui peut d'ailleurs être pratiqué avant le bouillage) à Taide d'une plane ou doloire^ à la main, ou bien à la machine.

Les machines dont on fait généralement usage sont celles de M, Decosters à Paris ou de M. Tousseau de Philippe ville. Les premières opèrent au moyen de bobines en fer garnies de petits peignes en lames d'acier à dents carrées et courtes ; les secondes se composent essentiellement d'un arbre cylindrique vertical, armé de six lames d'acier disposées en hélice. Une machine nettoie jusqu'à 10 à 12 quintaux par jour ; le prix de revient est de 60 à 75 centimes par quintal. — Le prix du raclage à la main revient, en Algérie, à 1 fr. 50-2 fr. par quintal.

Le raclage superficiel enlève la croûte externe dure et rugueuse. Après ces diverses opérations, le liège a perdu un tiers environ de son poids primitif. Les planches sont taillées sur les quatre côtés, triées et mises en balles pour être livrées au commerce.

Autrefois on passait souvent au feu les lièges gerçures et présentant des défauts, afin de resserrer les pores et de dissimuler la -mauvaise qualité du produit. Cette pratique, qui ne s'appliquait qu'aux lièges grossiers, parait tombée aujourd'hui en désuétude.

Produits accessoires du chêne-liège : Le tannin et le bois, L'écorce vive de cet arbre est très riche en tannin, elle en contient plus que dans le cas des chênes pédoncule et rouvre, le rapport entre la teneur de tannin des écorces du chêne-liège et celle de ces essences serait 1,62 : 1 ; des analyses ont donné jusqu'à 19 0/0 de tannin ; malheureusement cette écorce, qui tanne rapidement, communique au cuir une couleur rougeâtre désagréable. Oiin'exploite l'écorce pour son tannin que sur les vieux arbres dont on ne saurait retirer un liège de bonne qualité. On a trop intérêt, dans une exploitation bien conduite, à ménager l'écorce, mère du liège, pour qu'on songe à la livrer à l'industrie pour le tannage. Malheureusement on n'a pas toujours procédé aussi sagement, et une exploitation imprévoyante a trop souvent fait dépouiller complètement de

leur écorce des chênes-liège des forêts d'Algérie, de Corse ou du Var.

L'exploitation ne peut porter que sur les arbres qui ont conservé leur liège mâle, car la partie de Técorce riche en tannin n'est pas assez épaisse, sur les arbres porteurs de liège de reproduction, pour que l'opération soit rémunératrice. La récolte a lieu du 15 mai au 1*' septembre, au moment de la poussée de la sève; les arbres sont abattus, le liège est enlevé, l'écorce à tan est séparée de Tarbre et découpée ensuite en petits quadrilatères ; elle est alors séchée au soleil. La durée de la dessiccation varie de 3 à 5 jours, puis les écorces sèches sont réunies en tas et mises en sacs.

Le bois du chêne-liège est moins important, au point de vue utilitaire, que son liège ; néanmoins, il se recommande pour certains usages, notamment le chauffage ; il est peu propre aux constructions.

Nous donnerons d'abord ses caractères et nous insisterons ensuite sur ses usages.

Le bois du Qtœrcus siiber ressemble assez à celui du chêne yeuse, il s'en distingue néanmoins par des caractères spéciaux. Les couches annuelles sont nettement distinctes gra.ce à la présence de gros vaisseaux dans le bois de printemps qui, cependant, n*y dessine pas la zone poreuse si caractérisée des chênes rouvre et pédoncule. Dans le bois d'automne les vaisseaux sont au contraire petits et groupés en lignes flexueuses rayonnantes qui ne passent pas d'une couche annuelle à une autre couche annuelle. Le tissu fibreux est dominant, il est divisé, d'une façon peu nettement visible, en zones étroites, par du parenchyme ligneux. Les rayons sont inégaux et nombreux, formant de larges maillures, serrées au voisinage les unes des autres. La couleur de ce bois est brunâtre, grise, brun-rougeàtre et en somme assez inégale. L'aubier est peu distinct. Le bois est très lourd et compact, peu homogène, sujet à se tourmenter. Toutes ces raisons en font un bois peu propre aux constructions, d'autant plus que ses dimensions sont habituellement restreintes. Il s'altère assez promptement lorsqu'il est soumis à des alternatives de sécheresse et d'humidité. Employé dans la marine pour les pièces de qualité inférieure, il attaque, par suite de sa richesse en tannin, le fer des chevillages. Il n'est pas propre à faire du merrain, car il

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se fend difGcilement. On s'en sert néanmoins pour la construction des machines, la menuiserie, etc., mais c*est surtout un très bon combustible dont on peut faire un excellent charbon.

Il faut noter que bien des défectuosités de ce bois doivent être attribuées à ce fait qu'on utilise des arbres déjà sur le retour, quand ils ont cessé de produire un liège de qualité suffisante.

98t. Uftaccsda llècc — La légèreté de cette substance, son élasticité, son imperméabilité, son inaltérabilité, la font rechercher pour de nombreux usages.

Il était déjà connu sous la forme naturelle de plaques et de morceaux dans Tantiquité où on l'employait de la façon la plus simple. On trouve dans les auteurs grecs et romains des indications qui montrent que le liège utilisé alors provenait des pays méridionaux et qu'on s'en servait, à cause de sa faible densité et de son inaltérabilité, pour faire des bouées, des appareils de sauvetage et pour permettre aux pêcheurs de repérer les endroits où ils avaient placé leurs nasses. Ce n'est que beaucoup plus tard (vers la fin du XV® siècle) qu'on s'en est servi pour faire des bouchons. Les peuples anciens ne connaissaient pas cette application, aujourd'hui si usuelle. L'industrie s'est emparée actuellement de cette substance qu'elle transforme en produits très divers : tapis, linoléum, agglomérés, etc. La fabrication des bouchonn est une industrie purement mécanique, produisant de nombreux déchets qu'utilisent précisément les industries du linoléum, des agglomérés^ etc., lesquelles nécessitent une préparation chimique.

t3t. Qaalltén et eliisiienieiiC Ues lièi;eii. — Le liège de bonne qualité doit être élastique, homogène, de couleur claire, légèrement rosée, il ne doit être ni poreux, ni crevassé, ni ligneux.

Les différentes qualités du liège sont réparties par gix>sseurs : les /if^yes épais ont 31 millimètres et plus; les lièges marchands ont 26 à 30 ; les lièges bâtards^ 23 à 25 ; les min-' ces, 22 et au-dessous. Chacune de ces catégories se subdivise en qualités diverses de surfin à ordinaire.

L£8 BOUCHONS DE LlÈGt:

Le prix des lièges, pris en foret, secs et nettoyés, c'est-àdire appartenant à la catégorie des lièges épais, peut atteindre 60 à 80 francs les 100 kilogrammes ; lorsqu'ils sont préparés et triés, 120 et même 150 francs ; les autres, de 30 à 60 francs.

Un des lièges les plus estimés est celui de la Catalogne, à cause de sa finesse et de son élasticité. On le réserve spécialement pour la fabrication des bouchons à Champagne pour lesquels on ne fait usage que de liège de premier choix. Les lièges de la Dalmatie et de Tlstrie constituent au contraire la qualité la plus inférieure.

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983. Le» lMNicli€Mi« de liège. — La fabrication des bouchons est le principal emploi du liège, tous les pays en font une consommation énorme sous cette forme.

En France cette consommation n'est pas inférieure à 1 franc par tête d'habitant et par an. Il est vrai que notre pays ne renferme pas moins de 450.000 marchands de vin et 150.000 épiciers qui tous achètent des bouchons. On a calculé que TAngleterre et ses colonies d'Amérique emploient plus de 2 millions de bouchons par jour.

On fabriquait autrefois les bouchons à la main, on préfère aujourd'hui procéder mécaniquement; toutefois, pour les qualités supérieures, on utilise encore la fabrication sans rintervention des machines. On calcule qu'un bon ouvrier, adroit et expert dans son métier, peut faire jusqu'à 2.000 bouchons par jour. A la machine, on arrive au chiffre de 8.000.

Il faut considérer plusieurs phases dans la fabrication des bouchons : 1® un traitement préparatoire ; 2^ un traitement mécanique ; 3® un traitement chimique.

1® Le traitement préparatoire.— Le liège arrive chez le fabricant en planches irrégulières réunies en balles, on l'expose plusieurs mois à l'air, on le trie par qualités en enlevant les parties défectueuses pour ne conserver que des planches bien saines que l'on soumet à l'aclion de la vapeur en vase clos. Cette opération permettra d'aplanir plus facilement les planches. On fait sécher plusieurs mois encore, à l'abri de hangars bien aérés.

2* Opérations mécaniques. — Elles consistent à diviser d'abord les planches en longs fragments qui seront subdivi-

ses ensuite en menus morceaux carrés présentant approximativement les dimensions des bouchons à obtenir, mais toujours un peu plus fortes ; enfin les petits parallélipipèdes ainsi constitués sont façonnés en bouchons cylindriques ou coniques, soit avec un outil à main, soit au moyen d'un emporte-pi^ce ou d'un tour mécanique.

Un bon ouvrier peut tourner dans sa journée, à la main, jusqu'à 2.000 bouchons et avec le tour mécanique de 5.000 à 7.000; le déchet s'élève à 43-50 p. 100. La tourne des bouchons se fait à la tâche et se paye 0 fr, 60 à 0 fr. 70 le 1.000 ; les autres frais : taille en bandes et carrés, triage, pesage et emballage élèvent le prix de revient à 1 fr. 80 le 1.000.

On estime que 400 kilog. de liège donnent en moyenne 10.000 à 11.000 bouchons ordinaires.

Les déchets sont plus considérables lorsque le travail se fait à la machine que lorsqu'il est fait à la main.

Les machines dont on peut se servir pour cette fabrication sont les suivantes : V une machine à débiter le liège en bandes; 2"* une machine pour débiter les bandes en carrés; 3° une machine à calibrer ; et même 4** une machine à compter les bouchons. Ces diverses machines peuvent d'ailleurs être ou séparées ou réunies sur un bâti commun.

Nous citerons, à titre d'exemple, une machine américaine, composée de deux parties dont Tune n'est autre chose qu'une scie circulaire non dentée, le disque en est très mince, très affûté à la périphérie, mais va en s'épaississant vers le centre où se trouve l'axe d'un arbre horizontal qui lui communique un mouvement de rotation rapide ; l'autre partie est un petit tour à pointe, monté sur un chariot. L'ouvrier glisse entre les pointes un petit parallélipipède de liège qui se meta tourner aussitôt sur lui-même. Il pousse alors le chariot vers le couteau circulaire, l'axe du tour étant parallèle au plan du disque ; ce dernier attaque le liège et le transforme en cylindre, le bouchon est alors terminé. Si l'on veut l'obtenir conique, il suffit d'incliner l'arbre du tour sur le plan du couteau circulaire. Il faut à l'ouvrier beaucoup de tact et d'habitude pour placer le parallélipipède près du couteau de façon à obtenir, du plus petit morceau de liège, le plus gros bouchon possible sans défauts.

Cette machine a l'avantage d*avoir une lame extrême-

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