AGGLOMÉRÉS DE LIÈGE
On reconnut cependant qu'on pouvait, par un traitement chimique, transformer le liège naturel en une substance appropriée. Il y a 30 ans, M. Grûnzweig, 1<5 fondateur et promoteur de rinduslrie des lièges agglomérés, arrivait à préparer une substance utilisable avec un mélange de liège broyé et de colle.
Bien que cette substance fût loin d*ctre parfaite, elle acquit rapidement une certaine réputation, principalement pour isoler les conduites à vapeur. En effet, le liège est particulièrement propre à ces sortes d'emploi : il est très léger, très inaltérable ; il possède une très grande résistance à la pression, au choc et à la torsion ; c'est un isolant excellent pour la chaleur, le froid, le son et l'humidité. Mais la condition principale pour un matériel en liège de ce genre, c'est de résister absolument aux variations de température et d'humidité de l'air. Cette propriété, le mélange de Ijège et de colle ne la possédait pas; il se déformait sous Tinfluence de l'humidité et des hautes températures, de sorte que son emploi fut suivi de nombreux échecs. La plupart des agglomérés préparés avec des colles organiques présentent le même inconvénient, ils ne sont pas suffisamment stables à haute température, ou ne résistent pas à Thumiditc. On a essayé tous les agglomérants organi • ques possibles, les corps amidonnés, les farines, les dextrines, les diverses sortes de gommes, les albumines avec ou sans addition de formaline, la gélatine soluble ou insolubilisée par les chromâtes ou la formaldéhyde, les savons résineux, les mucilages, les diverses sortes de caoutchouc artificiel, les factices, les caoutchoucs naturels, la gutta-percha, le goudron, l'asphalte, les résines, le coUodion et les diverses préparations de cellulose, en un mot, tout ce qui peut servir à coller, mais aucune de ces substances ne possédait les propriétés requises.
Alors on se tourna d'un autre côté, on rejeta les matières organiques pour essayer les ciments minéraux : la chaux, le plâtre, Targile, les ciments romain et Portland, le silicate, la pouzzolane, les ciments de magnésie et de zinc, le soufre, etc. On obtenait ainsi, en employant ces corps â l'état de pureté ou de mélange, des substances très résistantes ; mais Tagglomérant étant un corps de forte densité et collant mal, ces produits étaient trop lourds pour servir d'isolants et mal com-
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modes à employer en couche épaisse à cause de leur poids.
Néanmoins ces substances se répandirent, surtout celles à base de chaux, dans la' technique du bâtiment et ouvrirent la voie à un développement rationnel du mode de fabrication. On est arrivé, au cours de ces dix dernières années en employant les ciments organiques et inorganiques, à obtenir une matière presque sans défaut, soit comme matériel de construction, soit comme agent isolant. Ces substances ont acquis beaucoup de réputation, et sont utilisées pour des buis très divers. On fabrique les agglomérés de liège pour les différents besoins de Tindustrie, sous forme de plaques, de segments spbériques, carreaux et briques de liège.
hti pfUe de brique est composée de la poudre de liège la plus grossière agglomérée suivant les mêmes moyens. Elle sert exclusivement à composer des cubes et des parallélipipèdes rectangulaires qui forment d'excellents matériaux pour les constructions. Les briques ont environ 0 m. 30 d'épaisseur, les panneaux sont un peu plus minces. On s'en sert pour la construction dos refends, le revêtement des murs humides, des soupentes ou des versants d*un comble
Dans la technique du bâtiment les agglomérés de liège sont employés : V pour la construction de caveaux isolés, de glacières; 2° pour les toits des tisserics, des filatures, des magasins de vivres, des écuries, afin d'éviter les dépôts d'humidité ; 3® pour la construction de parois légères atténuant le bruit ou maintenant une température constante ; 4° pour consolider les parois minces des mansardes et des greniers et préserver ceux ci du froid et de l'humidité ; o"* pour rétablissement des cabines téléphoniques; 6° comme revêtement incombustible des supports et colonnes de fer, et dans tous les cas où Ton veut obtenir un bon isolement. En outre, on emploie ces agglomérés pour isoler les bouilleurs, les conduites et les grands appareils à vapeur. On fabrique des plaques de 10-70 millimètres d'épaisseur, longues de 900 millimètres et larges de 250 millimètres ; dans des cas spéciaux, où l'on craint une trop forte humidité, on les recouvre extérieurement d'une couche d'asphalte. On utilise, pour les placer sous les parquets, des plaques de îi-lO millimètres d'épaisseur. Elles servent aussi i\ rendre sèches les parois ; dans ce but on les recouvre d'un côté de carton bituminé, de résine ou d'une substance analogue.
Pour rinstalIatioQ des iiiach!nc^. les munchoas poar on • duites à eaa et à rapearet poar les Péfriffêraals, les ac^I^^Tiérés de liège sont fabriqaës soas forme de demî-orlindres. de 17-170 millimètres de diamètre, dans les dimensioa^ ordinaires des tubes ; poar les conduites de plus forte dimension, on les prépare sous forme de serments cylindriques. Jusqu'à 7 atmosphères de pression, on peut les placer directement sur les tuyaux ; pour des températures plus élevées, on intercale, entre le tuvau et Tas-eloméré, une couche d*amîante.
On fabrique pour les conduites à eau, !es réfrifférants et les cuves de brasseries, des couvertures très résistantes en agglomérant le liège avec de Tasphalte et en soumettant à la presse la masse obtenue. Il est éndent que cet isolant ne peut être employé pour les conduites à vapeur, car il fond à la chaleur.
Ces agglomérés de liège se sont beaucoup répandus à cause de leur grand pouvoir isolant, de leur montage facile et de leur bas prix ; ils ont en grande partie remplacé les agents isolants autrefois employés, les déchets de soie, la terre à infusoire. la laine de bois, etc. On a établi, par des essais et par la pratique, que, pour des conditions normales de pression et de vitesse de circulation de la vapeur, Ton obtient un effet utile correspondant à une économie des 80 0/0 de l'eau de condensation. Pour le montage on commence par fixer sur les tuyaux les agglomérés au moyen de fils de fer galvanisés, qui se croisent de façon à ce qu'ils ne puissent tourner sur la conduite. On recouvre ensuite toute la surface d'une couche de plâtre de 5 millimètres d'épaisseur. Comme protection contre les chocs et les agents extérieurs, on enveloppe le tout de bandes de toile ou de jute, et les extrémités, de manchettes de tôle.
On isole de môme les réfrigérants, mais en ayant soin, au moyen d'une garniture d'asphalte, de ne pas laisser d'air entre le tuyau et sa couverture, afin d'éviter que l'air humide ne produise un dépôt d'eau ou de glace.
La fabrication de ces produits nécessite de grandes installations À cause du volume considérable des substances à traiter : cette fabrication ne peut donner de bénéfices que si elle se fait très en grand. On reçoit les déchets de liège par ballots de 50-80 kilogrammes, par voie de mer ; on commence par
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enlever le bois et les pierres qu'ils contiennent, puis les particules de fer en les faisant passer sur un électro-aimant. Les déchets de liège passent alors sous une meule, faisant environ 2.000 tours par minute et continuée avec un système de tamis de différentes grandeurs,de sorte que, suivant les besoins, les morceaux de liège qui sortent de la meule présentent des dimensions maxima plus ou moins fortes. Les morceaux de liège passent ensuite dans un tamiseur qui les répartit en 5-7 grosseurs différentes. La poussière qui s'est formée au cours de ces opérations est éliminée, grâce à des ventilateurs, de façon qu'on obtient un matériel absolument exempt de poussières. On recueille séparément les morceaux de liège de différentes grosseurs, et on les mélange en proportions déterminées. Le liège est ensuite incorporé à chaud et sous pression dans des mélangeurs Werner-Pfleider, à l'agglomérant, dont la composition est tenue particulièrement secrète dans toutes les fabriques.
Au sortir des mélangeurs, la masse est entraînée par un système de rouleaux sous des presses à vis ou des presses hydrauliques. Sous celles-ci le mélange est mis sous forme de plaques plates ou cylindriques et de blocs. Cette préparation nécessite un grand nombre de moules très coûteux. Après la presse, les agglomérés, encore très fragiles, sont transportés, dans un wagonnet de fer, au séchoir. Celui-ci est constitué par une sorte de four à canal, l'air sec et chaud passe d'abord sur les wagonnets renfermant la matière la plus sèche et c'est un gaz presque saturé qui arrive sur les pièces qu'on vient d'enfourner. La circulation d'air est établie au moven de ventilateurs; le chauffage de l'air se fait à la vapeur, au coke ou par du gaz de générateurs. Le séchoir est long de 20-25 mètres, sa section est de 1 mètre 1/2, et le séchage se fait d'une façon si rationnelle qu'il ne se produit pas de fentes dans les agglomérés et que la marche est absolument continue. Le séchage dure environ 48 heures, mais cette durée varie avec les dimensions des agglomérés et les conditions atmosphériques extérieures.
On asphalte les plaques, une fois qu'elles sont sèches, dans des locaux spéciaux; on les plonge dans de Tasphalte chaud, on laisse égoutter et refroidir dans des chambres fraîches. Quant aux agglomérés pour réfrigérants, on les prépare en