LE LINOLÉUM
La fabrication du linoléum est assez loague et délicate, elle comporte : 1° la préparation du li^ge ; 2° la cuisson de Thuile de lin ; 3** la fabrication proprement dite ; 4^ la coloration.
Le liège est d'abord finement pulvérisé à Taide de meules à émeri; on agglomère ensuite cette poudre dans des mélangeurs, ou entre des meules, au moyen d'une sorte de gomme. Celle-ci est représentée, dans la plupart des cas, par de Tbuile de lin oxydée et rendue siccative par de la litharge. Parmi les substances proposées comme succédanés de l'huile de lin, citons celle constituée par le dépôt solide obtenu en refroidissant à la température de — 30 à — 250^ des huiles de poisson préalablement blanchies (1),
Quelques fabricants ajoutent à l'huile de lin des résines, du copal, etc., pour augmenter la solidité.
Une fois la pâte obtenue on l'étend sur des étoiles, notamment des bandes de jute, où on la fixe au moyen d'un mastic résineux. On laisse exposé à l'air assez longtemps pour que Toxydation de l'huile puisse s'achever. Enfin on peut passer le linoléum ainsi préparé entre deux cylindres chauffés à la vapeur, afin d'en rendre la dessiccation complète.
Les deux méthodes principales pour la fabrication du linoléum, celle de Walton et celle de Taylor, ont, comme différence, que dans la première on laisse Toxydation de l'huile s'effectuer a l'air et que dans la seconde on la rend plus active par addition de produits chimiques. Le procédé Taylor est plus rapide et meilleur marché, il donne cependant un lino • léum de qualité moins belle.
On trouve dans le commerce des substances, analogues au linoléum, où le liège est aggloméré par du caoutchouc, de la gutta-percha., etc. (Camptulicon).
Des perfectionnements ont encore été apportés, en France notamment (2) ; les jutoletmi, les lino-bugaii sont venus donner au linoléum un cachet artistique qui lui manquait.
Ces lino-bugau empruntent leur éclat aux coquillesdubugau, sorte de mollusque que Ton trouve aux Antilles. Les déchets de ces coquilles sont mêlés à la poudre de liège. C'est ainsi que Ion obtient ces reflcis irisés qui caractérisent les plafonds et les panneaux faits avec ce produit.
(1) Dr J. Herlkarn à Berlin. Brev. allemand, 1-29.809, 42 déc. 1900.
(2) Voir Em. Ratoin. Rev, scientifique, 1900.
Ces panneaux sont revêtus d'un vernis à base de gomme. C'est cette substance qui retient les fragments de bugau.
On peut encore métalliser certaines de ces parties pour augmenter le relief des panneaux. C'est dans cette particularité que s'exercent les procédés secrets des spécialistes du lino-bugau.
Le liège perd dans le linoléum quelques-unes de ses propriétés les plus caractéristiques, notamment sa légèreté, par suite de sa pulvérisation et de son agglomération au moyen d'une substance plus lourde. 11 n'est point indispensable pour la fabrication du linoléum et d'autres substances pourraient remplir son office, telles sont les suivantes : la cellulose, les déchets de cuir, les aiguilles de pin et autres corps analogues. Il faut ajouter qu'aucune n'a pu remplacer le liège avantageusement. Les incrustés Walton, où le liège est remplacé par du papier, ont seuls acquis quelque réputation. Us ont l'aspect du cuir. Le papier peut se ployer plus aisément que le liège, aussi s'en sert-on de préférence pour la fabrication des cartons bituminés et produits analogues.
L'industrie du linoléum est très prospère en Angleterre, en Allemagne, et elle compte en France des usines importantes; nous ne sommes plus tributaires des pays étrangers. Les fabricants français ont su, par leur ingéniosité, donner à ce produit l'empreinte de notre goût et il a acquis bientôt une véritable supériorité, au point de vue artistique, sur les produits étrangers. Il est un certain nombre de produits, décorés de noms fantaisistes, qui ne paraissent pas d'ailleurs devoir faire une concurrence bien redoutable au linoléum et que certains fabricants s'efforcent de lui substituer ; ce sont :1e lolalithe^ le papyrolithej torgamenty terralithe^ etc.
Ces substances sont constituées d'un ciment à base de magnésie, d'une matière élastique telle que du liège, des copaux de bois, déchets de cuir, de la tourbe, etc., et de composés accessoires que l'on garde secrets et qui servent à neutraliser la transformation et la décomposition du ciment. Ces produits paraissent avoir un faible succès.
f39. Antres usases dn liège. Gaz de liège (1). — Le (i) liatoin, toc. cit.