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RÉPARTITION DES ESSENCES LIGNEUSES A. L\ SURFACE DU GLOBE

Bange, le Sciadopytis verticillata, le cyprès funèbre, le podocappe de Chine et le Ginkgo biloba ; ces deux dernières espèces de conifères sont caractépisées par des feuilles non aciculaires (en aiguilles), mais larges.

Parmi les essences feuillues, beaucoup rappellent celles de la zone forestière, ce sont surtout : le hêtpe de Siebold, le châtaigniep du Japon, le planère kiaki, les épables, les fpêiies, les tilleuls, les ailantes et beaucoup de Légumineuses et de Rosacées apborescentes.

Des arbustes rapprochent cette flore de la flope méditepranéennc, citons : des végétaux à fopme de laupier, le camphpiep [Cintiainomuncamphora), Y diVhve à thé {Camelliathea)^ le Broussoaelia paryrifera ou mùpiep à papiep, les hibiscus, VAleurites laccifernm^ le néphèle Li-Tschi, Tapalia à papiep, etc. Les bambous et les palmieps, que Ton trouve surtout au sud de la zone, pappellent la flore tpopicale.

94&. Ftore «Aharieniie. — Dans la région apide du Sahapa et de T Apabie on ne pencontre de végétation qu'au fond des vallées (oueds) où se trouvent des oasis dues au peu de ppofondeup des nappes d'eau souterpaines. On y voit le dattier, ceptains apbpes fpuitieps et, au sud, des acacias à gomme.

9411. Flore* irople»leii. — Elles sont d'une tpès piche végétation qui se ppésente sous deux aspects : les^at'an^^' couvertes de hautes hepbes et les forêts^

Les fopêts sont tpès compactes, leups arbpes sont souvent entpemêlés de lianes qui les péunissent et pendent cette végétation impénétrable (fopêt viepge). Dans \%s jungles de l'Inde et de la Malaisie les ppincipaux apbpes sont : les palmiepséventails [Borassus), les phénix, les palmieps à bétel (Areca catechu)^ les caryota, les cocotieps, les sagoutieps, des pandanus, des acacias, le flguiep des pagodes ou banian, les cycas. les dpacaenas ; des gpandes lianes^ comme les polangs.

Les fopêts de TAfpique sont tpès épaisses et tpès vastes, particulièpement dans le bassin du Congo ; elles sont constituées suptout pap des palmieps de divepses espèces, notamment : le palmiep à huile {Elœis), le palmiep à bétel, le palmier à vin {Raphia vinifera), des acacias épineux (Acacia

arabica), le figuier sycomore, des Zamia, des fougères arborescentes, des palétuviers {Rhizophora) qui forment sur les côtes de véritables forêts aux troncs submergés quelquefois par la marée, quoique soutenus assez hauts au-dessus du sol par les racines arc-boutées ; elles constituent ce que Ton désigne sous le nom de Mangrove. La mangrove borde aussi certaines régions de l'Asie tropicale. On trouve encore dans la flore tropicale d'Asie des palmiers comme Tarée cachou, le cocotier, le métroxyle de Rumph, le coryphe ombreux; des Pandaniis, formes voisines des palmiers, comme le vaquois de Java et la freycinétie. Les essences feuillues sont représentées, en Asie tropicale, principalement par des Légumineuses et surtout des Légumineuses-Mimosacées comme Tacacia cachou^ etc. En Afrique, le genre acacia est représenté par des espèces nombreuses et remarquables Jelles que l'acacia du Nil, Tacacia h longues épines(Acacia arabica) jelc.

Les forêts tropicales de TAmérique s'étendent du Mexique méridional jusqu'au sud du Brésil en y comprenant les Antilles. Les espèces qui entrent dans leur composition sont assez différentes et bien plus variées qu'en Afrique et en Asie. On y trouve : le palmier à huile, le Phylelephas qui donne l'ivoire végétal, le Carludovica qu'on utilise pour la fabrication des chapeaux de panama, l'arbre à cire (Ceroxylon), l'acajou, le bois de campêche,'des Mifnosa, des Acacia^ des Rubiacées avec les Cinchona qui donnent le quinquina, des Zamia et Ceratozamia^ des Liliacées arborescentes : Yucca et Agave,

La plus grande partie des plaines basses qu'arrosent les grands fleuves de cette région, au Brésil et dans les Guyanes, est couverte par de vastes forêts constituées de Mimosacées,de Césalpiniacées et de Palmiers, dont les troncs sont couverts de plantes grimpantes qui forment un fouillis inextricable-On ne peut guère pénétrer dans ces forêts vierges qu'en utilisant les cours d'eau ; souvent la partie de ces forêts située au bord des fleuves est inondée pendant la saison des pluies.

Les caractères de la flore de la région tropicale changent naturellement quand on s'élève à une altitude plus élevée.

Dans l'Himalaya, sur le versant méridional on voit apparaître peu à peu les formes forestières de la région tempérée au fur et à mesure que disparaissent celles de la zone torride.

RÉPARTITION DES ESSENCES LIGNEUSES A LA StUFAGE DU GLOBE 1081

C'est ainsi que Ton trouve, à une altitude élevée, des chênes (Ch. à épis, Ch. d'Anderson), des conifères (Pin élevé, sapin pindrow, etc.)? des bouleaux, etc.

Dans les Andes tropicales il en est de môme. Quand on s'élève en hauteur, les palmiers, puis les foug-ères arborescentes disparaissent peu à peu pour faire place à des forêts de chênes, de quinquinas, etc.

949. Flore den «leppe« australen. — Entre le 20<^ et le 50* degré de latitude sud, on trouve des steppes et des déserts : en Australie, en Afrique (région de Kalahari) et en Amérique (pampas).

Continent australien. — La région centrale de TAustralie, privée de pluies, est à peu près désertique, mais au nord se trouve la Savane forestièf^e, très humide, constituée par des prairies boisées où Ton trouve ces superbes Eucalyptus qui deviennent pour ces pays un important élément d'exportation. Il existe un assez grand nombre d'espèces de ces arbres, elles ne sont pas encore toutes connues. Ces eucalyptus sont souvent associés dans cette région à des acacias.

Au sud-est de TAustralie se trouvent encore, dans les régions montagneuses, des forêts d'eucalyptus qui sont les plus exploitées, ils sont associés à des acacias et à des hêtres.

Sur le littoral septentrional poussent les végétaux de la flore tropicale malaise {Caryota^ Pandanns, Calamus, A?*au' caria).

Sud de r Afrique tropicale. — La région de Kalahari est désertique.

La flore du Cap occupe une bande étroite tout au sud de l'Afrique ; ses caractères rappellent ceux de la flore sud-est de l'Australie et celle de la Méditerranée par la quantité de buissons et d'arbres toujours verts qui s'y trouvent : lés Myrtacées, les bruyères, les Sapotacées, etc. On y rencontre en outre, comme dans les forêts antarctiques de l'Amérique du Sud, des forêts de conifères [Podocarpus).

Flore du Chili. — En Amérique, à l'ouest de la Cordillère des Andes, se trouve une étroite bande bordée à l'est par l'océan Pacifique ; elle comprend le Chili méridional et s'étend jusqu'à la Terre de Feu, elle est couverte de forvls dites antarctiques où dominent les hêtres nains antarctiques (Fagus

antarcHca, F. hetuloides), le cypp^^s, le pîa et le sapin austral, etc. Le climat de cette bande littorale est surtout caractérisc par une humidité excessive, les pluies y sont presque constantes hiver comme été.

•4». Flore aniaretlqae. — On ne connaît dans la zone glaciale antarctique que des mousses et des lichens.

Il' PARTIE. — INSUFFISANCE DE LA PRODUCTION DU BOIS D'ŒUVRE DANS LE MONDE (i)

9A9. Dèfleli €»u eis^eètleiit de 1» prodneilon da bols dans le* diffèrent» pstjm du monde. — La voix autorisée de M. Mélard faisait entendre, au Congrès de sylviculture de 1900, un cri d'alarme sur rinsufiisance de la production du bois d*œuvre dans le monde, insuffisance qui tend à devenir actuellement un fait malheureusement trop réel. Il appuie son assertion de documents statistiques employés avec sagacité. Ce ne sera pas trop de tout le zèle des forestiers et de la prévoyance des gouvernements pour arrêter le déboisement exagéré auquel se livrent, depuis trop longtemps, les peuples civilisés, comme aussi les peuplades sauvages.

Le bois est une matière première précieuse, de plus en plus employée, quoi qu'en pensent bien des gens ; son prix est destiné à s'élever dans un avenir prochain, et cette augmentation de la cherté du bois aura un fâcheux retentissement sur de multiples industries. Bien plus que cela, il arrivera, avant qu'il soit longtemps si Ton n'y met bon ordre, un moment où il deviendra impossible aux forestiers de satisfaire à tous les besoins.

Les bois de fortes dimensions se font de plus en plus rares, par suite de la tendance que l'on a actuellement de convertir les futaies en taillis. Et cependant, on sait que les forêts aménagées en taillis ne sont plus que d'un faible rendement,

(\) Nous empruntons les principaux éléments de cette étude à un 1res intéressant travail de M. A. Mélard, inspecteur des eaux et forêts, intitulé : Insuffisance de la pj^od action des bois d œuvre dans le monde. Imprimerie nationale, Paris, 1900. Ministère de TAgriculture, grand in-8o, 1i9 pages.

INSUmSANCE DE LA PROOUCTTON DU BOIS D OEUVRE

les usines métallurgiques ne consomment plus guère de charbon de bois et le chauffage au bois est remplacé, à peu près partout, par le chauffage au charbon de terre.

L'intérêt du propriétaire forestier est donc la production des bois d'oeuvre et de service. Il peut laisser la production de très gros bois, pour sciage ou fente, aux Etats, apanages, communes, etc., dont l'existence est indéfinie; mais il doit s'efforcer de fournir des étais de mine, des poteaux télégraphiques, des traverses de chemin de fer, des troncs pour pâte à papier.

L'homme a considéré pendant longtemps comme une victoire sur la nature, la suppression par lui des vastes forêts qui couvraient jadis le sol, forêts dont les grandes ombres remplissaient de terreur. Il a conquis, d'abord avec raison, de vastes étendues à l'agriculture. Il n'a eu qu'un tort, celui de pousser trop loin le déboisement.

Depuis longtemps, les hommes clairvoyants ont compris quelle grave faute on commettait en se livrant l\ un déboisement effréné. Colbert disait : « La France périra faute de bois » et il rédigea la célèbre ordonnance de 1669. Malheureusement vers cette époque môme, Louis XIV pressé de trouver du bois pour la marine royale fit abattre une quantité énorme de bois de mâture dans les Pvrénées et le mauvais exemple de ces exploitations en masse, sans autres limites que les besoins du moment, fut suivi sous Louis XV, Louis XVI et jusqu'à la fin du premier Empire. Trop souvent aussi les bergers des régions montagneuses des Alpes et des Pyrénées mirent le feu aux forêts pour étendre leurs pâturages ; cette pratique néfaste n'a pas complètement disparu. Par insouciance ou imprévoyance les gens des pays où les arbres abondent encore, se laissent aller à abattre « deux pins pour faire une paire de sabots».

L'exploitation des forêts a été heureusement réglementée, en 1827, par notre Code forestier dicté par la prévoyance la plus sage. Mais on se désintéresse trop à l'époque actuelle de la question forestière et cela tient à deux causes :

1<» Le bon marché des transports qui permet aujourd'hui de se procurer à bas prix des bois venant de l'Europe septentrionale et orientale et de l'Amérique du Nord ;

2® Le préjugé fort répandu que, étant donné l'emploi de

^ ■ Il

plus en plus fréquent du fer et de Tacier pour les constructions, et de la houille comme combustible^ le bois devient de moins en moins nécessaire et qu'il arrivera un moment où le rôle économique des forêts ne sera plus qu'insignifiant.

Il faut répondre à cela que les richesses forestières du globe sont loin d'être inépuisables et que les réserves où l'on puise actuellement sont relativement restreintes comme le fera voir la suite de cette étude. D'autre part, s'il y est vrai que la consommation du bois de feu ait diminué dans des proportions considérables, il n'est pas moins avéré que celle des bois d'oeuvre a crû très rapidement chez toutes les nations industrielles, celles-là même qui produisent le plus de fer et d'acier.

Pour établir le déficit de la production en bois d'un pays, M. Mélard étudie les statistiques douanières de ce pays, qui renseignent sur les chiffres des importations et des exportations. Si pendant plusieurs années de suite, un pays importe plus de bois qu'il n'en exporte, et si les chiffres d'importation vont croissant, il devient certain qu'il y a déficit dans sa production ; il lui faut faire venir de l'étranger une matière première qu'il ne produit pas en quantité suffisante pour ses besoins ; si, au contraire, un pays exporte pendant plusieurs années plus de bois qu'il n'en importe, on peut supposer qu'il en produit plus qu'il ne lui en faut pour son propre usage. Mais dans ce dernier cas la certitude n'est pas absolue comme dans le premier, caril est possible que cette surproduction soit due à une exploitation dépassant le revenu régulier et entamant le capital, h une exploitation procédant par destructions.

En se basant sur ces principes M. Mélard a dépouillé les statistiques douanières des différents pays du globe (tous n'en publient pas), en bornant son enquête aux bois communs, c'est-à-dire aux bois de service et d'industrie, bruts, équarris, sciés ou fendus, laissant de côté les bois ouvrés et les produits forestiers comme : liège^, écorces, résines.

Il ressort de ces tableaux que les pays d'Europe où les importations de bois communs dépassent les exportations, ceux, autrement dit, où il y a déficit dans la production du bois sont :

L'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne, le Danemark, la France, l'Espagne, le Portugal,

INSUFFISANCE DE LA PRODUCTION DU BOIS d'uEUVRE 1085

ritalie, la Grèce, la Bulgarie, la Serbie et, sans doute aussi, la Turquie (ce pays ne publie pas de statistique).

La surface totale de ces pays équivaut à 267 millions d'hectares et à une population d'environ 215 millions d'habitants, soit 57 0/0 de la population totale de l'Europe.

On remarquera que ces nations sont celles qui sont le plus peuplées et où Tindustrie est le plus développée ; ce sont, en outre, celles qui produisent en plus grande abondance le fer, Tacier et la houille. Cette constatation répond au préjugé qui admet que l'emploi de ces dernières substances entraine la fin ou la diminution de l'emploi du bois.

Nous allons résumer, toujours d'après M. Mélard, les chiffres concernant les divers pays.

9&0. I*ay0 où les liiiporiatlona de bols oommiins dé|NiSfleni les exportations. Europe et Amérique du nord.

— a) Angleterre. — C'est en Angleterre que l'excédent est le plus considérable. Il a été, pour les cinq années de 1894-1899, en moyenne de 12 millions de mètres cubes, en grande partie débités, équivalant au minimum, à 13 millions de mètres cubes en grume, d'une valeur de 470 millions de francs.

On se rendra compte de Ténormité de ce chiflTre en constatant qu'il équivaut à deux fois et demie la production totale en bois d'oeuvre des 9 millions et demi d'hectares de forêts que possède la France.

Ce chiffre ne cesse de s'accroître, il a plus que triplé depuis 1860. Les bois résineux entrent pour plus des 5/6 dans le chiffre des importations anglaises.

b) L'Allemagne. — Cette nation arrive au second rang pour le déficit de la production des bois. L'excédent d'importation a été en 1898, de 7.300.000 mètres cubes, valant 343 millions. L'Allemagne est cependant un pays fort boisé.

La progression du chiffre de cet excédent a été très rapide depuis une dizaine d'années. Le chiffre cité pour 1898 équivaut à 9 millions de mètres cubes en grume, soit une fois et demie la production totale de la France.

c) La Belgique. — Chiffre de l'excédent d'importation pour 1898 : 1.463.000 mètres cubes,valant 102 millions de francs ; en augmentation de 1 à 6 depuis 1860.

rf) La Suisse. — Excédent des importations en 1898 :

14.750.000 francs. En 1888 ce pays se suffisait à lui-même, mais rénorme développement qu'y a pris récemment l'industrie par l'utilisation des chutes d'eau pour la production des forces électro-chimiques explique cet accroissement de consommation.

e) Les Pays-Bas. — Excédent d'importation : 18 millions de francs ;

/) le Danemark, 31 millions ; g) l'Espagne, plus de 29 millions ; h) le Portugal, o millions ; i) la Grèce, plus de 3 millions ; j) la Bulgarie, plus de 2 millions ; k) la Serbie, 362.000 francs. Ce dernier pays a des forêts suffisantes, et l'excédent d'importation provient vraisemblablement du fait que ces forêts étant mal desservies, les Serbes ont meilleur compte à faire venir des bois d'Autriche par la voie du Danube.

/) La France. — La moyenne pendant les ô années de 1894 à 1899, pour l'importation des bois d'oeuvre, a été de 140 millions 408.000 francs, celle des exportations, de 41.660.000 fr., soit un excédent moyen de 98.660.000 francs pour les importations. En volume et en grume, les chiffres sont les suivants : importations, 3.828.000 mètres cubes ; exportations, 1.492.000 mètres cubes, soit un excédent de 2.336.000 mètres cubes.

Il faut noter que dans nos importations les produits de belle qualité, provenant de bois de 100 à 150 ou 200 ans, prédominent.

Le déficit réel est plus considérable que ne l'indique cette statistique, car elle ne tient pas compte des 122.000 tonnes de pâtes de bois, équivalant à 700.000 mètres cubes de résineux, que nous importons.

t5i. Pay» où les euporiailaiMi dépassent les Isaportations. — Il y en a cinq principaux en Europe : la Norvège, l'Autriche-Hongrie, la Suède, la Finlande, la Russie et, à un degré bien inférieur, la Roumanie et la Bosnie-Herzégovine.

a) La Norvège. — M. Mélard fait judicieusement remarquer qu'il faut peu compter sur ce pays, comme provision de bois pour Tavenir. En effet, sa surface forestière n'est pas très considérable, elle n'atteint que 21 p. 100 de la surface totale et est déjà considérablement entamée. De plus, le volume des bois exportés reste le même depuis plusieurs années et, si le chiffre

INSUFFISAKCE DE LA PRODUCTION Dt BOIS D*(ECVRE 1087

de la valeur en argent a crû, cela tient seulement à Taugmentation du prix du bois. Cet excédent a été, en 1898, de 1.500.000 mètres cubes, soit 2 millions de mètres cubes en grume.

Une cause de destruction des bois de ce pays est la fabrication de la pâte à papier. On peut utiliser les jeunes bois pour cette fabrication, ce qui incite les exploitants à les abattre, alors qu'autrefois, lorsqu'il fallait seulement satisfaire à la demande des bois de charpente, on se contentait d'abattre les arbres âgés ayant atteint toute leurs dimensions.

Tandis que l'exportation de pâte à papier était en 1875, de 8.500 tonnes, valant 944.000 francs, elle a monté en 1898, à 315.000 tonnes, valant 24 millions et représentant 1.400.000 mètres cubes de bois en grume. Cette énorme production explique la destruction des forêts.

b) L'AuTRiCBE-HoNGRiE. — Excédent des exportations en 1898 : 198 millions de francs, soit 6.800.000 mètres cubes de grume.

L^augmentation de l'exportation a crû très vile depuis 1888, soit 77 p. 100. Ce fait tient à l'augmentation croissante de la demande des pays importateurs^ TÂllemagne notamment.

On peut prévoir qu'étant donnés l'accroissement de la population et celui de Tindustrie, dans ce pays, ce chiffre d'augmentation ne se maintiendra pas, c'est pourquoi il ne faut pas compter indéfiniment sur les bois de l'Autriche.

c) La Sléde. — Ce pays possède de belles et importantes forêts, soit 18.200.000 hectares représentant 40 p. 100 de la surface du territoire.

L'excédent d'exportation a été en 1898, de 6.400.000 mètres cubes, équivalant à 9 millions de mètres cubes en grume et valant 198 millions de francs.

C'est une belle réserve forestière, mais le chiffre d'exportation ne parait pas devoir s'accroître si l'on s'en tient au revenu régulier de ces forêts ; la population, dont la densité augmente, a besoin dune grande quantité de bois pour le chauffage que nécessite la rigueur du climat et pour l'industrie qui se développe de plus en plus.

L'industrie très prospère de la pâte de bois produisait en 1888, 30.000 tonnes pour l'exportation, et 181.000 tonnes

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valant 21 millions et demi de francs, en 1898. La fabrication de 1898 a exigé 1 million de mètres cubes.

d) La Finlande. — C'est un pays couvert d'importantes et belles forêts, elles s'étendent sur 22 millions et demi d'hectares, soit les six dixièmes du territoire qui n'a que 2 millions et demi d'habitants.

Les exportations ont été en 1898, de 3.300.000 mètres cubes équivalant à 89 millions de francs.

L'exportation de la pâte de bois s'est élevée en 1898, à 42.200 tonnes, elle n'était que de 3.600 tonnes en 1877.Malgré cette richesse forestière, la Finlande n'est pas la réserve de bois qu'elle pourrait être, cela tient à Ténorme consommation que font de ce produit les habitants pour leur propre usage. On remarque que par le fait de l'exploitation, la proportion en gros bois diminue déjà.

e) La Russie. — Ce pays, à l'exclusion de la Finlande, possède beaucoup de forêts, eu égard surtout à la faible densité de la population. La surface des forêts est à celle du territoire, dans la proportion de 32 p. 100. Cette proportion est de 40 p. 100 pour la Suède et de 60 p. 100 pour la Finlande.

L'excédent d'exportation des bois d'œuvre a été, en 1897, de plus de 130 millions.

M. Mélard insiste sur ce fait qu'il ne faut pas trop compter pour l'avenir sur le bois de ce pays. En effet, le peuple russe est certainement appelé à un immense avenir et ses besoins en bois d'œuvre s'accroîtront avec sa population. Pendant 20 ou 30 années encore, cependant, au fur et à mesure que s'amélioreront les voies de communication, le chiffre d'exportation s'accroîtra, mais pour baisser sans doute bientôt après.

Ce pays a, d'ailleurs, tout intérêt à conserver avec soin ses forêts, qui seules coupent une plaine immense s'étendant de l'Océan Glacial à la mer Noire.

f) Les Etats-Unis. — Le taux de boisement est seulement de 25 p 100, il répond à 200 millions d'hectares de forets. On peut prévoir le moment où la population, encore peu dense, aura besoin de tout le bois produit par les Etats, pour son usage propre.

L'excédent d'exportation pour 1898 a été d'environ 100 millions de francs, mais cette production correspond à une destruction imprévoyante des forêts.

INSUFnSANCE DE LA PRODUCTION DU BOIS D OEUVRE

g) Le Canada. — Ce pays représente une magnifique richesse forestière. Il possède, en effet, 320 millions d'hectares de forêts, soit 37 p. 100 de sa surface totale ; la population y est seulement de 5 millions d'habitants.

Mais il faut compter que les forêts les plus septentrionales sont beaucoup moins belles que celles qu'on a exploitées tout d'abord en remontant le Saint-Laurent.

L'excédent d'exportation pour 1898 a atteint une valeur de 127 millions de francs.

Ce pays a exporté, en outre, pour 6.276.000 francs de pâte de bois, en 1898, contre 415.000 francs seulement en 1890.

Le Canada contribue à alimenter l'Angleterre, les Etats- Unis, l'Europe continentale, l'Amérique du Sud; sa clientèle s'étend d'année en année à l'Extrême-Orient, l'Australie et les lies du Pacifique.

Malheureusement Texploîtation y est généralement imprévoyante ; les incendies causent de grands dégâts, et l'on a dû, de plus, défricher bien des régions pour l'établissement des centres de population.

959. Pays en dehors de TEurope. L'Asie. — En Asie, la Chine, qui s'ouvre à nos industries et où l'on construit des chemins de fer, a une production de bois tout à fait insuffifisante.

L'Afrique.— L'Egypte a importé, en 1897, pour 12.800.600 francs de bois d'oeuvre. L'Afrique australe (Cap, Transvaal, Orange, etc.), où l'industrie est active (mines, etc.) et où la population augmente sans cesse, importe des bois de Suède.

Amérique du Sud. — La République Argentine, pays d'avenir, a importé pour 26.500.000 francs de bois d'oeuvre et en a exporté seulement pour 500.000 francs.

Australie. — C'est un pays très peu boisé (4 p. 100) qui importe annuellement pour 20 millions de francs de bois d'oeuvre, et ce chiffre s'accroîtra avec le développement de la population et de l'industrie. L'Australie détruit cependant ses forêts.

€)onelttsloiis. — « En résumé, dit M. Mélard, plus de la moitié de la population de T Europe a un déficit dans sa production.

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1090 CHAPITRE XI, — tA PRODUCTION DU BOIS DANS LE MONDE

Ailleurs les excédents sont menacés : en Norvège, par Tépuisement des forêts ; en Autriche-Hongrie, en Russie, aux Etats-Unis, par Faccroissement des besoins intérieurs dus à Taugmentation de la population et au développement industriel.

Il ne reste donc que trois réserves forestières d'un certain avenir : la Suède, la Finlande et le Canada.

C'est absolument insuffisant en présence des demandes toujours plus grandes des vieux Etats de l'Europe ou des jeunes nations des régions australes. On marche vers la disette.

La hausse des produits forestiers, à laquelle il faut s'attendre pour les belles marchandises, ne fera que précipiter Téchéance fatale.

La production ligneuse, dans laquelle le temps intervient comme facteur principal, est, en effet, soumise à des règles économiques très différentes de celles qui régissent la production industrielle ou agricole.

En thèse générale, toute augmentation des prix payés par le consommateur a pour résultat de surexciter la production.

Quand il s'agit de produits ligneux, toute majoration des prix incite les propriétaires imprévoyants à réaliser les capitaux forestiers accumulés par les générations précédentes ; d'où il résulte qu'à toute augmentation de la demande correspond une destruction et, par conséquent, une diminution de la production.

La situation présente est donc pleine de périls et il est urgent d'en saisir l'opinion publique.

Il faudraitque, partout où il en est temps encore, on arrêtât les destructions inconsidérées des forêts, soit par des mesures législatives strictement appliquées, soit en faisant comprendre aux propriétaires que leur intérêt bien entendu consiste à n'exploiter que la production de leurs forêts et à en respecter le capital.

Il faudrait écarter définitivement ce préjugé encore trop répandu que mettre un pays neuf en valeur consister détruire ses forets.

La production des bois d'oeuvre devrait être le but de toutes les opérations de culture et d*aménagement. Jadis on prétendait que cette production était interdite aux simples particuliers à cause du faible taux auquel fonctionnent les

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