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BOIS D AFRIQUE

fleuve Tensifl : le kharroxih (Caroubier : Ceratonia siliqua),, existant non seulement dans le maquis mais encore au nord du Maroc où il atteint un développement plus considérable. Il en est de même du zebboiidj [Olea oleaster) dont le bois sert à la construction. Uargan {Argania sideroxylon) est un arbre exclusif au Maroc ; il existe au sud du Tensift, sur la rive droite du Morbêa, au cap Blanc, et il forme des forêts à partir du Djerf El-lhoudy ; son bois est très résistant.

Dans les forêts des M'dakra, des Acbach et des Béni Khiran, outre certaines essences déjà nommées, on trouve le tachta {Quercus Ilex ?) et le bellout {Quercus ballota) ; le tag^ un genévrier dont le bois fournit d'excellent goudron ; le snober {Pinvs halepensis) (voir p. 894) ; Tarar [Callitris quadrivalvis), qui produit la résine sandaraque et dont le bois, presque imputrescible, d'un brun rosé, d'un joli dessin et d'une odeur balsamique très agréable, est fort prisé pour la construction et Tébénisterie. Dans les bois de Ziaïda et des Zaïr, on Irouve surtout le /ernan (chêne -liège : Quercus suber).

Le long des cours d'eau, on rencontre : le tarfa (Tamarix afncana) ; le de fia (laurier-rose : Nerium oleander) ; le b'toum {Pistacia atlanticd) ; des peupliers, sefsafa ; des palmiers {nekhla : Phénix daclyliferà). Ces arbres ou arbustes sont solitaires ou par groupes (1).

989. Cdie de VOr. — Cette colonie anglaise du golfe de Guinée est couverte de grandes forêts très épaisses, au nord de la zone saline du littoral. On y trouve des palmiers, Tarbre à beurre, le kolatier, etc.

L'exportation des bois s'est élevée, en 1897, à 90.000 livres sterlings.

Soudan. — On comprend sous ce nom la large bande de pays qui s'étend du Sénégal à Touest, jusqu'à TAbyssinie et à la presqu'île des Somalis à l'est, entre 6*^ et 18^ de latitude du nord.

« Du Sénégal aux bouches du Zambèze, dit Schweinfurth, et de TAbyssinie au Banguela, l'Afrique se présente sous un

(I) Documents empruntés à : Voyage de reconnaissance au Maroc ^ par D*" F. VVeisgerber {Revue générale des Sciences, i4« année, 1903).

double aspect, dont les caractères ne se fondent en aucun lieu. D'une part le Bush, des taillis et des steppes, d'autre part les forêts vierges dans le sens américain ». Cette distinction est parfaitement constatée à l'ouest, entre la végétation des plateaux et celle des terres de la côte ; dans Tintérieur, entre la végétation des bords des rivières et celle des plaines qui les séparent.

Il faut signaler une forêt de mimosas qui se déroule du Nil à TAtlantique, sur la lisière méridionale du Sabara, et dont la traversée exige 4 à 5 jours de marche. Vers le sud, la forêt équatoriale (voir : Congo, art. 293) s'avance jusque dans la région des grands cours d'eau que le Bahr-el-Ghazal conduit au Nil. Mais ces deux forêts s'éclaircissenl par les coupes qu*y font les habitants, et leur bordure est atteinte chaque année par les grands incendies qui embrasent la savane.

Dans une grande partie du Soudan se trouve un arbre précieux appelé le Karité ou arbre à beurre, dont le fruit sert à la confection du beurre végétal et qui peut subvenir à beaucoup d'autres usages. « Il existe sur les deux rives du Niger d'immenses forêts de karités qui n'attendent qu'une exploitation facile et commode pour être mises en œuvre et fournir un objet d'échange » (Galliéni).

Plusieurs bois de grande solidité existent au Soudan, tels que le Teck africain {Oldfieldxa afincanay une Sapindacée) ; le cèdre ceril ou caïlcedrat {Khaya Senegalensis, fam. des Méliacées) voisin de l'acajou, bel arbre qui peut atteindre, dans les meilleures conditions, c'est-à-dire au bord des cours d'eau, 26 à 33 mètres de hauteur ; les acacias gommifères, (bords du Nil blanc dans les parages de Fashoda) ; le Tamarin {Tamarindus indica), qui atteint la taille du chêne ; le Sycomore {Ficus sycoinorus), bel arbre qui croit dans la région du haut Nil; il a été transplanté parla culture le long du Nil jusqu'à la Méditerranée. Il existe des espèces correspondantes jusqu'au Niger ; des Bombacces au tronc renflé, etc. En se rapprochant des contrées équatoriales humides de la côte occidentale on trouve de nombreux arbres feuillus se rapportant aux familles des Guttifères, Diptcrooarpées,Sapotacées, etc., et enfin d'assez nombreuses espèces de palmiers. Citons encore une liane à caoutchouc : la liane gobine (Lan--

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dolphia Heudelotii) dont Taire immense va du Tchad à Conakry et à Saint- Louis.

Un département forestier a été créé en 1899-1900, dans le Niger anglais, à Teffet de préserver les forêts contre la récolte par trop intensive du caoutchouc.

••t. Ile de Sao-Thomé. — L'ile de Sao-Thomé, dans le golfe de Guinée, appartient au Portugal. Elle possède de riches forêts renfermant des bois précieux, un entre autres, dont on a parlé récemment et que nous devons mentionner, il est produit par Y Anisophyllea Cabote Henriq. (Rhizophoracées). C'est un bel arbre des zones inférieure et moyenne de Sao-Thomé. Son nom indigène est Cabote \i\ peut atteindre 35 à 40 mètres de haut sur 1 m. 50 à 1 m. 80 de diamètre, mais il est en général de plus petites dimensions.

Le bois de cet arbre à stries foncées marbrées est très beau, sa couleur varie du jaune au brun marron pâle; il est en outre très dur et très solide; scié en planches, il rappelle un peu le bois de teck. C'est un bois de valeur pour Tébénisterie, la moulure, le polissage, et les objets de luxe en général, car il se laisse polir et travailler aisément. 11 acquiert, quand il est laqué, un aspect magnifique. Il peut aussi servir pour faire des portes, des planchers, etc. Son poids spécifique est de 0,780.

Ce bois fut connu dès 1885 dans la ville de Sao-Thomé. Plusieurs personnes furent frappées de sa beauté ; des échantillons furent envoyés en Angleterre, malheureusement les frais de transport sont très considérables. A Sao-Thomé, ce bois est vendu à un prix de 20.000 à 30.000 milreis le mètre cube.

Ce bois devrait être propagé par semis de graines de Tarbre dans les régions occidentales de l'Afrique équatoriale, dans notre Congo français par exemple.

9Wt. Angola. — L'Angola, colonie portugaise, possède 1

d'importantes ressources forestières. Il faut citer parmi les i

principales essences : J

Le mangue ou paco do Golimgo Alto {Corynanthe panicu- 'A

lata Webro) bois blanc d'un joli aspect, très tenace, employé % pour le tour, la menuiserie et les constructions ; le iacula ou

Kr.

hula (Plerocarpus tinctorius Webro), bois rouge^ très dur, employé en menuiserie ;

Le mucamho/'Camba armoreia {Chlorophora excelsa Bentb. et Hook.), excellent bois de construction et de menuiserie ; le mxifufutu {Acacia angoleiisis Webro), bois blanc sur le pourtour mélangé au cœur, recherché en ébénisterie ; le dendo [Diospyros mespiliformis)» Cette Ebénacée a un bois blanc à la périphérie et rayé de noir au cœur. Grain fin très serré. Bois d'ébénisterie ;

h'unday {Gardénia Jovis-lonanlis Hiern.), grain fin et serré. Menuiserie.

Le quibaba cababa {Swiete?iia angolensis Webro, Khaya anthotheca D. C). Bois d'ébénisterie très recherché à cause de sa dureté, de la facilité de son polissage et de son vernissage et pour son coloris aussi beau qu'original ;

Le Calanza^ pan taenia ou quibilibili [Cxjnometra la^ifolia) y grain fin, serré, le cerne parsemé de traces rouges, facile à polir ; le bombolo (Melia bombolo Webro) très léger el tenace ;

Le mutala vienha {Lonchocarpiis febrigum Spach.) qui présente sous l'eau une résistance très considérable ;

Le Miteiii [Teiininalia sericea Burch. var. angolensis Webro) bois jaune très dur. Excellent pour la menuiserie.

99B. Etat indépendant du €)on0o (1). — Il était certain que l'opulente flore forestière du Congo devait fournir des bois utilisables. Le fait n a pas tardé à être démontré. Les forêts du Congo sont peuplées d'essences nombreuses et très mélangées. Très rarement on rencontre des massifs d'une même espèce à Tétat pur, bien plus souvent elles sont associées. On ne peut guère citer, comme faisant tout-à-fait exception par l'étendue de ses peuplements, que YElasis, Cette dispersion oblige l'exploitation à opérer dans un rayon forcément très vaste pour réunir un nombre suffisant de troncs de même espèce. Ce fait empêchera le déboisement intensif auquel on s'est trop facilement livré dans d'autres pays tropicaux. Le

(1) Annexe aux Annales du Musée du Congo, série IV. Àgricullure (Bruxelles, \\S décembre 1903). On trouvera dans ce beau travail d'intéressantes photographies se rapportant à une exploitation forestière dans la forèl du Mayumbe.

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gouvernement de l'Etat a pris, dès 1894, des dispositions pour tenter l'exploitation des forêts. En 1895, un poste d'exploitation de bois était créé à Shinganga, le long de la rive gauche du Shiloango, en pleine forêt vierge duMayumbe. Six mois après, les premières expéditions étaient faites en Europe et cela, malgré la perte de temps attribuable aux inévitables tâtonnements du début. Voici comment on s'y prenait : les arbres désignés pour Tabatage étaient d'abord cerclés; on enlevait Técorce de Tarbre et on entaillait celui-ci légèrement suivant un anneau de 50 centimètres de hauteur, de manière à opérer le séchage sur pied ; après Tabatage, le tronçonnage et l'équarrissage^ on sectionnait en plateaux sur le chantier. On devail procéder ainsi parce que le transport sous un petit volume était le seul possible, ces bois frais n*étant pas flottables devaient être placés dans de légères embarcations qui les amenaient à la côte. Mais ce mode d'opérer avait Tinconvénient d'exiger une grande main-d'œuvre et de donner lieu à beaucoup de déchets. Il s'agissait donc de trouver un moyen de « flotter ^) sur le Shiloango, à l'américaine, les troncs entiers. Après des essais répétés on constata que le « parasolier », abondant sur les rives du Shiloango, était d'une légèreté extraordinaire et pouvait, par suite, servir de flotteur pour les bois de gros volume. Depuis lors, pour expédier, on adjoint quatre troncs de parasolier a une pièce et on consolide au moyen de lianes, puis on lance le système à l'eau. Ce mode de transport est pratique et économique, les lianes et les parasoliers étant très communs.

Le gouvernement a également établi une exploitation forestière dans le haut Congo. Elle fournit à Léopoldville tous les bois dont cette station a besoin, tant pour les travaux de la station que pour la réfection de nombreux vapeurs de la flottille des transports.

L'essence que Ton exploite le plus dans le Mayumbe est le ngulamasa dit « acajou jaune du Congo », c'est le Sarcocephaliis Diderrichi, arbre fort élancé, très droit et qui peut atteindre jusqu'à 50 à 60 mètres. Les branches s'étalent largement vers le faite, le tronc atteint parfois deux mètres de diamètre. Cette Bubiacée est fort répandue au Congo. Dans le corps du fût se présentent parfois des cavités paraissant complètement isolées et dans lesquelles se trouvent des matiè*

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res solides de couleur ocreuse, qui brûlent avec flamme, et des petits cristaux prismatiques translucides. Les indigènes appellent cet arbre ngulu maza^ nom qui veut dire « cochon d'eau » et qui lui a été attribué à cause de l'aspect de son écorce et de sa préférence pour les terrains bas et humides. Les indigènes l'emploient pour la construction des canots.

Ce beau bois, couleur d'or, est assez recherché en Belgique pour Tébénisterie ; il possède une résistance qui lui permet de supporter les découpages les plus délicats et il se polit fort bien.

Le gouvernement^ dans le but de ménager pour l'avenir les ressources de son territoire, a pris des mesures contre le déboisement inconsidéré. Depuis longtemps déjà des arrêtés ont été édictés pour empêcher, dans la mesure du possible, les indigènes d'abattre des parties de forêts pour leurs cultures ; il a été recommandé d'appliquer ces prescriptions progressivement et avec la plus grande circonspection, car elles vont à rencontre d'usages séculaires.

En s'éloignant de la côte on arrive dans une région d'immenses forêts qui constituent la zone forestière équatoriale, dont nous allons parler.

%%% bis. Zone forestière équaiorlale. — Il existe en Afrique, dans la région centrale, une grande zone forestière équaioriale, analogue à VHylaea du bord de TAmazone et aux grandes forêts de l'archipel Malais. La traversée qu'en fît Stanley, dans son voyage à la recherche d'Emin-Pacha (1887- 1890), ne dura pas moins de 100 jours.

La grande région forestière est située à l'est de l'Etat du Congo, tandis que l'ouest est un pays de savanes avec bouquets d'arbres et forêts le long des rivières seulement.

Des environs de Kabambarré, dans le Manyouema sud, dit Stanley, jusqu'à Bagbomo, sur la Quelle Makoua,dans le Niam- Niam occidental, la forêt mesure une longueur de 1.000 kilomètres et une largeur moyenne de 840, soit une superficie de 840.000 kilomètres carrés. Pour avoir une idée de l'immensité de cette forêt, qu'on s'imagine toute la France et toute l'Espagne revêtues d'arbres d'une hauteur variant entre 6 et 54 mètres. Stanley donne une très impressionnante description de cette forêt vierge, composée d'arbres aux fûts

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rapprochés el aux cimes confondues, ne laissant filtrer qu'une faible lumière, tandis qu'autour d'eux s'enchevêtrent d'innombrables lianes.

« Ces arbres géants tombent frappés par ia foudre, la maladie ou la vieillesse ; ils blessent dans leur chute une demi-douzaine de leurs anciens compagnons. Voilà pourquoi nous voyons tant d'excroissances, de goitres, de loupes, de troncs déformés... »

Sur les bords de TArouhouimi les arbres prennent une taille gigantesque. « Leur bois est jaune, dur comme du fer; à en couper un, on userait un assortiment de nos meilleures haches d'Amérique. Ils portent des fruits d'un brunrougeâtre qui à maturité prennent l'aspect de prunes superbes, d'autres semblent des dattes mûres...

La forêt comprend des arbres à bois dur et à bois mou ; il y a ici de nombreuses familles de ces derniers qui, dans les tropiques, remplacent le pin et le sapin. Tous ont immanquablement de larges feuilles. Leur bois fort utile est très facile à travailler ; on en fait toutes sortes d'ustensiles domestiques.

On trouve le teck d'Afrique, l'acajou africain, le cœurvert, le Lignum vilae ou arbre de vie, le bois de fer, le Raphia hilida, dit bois de campêche, qui ne pourrit jamais ; le copal, le manguier arborescent, l'oranger sauvage, le figuier à tronc blanc, l'arbre à beurre, les tribus des acacias, le majestueux mpafoiiy et des milliers d'arbres fruitiers dont la plupart me sont inconnus » (1).

••4. Ijeenp de Boune-Bspèranee. — La région du cap abonde en bois utiles. Les arbres de la flore du cap ont cependant tous une taille peu considérable qui oscille généralement entre 6 m. 4 et 9 m. ; mais leur bois est extraordinairement solide^ de longue durée. L'accroissement du végétal est lent. Exclus des plaines arides, les végétaux arborescents s'abritent contre le soleil dans d'étroits ravins montagneux, ou se retirent sur le bord des cours d'eau. Cependant, sur le littoral méridional, vers la baie d'Algoa, grâce aux vents humides

(1) Stanley, Z>ara^ les ténèbres de Til/rî^Me... Traduction française, Paris, 4890.'

de la mer, on trouve des forêts plusétendues et de plus haute futaie.

Parmi les bois utiles on peut citer (1) :

Brabeinm stellatifolium {wilde amandelboom)^ menuiserie d'ornementation, tour ; Buddlea salviœfolià {saliehonl), instruments agricoles et charronnage ; Calodendron capeiue {ivilde kastaîiie), instruments agricoles ; Capparis albitrunca [wifiigaiboom), jougs et autres instruments domestiques ; Cassine Maurocaenia^ bois jaune à veines brunes, instruments de musique; Celaslrus acuminatus {zybàst)^\o\xv^ ébénisterie, instruments de musique; Doryalis zyzyphoïdes, charronnage, instruments agricoles ; Elaedendron crocenm (saffraanhoxU)^ menuiserie, écorce propre au tannage et à la teinture ; Fagarastrum capense (knobout), instruments domestiques, charronnage ; Gardénia Thunbergia {buffelsbat), instruments divers ; Leucospermum conocarpum (krenpelboom), charbon et chauiTage, excellente écorce pour le tannage ; Olinia capert' sis {hardpeer)y instruments de musique, ébénisterie ; Olea laurifolia (Jblack ironwood)^ ébénisterie ; Podocarpus elonr gâta, charpente, menuiserie; Rkamnus celtidifolia^camdeboo)^ boisselleric ; Rhtis viminalis, lattes et planches pour couvrir les maisons ; bois non attaqué par les insectes; Tarchonanthus camphoralus {siriehoul)y menuiserie, instruments de musique.

Vh PARTIE. - BOIS D'AMÉRIQUE

995. l!tot«-IJnl0. — La surface forestière est de moins de 200 millions d'hectares, tandis que la surface totale des Etats, non compris TAlaska et la région des grands lacs, est de 783.600.000 hectares, soit un taux de boisement de 25 p. 100. Les Etats-Unis ne doivent donc pas être considérés comme très boisés, et si les forêts suffisent amplement aux besoins des habitants et permettent un chiffre important d'exportation, cela tient à la faible densité de la population ; mais elle augmente rapidement et il faut prévoir que dans

(1) Enumération empruntée h P. Charpentier. Le Bois, Vve Duood, éd.

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une époque pas très éloignée, la production ligneuse sera insuffisante.

Les exportations sont alimentées surtout par le déboisement, par les abalages pratiqués sans règle ni prévoyance. Les richesses forestières des Etals-Unis ont été littéralement saccagéBs, et bien des régions, autrefois célèbres par la beauté de leurs forêls, commencent à se dénuder. En 1880, il a été brûlé des bois et forêts sur une surface de 10 millions d'acres, destruction qui correspond à Tanéantissement d'une richesse que Ton peut évaluer à 100 millions de francs. Le gouvernement fédéral, ainsi que beaucoup d'Etats, ont pris des mesures de protection, malheureusement trop tardives. On comptait en 1890, i.500 pépinières^ couvrant 70.000 hectares, occupant 50.000 personnes et représentant 40 millions de dollars. Beaucoup de forèls ont été proclamées « réserves publiques )).

Quoi qu'il en soit, la production de bois est énorme aux- Etats-Unis ; elle était évaluée, dès 1880, à 500 millions de dollars pour les bois de construction, de chauffage et d'ameublement, et des statisticiens l'ont portée jusqu'à 700 millions de dollars. Le recensement de 1890 chiffre la consommation indigène à 18 milliards de pieds cubes, dont 15 comme combustible.

La quantité de bois exportée pendant l'année fiscale 1897- 1898 était de 147 millions et la quantité importée de 47 millions, soit un excédent d'exportation de 100 millions environ. Ce chiffre est destiné à baisser et les exportations cesseront même complètement dans un temps assez court, par le fait de la diminution de la production et celui de l'accroissement de la population.

Les forêts sont particulièrement belles dans l'Etat du Maine, sur les monts AUeghanys du côté du versant de l'Atlantique, dans les Etats du sud qu'arrose le Mississipi, tels que la Louisiane, etc. ; il faut signaler surtout la ceinture de superbes forêts qui existent au nord-ouest sur le versant du Pacifique (Etats de Washington, Orégon, Nevada, Californie). Beaucoup d'autres régions sont couvertes de riches forêts ; telles sont celles des bords des grands lacs, etc.

JBn résumé, des richesses forestières des Etats-Unis, les 7/10

se trouvent dans les AUeghanys ou Apalaches, 1/10 dans les Etats de VOuest, 1/10 dans les montagnes Rocheuses, 1/10 sur le versant du Pacifique.

Le gouvernement des Etats-Unis ne se contente pas de faire des efforts, comme nous Tavons dit, pour assurer la conservation des forêts, mais encore il s'efforce de faire connaître aux industries du bois les propriétés de chaque essence. Les personnes compétentes s'accordent à dire que les bois des Etats-Unis sont actuellement ceux pour lesquels l'analyse scientifique, technique, industrielle et commerciale est la plus complète. Chaque année il parait de nouvelles études sur la série des espèces forestières; l'ensemble de toutes ces recherches constitue une somme de documents, telle que la vieille Europe elle-même n'en pourrait présenter d'aussi complète (1).

Les Etals-Unis appartiennent surtout à la zone de la « flore forestière ». La Californie constituant la zone de la « flore californienne » correspond pour son climat à celle de la « flore méditerranéenne », mais elle en difl*ère par la nature des plantes qui la constituent.

Les arbres de la zone forestière de TAmérique du Nord se rapprochent beaucoup des nôtres et le plus grand nombre ont pu être acclimatés chez nous. Ce fait tient certainement beaucoup k ce que le climat de la plus grande partie des Etats- Unis ressemble assez sensiblement au nôtre. La grande majorité des espèces que nous allons citer, comme faisant partie de la flore des Etats-Unis, ont été l'objet de tentatives d'acclimatement chez nous, tentatives qui ont réussi en général.

Essences résineuses (2). Les pins. — Les pins des Etats- Unis appartiennent à de nombreuses espèces, dont plusieurs

(4) Nous rappellerons que le premier travail d'ensemble publié sur la question des bois des Etals-Unis et de l'Amérique du Nord en général, est dû à un Français, F. André Michaux qui, après avoir parcouru l'Amérique septentrionale pendant plusieurs années. Ht paraître son grand ouvrage, toujours consulté avec profit, intitulé î Histoire des arbres forestiers de VAtné» riqae septentrionale, considérés principalement sous les rapports de leur usage dans les arts et de leur introduction dans le commerce. 3 vol., Paris, 1810-1813.

(2) Nous avons puisé les éléments de cette étude des essences ligneuses des Etats-Unis princi[)a]ement dans V Histoire des arbres forestiers de VAmé* riqae septentrionale de Micbaux, et plus encore dans l'intéressante étude de M. Fardé, intitulée : Les principaux végétaux ligneux exotiques. Annexe

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contribuent à donner le bois connu sous le nom de pitchpin (voir article 209).

Pins à deux feuilles. — Il faut citer :

Le Pin jaune ou Yellow pine ou Short leaved pine (Pinus mitis Michaux). Il croit dans le Maryland et la Virginie; son bois possède un aubier blanc qu'il est bon de rejeter et un cœur jaune, lourd, dur, nerveux. C'est une des essences qui fournissent le pitchpin. On s'en sert pour les constructions civiles et navales.

Le Pin ronge ou Red pine (Piniis rubra Michaux) croit dans le nord des Etats-Unis et dans le Canada, sauf sur le versant Atlantique. C'est un grand arbre dont le port rappelle celui de nos laricios; il donne un excellent bois.

Le Pin de Banks {Grey pine, Pinus Banksiana Lambert, Pimis rupestris Michaux) habite dans les régions froides des Etats-Unis et surtout au Canada. C'est une espèce de petite taille, dont le bois est de qualité médiocre comme celui d'un certain nombre d'autres espèces habitant aussi les régions les plus froides et dont la taille est également rabougrie, tels sont: Pinus pungens Michaux, Pinus inops Alton, etc.

Pins à trois feuilles» — Il faut citer les espèces suivantes :

Le Pin à bois lourd(Pinus ponderosa, Douglas). — Il croit dans les montagnes voisines du Pacifique, aux Etats-Unis et au Canada. C'est une des essences à pitchpin.

L'arbre est de très grande taille, car il peut atteindre 80 mètres de hauteur sur 2 mètres de diamètre. Son fût est droit et fort, son bois possède un aubier blanc à cœur jaune dont la qualité se modifie avec les circonstances de la végétation. Ce bois, un des Yellow-pine ou Pitchpin, est très estimé aux Etats-Unis ou onTutilise surtout dans l'ouest.

Nous avons parlé longuement des maladies qui désolent les peuplements de cette essence dans la réserve des Black Hills du Dakota du Sud, maladies qui sont désignées sous le nom de « bois bleu » et de « pourriture rouge » et qu'il faut attribuer à des champignons (voir pages 424, 437 et s.).

Le Pinus Australis Mich. Syn. : P. palustrislAw.y Longlea-

n® 8 du Compte-rendu du Congrès international de sylviculture : Imprimerie nationale, 1900, page 266-371 .Voir aussi : Sargent (Charles) : Fores t ofnorth America el Report on the fores t ofnorth America, 1884.

ved pine, Yellow-pine, Pitch-pine. — Ce pin précieux produit des cônes de forte taille atteignant plus de 20 centimètres de longueur. La longueur des feuilles est encore plus considérable, d'où le nom de pin à longues feuilles qui lui est souvent attribué. Ce pin est une des espèces qui donnent le bois connu dans le commerce sous le nom de pitchpin. Ce bois possède peu d'aubier, il est compact, à grain fin, avec une abondante matière résineuse uniformément répartie; il est susceptible d'un beau poli, durable et résistant. Il est préféré aux Etats-Unis à tous les autres pins toutes les fois qu'on peut se le procurer. On l'utilise surtout pour les constructions civiles et navales. Lorsque Tarbre a cru au bord de la mer^ dans un sol siliceux, il est plus riche en résine et il est particulièrement désigné alors sous le nom de Pitch-pine, c'està-dire pin à goudron, nom vulgaire commun à plusieurs pins riches en résine; lorsqu'il n'a pas poussé dans ces conditions spéciales, il est généralement dénommé : Yellow pine^ pin jaune, qu'il ne faut pas confondre avec le vrai pin jaune lequel est le Pinus mitis. On extrait encore du P. aiislralis des produits résineux.

Le Pin rigide {Pitch-piney Pinus rigida Miller). — Il croit aux Etats-Unis et au Canada, du côté de l'Atlantique et principalement dans les monts Âlleghanys.

Il atteint au plus 25 mètres de hauteur, son bois possède un abondant aubier, le cœur en est blanc, sa qualité est en somme médiocre. Ce n'est pas cette essence qui donne le bois dur et coloré en jaune ou rougeàtre si apprécié sous le nom de pitchpin, comme on l'a cru en Europe. L'erreur tient à ce que cette espèce est quelquefois désignée sous le nom de Pitch'pine dans certains Etats du centre. Cette confusion a eu pour conséquence qu'on a, pendant quelque temps, essayé d'acclimater et d'introduire cette essence dans nos forêts, dans l'espoir d'en retirer le bois connu et estimé sous le nom de pitchpin; cette tentative conduisit à des mécomptes, tout simplement parce qu'on n'avait pas choisi l'essence donnant le véritable, le bon bois de pitchpin.

Le Pin de Jeffrey (Pinus Jeffrei/i^iurvay). — Il croit sur les montagnes des Etats-Unis et du Canada près de la région du Pacifique, comme le P. ponderosa, mais à une altitude plus élevée. Bois dur, fort et en même temps léger, très estimé.

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Le pin torche^ Loblolly pine (Pinus taeda Lin.). — C'est une des essences qui fournissent le bois de pitchpin, sa qualité est un peu inférieure. On le rencontre surtout dans la région du sud-est.

On peut citer encore le pin de Coulter [Pinus CouUeri Don.), grand arbre californien ; le pin Sabine {Pinus Sabiniana Douglas) et le pin remarquable {Pinus insignis Douglas) qui sont aussi des espèces de la Californie.

Pins à cinq feuilles. — Le pin de lord Weymouth (Pinus strobus Lin J, encore appelé White-pine ou pin blanc, — Il croit au Canada et aux Etats-Unis, sur le versant Atlantique, et descend jusque dans la région des lacs et celle de la chaîne des Alléghanys. Le pin Weymouth est un très bel arbre de première grandeur ; on en a trouvé, dans l'Etat du Maine, de 75 mètres et plus de hauteur; le tronc en est droit et élancé, le port élégant, grâce surtout à Taspect de ses feuilles longues et minces disposées par petits bouquets de cinq. Il fait depuis quelque temps chez nous Tornementation des parcs. Malheureusement son bois^ qui est de bonne qualité dans les pays d'origine, n'a donné jusqu'ici en Europe qu'un produit mou, homogène, peu fort, peu durable, peu élastique, de qualité médiocre en somme. Il présente une couleur blanche. On ne peut l'employer que pour la fabrication de la pâte à papier, des caisses et des allumettes.

Le pin de Lambert, sugar Pineof the Caîifornian f et tiers ^ ihe gigantic ou Lambert^ s Pine {Pinus Lambertiana Douglas). — Il croit dans les hautes montagnes de l'Orégon et de la Californie, c'est-à-dire sur le versant du Pacifique. C'est un arbre superbe, qui peut atteindre 80 mètres. On utilise son bois aux Etats-Unis pour faire des planches. Ce bois est léger et assez tendre, blanc^ droit de fil, à grain homogène, très employé en Californie pour la confection des portes et des charpentes en général.

Lrs sapins. — Il existe aux Etats-Unis plusieurs espèces de sapins très intéressantes au point de vue forestier ; nous en citerons quelques-unes :

Le sapin de Douglas {Abies Douglasii Lindley ou Pseudotsuga Douglasii Carrière). — C'est la principale essence des immenses forêts du centre et surtout de l'ouest des Etats-

Unîs, de la Colombie britannique jusqu'au Nouveau-Mexique, sur le flanc des montagnes Rocheuses.

Cet arbre peut atteindre 80 mètres de hauteur et 3 mètres de diamètre. Son bois est de toute première qualité, c'est lui qui constitue sans doute la plus grande partie du bois exporté sous le nom de pitchpin ; il est fort, élastique, à grain 6n, très résineux, de couleur foncée, rougeâtre, rappelant celle de l'if. Il a été introduit en Europe où il réussit très bien.

he sapin élancé (Abies grandis Lindley, Abies Gordoniana Carrière). — Grand arbre qui atteint 80 mètres. Il habite l'ile de Vancouver et les montagnes du nord-ouest de la Californie. Son bois est blanc, doux, léger, peu fort.

Le sapin baumier {Abies balsamifera Michaux) ou sylverfir (sapin argenté). — Il croit au nord-ouest des Etats et au Canada, sur le versant du Pacifique. Son bois est blanc, léger, mou et en somme de qualité médiocre ; mais on en extrait, par incision faite au corps de Tarbre, la résine particulièrement précieuse connue sous le nom de Baume de Canada, elle est remarquable par sa fluidité et son indice de réfraction voisin de celui du verre ; c'est un véhicule excellent pour les préparations microscopiques.

Le sapin de Fraser [Abies Fraseri Lindley) habite les montagnes de la Caroline et de la Virginie ; il est voisin de l'espèce précédente.

Le sapin noble {Abies nobilis Lindley) se trouve, aux Etats-Unis et au Canada, sur le versant du Pacifique, de 1.000 à l.oOO mètres. Le bois est blanc, assez fort, facile à travailler.

Le sapin concolore (Abies concolor Lindley). Son aire est très vaste, elle s'étend depuis les montagnes Rocheuses du Colorado jusqu'à la Californie du nord et TOrégon, et, au sud, jusque dans le Nouveau-Mexique. C'est un grand et très bel arbre qui atteint 40 mètres et même, dit-on, 80 mètres de haut. Son bois est doux, blanc, assez fort et cependant léger. On Ta introduit en Europe où il sert surtout d'arbre d'ornement ; ses feuilles, argentées sur les deux faces, donnent à l'arbre un bel aspect.

Dans ces mêmes régions croissent encore le sapin magnifique {Abies magnifica Murray) et le sapin gracieux {Abies amabilis Forbes).

fiOlS D*AMÉRIQUE liai

Les épicéas. — L'Epicéa blanc {Picea alba Link) ou sapinette blanche, habite au nord des Etats-Unis et au Canada, de TAtlantique au Pacifique. C'est un arbre d'une vingtaine de mètres, donnant un bois blanc de médiocre qualité.

h'Epicéa de Menziès (Picea Menziesii Carrière). Il est répandu dans le nord-ouest de l'Amérique, aux Etats-Unis comme au Canada. On le retrouve d'ailleurs dans le Nord de la Chine et au Japon. Il peut atteindre une grande taille, son bois léger et fort est estimé. Sa culture en Europe donne de bons résultats.

Citons encore Y Epicéa piquant {Picea pungens Engelmann) des montagnes Rocheuses, etc.

Les Thuyas. — Le Thuya occidental [Thuya occidentalis Lin.) ou arbor vitœ ou îchite cedar croit au Canada et aux Etats- Unis sur le versant Atlantique. Il donne un bois estimé. Cet arbre est introduit chez nous où il est même fort répandu, mais ses dimensions restent faibles.

Le Thuya géant [Thuya gigantea Nuttal, Th. Lobbii des horticulteurs). Cet arbre habite au Canada et aux Etats-Unis au bord de Tocéan Pacifique. Il atteint 50 mètres de haut sur 3 mètres de diamètre, son fût est droit et élancé. Le bois présente un cœur de couleur rosée et un aubier blanc; il est léger, très durable, d'un travail aisé. On Tutilise en menuiserie, notamment pour la confection des portes et fenêtres, on en fait aussi des canots.

ChamjECYparis ou FAUX-CYPRÊs. — Le faux cyprès de Lawson [Chamœcy paris lawsoniana Parlatore). Il croit au nord de la Californie, dans l'Orégon, ainsi qu'au Canada dans la Colombie britannique. C'est un bel arbre pouvant atteindre 50 mètres de hauteur sur 2 mètres de diamètre, le fût est droit et élancé. Son bois est léger, assez dur et assez fort, facile à travailler, susceptible d'un beau poli. On l'emploie à de nombreux usages spéciaux; il n'a pas d'analogues en Europe.

On trouve dans les mêmes régions le Faifx cyprès de Nutka {Cliamaecyparis nutkaensis Spach., Thuiopsis borealis Fischer). Le bois de cet arbre, d'une quarantaine de mètres, est serré, assez dur et susceptible d'un beau poli.

Cyprès [Cupressus). — Il faut citer, entreaulres, lecyprèsde Lambert {Cupressus Lambertiana Carrière). C'est un arbre

I1S2 CHAPITRE XI. — LA PRODUCTIOiN DU BOIS DANS LE MONDE

d'une vingtaine de mètres qui habite la Californie. Son bois a les qualités de celui de notre cyprès toujours vert ; il convient comme lui à la menuiserie et même à la charpente; il produit des échalas de première qualité et se conserve très bien sous Teau.

Genévriers {Junipents). — Le genévrier de Virginie (Jttniperus FeV^f7î/an« Lin.; appelé encore cèdre rouge [Redcedar) ou cèdre à crayons {Cedar pendis). Son bois, de couleur rouge^ est Tobjet d'une importation considérable (voir art. 198).

Dans le genre taxodium se trouve le taxodium distique {Taxodium distichtnn Richard) ou cyprès chauve. C'est un grand arbre, d'une quarantaine de mètres de hauteur sur deux de diamètre, qui croit dans les régions marécageuses de la Floride et de la Louisiane. C'est un des rares conifères qui perdent leurs feuilles en hiver. Le bois du cyprès chauve est léger, rougeàtre, à grain assez fin, facile à travailler. On l'utilise principalement pour faire des planches et des intérieurs de meubles. Il est très durable sous Teau. Cet arbre a été introduit en Europe.

Séquoias. — On trouve deux espèces de ces arbres géants en Californie : le séquoia géant et le séquoia toujours vert. Le séquoia géant {Séquoia gigantea Endlicher, Wellingtonia gigantea Lindley) existe sur les versants de la sierra Nevada, du côté du Pacifique, à une altitude moyenne de 1.800 mètres, et il constitue les big trees fameux de Mariposa. Cet arbre colossal par sa taille n'est surpassé à ce point de vue que par certains eucalyptus. Il peut dépasser 100 mètres de hauteur et 10 mètres de diamètre Le bois est malheureusement de qualité assez médiocre, il est léger, tendre, de teinte rosée; il prend cependant un beau poli. Cet arbre a été introduit chez nous ; il se montre très rustique, mais son rôle se borne à celui d'arbre d'ornement.

Le séquoia toujours vert {Séquoia sempervirens Endlicher, Séquoia laxifolia de Kirwan) habite aussi la Californie. Il atteint une taille géante, quoique moins considérable que celle de l'espèce précédente. Son bois lui est supérieur, il est léger, rougeàtre, d'une fente et d'un travail facile, il convient à la menuiserie commune. C'est un des bois désignés par les Américains sous le nom de redwood.

Mélèzes. — Le mélèze occidental, american larch (Larix

BOIS DAHEaiQUB

occidentalis Nuttal) habite, aux Etats-Unis et au Canada, les Montagnes Rocheuses. Il fournit un bois lourd, dur et fort.

TsuGA. — Les tsuga possèdent des feuilles planes comme celles des sapins, et des cônes pendants comme ceux des épicéas. Il en existe plusieurs espèces en Amérique, parmi lesquelles on peut citer: le tsuga du Canada {Tsuga Canadensis Carrière). C'est un arbre de grande taille qui habite au nord des Etats-Unis et au Canada. Son bois est blanc, léger, mais de qualité inférieure. L'écorce est riche en tannin.

Citons encore: le J^i/^a/^a/ZonzanaEngelmann, des montagnes élevées de la Colombie britannique et de la Californie septentrionale ; le tsuga de la Californie {Tsuga Mertensiana Carrière), arbre de forte taille dans la région du Pacifique ; le Tsuga Caroliniana Engelmann, arbre de petite taille qui croit dans les monts AUeghanys.

Bois feuillus. — Le tulipier de Virginie, Poplar ou Tulip tree (voir page 948). •

Les fruitiers. — Parmi ces arbres, très répandus aux Etats- Unis, il faut mentionner à part le cerisier tardif, Wild cherry {Prunus serotina Ehrhart), et le cerisier de Virginie {Cerasus Virginiana Michaux), deux espèces que Ton confond souvent. Le cerisier tardif habite surtout aux Etats-Unis, mais on le retrouve aussi sur tout le versant de TAtlantique jusqu'au Canada. C^est un grand arbre à fût régulier. Le bois de cœur est rosé, teinte qui s'accentue à la longue; il est serré et dur, à grain fin et susceptible d'acquérir un beau poli; peu sujet à se tourmenter. Il est employé en menuiserie et en ébéniste rie.

Légumineuses. — Parmi les Légumineuses arborescentes, on peut citer :

Le cladrastis à bois jaune {Cladrastis tinctoria Rafinesque, Virgilia lutea Michaux) qui donne un beau bois jaune assez fort;

Le févier à trois épines, siveet locust [Gleditschia triacan* thos Linné). C'est un très grand arbre épineux. Il a été introduit chez nous, où il décore souvent les promenades publiques; sou bois est de qualité inférieure à celui de notre Robinia faux-acacia;

Le chicot du Canada, Coffee tree {Gymnocladus canadensis Lamarck). Très grand arbre qui croit sur le versant de

l'Atlantique. Le bais possède peu d'aubier ; le cœur, d'une couleur rosée, est compact, lourd et fort ; il se travaille bien et est susceptible de recevoir un beau poli;

Le Robinier faux-acacia {Rohinia psetido-acacia)^ Locuste est abondant dans diverses contrées des Etats (voir p. 816).

Les Erables (ma/? /^.ç). — Il existe plusieurs espèces américaines d'érables qui donnent unbois remarquable. On peut citer les espèces suivantes qui sont les principales :

L'érable à sucre {Ace?* sacchariiuim Vangenheim) ou sugar maple. Il se trouve surtout au nord des Etats-Unis et au Canada sur le versant Atlantique. Il ressemble à notre érable plane et peut acquérir une grande taille. Son bois est blanc quand il vient d'être coupé, il prend une teinte rosée à Tair. Il est lourd, dur, susceptible d'un beau poli. Il est malheureusement peu durable. Ce bois est particulièrement recherché des charrons, menuisiers, tourneurs, armuriers; on l'utilise encore pour la charpente intérieure. Il constitue un très bon bois pour le chauffage. Il donne, avec l'érable à grandes feuilles (Acer macrophyllwn Pursch), le bois si estimé des ébénistes sous le nom d'érable moucheté.

. Uérable rouge^ Red flowring inaple {Acer rubrum Lin.). Il vient, aux Etats-Unis et au Canada, sur tout le versant de l'Atlantique et s'étend encore assez loin dans le centre et le midi des Etats-Unis. Le bois de cet arbre d'assez grande taille est grisâtre, souvent teinté de rouge ; il est homogène, dur, lourd, facile à travailler et susceptible de recevoir un beau poli. Les ébénistes et les tourneurs le recherchent également. Il arrive quelquefois que dans les arbres très vieux, les fibres ligneuses, au lieu de s'élever perpendiculairement, décrivent des zigzags ou des ondulations plus ou moins accentués, ce qui fait donner à ces bois le nom de Ciirled maple, érable frisé; cette disposition est rare. Le bois, dans ces conditions, est difficile à fendre et à travailler; mais lorsqu'il est mis en œuvre par un bon ouvrier, il présente de magnifiques effets de lumière, qui sont encore plus frappants si, après l'avoir poli avec un rabota double fer, on le frotte avec un peu d'acide sulfurique et qu'on y passe ensuite de l'huile de lin. Autrefois, aux Etats-Unis, avant que l'acajou ne fût devenu de mode comme en Europe, les plus beaux meubles étaient faits du bois d'érable rouge; son emploi est d'ailleurs loin

BOIS d'amérique

d*avoir été abandonné en ébénisteric, on en fait usage, même en plaqué.

L'érable negundo (Acer negundo Lin.), ou Box elder. Cet arbre est abondant au centre et à Touest des Etats. Son bois, blanc, léger, peu résistant, n*a qu'une faible valeur. Ce végétal, introduit chez nous, sert à l'ornementation des jardins et des parcs.

Les PLAQUEHiNiERS. — On trouve plusieurs plaqueminiers (Diospyros, famille des Ebénacces) dans les régions chaudes de TAmérique du Nord. Citons le plaqueminier de Virginie, Persimonn {Diospyros virginiana Lin.), très répandu dans les provinces du centre et du nord-est des Etats-Unis. C'est un assez grand arbre h cime diffuse. Son bois de cœur est d'une teinte foncée, souvent d'un noir d'ébène; il est dur, lourd, homogène et reçoit un très beau poli. C'est un bois d'ébénisterie. Il faut noter que cet arbre appartient au même genre que les espèces qui fournissent le bois d'ébène.

Les frênes. — Les frênes sont représentés en Amérique par plusieurs espèces :

Le frêne blanc, white ash (Fraximis a/6a Marshall), est commun sur le versant Atlantique du Canada et des Etats-Unis. C'est un grand arbre h fût droit et à cime ample. Son bois possède un aubier blanc et un cœur rougeàtre; il est lourd, dur, souple et élastique. C'est un des meilleurs bois de l'Amérique du Nord où on l'emploie surtout en ébénisterie, carrosserie et pour la confection des manches d'outils, des cercles et des merrains. Certaines personnes le considèrent comme de qualité supérieure à celle de notre frêne commun qui est déjà un bois de premier ordre.

Le frêne à feuilles de sureau, Black ash {Fraxiniis Sani' bucifolia Lamarck), est commun surtout au nord des Etats- Unis et au Canada du côté de l'Atlantique. Le bois de cœur est dur, brunâtre, plus tenace et plus élastique que le bois de frêne blanc^ mais aussi moins durable. On en fait surtout des cercles et divers menus objets.

Le frêne à rameaux carrés (Fraxinus quadrangidata Michaux) et le frêne pubescent {Fraxinus pubescens Lamarck) habitent l'un et l'autre sur le versant Atlantique du Canada et des Ëtats-Unis.

Les bouleaux. — On trouve divers bouleaux aux Etats-Unis.

Les espèces les plus intéressantes sont : le bouleau merisier et le bouleau jaune. Ils habitent le versant Atlantique du Canada et des Etats-Unis ; le second s'étend même au Canada assez profondément dans l'intérieur, jusqu'aux Grands Lacs dans la province de Manitoba.

Le bouleau merisier, Cherry birch ou Black birch {Betida lenta Lin.), possède un bois de qualité supérieure à celui des autres bouleaux des Etats-Unis; il est dur, fort, susceptible d'un beau poli; sa couleur est rosée. Les ébénistes le recherchent et on l'exporte en Europe où les fabricants de pianos le payent assez cher.

Citons encore le bouleau à papier {Betula papyrifera Marshall) et le bouleau rouge {Betula lenta Michaux).

Les chênes. — 11 existe de nombreuses espèces de chênes dans TAmérique du Nord, ils donnent des produits correspondant à ceux de nos espèces indigènes.

Le chêne rouge, Bed oalc {Quercus rubra Lin.), croit sur le versant Atlantique du nord des Etats-Unis et du Canada (voir p. 750).

Le chêne écarlate, Scarlet oak {Querais coccinea Michaux), et le chêne des teinturiers [Quercus tinctoria Michaux) accompagnent généralement le chêne rouge, dont ils sont voisins par leurs caractères. Ce sont de grands arbres, atteignant 30 mètres de hauteur sur 1 mètre et plus de diamètre. Leur bois de cœur présente les caractères, qualités et défauts du chêne rouge ; il est rougeâtre et poreux.

L'un et l'autre possèdent une écorce utilisable pour le tannage des cuirs. Celle du chêne des teinturiers communique au cuir une teinte jaune généralement estimée.

Le chêne de Banister ou chêne à feuille d'yeuse, Bear'oak (Quercus Ilicifolia Wangenheim ou Q, Banisteri Michaux), habite les forêts du nord-est des Etat-Unis. Il est de fort petite taille, mais possède la faculté de s'adapter aux plus mauvaises conditions.

Le chêne des marais (Qî^erci^^ paliistris Michaux) croit dans les vallées humides du versant de l'Atlantique, du Canada à la Virginie. C'est un arbre d'une trentaine de mètres, dont les branches ont une tendance à prendre une direction verticale. Le bois de cœur est rougcâtre, comme celui du chêne rouge, et possède de gros vaisseaux, mais il parait plus dur,

BOIS d'amériqie J137

plus tenace et plus résistant. On peut l'utiliser avantageusement pour les mêmes emplois.

Le chêne à feuilles de saule, Willow oak {Querctis p/iellos Linné) croit dans les stations humides des provinces de Test. Son bois est blanchâtre, poreux, tendre, l'aubier est peu abondant. Il est en somme d'une qualité médiocre. Il se travaille facilement.

Le chêne falqué, Spanish oak (Quercus falcata Michaux), habite tout le versant de l'Atlantique dans les endroits frais. C'est un grand arbre dont le tronc possède une écorce noire et crevassée. Son bois, quoique inférieure celui de nos chênes rouvre et pédoncule, parait être le meilleur des bois de chêne américains. Il possède peu d'aubier, les rayons médullaires sont larges; les vaisseaux, de grosseur moyenne, sont disposés en lignes rayonnantes ; le cœur est dur, dense, d'une teinte rougeàtre d'un joli effet, il est malheureusement difficile à travailler. Son écorce est excellente pour le tannage des peaux.

Le chêne ferrugineux ou chêne noir, Black Jack oak {Quereus ferruginea Michaux^ vel nigta Wildenow), habite l'est et le sud-est des Etats-Unis. L'écorce est noirâtre et crevassée, le bois est pourvu d'un aubier très abondant ; le cœur est de couleur foncée, très dur; il est généralement assez peu estimé.

Le chêne blanc, White oak {Quercus alba Linné)^ est l'espèce la plus répandue du genre aux Etats-Unis ; c'est aussi celle des espèces de chênes américains qui ressemble le plus à nos chênes d'Europe, notamment au chêne pédoncule. Le bois de Tespèce américaine est d\m blanc rougeàtre et ressemble beaucoup à celui de l'espèce de Tancien continent, mais il est moins pesant, moins compact; néanmoins son usage est très général dans le pays, il a beaucoup de force et résiste longtemps à la pourriture. Cet arbre devient de moins en moins abondant et, par suite, le prix de son bois s'élève constamment.

• Citons encore : le chêne à poteaux, Postoak {Quercus oblusiloba Michaux), le chêne à gros glands, Over cup ivhite oak {Quercus macrocarpa Michaux), etc.

Le chêne noir {Quercus tinctoria)^ Black oak^ est très abondant dans les Etats du nord et du centre. C'est l'écorce de cet arbre qui fournit le Quercitron dont on fait usage pour

teindre en jaune la laine, la soie et les papiers. Le bois est rougeàtre et à grain grossier ; on remploie dans la bâtisse à défaut du chêne blanc ; il fournit aussi une grande proportion du merrain, dit de chône rouge, qui est employé pour les barriques destinées & contenir des farines, des salaisons ou de la mélasse.

Les CHATAIGNIERS. — On trouve notamment, aux Etats-Unis, deux espèces : le Castanea vesca, American chestnut, qui est l'espèce qui croit aussi en Europe, et le Castanea pumila^ the chincapin. La première de ces essences abonde surtout dans la région montagneuse qui traverse la Virginie, les Carolines et la Géorgie, ainsi que dans TEst-Tennessée et les montagnes de Cumberland. Le bois a les mômes propriétés et usages que celui de notre châtaignier indigène. Le chincapin a Tinconvénient, au point de vue de l'utilisation de son bois, de conserver toujours une faible taille.

Les HÊTRES. —Le hêtre, Fagus sylvestris^ whitebeech, constitue en Amérique^ comme le F, sylvalica en Europe, un des plus beaux arbres des forêts. — On trouve dans le nord des Etats-Unis, le hêtre rouge, Fagus ferrugineUy Red beech ; cette espèce doit son nom à la couleur rouge de son bois et non à celle des feuilles, comme on pourrait le croire en Europe, où il existe dans les jardins une espèce de hêtre, d'origine inconnue, dont le feuillage est d'un rouge plus ou moins pourpre. Le bois de cette espèce est préféré à celui du hêtre blanc, il est plus serré, plus résistant et peut s'obtenir en pièces de grandes dimensions. Le bois de hêtre est très sujet aux attaques des vers et à la pourriture ; il doit être dépouillé de son aubier et ne peut entrer dans la construction des maisons.

Les Charmes. — Le Carpinus ostrya^Iron wood{hovè de fer), donne un bois très dur, compact, pesant, utilisé pour la fabrication de pièces de machines, etc.

Les noyers et les caryas (Hickory). — Les espèces de ces deux genres voisins jouent un rôle important aux États-Unis, au point de vue de leur bois. Nous les avons étudiés autre part (voir p. 953). Nous donnerons seulement ici l'indication de leur distribution géographique.

Le noyer noir d'Amérique, Black ivalmil [Juglans nigra Lin.), croit dans la région des monts Âlleghanys.

Le carya blanc ou noyer blanc, White walnut {Carya alba

BOIS d'ahériquc 1159

Nuttal, vel squamosa Michaux), croit, au Canada et aux Etats- Unis^ sur le versant de TAtlantique et dans la région des Grands Lacs.

Le carya des pourceaux, Pig nui hickory {Carya porcina Nuttal), habite au Canada et aux États-Unis sur le versant de l'Atlantique.

Le carya amer, Bitter mit hickory {Carya amara Nuttal), croit également au Canada et aux Etats-Unis, etc.

Parmi les Maclura (fam des Urticacées), il faut citer : le maclura à fruit d'oranger [Maclura aurantiaca Nuttal) ou oranger des Osages. 11 croit dans le bassin de TArkansas, affluent de la rive droite du Mississipi. C'est un arbre d'une vingtaine de mètres. Son bois est jaunâtre, lourd, très dur^ très fort et cependant très flexible. Les Indiens s'en servaient pour confectionner leurs arcs. C'est un bois de première qualité, utilisé surtout pour le charronnage.

Parmi les Copalmes ou Liquidambar, il faut citer le copalme d'Amérique, Sweet gum [Liquidambar styraciflua Lin.). C'est un grand arbre qui habite les provinces méridionales et centrales des Etats-Unis et s'étend jusqu'au Mexique. Son bois a un aubier plus ou moins abondant ; le cœur est rougeàtrç foncé, assez résistant, susceptible de prendre un beau poli; il s'altère malheureusement avec rapidité lorsqu'il est exposé à l'air. On l'emploie pour la menuiserie et l'ébénisterie.

Le ^k^s\.fVik.%,Latirtis sassafras L., Sassafras officinale îiees. C'est un bel arbre qui croit dans la Virginie, la Caroline et la Floride. Le bois en est jaunâtre ou fauve, poreux, léger, d'une odeur forte qui lui est spéciale. L'écorce est grise à la surface, d'une couleur de rouille à l'intérieur, elle est encore plus aromatique que le bois. Le bois et l'écorce donnent, par distillation, une huile volatile plus pesante que l'eau, incolore lorsqu'elle estrécente> mais se colorant en jaune avec le temps; Le sassafras est depuis longtemps employé en médecine comme sudoriflque. Il ne faut pas oublier que le nom de bois de sassafras est donné à plusieurs espèces de bois qui n'ont de commun avec celui que nous étudions ici, que leur odeur. Ce bois n'est pas attaqué par les insectes contre lesquels le défend son odeur ; on le fait entrer parfois, dans le pays d'origine, dans la bâtisse des maisons et la confection des meubles.

Il faut signaler encore un bois remarquable de Californie, fourni par un Erythroxylon, presque exclusif à cette contrée. Cet arbre y constitue d'immenses forêts ; sa taille géante le cède peu aux séquoia de Mariposa et d^ailleurs. On vient de signaler les propriétés extraordinaires de ce bois, désigné dans le pays sous le nom de Redwood {bois rouge); lorsqu'il est soumis à certaines conditions il possède une résistance remarquable, aussi la Niagara Falls Company en fait-elle un grand usage, notamment pour la construction de tunnels. On a constaté, dans les tunnels déjà existant et qui comportent des cadres en acier, que les particules sableuses ont vite fait de ronger le métal, qui de plus se rouille rapidement ; ces inconvénients n'existent plus lorsqu'on emploie le bois en question. Des conduites d'eau pour les stations bydro-électriques ont déjà été faites de ce bois entouré extérieurement d'une armature métallique ; les résultats sont excellents. Ce bois constamment baigné par l'eau a une durée supérieure à celle de la plupart des autres bois ; sans être incombustible, comme on l'a prétendu, il ne se carbonise que lentement. On en a déjà exporté en Europe où on pourrait l'utiliser, pour le pavage notamment.

Exploitation forestière. — En Amérique, l'exploitation des forêts se fait à l'aide d'un outillage très perfectionné ; mais l'obstacle le plus considérable réside généralement dans les moyens de transport du lieu de l'exploitation à la voie de communication la plus proche. Cette difficulté est vaincue dans certaines localités de la façon la plus originale, par l'emploi de la voie à bois rond. Voici comment on opère lorsqu'il s'agit de mettre une forêt en exploitation : Les exploitants amènent à la forêt le matériel complet d'une scierie qui, une fois en fonction, fait rapidement le vide autour d'elle, ayant ainsi produit les matériaux nécessaires à son déplacement

En effet, les premiers arbres abattus, ayant 30 centimètres de diamètre ehviron, sont ébranchés, débarrassés de leur écorce et débités sur une longueur de 9 mètres. Dans cet état ces bois vont servir de voie ; ils sont placés à cet effet à même sur le sol, joints entre eux, bout à bout, par un assemblage à mi-bois, de la tète de l'un au pied de l'autre, et consolidés à Taide d'une forte cheville de cinq centimètres de diamètre. Deux files parallèles de ces arbres sont placées à un écarte*

BOIS D^AMÉlllQLl!: 1161

ment de 1 ra. 524 d'axe en axe, reliées entre elles de distance en distance par quelques traverses prises dans èe grosses branches. Il ne reste plus qu'à installer sur cette voie élémentaire un matériel roulant muni de roues très larges spécialement construites, et Ton dispose d'un mode de transport à vapeur amplement suffisant pour les besoins de Tentreprise, permettant le déplacement facile de la scierie dans toute la forêt, et le transport des arbres débités jusqu'aux voies de communication. Les résidus de la scierie sont absorbés comme combustible, pour les locomotives servant à la traction des trains de bois, ainsi que pour les machines motrices de la scierie (1).

\, Caba. — Les sept millions d'hectares de forêts de l'Ile renferment des essences très variées, car on y trouve, à côté de la végétation de TEquateur^ celle des contrées moins chaudes, telle que celle des montagnes du sud du Mexique. Dans rUe de Pinos Tacajou pousse à côté des pins.

Les palmiers y sont très beaux et très abondants; on emploie leurs divers produits à différents usages et on utilise leur bois.

Citons parmi les autres arbres :

La seiba {Bombax ceiba, L.), l'arbre le plus important de Cuba par sa taille ; il peut s'élever jusqu'à 45 mètres. On peut avec le tronc construire d'une seule pièce des canots ayant 18 mètres de long, sur S à 4 mètres de large, et pouvant contenir 200 hommes.

Le majagiia (Hibiscus tiliacei(s) rappelle le noyer et donne un très bon bois.

Le granaJillo {Brya ebenus)^ bois d'ébénisterie d'une belle couleur.

Le Baina (Cordia gerascanthoides)^ très dur et très durable.

Vébène qui se trouve dans toute l'ile.

Le guayacan ou ligniim vitœ {Guayacum officinale) à bois très dur. La qualité ordinaire se vend 125 à 200 francs la tonne ; les qualités supérieures atteignent les prix de 225 à 250 francs.

Le cédrèle [Cedrela odorata)^ qui s'exporte en grande quantité.

(1) D'après G. Petit, c Revue industrielle » in Revue scientifique, i888.

LeSabinia ctmarrona^ qui ressemble au cèdre, mais est plus solide et plus facile à travailler.

Vacajou à meuble (Swietenia mahogonï) ; les variétés communes se vendent 530 à 900 francs les mille pieds, les plus fines atteignent 4.000 francs.

Uacana (liassia albescens), utilisé surtout pour la construction des ponts ; il résiste bien à Thumidité.

Le chMe blanc et le chêne jaune, employés à faire des voitures et des barques.

Le pigiti (Malphigia obovala), très dur, se conserve longtemps en terre.

Le caïmilillo, élastique et résistant, est employé pour les barils et timons de voiture.

Le maboa (Cameraria lad folio), le yaya (Gualeria oirgatà) et le cuero, constituent trois excellents bois de construction.

Le caiguaran, qui dure indéfiniment dans la terre.

Citons encore : le cuia, le manzanillo, lejagiïeg, lejocumn {Syderoxylon mastichodendron) , etc.

Le bois est un produit d'avenir pour Cuba qui en exporte annuellement pour plus de 1.230.000 francs, mais qui en expédiera plus encore, lorsque les travaux en cours d'exécution, routes, et surtout chemins de fer, seront achevés.

tB7. Canndii. — La richesse forestière du Canada est très considérable. Ce pays constitue, avec la Finlande et la Suède, une des trois réserves forestières du monde.

La surface des forâts n'est pas exactement connue, elle est évaluée à 323 millions d'hectares, soit 37,66 0/0 de la surface totale du territoire. Cette immense richesse n'est exploitée pour l'exportation que depuis le commencement du xix® siècle ; elle était restée intacte jusque-là. On a attaqué d'abord les belles forêts qui bordent les affluents du Saint-Laurent et qui commencent à s'appauvrir ; les forêts plus septentrionales donneront des produits de moins en moins beaux au fur et à mesure que Ton avancera vers le nord où ne croissent plus, dans la région arctique, que des arbustes rabougris.

Il y aurait lieu d'exploiter avec une plus grande modération les belles ressources forestières de ce pays, car les incendies fréquents et désastreux, et plus encore le gaspillage des

BOIS d'amérique

défricheurs et la destruction systématique autorisée ou tout au moins tolérée par le gouverneoient, commencent à les épuiser. Les trente mille bûcherons qui se répandent chaque hiver dans les forêts pour le compte des grands marchandsde bois d*Ottawa, ne ménagent rien et ne se soucient ni du repeuplement, ni de la protection des jeunes pousses. Les plaines et les vallées ayant été déboisées, les bûcherons portent maintenant la hache dans les bois qui couronnent les coteaux rocheux des Laurentides. « Au train dont nous allons^ disait un Canadien prudent, nos superbes forêts seront avant longtemps dépouillées de leurs meilleures espèces de conifères. Déjà pour obtenir des bois de mâ,ture on est obligé d'aller en abattre à 300 milles d'Ottawa et il faut franchir une bonne distance pour les bois de construction. Que sera-ce dans dix ans ? dans vingt ou trente ? » (1).

L'Ile du Prince-Edouard est déboisée, mais la Nouvelle- Ecosse, malgré de terribles incendies, est encore peuplée de sapins et de bouleaux. La zone forestière des Laurentides est la plus riche de toutes. Les bassins du Saguenay et de l'Ottawa sont le siège d'industries du bois très actives ; la province de Québec voit de plus en plus disparaître sa parure de forêts au profit des champs d'agriculture ; enfin les montagnes-Rocheuses gardent encore, comme une réserve formidable, leurs vallées et leurs versants revêtus de pins de Douglas, de cyprès jaunes et de cèdres rouges.

Le bois est, après les substances minérales, le produit le plus important au point de vue économique de la Colombie britannique {British Cohimbia), et c'est certainement cette province qui contient la plus grande quantité de bois utilisable dans l'Amérique du Nord.

Les principaux bois proviennent de Thuya, Pinus, Tsuga, Picea, Quercus, Populus et Acer, etc. On fabrique, en outre, de la pulpe de bois, du tannin, du goudron, etc. La Colombie britannique est avantageusement placée pour écouler ses produits vers les plus importants marchés du monde.

A l'imitation des Etats-Unis, le gouvernement fédéral a créé [Awsiexxvs parcs nationaux qui servent de lieux de pro-

(f) Cité dans : L'Amérique^ par L. Lanier. Belin, 1901.

nienade et aussi de réserves forestières. Le parc des montagnes Rocheuses, ou parc de BanfF, a 676 kra^ ; celui qui est appelé Algonquin National Park n'englobe pas moins de 3.800 km^ il est situé dans la province d'Ontario, à 250 kilomètres nord-ouest de la capitale Ottawa. Le Parc de la Montagne tremblante^ dans la région des Laurentides, a 6.000 km^ et le Parc 7iational des Laurentides s'étend sur 6.600 km*.

Quoi qu'il en soit, les forêts du Canada suffisent à une consommation prodigieuse : bois de chauffage, laites, planches, poutres à bâtir, poteaux de télégraphe, traverses de chemins de fer (plus de 9 millions par an), pâte de papier, etc. La production est évaluée à 500 millions de francs par an.

Le Canada exporte, dans presque toutes les parties du monde, une énorme quantité de bois; l'excédent des exportations sur les importations, concernant cette substance, était de 127 millions en 1893. Les principaux clients sont l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Amérique du Sud et, depuis quelques années, rExtrôme-Orient, l'Australie, les lies du Pacifique et divers pays de l'Europe. C'est au Canada que Von s'adressera quand la Russie et la Norvège ne pourront plus donner entière satisfaction à leurs habituels clients d*Europe.

L'industrie de la fabrication de la pâte de bois a pris un rapide et grand développement ; il en a été exporté pour 6.276.000 francs en 1898, tandis que la valeur de l'exportation de ce produit n'était que de 415.000 francs en 1890.

La sapinette noire (Picea îiigra), la sapinelte blanche (Picea alba), deux bois de qualités identiques, et les sapins du Canada, sont consommés eu énorme quantité pour la fabrication de la pâte à papier. Le bois de sapinette est considéré comme convenant le mieux à cette industrie. Ces bois sont, en effet, tendres et se laissent facilement défibrer par les meules. Le peuplier et le tremble, qui sont représentés au Canada, possèdent aussi ces qualités, mais ils ont trop souvent des nœuds nombreux et des veines noires qui altèrent la couleur du papier. Le pin donne une pâte de bonne qualité, le blanchiment en est malheureusement coûteux et, de plus, ce bois est cher.

On évalue à 4 500.000.000 de tonnes de bois de sapinette pour pâte à papier la contenance actuelle des forêts du Canada.

BOIS d'améhique 1165

On troave au Canada des espèces d'arbres correspondant k la plupart de nos genres européens : des érables, des noyers, des chênes, des hêtres, des frênes, des cerisiers, des ormes, des pins, sapins, épicéas, cyprès, etc. Cette homologie de la flore de TAmérique du Nord avec celle de l'ancien continent, qui sont traversés Tun etTautre par la large bande de la zone de forêts, ne doit pas nous surprendre étant données les grandes ressemblances qui existent au point de vue du climat entre ces deux régions. Les plus importantes des essences forestières du Canada sont communes à ce pays et aux provinces septentrionales des Etats-Unis; nous avons eu Toccasion de les étudier en traitant des bois de cette contrée.

Au point de vue de leur répartition, on peut les partager entre quatre régions sylvestres : les deux régions septentrionale et centrale où dominent les sapins blancs et noirs de quarante espèces différentes, puis les bouleaux, peupliers, saules, aulnes ; la région méridionale, qui est celle des platanes, noyers, frênes, tulipiers, châtaigniers ; enfin la région occidentale, où prospèrent les érables, chênes et certaines espèces de peupliers et de frênes.

Les exportations du Canada, en bois de construction et autres, ont été, en 1895, de 141.670.680 fr. ; en 1896, de 144.033.995 fr. ; en 1897, de 165.231.645 fr. ; en 1898, de 146.815.435 fr. ; en 1899, de 154.403.150 francs.

La valeur des bois exportés aux Etats-Unis, en 1899, a été de 49.458.000 fr. et ceux exportés en Angleterre, la même année, ont été de 78.888.000 francs.

I. lie Mexique. — Le Mexique possède d'immenses forêts, peuplées d'essences variées et riches. Mais on a malheureusement beaucoup gaspillé ces richesses par une exploitation inconsidérée.

« La dévastation des superbes forêts, seuls vestiges de Tancienne splendeur du Mexique, se poursuit avec une rage aveugle, un acharnement inouï. Rien de navrant comme cette fureur de déboisement qui a déjà donné à la plus grande partie du pays le morne aspect des plateaux d'Algérie et Taura, dans un avenir très rapproché, converti en un effroyable désert de roches et de sable, tarissant les cours d'eau

HC6 CHAPITRE XI. — Lk PRODUCTION BU BOIS DANS LE MONDE

déjà si rares et jusqu'aux humbles sources. Encore si les coupes étaient faites avec quelque régularité : mais non. On abat des hectares entiers sans y laisser un buisson pour favoriser le reboisement et empêcher le complet dessèchement du sol. Parfois même, il semble que la hache n'est pas assez expéditive et Ton procède parle feu ; un amas de broussailles est allumé au pied des vieux arbres qui s abattent dans un tourbillon d'étincelles » (I).

C'est surtout aux alentours des grandes villes qu'on a déboisé sans aucun ménagement, et la vallée de Mexico, autrefois couverte de forêts séculaires, est aujourd'hui à peu près dénudée. C'est en s'éloignant des localités où la population a une certaine densité que Ton peut trouver des forêts dont l'importance est encore considérable.

Voici comment on procède généralement à l'exploitation :

Les pièces de bois équarries sont jetées dans les rivières, après avoir été estampillées à la marque des propriétaires. Ceux-ci les réunissent en un point déterminé pour en faire des radeaux que le courant entraîne jusqu'aux ports d'embarquement, c'est-à-dire à Carmen ou à Frontera. On exploite presque exclusivement dans ces forêts l'acajou et le cèdre ; elles sont cependant très riches en diverses autres essences à bois précieux, comme le montrait la belle collection exposée par le Mexique en 1900.

Ces beaux bois d'ébénisterie ne sont pas dans le commerce ; leur transport de la montagne à la mer les rendrait très coûteux.

L'exploitation totale de l'Etat de Tabasco^ du nord de l'Etat de Chiapas et de quelques parties du Guatemala voisines de la frontière méridionale de cet Etat et par suite du Mexique, est d'environ 50.000 tonnes de bois de teinture et 24.000 tonnes de bois d'ébénisterie. L'exportation en bois a été en 1897-1898, d'une valeur de 3 millions 1/2 de piastres ou dollars mexicains (2).

Un des bois les plus précieux du Mexique est le bois de campêche {Hematoxylon ca?np€chianum) (voir page 1005) ; il produit une moyenne annuelle de 68.000 tonnes. On

(1) Marcel Monnicr, Annuaire du Club al pvi français, 1883. 1^2) Valeur noiniuale : 5 fr. ; valeur réelle, en 1900 : 2 fr. 50.

BOIS d'amérique 1167

Texploîte surtout dans TEtat de Tabasco et dans celui de Yucatan qui se trouvent sur le versant du golfe de Campêche, sorte de prolongement du golfe du Mexique. Le port de Gampêche est célèbre par son exportation de bois de teinture et d'ébénisterie. Une exploitation inconsidérée a dépeuplé à peu près les forêts de Tabasco où se trouvaient de beaux cèdres et acajous ; il n'y reste plus que des sujets de qualité inférieure. Les principaux exploitants de San Juan Bautista ont dû transporter leur industrie en dehors des limites de TEtat de Tabasco, depuis le nord de Chiapas jusqu'au Guatemala.

Il faut noter qu'on obtient un nouveau pied exploitable de Gampêche en une quinzaine d'années, tandis qu'il faut des siècles pour faire un arbre exploitable d'acajou.

C'est près de la côte, c'est-à-dire dans la région basse la lierra caliente (terre chaude), où l'atmosphère est humide, chaude et étouffante, que la nature déploie une exubérante végétation comprenant des palmiers, des bananiers, l'acajou, etc. La zone plus élevée, celle qui va de 1.300 à 2.000 mètres, constitue la tierra templada (terre tempérée) ; au-dessus, enfin, se trouve le plateau qui occupe la partie centrale du pays, la tierra fria (terre froide). On trouve dans ces deux dernières zones beaucoup d'arbres de nos pays : les fruitiers, le frêne, des chênes, des tilleuls et autres feuillus, et enfin, dans les régions les plus élevées, des conifères.

Voici la liste des bois principaux des forêts mexicaines :

A. — Bois DE CONSTRUCTION

Abeto (Sapin, Abies Douglasii) ; ahoehittl (Taxodium micronatum) ; ayacahuite {Piniis ayacahuité) et beaucoup d'autres pins ; le cèdre blanc [Cupresstis Lindleyi) ; chênes divers ; frêne ; mezquites (Prosopis juliflora) ; oyamel (Sapin, Abies religiosa) ; guayacan {Guayacnm officinale) ; hêtre du Mexique, chijol {Piscidia erythrina) ; tepehuaje {Lysiloma acaptilensis).

B. — Bois d'ébénisterie

Balsamo (Mic7*ospermu7n Pereire) ; caoba (Acajou, Swiete* nia Mahagoni) ; capulin (Prtmus capnli) ; cèdres divers (jCedrela odorata) ; chicozopote (Achras zapota) ; ctiapinole

116S CHAPITRE 11. — LA PRODUCTION DU BOiS DANS LE MONDE

{Hymenea caudaltmia) ; cuiramo (Cardia tigridta) ; ébènes divers : Briza ebenus, Diospyros tetrasperma, etc. ; Galeado (Swieienia sp.) ; noyers divers : Jtiglans regia, J. granalensis ; palo maria (Achras sp.) ; palo de rosa (Tecoma mulliflora) ; santal {Pterocarpus sanlalimis).

C. — Bois durs Palo de ferro {Mesua ferreà), bois de fer; palo miilalo {Xanthoxylon clava Herculis) ; palo sanfo (Guayacum santum) ; cabo de hacha ; qmehra-hacha {Gayacnm arboreiim) ; Qitebracho (Copaifera trimenefolia) ; roble blanco (Tecoma Icucoxylon) ; tepehuages [Acacia acapulcensis).

D. — Bois tisctoriaux

Palo del Brazil (Cesalpinia echinata braniliensts) ; campê-

che [IliLTiiatoxylon campachiamim) ; moral (Monts alba. M-

nigra, etc.) ; maiiglier [Rhizophora mangle) ; moradilla

(Macliira tinctoria), etc.

Exportation dei bois («n plaatrei mexicaines) (i)

Détail des bols exporté! pendant l'exercioe 1897-1898 Bois ordinaires. . . , 726 piastres

Bois fins 1.801.546 —

Bois de mûrier. . . . 267.108 —

Bois de palmier . . . 11.002 —

Bois tinctoriaux . . . 1.516.687 —

Total 3.597.069 piastres.

999. Amérique eeutrale. — L'Amérique centrale est riche en belles forCts. Oa y retrouve les trois étages du Mcxi-

(1) Valeur nominnle Je 5 fr. 35, mais celle monnaie d'argent ne valait, sur le niarclié euroiiéen, eu 1900, que î fr, OS.

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