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BOIS D*AMÉRIQUE

On trouve encore au Brésil, Tacajou à meuble, VAngelica et le bois de rose. Il ne faut pas oublier de mentionner, parmi les bois de teinture du Brésil, le « bois de Brésil » ou Brésillet de Fcrnambouc (voir page 1012) qui a donné son nom au pays ; le nom de BrésiL vient en effet, de braza, braise, couleur de ce bois de teinture, que fournit Tarbre appelé Vébiripitanga, Les navigateurs portugais rapportèrent en Europe lors de la découverte du Brésil, comme le plus curieux spécimen des productions de la contrée.

U Araucaria ou sapin du Brésil constitue de vastes forêts s*étendant depuis le Pieu, dans la province de Munas-Geraes, jusqu'aux montagnes de Rio Grande del Sol. C'est une des principales richesses de cette région et notamment de la province de Parana. Le bois en est utilisé pour la menuiserie ; il donne, comme les autres conifères, de la résine, de la térébenthine, du goudron et autres produits de même ordre. « Ces arbres conifères s'élèvent jusqu'à 20 à 36 mètres, avec un diamètre de 1 m. 50 à 2 mètres. Leur bois rappelle en même temps le sapin d'Europe et le cèdre du Brésil. Quelquefois il est tout blanc, quelquefois jaunâtre ; plus souvent blanc et rose ; il est de toute beauté pour la menuiserie. A la naissance des branches on rencontre des nœuds chargés de résine, qu'on travaille au tour et dont on fait une infinité d'objets de fantaisie. Ces nœuds produisent un charbon très estimé des forgerons... Avec l'araucaria, l'immigrant peut bâtir sa maison, depuis les fondations jusqu'aux combles, en faire le mobilier^ avoir du bois et du charbon, et, encore, la nourriture (l) pour lui et pour ses porcs » (2).

La France a importé, en 1897, pour 808.000 francs, soit 3.000 tonnes de bois venant du Brésil.

Il est permis d'envisager le Brésil, et autres contrées de l'Amérique du sud, comme des réserves de bois pour le monde ; mais il faudra, sans doute, encore bien du temps> avant que les immenses richesses de ces pays ne soient régulièrement exploitées.

République Ar^enilne. — La République Argentine est un pays de grand avenir; ses besoins sont déjà con-

(i) Les fruits sont comestibles.

(2) F.-J. de Santa-Anna Nerjr, Le Brésil en 1889, Paris, 1889, p. 225,

1178 CHAPÎTRE XI. — LA PRODUCTION DU BOrS DANS LE MONDE

aidérables puisqu'elle a importé, en 1898, pour 36.500.000 franes de bois d'œuvre. Ce pays n'exporte que peu de bois, soit pour une valeur de 500.000 francs en 1898 (sans compter le bois de quebracho); il possède cependant d'assez împoiv tantes richesses forestières, mais elles sont peu exploitées, sans doute à cause de leur éloignement des centres populeux et de la rareté des moyens de communication. Les forêts se trouvent principalement dans la partie septentrionale de la République, c'est-à-dire dans le Gran Chaco, et les provinces andines de Jujuy, Salta^ Tacuman; les pluies, abondantes et régulièrement réparties pendant l'année, favorisent la végétation forestière. Les arbres sont toutefois espacés et mélangés de prairies.

On remarque surtout, dans les forêts, les Algarroba ou caroubiers. Le plus estimé est le caroubier blanc, dont le bois est d'une application constante dans les constructions; le chanar a également un bois résistant, il est de plus très répandu. 11 faut ajouter, à ces arbres des pays chauds> qui comprennent encore les goyavier, grenadier, pistachier, cacaoyer, olivier, oranger, etc., beaucoup d'arbres forestiers des pays tempérés, si Ton se dirige vers le sud ou si Ton s'élève en altitude.

Il faut faire une mention toute spéciale pour le bois de quebracho. Ce bois est fourni par V Aspidosperma Quebracho blanco de la famille des Apocynacées. Le nom de quebracho signifie brise-hache ; il est d'ailleurs appliqué à d'autres bois durs, par exemple au Schinopsis Balansae, arbre de 8 à 10 mètres et d'aspect très différent, appartenante la famille des Anacardiacées. Cette espèce est commune dans les forêts du Paraguay et elle est connue sous le nom de Quebracho colo'^ rado ou rouge, par opposition au Q. blanco^ dont le bois n'a pas cette coloration.

U Aspidosperma Quebracho croit sur les pentes des montagnes. C'est un arbre de 12 à 20 mètres de hauteur, à branches pendantes comme les saules pleureurs, à feuilles persistantes terminées en pointe et bordées de jaune, à fleurs jaunes et petites. 11 abonde surtout au nord-ouest vers la frontière bolivienne et chilienne ; il croit aussi au Brésil.

Les pores de ces bois de quebracho sont bouchés par une matière incrustante, aussi leur densité est-elle très considéra-

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ble, elle dépasse celle de Teau ; pour le Q. Colorado elle s'élève jusqu'à 1,35.

' Le quebracho élabore du tanniu non seulement dans Técorce, mais il emmagasine encore une grande quantité de cette substance à l'état de concrétion dans l'aubier et le cœur du bois. La richesse moyenne en matières tannantes, du bois de quebracho, établie d'après un grand nombre d'analyses, est de 22 0/0 (1).

On utilise l'écorce et le bois, importés de plus en plus en Europe depuis une vingtaine d'années, comme matières tannantes. On reçoit également une importante quantité d'extrait de quebracho fabriqué sur place dans la République Argentine. Ce pays a envoyé en Europe, sous forme de rondins, pour 9.500 000 francs de quebracho destiné au tannage (1898). Le plus estime est celui du Gran Chaco de Santa Fé, il se paie plus cher que celui du Gran Chaco du Paraguay qui est moins riche en tannin.

Dans le commerce, ce bois se présente en blocs ou on fragments, ou bien en ireiUches{Htrnschnitt), ou râpé {Lohschnitt)^ ou enfin en poudre. Les prix sont en moyenne:

Bois 80 à 90 francs la tonne.

Coupé , . . 100 à 105 francs la tonne.

Moulu 115 à 120 francs la tonne.

Le bois de quebracho peut servir encore comme substance tinctoriale. En etfet, le tannin qu'il contient est de couleur pouge brun, il prend une teinte d'un rouge vif par les acides et une coloration allant du rouge au noir avec certaines bases, notamment avec l'oxyde de fer. La gomme, qui accompagne normalement ce tannin, peut servir en même temps à fixer les couleurs sur les tissus de coton.

Le bois de quebracho ne sert pas seulement au tannage et à la teinture, on l'emploie encore, dans les pays d'origine, comme bois d'œuvre; c'est ainsi que les navires de cabotage des fleuves Parana et Uruguay sont généralement construits avec ce bois. Ils durent très longtemps. Ce bois est en outre employé, à l'exclusion de tout autre, par l'Etat et les compagnies de chemins de fer de la République Argen-

(1) Pour plus de détails sur ce sujet voir: La Tannerie, par L. Meunier et C. Vaney. Encyclopédie industrielle. Gaulhier-Yillars, 4903.

tine comme traverses des voies. La durée de ces traverses est remarquable, elle dépasse beaucoup celle du chêne. Ce fait compense l'élévation de leur prix de revient.

Le bois de Q. blanco est surtout employé comme bois de construction, tandis que le Q. Colorado sert principalement au tannage.

S09. Crusuay. — Le pays delà Plata est entièrement plat et sans forêts. On rencontre celles-ci en avançant vers le centreetaunord; alors apparaissent des collines couvertes de forêts épaisses et do pâturages [Sierra del Haedo).

809. Paraguay. — Le Paraguay comporte deux régions : Tune, le Paraguay proprement dit, à Test, traversée par une chaîne de montagnes ; et l'autre, le Chaco, à l'ouest, couverte de forêts vierges coupées de prairies, comme dans la région du même nom de la République Argentine qu'elle continue. Ces forêts, que traverse le Pilcomayo, sont constituées surtout par des palmiers. On commence à exploiter quelque peu les richesses forestières du pays, et le Paraguay exporte une certaine quantité de bois.

Les principaux bois utilisés sont : le quebracho Colorado (voir p. 1178|, Yarayan^ pareil au buis ; le cedro et le lapachoj employés en ébénisterie, le morosimo^ le petereby^ le ciirupai, etc. Ces bois sont compacts, dit M. Demersay, leur durée et leur solidité sont remarquables. L'outil tranchant ne les entame qu'avec peine ; ils deviennent très unis sous le racloir, prennent le vernis admirablement et se laissent bien débiter en placage ; ils sont difficiles à sculpter, à cause de la compacité et de la finesse de leurs fibres, mais ils se tournent bien. Leur durée et leur incorruptibilité les rendent précieux pour la marine.

Les importations en bois ont été, en 1899, de 1.164.000 dollars (or) et les exportations d'Asuncion, de 595.000 dollars (rubrique : bois, oranges, crin).

S09. Bolivie. — Au nord et à l'est se trouvent des plaines boisées avec de magnifiques forêts où abondent les bois de teinture et d'ébénisterie avec le quinquina, caoutchouc, copahu, rocou, etc. Malgré ces richesses importantes l'activité économique y est presque nulle*

DOIS d'améhique

SiO. Pér«Ki. — Les Andes, surtout le grand plateau de la Bolivie, sont couvertes d'épaisses forêts où abondent des bois de construction et d'ébénisterie d'essences très variées. Citons . les ébéuiers, les cèdres, les palmiers, les citronniers, le rosa, le jacaranda, le noyer, le caroubier (Algarrobo) remarquable par sa dureté, le guarango. Les bois de teinture ne sont pas rares. Ces forêts ne sont à peu près pas exploitées, ce qui tient surtout à ce que les plus belles sont éloignées de toutes voies praticables dans la partie chaude de Test. Une autre raison pour laquelle les excellents bois du pays ne peuvent être coupés et préparés sur place c'est que la main-d'œuvre fait défaut. Il existe cependant quelques rares scieries et des fabriques de meubles peu nombreuses.

ait. Clitll. — La région du sud est presque entièrement une région forestière. Elle produit des pins, lauriers, myrtes^ cyprès, chênes. Ces forêts ne sont exploitées que pour les besoins locaux ; d'ailleurs, mal aménagées, elles s'éclaircissent et menacent de disparaître. L'Ile de Chiloé et TAraucanie ne sont que de vastes forêts (1).

SI*. Terre de Feu. — Ce pays appartient, par sa moitié orientale, à la République Argentine, et par l'autre, au Chili. Le nord de Vile est occupé par des pampas que couvre une herbe qui reste courte, mais la partie méridionale n'est qu^une « immense forêt-vierge d'arbres séculaires et de jeunes taillis verdoyants ; ils s'élèvent sur les montagnes jusqu'à 500 mètres d'altitude, là où ces montagnes les mettent à Tabri du vent. L'essence unique de ces forêts est le rouble (Hêtres) qui atteint de grandes hauteurs, pousse droit, et dont le tronc n'atteint jamais plus, à la base^ de 1 m. 50 de diamètre ». Le bois est employé à Punta-Arenas (ville du Chili tout-à-fait méridionale), à la construction des maisons.

Parmi les hêtres qui peuplent ces forêts, le hêtre à feuille de bouleau prédomine, puis viennent le hêtre antarctique^ le hêtre de Forster^ etc.

[\) Voir : Los basques en et pais (Les bois du pays), par Federico Albert, Santiago de Chile, 490i^

1183 CHÂPlTIiE XI. — LÀ PRODUCTION M BOIS DAxNS LE MONDE

Vlh PARTIE. - OCÉANIE

SIS. Australie. — Les contrées littorales se trouvent revêtues, jusque bien avant dans l'intérieur, par des végétaux ligneux; là où ils cessent commencent les solitudes désertes des climats sans pluies. La végétation ligneuse est caractérisée par les eucalyptus qui constituent de grands arbres, d'une part, et, d'autre part, elle se présente sous Taspect de buissons [Shrubs) et d'arbustes de la famille des Protéacées. On trouve encore en Australie des acacias et des Mimosas dont on exploite Técorce riche en tannin, des Melaleuca, des Casuarina ; quelques Conifères : Callitris, Araucaria, Dacrydium, etc. Les eucalyptus sont de beaucoup les essences les plus intéressantes de TAustralie, nous en parlons ailleurs (p. 998). On les exploite surtout dans les colonies de Victoria, de la Nouvelle^Galles du Sud et de la Tasmanie.

En première ligne, après le jarrah et le karri, viennent le tuard (E. gomphocepalus)^ le sandal Wood (Santahim cygnorum), le wandoo^ le yate^ lejamwood.

Le produit des forêts et pêcheries s'élevait, en 1894, à 150.000 livres sterling pour l'Australie méridionale et à 160.000 livres sterling pour l'Australie occidentale.

La surface des forêts de l'Australie occidentale est évaluée à 77.696 km^

L^Australie méridionale a importé en bois communs (en milliers de liv. sterl.) : 43, en 1866 ; 216, en 1876 ; 124, en 1886 ; 130, en 1894.

Les exportations de TAustralie en milliers de livres sterling

s'élèvent à :

Bois de Santal . . . 42 32 23 30 Autres bois 78 33 74 88

Le conservateur des forêts évalue le capital ligneux de la

façon suivante :

Mètres cubes

Jarrah 56.800.000

Karri 21.300.000

Tuart 426.000

WaDdoo, york gam, yate, blackbutt . 9.940.000 Total 88.466.000

Ce cube équivaut, déduction faite des frais ef déchets, à u capital de plus de 3 milliards de francs.

11 fonctionne dans les forêts de l'Australie occidentale plu de 50 scieries, occupant environ 4.000 ouvriers. Les capitau engagés par les diverses compagnies forestières se cbilTrenl i million de livres sterling, soit 25 millions de francs.

Les exportations en 1899 étaient :

Jarrah . . .

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