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BOIS RÉSINEUX

Le pin d'Alep. — C'est Tessence la plus répandue d'Algérie. Peu difficile sur le choix du terrain, on la trouve encore sur les hauts plateaux sahariens. Le bois est un bon combustible, on le recherche encore pour divers autres usages (voir p. 894).

Le pin maritime. — Cette essence est beaucoup plus rare que la précédente. Il lui faut les terrains siliceux anciens. On en trouve des forêts étendues près de Bône et du cap Berngaroni(voîrp. 896).

Le pin pignon (Pinus pinasler). — Ce pin, qui n'est très probablement pas spontané en Algérie, y est du moins fréquemment planté (voir p. 896).

Le Cèdre (Cedriis Libani). -^ Le cèdre existe en Algérie dans les régions montagneuses ; il s'y maintient dans une zone comprise entre 1.400 et 1.800 mètres où la neige persiste généralement de décembre en mai. Les forêts les plus importantes sont situées à l'est et à Touest de Batna. Tandis que le cèdre crû en France donne un bois de médiocre qualité, celui qui a végété spontanément dans son aire et dans

sa station fournit un bois de premier ordre, comme Favaîent constaté les anciens et comme le montre Tusage constant qu'en font les Arabes de nos jours.

Aux hautes altitudes qu'il habite, sa croissance est lente, les couches annuelles sont minces et à grain serré. La densité s'élève, après dessiccation, de 0,606 k 0,808 ; le cœur du bois se distingue de Taubier par sa couleur d'un brun-jaunàtre. Ce bois est très durable grâce à la térébenthine qui l'imprègne et qui d'ailleurs lui communique une odeur pénétrante et agréable quand elle n*est pas trop forte mais qui devient parfois insupportable, par suite de son intensité. Il rend de réels services comme placage à l'intérieur de meubles, à cause de cette odeur qui éloigne les insectes. Ce bois est en outre facile à travailler et ne gauchit pas (voir aussi p. 923).

Le THUYA KRTicvLt (Callitris,quad?nvalv{s)^ Cyprès de T Atlas, — Le Callitins quadrivalvis est un arbre ou arbuste à ramules abondants, grêles, presque dichotomes, verts, couverts de feuilles opposées croisées, soudées avec eux, sauf Textrême pointe qui est libre. Le fruit, de la grosseur d'une petite cerise et de couleur brun cannelle, est quadrivalve ; une efflorescence glauque-bleuâtre le recouvre.

Cet arbre ou arbuste atteint le plus souvent 5-6 mètres d'élévation, quelquefois 15 mètres ; sa circonférence est de 1 mètre en général. Il se dénude en vieillissant. Sa forme devient pyramidale ou étalée en parasol, en raison des dévastations auxquelles il est exposé dans les forêts de l'Algérie.

Le thuya articulé couvre en Algérie de grandes étendues de pays et forme des massifs boisés importants, soit seul, soit avec le pin d'Alep, l'olivier, les philarias, etc. ; il habite les pays de coteaux et les régions moyennes des grands massifs de montagne. Un sol léger lui suffit et toutes les expositions lui conviennent. Il pousse toujours très lentement.

On le trouve surtout dans le Tell oranais et algérien. La province de Constantine n'en renferme pas, mais on le retrouve en Tunisie. Il est souvent à l'état de taillis serré, car il repousse très bien de souche.

Le bois possède un aubier blanc, peu abondant, très distinct ; le bois parfait est d'un rouge -brun ; les couches annuel-

les sont assez difficiles à distinguer nettement parce qu'ellessont subdivisées en couches secondaires par des zones étroites de tissu plus coloré. Le bois est souvent abondamment imbibé de térébenthine et présente une odeur vive et caractéristique. Le grain est fin, homogène, il se travaille bien et reçoit un beau poli. II est à peu près indestructible et on Ta retrouvé dans les ruines romaines en parfait état de conservation.

On observe fréquemment des loupes souterraines sur les pieds de callitris, leur volume peut être fort considérable, et leur bois devient alors d'une grande valeur pour Tébénisterie; il présente des nuances variées et riches et peut servir au placage, à la confection des petits meubles de fantaisie ; il ne le cède alors en beauté k aucun bois exotique, même parmi les plus précieux. Le thuya était connu des Romains sous le nom de CAtrus, Pline en parle longuement et raconte la passion dont étaient Tobjet les meubles confectionnés avec ce bois. Une table de citre fut payée 1.400.000 sesterces, somme que Ton peut évaluer à 350.000 francs.

Comment se produisent ces loupes? Leur formation est accidentelle, elle résulte des incendies que les Arabes ont Coutume d'allumer pour se procurer des pâturages. Les parties superficielles du thuya articulé sont ainsi détruites à plusieurs reprises ; il en résulte la formation d'une multitude de bourgeons qu'accompagne un renflement, une dilatation en loupe des organes souterrains. On s'efforce actuellement de mettre un terme à ces procédés de dévastation, aussi les loupes deviendront-elles de plus en plus rares. 11 faut compter encore avec ce fait que leur développement s'effectue avec une excessive lenteur.

Le Callitris laisse écouler, d'incisions pratiquées à travers Técorce jusqu'au bois, une térébenthine à odeur de camphre, qui, après évaporation de l'essence, laisse une résine blanche qui est la sandaraqite. Cette résine se trouve dans le commerce sous forme de larmes arrondies ou allongées, de 0 m. 005 à 0 m. 015 de long, jaune clair ou un peu rougeàtre, souvent saupoudrées d'une poussière blanche. Elle serapproche du copal par sa dureté ; sa densité est de 1,066 ; sa cassure est vitreuse; elle se réduit en poudre sous la dent, sans se ramollir comme le mastic.

Oa utilise la sandaraque à la préparation de vernis et.

1192 CHAPITRE XI r. — BOIS DES COLONIES FRANÇAISES

réduite en poudre, elle est employée pour enlever au papier gratté la propriété d'absorber Tencre. Les papeteries livrent de la sandaraque pour cet usage.

Le cyprès \»YRk}i\iiXL{Cupressus pyramidalis). — Cet arbre, originaire de TAsie, est fréquemment planté en Algérie. Il donne un bois de construction et d'ébénisterie particulièrement estimé (voir p. 928).

Genévriers. — On trouve plusieurs espèces de genévriers en Algérie: le genévrier commun {Junipenis commtinis, Lin.) (voir p. 927) ; le genévrier nain (J. nana^ Willd.) ; le genévrier thurifère (J. thiirifera^ Lin.). Ces espèces sont rares, les suivantes sont plus fréquentes :

Le genévrier oxycèdre ou G. cade (Juniperus oxycednis)^ dont le bois fin et aromatique sert en ébénisterie pour la fabrication des coffrets, etc., ainsi que pour la confection des crayons (voir p. 927) ;

Le genévrier de Phénicie [Juniperus Phaenicea Lin.). C'est un arbre de 5-8. mètres d'élévation sur 2 mètres et plus de tour, avec des feuilles de deux sortes, les unes en aiguilles et piquantes, se développant surtout dans le jeune âge, les autres squamiformes et très petites. Le bois est à grain fin ; il est tenace et susceptible d'un beau poli ; l'aubier est blanc, abondant. Le cœur du bois se distingue bien par sa couleur d'un brun jaunâtre assez foncé. L'odeur en est caractéristique, désagréable ; sa densité équivaut à 0,675-0,918.

C'est un bon combustible donnant un charbon estimé.

un {Taxus baccatà) se trouve dans le Djurjura et TAurès (voir p. 930).

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