‹ Le boisChapitre 80 sur 140 · kilogrammes · texte numérisé non relu

kilogrammes

importations à la C6t« d'Ivoire

e conslrnclion 36.756 TraDCS

Dirent combien est rapide l'accroissement du ois de la côte d'Ivoire, dont les ressources t g'uère exploitées que depuis 1891. Malgré ce ment, le commerce des bois est loin d'y avoir ^e. C'est à peine si les forêts de la région olonie ont été entamées, celles de la région restées complètement négligées jusqu'à ce 'acajou seulement fait actuellement l'objet 1 régulière, tandis qu'il se rencontrera, sans res essences précieuses susceptibles d'être ne titre.

— A environ 50 kilomètres de la côte, en nord, on trouve de vastes forêts de palmiers liers, mais la région des forêts vierges ne c les premières ramifications des montagnes

|ui habitent ces forêts sont de natures fort ter:

très abondants, propres au pavage; ils sont ommerce et comprennent le ronter ou pa/ont le bois très dur sertA toutes lesconstrucl'arbre est désigné sur la côte sous le nom •es commun du côté du Lagos, c'est-à-dire t.

ite:

it le tronc atteint de gigantesques diamèou bomhax à laine ; le dragonnier ; le rocco li ressemble au cbêne et peut être utilisé ; le manglier inattaquable par l'eau de mer ; in fin et serré, plus lourd que l'eau, blanc à ient rougeâtrc au contact de l'air lorsqu'on haie, lorsqu'on le rApe, une odeur analo-

gue à celle du palissandre ; le mancone ; le gommier Bursera) ou gomniart^ qui existe surtout dans le haut Dahomey où manquent d'ailleurs les palmiers à huile, il donne la gomme copale ; YAvicenna^ grand arbre toujours vert abondant au bord des fleuves ; le jnyrsine (Melanophloeos) qui atteint 16 et 18 mètres et donne un bon bois de charpente.

Citons encore : le Grewiamelocarpa,le Schmidelia af ricana^ bois d'ébénisterie ; le Blighia Sapida ; le Touloucouna dont Técorce est riche en tannin; le Pandanus qui atteint 20 mètres de haut et dont les fibres sont employées comme textiles ; le rhat ; le tamarinier géant ; \e jacquier ou arbre à pain dont les fibres sonttrès résistantes et peuvent constituer une substance textile; Teucalyptus ; des acacias comme Yacacia gommier ; le robinier ; le raphia qui sert à faire des meubles légers et donne aussi des fibres textiles ; le cossoué qui donne une sorte de gomme laque ; le palétuvier qui existe sur le littoral et les bords des lagunes. Outre ces arbres donnant du bois, plusieurs autres produisent des fruits comestibles : manguiers, citronniers, orangers, goyaviers, cocotiers, pommiers acajou, pruniers de plage, corossoliers, etc.

L'arbre qui donne le plus grand rendement est le palmier à huile, dont Thuile, extraite des amandes, est la principale richesse du pays. Cet arbre précieux fournit beaucoup d'autres produits utiles dont nous ne pouvons parler ici ; ajoutons cependant que le tronc est utilisé pour les constructions, et ses fibres, très flexibles, sont employées pour la confection des cordages.

Le kolatier^ outre «on fruit utilisé en médecine et qui est l'objet d'un commerce assez important, donne un bois apprécié dans la construction ; son odeur a la propriété d'éloigner les insectes.

Citons encore parmi les arbres du Dahomey, utilisés pour d'autres produits que le bois: le cocotier y près de la côte et le long des fleuves ; la pulpe séchée du fruit {coprah) sert à Textraction d'une huile qui se fait en Europe ; le karité ou arbre à beurre qui est trrs répandu dans la région des Mahis et du haut Dahomey ; on extrait de ses fruits une sorte de graisse. Les arbres et lianes à caoutchouc abondent au Dahomey ; citons une liane appelée foré (Landolphia owariensis); mais ce produit est encore peu exploité au point de vue commercial.

CONGO FRàNÇllS lïlV

planteurs de AVbydah préconise la culture cbouc {Manihot Ghsiovii) qui parait donner

les moyeiiH de communication et de transé, en t899, la création d'une voie ferrée de ) kilomètres de longueur. Cette li^e par- >our aboutir A Tchaourou, en traveraaiit les irtiles du Dahomey. Cette nouvelle voie de isera certainement la mise eu valeur des ^esde la colonie (1).

IntportBtionB sa Dahomey

Quanlilés Sierra

Valeurs

Fnnci

SÎ.SÏB 14.805 26.619

d des exportations de bois d'ébénisterie des nçais de la côte occidentale d'Afrique (9), spréeentait une valeur de près de 2 millions

— Képartitio» des fobéts. — Le e parait guère le céder à la Guyane, écrit u point de vue de la richesse en bois variés et

emprunté» Hurtout au rapiiort du jurv international de

Classe 50), rédigé |iHr M. E. Voelckel.

, Guinée frant^ise, Cûte d'Ivoire et Golfe de Bénin.

;cnéral (lu Commerce, 190i, publié par la Direction

Directeur du Laboratoire colonial au Muséum, a été me mission d élude au Congo, au cours de laquelle il a loeumenis sur les produits vcgélauxdu pays, et notam- )us empruntons la plus grande partie de cette étude A Dinle, paru dans la Iteeae généiaie dtt Sciencti (nov. poque, ce savant a continué ses rechercbes sur ce sujet cation des bois du Congo dans le BuiUlin du Miuemu

précieux. Notre colonie possède, en ejffet, des forêts immenses qui s'étendent à peu près parallèlement à la cMe du nord au sud. Au niveau de Loango, la limite de la forêt se trouve à environ 40 kilomètres dans les terres; mais à partir de Mayomba, en remontant vers le nord, la région forestière vient aboutir à la mer et s'étend vers Tintérieur jusqu'à plus de 100 kilomètres de la côte. Des cours d'eau larges et profonds ou des lagunes immenses, comme celles de Mayomba, de Setté-Cama et du Fernand-Vaz, constituent autant d'artères importantes qui mettent la région forestière en communication avec la côte. Principales essences ligneuses. — Des arbres gigantesques, au tronc colossal, dressent leurs cimes altières au-dessus des habitants plus modestes de la forêt, tandis que des multitudes de lianes montent du sol, enlaçant le tronc des arbres et contribuant souvent à maintenir Téquilibre de ces végétaux séculaires.

Au nombre des géants de la forêt tropicale, il faut citer le Moâbi (Baillonella) dont le tronc atteint souvent 2 mètres à 2 mètres 50 de diamètre à un mètre au-dessus du sol, et se dresse verticalement jusqu'à 30 ou 35 mètres. Son bois serré, un peu rougeàtre, conviendrait merveilleusement à de nombreux ouvrages d'ébénisterie et il serait facile dans certaines régions de s'en procurer d'énormes quantités, en particulier dans la vallée de Kouilou.

L'occoumé ou okoumé (Burserà) tient aussi une place importante dans les forêts du Congo ; c'est dans le tronc de ce bel arbre résineux que les indigènes creusent habituellement des pirogues dont la largeur peut atteindre jusqu'à 1 m. 50 et 1 m. 60. Les commerçants de la côte expédient une certaine quantité de ce bois en Europe. L'occoumé du Congo était coté sur la place de Bordeaux, en septembre 1903, de 7 à 12 francs le kilo.

Les Cynomelra abondent au bord de certaines lagunes, leur cœur rouge rappelle de très près le bois de rose; oa trouve aussi le coula {koumounoti des Loangos), à bois rouge brunâtre très dur, mais se travaillant bien cependant; le palétuvier rouge {Rhizophora) constitue des forêts immenses au

d'histoire na/wreZ/g (Paris) (voir: no 2, i 903) ; celte publicalion est peu avancée. Nous renvoyons le lecteur, curieux de se documenler sur ce sujet, à là suite de ce travail.

CONGO FRAXÇAia 1221

bord des lag^unes et des cours d'eau au voisiaage de la mer ; lo m Bimo {.\fimusop.s) eal fréquent près de la mer; les bois rouges employés en teinture: {Plerocarpus et Baphia), VEvino (Vitex);VOguiaguia {Haronga); VAdjoàga (Attbrga)', YOdjengé; le mangi, semblable à un très beau bois de noyer; le kondjo (Ficus) rappelant le bois de robinier : le bois jaune, i'Oba (li-vinga gabonensis H. Bn) dont le bois de couleur gris&lre a quelque ressemblance avec le teck. C'est un grand arbre de 23 à 30 mètres, à feuilles simples avec de petites fleurs odorantes,eD grappe, blanches ou jaune pile {fara. des Simarubacées) ; il est très commun, on le trouve depuis la cdte jusqu'à l'Oubangui. Il a quelque peu l'aspect extérieur du chêne et possède une écorce grise. Le bois est caractérisé par des couches atternai.tes concentriques de parenchyme et de fibres, ces dernières couches plus épaisses que les premières, elles ont o à 8 assises et les libres qui les constituent sont h contour arrondi et k membrane très épaisse. Les rayons médullaires sont à une ou deux assises de cellules, leur écartement est de 0 mm. 12 & 0 mm. 14. Les vaisseaut sont rares, soit 2 ou 3 par millimètre carré en moyenne. Ils sont isolés, chacun d'eux est entouré de cellules à paroi mince ; les plus grandes ne dépassent pas 2o0 ;a. Au CoDgo les indigènes utilisent souvent le bois de rOba, du moins à la cOte; il pourrait être employé en raison de la finesse de son grain, pour la fabrication des meubles, malheureusement sa couleur grisâtre n'en fait pas un beau bois d'éfoénisterie.

Uezigo, bois de corail ou santal rouge d'Afrique ou encore acajou rouge {Plerocarpus erinaceuy) ; le tronc d'une très belle couleur vive est employé en ébénisteiie ; les branches servent à faire du bois de teinture rouge santal. Cet arbre se trouve dans tout le Mayombé.

Citons encore le Pendjti; i'Okoûra, semblable à de l'acajou UDpeu p≤ le Dina, braaettrèsàar;le Boiinzi (Penladesma); le N'gulu-Maza (1) et un très grand nombre d'autres prvsentaut les textures et les teintes les plus variées,

A cMé de ces nombreuses essences, dont la plupart ne

<l)R.dc Vildemann, « Noies sur le N'gulu-Ma/.a, bois (l'ét>énistcric rt <le construction du iMS-CoRgo ■ . {Ittoiie des cultures colonialei, I. I\, n" 80, S juillet 1901).

1S22 GHAPITRK XII. — BOIH DR8 COLONIES FRANÇAISES

demandent qu'à être connues pour prendre une place des plus honorables parmi les bois d*ébénisterie, il convient de signaler à part VOkalanga et le Novéro du Fernand-Vaz , qui, par la nuance de leur bois et la finesse de leur grain, paraissent se rapprocher extrêmement du buis. Si l'on réfléchit que ce dernier devient assez rare et qu'il n'est guère possible de s'en procurer des troncs de grande taille, et que cependant l'industrie française en importe annuellement pour des centaines de mille francs, on conviendra qu'il serait sans doute utile de faire connaître TOkalanga et le Novêro, arbres de grande taille dont le bois pourrait sans doute remplacer le buis dans la plupart de ses usages.

La section du Congo à Texposition d'Anvers a eu l'heureuse idée d'exposer de très beaux meubles fabriqués uniquement avec des bois du Congo de nuances variées, dont la nouveauté tranche heureusement sur la monotonie des essences connues dé tous et consacrées par un long usage. Disons tout de suite, d'ailleurs^ que les forêts du Congo recèlent non seulement des essences propres à l'ébénisterio, mais encore des bois pour tous les usages : pavage des rues, charpente, ouvrages de sculpture et de gravure, etc. ; les uns légers comm« du liège, les autres très denses au contraire; les uns appartenant à \b, catégorie des bois blancs^ les autres présentant les colorations les plus diverses, telles que le gris noirâtre, le jaune, le brun foncé, le rose, le rouge, etc. Nous sommes persuadé, dit M. Lecomte que nous continuons à citer, que l'étude micro* scopique de tous ces bois fournira l'occasion d'établir des comparaisons intéressantes avec les essences indigènes et avec les bois exotiques déjà connus.

Le Congo fournit aussi une quantité notable de caoutchouc produit par des lianes exploitées dans tout le Mayombé, Co sont : le Landolphia Klainii (Fouti) et une espèce nouvelle* ment décrite sous le nom de Pierrei; un ficus, le Ficus Vbgelii ou Dop mâle, qui produit un latox donnant un caoutchouc de moindre valeur.

On peut également trouver au Congo des écorces pour le tannage; M. Lecomte cite, à ce point de vue, le palétuvier du Congo dont l'écorce contient, d'après les analyses de M. A. Hébert, 16,9 0/0 de tannin, c'est-à-dire plus que nos meilleures écorces de chêne. On pourrait trouver beaucoup d'autres

m»QO FRANÇAIS t%i3

i» de diminuer l'espace, donner des produits j^e, on peut ciler notammeat le bois roug^e le Kolatier et certains Copaifera.

IX bois donnent des matières colorantes qui ! utilisées poqrla teinture, et qu'emploient sur i:nes. Les genres Plerocarpux et Baphia tiennent ; et fournissent tin bois rouge très riche en lie (1). La colonie exporte déjà une quantité }ois rouge (voir le tableau statistique, p. 1223). de Cœloclyne polycarpa et les racines de 1 Planchonii Hook. donnent un colorant jaune te des arbres à bois jaune dont l'écorce sert h. ne. Les colorants noirs sont fournis par des un gardénia {Gardénia mellifera, Benth.). >ons quelques mots sur une espèce naturalisée

eradach est fréquent au Congo et dans l'Afriugénéral, maisil ya été introduit, comme dans régions tropicales. C'est un arbre d'une quatds de hauteur, JL cime se recouvrant de fleurs acé, ce qui le fait appeler dans certaines régions ipendant » Litas des Falls ». Cet arbre semble Himalaya. Les usages en sont multiples; nous iment de son bois. Il est jaune blanch&tre ou listant; les cercles annuels apparaissent en brun donne de très belles veines. Le grain en est iceptible d'un beau poli avec des reÛets d'un j.Cebois peut être employé en menuiserie et on r il ne se fend guère; on peut l'utiliser égalebrication des instruments de musique: il parait dans ce but en Chine et au Japon.

!r que l'on rapporte, peut-être à tort, certains inique à cette espèce, mais ils sont mous et s seulement pour le chauffage.

alorante rouge qu'emploient le» indigènes sous le nom de :nt des PUiocarpus cabiae de Wild. et lineloriut Welw. et espèces encore, mais non du Pleroearpuë tantalinoidn, <n l'a ct^ géncralemeni, car celle espèce, commutie dans Sierra-Lcone, la Guinée el â Fernando- Po, n'a pas été en- Congo (voir sur ce sujet de Wlldemann : « Le N'Kula n teue det euUure» eûtoniala, lOOS, tome II, p. 43).

1S36 GHAPrTRR XI(. — BOIS DRS COLONfES FRANÇAISES

Là Règlement ATioii de l'exploitation forestière au Congo. — Des décrets du 28 mars et du o septembre t899 ont réglementé Texploitation des forêts au Congo français.

Ces décrets font certaines réserves concernant l'exploitation ayant pour but d'empêcher la destruction complète des forêts existantes. Nous signalerons les suivantes:

Le premier paragraphe de l'article 4 dit: «Il sera fait réserve de tous les arbres qui n'auront que 1 mètre de tour et au-dessous, mesure prise à 1 mètre du sol », et plus loin : qu'il est interdit de déboiser ou de défricher les versants des mon* tagnes offrant un angle de 35^ et au-dessus. D'autres réserves sont faites pour tous les arbres à latex et pour la récolte des écorces tannifères ou tinctoriales, des gommes, résines, caoutchoucs et gutta-percha, qui devra se faire sans détruire les végétaux producteurs.

Afin d'éviter la disparition des essences précieuses ou seulement leur diminution, l'exploitant devra faire planter chaque année, à ses frais, un nombre de plants de même essence ou d'une essence aussi riche, au moins double de celui des arbres abattus dans le cours de Tannée. L'exploitant sera tenu également de planter annuellement un nombre d'arbres ou de lianes à latex qui ne sera pas inférieur à 150 pieds par tonne de caoutchouc ou de gutta récoltée dans Tannée.

Excellentes en elles-mêmes ces prescriptions étaient d'une application difficile dans des régions où Tautorité administrative est à peine représentée et où les agents techniques font défaut. C'est pourquoi le second décret édicté que le Code forestier du Congo ne sera rendu applicable que progressivement dans les différentes parties de la colonie, « suivant le progrès de la pénétration et de l'établissement effectif de Tautorité française sur les populations indigènes ». Des arrêtés locaux prescriront cette mise en vigeur successive.

no. Madasasear (1). — Généralités. — Des renseigne* ments qui ont pu être recueillis jusqu'à ce jour il semble résulter que la superficie boisée de Tile varie entre 10 à 12 mil-

(1) Les documents que nous publions sur Madagascar proviennent en partie de la notice publiée en 4902 par le Ministère des colonies sur « Les productions de Madagascar », nous en avons généralement reproduit intégralement le texte.

■AnAflAlCAB tS97

res représentant ftiasi ft peu près le cinquième de totale.

de l'Ile ont une physionomie différente selon ta les «ont assises, et on peut les classer en trois ii'il s'agisse de la côte est ou de la côte ouest : ■es; forêts des régions moyennes, de 200 à 800 itude; forêts des régions supérieures, de 800 à i d'altitude.

itaté que si l'on parcourt les forêts, en allant du par exemple, et en se tenant à wne même altiibserve que peu de variation dans la constitution lents forestiers, et on trouve dans le voisinage de n, à l'état spontané, à. peu près les mêmes essen- !S qui constituent les forêts de la province de t.

t les conditions de climat et de sol au point de ■ sont sensiblement les mêmes entre les 1 2' et 35' i latitudes.

li n'a pas son correspondant dans l'hémisphère u moins pour l'Europe, mérite d'être signalé ; tgéuéité que l'on eonsiate en allant du nord au »e se maintient pas dans les peuplements foresmarche de l'est à l'ouest ou inversement. Là, en de vient jouer un rôle important, et des différences listent entre les forêts câtières et celles des hauts faut ajouter que les différences, dont il s'agit dans sn des peuplements, ne s'accusent pas nettement le déterminée, et ce n'est qu'insensiblement, au !8ure que l'on monte ou que l'on descend, que lences disparaissent pour faire place k d'autres. ie vue économique, c'est-à-dire de la richesse en euse, les forêts do l'Ile sont loin d'avoir ia même et, à cet égard, on peut également les diviser en ries distinctes d'égale étendue.

L que :

I millions d'hectares de forêt sont aujourd'hui & omplètement ruinés par suite d'abus dans les s et de défrichements ininterrompus, t millions d'hectares comportent encore tous les me régénération naturelle judicieuse en bois pré-

cieux, mais ne possèdent qu'un matériel très réduit de bois exploitables.

3<» Enfin, le dernier tiers de Té tendue des forêts insulaires est représenté par des peuplements très riches en bois, les plus remarquables des régions intertropicales.

Les forêts de Tlle sont très inégalement réparties à sa surface, et, d'une façon générale, le versant est est beaucoup plus riche que le versant ouest. Le nord de l'iie, à partir du 17" parallèle, étant lui-même bien mieux favorisé au point de vue forestier que le sud et, de tous temps, au point de vue de l'exportation, c'est dans le N.-E. et le N.-O. de l'Ile que se sont localisées les grandes exploitations.

Forêts côtières. — Les forêts situées dans le voisinage de la mer revêtent à peu près toutes, sur lac6te est notamment, un caractère uniforme, avec cette nuance que les bois précieux paraissent plus abondants dans le nord que dans le sud. La plupart d'entre elles sont peu étendues, séparées par des vides évidemment dus au déboisement. Elles se caractérisent par la présence de certains végétaux supérieurs qu'on ne trouve que là, tels que VHymenœa verrucosa, VAfzelia bijuga, le Termi" nalia catappa^ le Tanghinia venenifera^ le Casuarina equisetifolia ; puis des Ebènes. des Palissandres^ du Bois de rose, de V Acajou j des bois de construction comme les NaiOy Nanlo^elc. Comme essences secondaires par leurs dimensions^ on trouve des arbres ou lianes à caoutchouc du genre Landolphia ou Alstonia, quelques Nahéas, et une liane rapportée récemment au genre Hancornia, qui d'ailleurs, produit un des meilleurs caoutchoucs de la côte est. Les peuplements de ces forêts, dont les contours gracieux rappellent les parcs les mieux compris, renferment en outre plusieurs variétés de Pandanus, des palmiers au feuillage élégant, et le tout est très souvent surmonté par l'arbre du voyageur dont le panache en éventail flotte au-dessus de la forêt et donne au tableau un caractère bien spécial.

Au point de vue forestier, les forêts du littoral ont une importance réelle, car, d'une part, elles contiennent des essences qui ne pourraient pas se développer ailleurs, étant donné que leurs racines pivotantes demandent un sol profond qu'on ne trouve pas en dehors de la zone maritime, et, d'autre part, elles constituent un puissant rideau de protection contre la violence des vents.

ÈGiONs MOTESNES. — Lcs foréts de» régions de le, qui, comme dans le voisinage de la baie paoouissent presque jusqu'à la c6te, sont de ità l'étendue et à la richesse des peuplements, antes de l'Ile.

successifs, elles s'élèvent dans l'intérieur de j 700 ou 800 mètres d'altitude et renferment, Técieux qui se trouvent eux-mêmes dans les de noDibreux bois durs et d'une belle coloral'industrie européenne ne s'est pas encore e des difficultés d'exploitation et de transport it les forêts dont il s'agit, isance ou l'analyse des nombreux végétaux luplfiut ces forêls n'a pu encore être faite, faute ers en nombre suffisant ; mais il est de la plus jue te jour où les forêts des régions moyennes es par des voies de transport, l'industrie des ins leur sein des ricbesses ignorées, iltitude déterminée, les forêts du N.-O. de l'Ile isiblement à celles de la c6te est ; mais, à parèle, les forêts de ta cAte ouest diCTèrent beau- ■ aspect et dans leur composition intime, de it est.

I effet, sur la côte est, la dominante est formée Qérale par la famille des Fougères, elle apparineuses sur la côte ouest. De là, un aspect très la physionomie des forêts : aux premières, e est nettement persistant, un aspect liant et lux secondes, en raison même de la caducité a plupart des Légumineuses, un aspect sévère spect qui s'accentue d'ailleurs au fur et à I descend vers le sud où aux Légumineuses e nombreuses Euphorbiacées, des Adansonîa, fthère, qui donnent aux forêts un aspect sou-

>s essences que l'on peut citer, parmi les mieux :s forêts des régions moyennes on trouve : le Tambaribarisa ; le Sobihy ou Sodindranto,

ées : les Lalona, à grandes et petites feuilles^

1230 CHAPITRE X\U — BOIS DES COLONIES FRAr^ÇÀISES

qu*on trouve pour ainsi dire partout à Madagascar, le Hasomena.

3° Légumineuses : le Yoamboana et plusieurs autres spécimens du même genre qui ne sont autres que des palissandres (1), le Harahara un des bois les plus durs de l'ile avec des teintes remarquables, le Yolomborona.

4° Malvacées : le baobab ou bontono, le varo.

5^ Guttifères ; le ramy, un des spécimens les plus remarquables de la famille, le foraba et le vintanina.

6^ Cblœnacées : le fotona et le anjananjana.

7° Taccacées : le tavolo.

8^ Conifères : le betatra, le seul représentant de cette famille à Madagascar.

9^ Urticacées : le fanidy et trois ficus.

10^ Euphorbiacées : le tapia, le voapaka.

iV Protéacées : le vivaona.

12^ Monimiacées : les diverses variétés d ambora, dont plusieurs rappellent le santal.

13° Loganiacées : le lambinina et le valanirana.

14° Ëbénacées : trois ou quatre variétés de diospyros (ébène noir (2), vert, panacbé).

15^ Rhizophoracées : le hazomamy.

(1) L'origine botanique du palissandre de Madagascar est le Dalbergia Baroni. On ne peut encore apprécier complètement le palissandre de Madagascar. Les difficultés de transport dans 1 lie n'ont permis jusqu'à présent renvoi que de pièces de petites dimensions. La couleur en est généralement moins belle que celle du palissandre du Brésil et beaucoup de billes sont piquées .

(2) Le bois d'ébène est généralement produit par des Diospyros (Ëbénacées). On en connaît 24 espèces à Madagascar, mais on ne sait pas très bien encore lesquelles donnent l'ébène du commerce. Il y a cependant près de vingt ans que des exportations d'ébène ont lieu de la côte ouest de Tile. Ce serait aujourd'hui surtout une compagnie allemande, la Deutsche Ost' Africa Gesellschafi, qui s'occuperait de ce commerce. D'après M. Jumelle et M. Perrier de la Bathie, l'ébène de Madagascar (côte nord-ouest) pro* viendrait surtout, sinon exclusivement, du Diospyros Perrieri Jumelle.

La Deutsche Ost-africa Gesellschaft achète ce bois 40 fr. les 100 kUos.

L'arbre se trouve principalement dans les forêts rocailleuses et sur le bord des torrents.

Voir à ce sujet : H. Jumelle, « Les forêts et les essences forestières exploitables à Madagascar (Congrès national des sociétés françaises de géographie, Marseille, sept. 1898) et du môme auteur, « L'arbre à ébène du nord-ouest de Madagascar » in Hev. dés cuit, col., t. X, 1902, p. 335.

NADAGASCAR 1^1

: les diverses espèces de vanana, le hazoD-

s : le Dalo et le nanto.

: : Le vapoagy (deux ou trois espèces), 8 : le mei-aiia.

: le rotra.

acées : le mabibo ou acajou & pommes, icées : le bongo.

IONS riLEvËRS. — Les forêts des régions élevées senter environ le quart de la superficie boisée ip, sur les confîns du plateau central, sont eo dans la zone inférieure, leurs peuplements uconp d'essences semblables à celles des >n moyenne ; mais, au fur et à mesure qu'on se modiBe peu à peu, et la dominante parmi

plateau central appartient à la famille des plus d'acajou, plus d'ébèae, plus de bois de rt des bois sont de qualité médiocre, k l'exceps diverses espèces de lalowa, de hazomena, ratra, de ramy et de harahara, qui sont de istruction.

sol très accidenté, l'exploitation de ces forêts ciles. Situées d'un autre cdté dans une région ne en permanence, elles sont envahies par de (-bois, par des lianes sarmenteuses, qui en tration des plus laborieuses ; mais leur proxies grands centres du plateau central, où la [>ulation est plus grande que partout ailleurs, ises malgré leur pauvreté relative, et leur tbodique. lorsqu'il y aura des voies de commera certainement des bénéfices à ceux qui t.

T EXPORTATION. — Commeon l'a vu par le coui-t ^dc, les forôts de l'Ue possèdent les produits

dont beaucoup n'ont pas encore été l'objet in rationnelle.

des anciennes lois malgaches, les populations devaient, en principe, enlever aucun produit au plus tolérait-on, dans la loi de ISSI^l'enlè-

^j. ht*'

vement des bois nécessaires aux usages domestiques et notamment ceux propres à la fabrication du charbon.

Malgré ces défenses, purement platoniques, les populations riveraines des forêts puisaient dans leur sein, non seulement les bois nécessaires à leur existence propre, mais encore tous ceux qui alimentaient les marchés voisins. A côté de ces exploitations, il en existait d'autres qui théoriquement étaient faites par des étrangers ayant obtenu du gouvernement local, moyennant certaines redevances, un droit d'exploitation sur des superficies boisées ayant quelquefois 40 milles de côté.

Ces concessions étaient généralement consenties pour une durée de dix années et^ en dehors de quelques banales restrictions qui étaient formulées dans les contrats, aucune condition touchant h Tavenir des forêts n'était imposée aux concessionnaires ; aussi les forêts qui ont subi ce régime depuis plus d'un demi-siècle sont-elles aujourd'hui presque toutes appauvries, sinon ruinées.

La plupart des concessions de l'époque sont aujourd'hui caduques, et les nouvelles concessions qui peuvent être consenties en faveur des particuliei*s ou des sociétés qui en font la demande le sont en vertu d'un arrête local du 3 juillet 1897, qui réglemente les exploitations forestières et dont les principales dispositions vont être reproduites dans le décret à intervenir sur le régime forestier de la colonie.

Actuellement les exportations qui avaient subi le contrecoup de la guerre de 1895 ont repris leur cours ordinaire et, d'après les statistiques, le chiffre des exportations en matière forestière se traduit :

Pour 1897, par 1.266.395 francs.

— 1898, par 1.803.270 —

Parmi les produits exportés qui ont la plus grande valeur, il faut citer en première ligne le caoutchouc (1) dont deux variétés, notamment celles produites par le voahena et Tintisy,

(1) Les végétaux qui produisent le caoutchouc à Madagascar sont : en première ligne, le Voahena [Landolphia Madagascariensis), liane qui existe sur toute la côte est; l'inlisy (Euphoy^hia Intisy), au sud de Tullear à Fort-Dauphin (il a été malheureusement saccagé). A titre secondaire on peut citer encore : le Lombiro {Cryptoziegia Madagascariensis) ; le Bokahaly ou Bokabé {Marsdenia verrucosa) ; le Landolphia Pem'eri H. Jumelle) qui vit dans les endroits secs et les broussailles; divers Mascarenhasia, etc.

fr.

peuvent rivaliser avec les meilleurs produits similaires du monde entier. Le prix de ces deux variétés atteint couramment en Europe de 6 à 8 francs le kilogramme. D'une façon g'énérale, les prix des différents produits forestiers rendus dans les ports secondaires de la côte, tels que Yohémar, Antalaha^ N'Gontsy, etc., sont de :

La tonne de bois de rose, en billes d'ébène —

— de palissandre —

— d'acajou — Le mètre carré de planches, environ

— courant de madriers .

— — de charpente .

Le millier de bardeaux

Le kilogramme de caoutchouc . • .

— de cire animale. . .

— de gomme copale . .

— de fibre de kafia . .

Ces prix sont majorés dans les grands ports, tels queTama-

tave, Diégo-Suarez, Majunga, etc., ouverts à l'exportation directe : 1^ de la valeur du fret et des prix d^embarquement et de débarquement, qui sont en moyenne de 30 à 40 francs par tonne ; 2® du bénéfice du traitant qui varie selon les localités et les conditions de l'offre et de la demande.

Après le caoutchouc, le produit tiré des forêts qui a le plus d'importance, dans les exportations de l'année 1898^ est la cire brute dont il a été parlé précédemment. Viennent ensuite les bois d'ébénisterie (bois de rose, acajou, palissandre, ébëne, etc.) pour 111.000 francs, enfin les bois divers représentent environ 20.000 francs.

Un grand nombre des végétaux forestiers, en dehors de ceux qui donnent du caoutchouc, sécrètent des latex, résines, oléorésines, qui ne paraissent encore avoir été soumis à aucune analyse.

Quelques-uns de ces produits donnent déjà lieu à un commerce qui pourrait certainement être plus actif. La gomme copale est dans ce cas ; jusqu'ici elle a été récoltée par les indigènes qui la ramassent au pied des arbres, doù elle est tombée pour ainsi dire goutte à goutte. Il existe de véritables

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forêts dans la zone maritime, presque exclusivement compo« sées de copaliers. Il est certain que si ces arbres étaient traités méthodiquement, on obtiendrait un produit beaucoup plus pur et en plus grande quantité que par les procédés primitifs qu'emploient les indigènes.

La gommc-gutte parait exister dans les forêts de la région moyenne, et comme la famille des Sapotacées semble largement représentée dans la flore insulaire, il ne serait pas étrange qu'on découvrit un jour des produits voisins de la gutta-percha ou la gutta-percha elle-même.

Les procédés mis en œuvre par les indigènes pour la réalisation des produits de la forêt sont des plus déplorables car, d'une part, appliqués sans aucun souci de Tavenir^ toutes les forêts vont en périclitant et, d'autre part, les produits livrés au commerce sont défectueux, mal préparés et souvent, comme pour le caoutchouc, contiennent des impuretés en quantité telle, que leur valeur en est considérablement réduite.

Sur ce point, toutes les améliorations sont à réaliser et il semble qu^on y parviendra facilement, lorsqu'on aura localisé les exploitations qui, il faut Tespérer^ seront bientôt dans les mains des Européens, et qu'on aura organisé une surveillance technique dont le besoin se fait partout sentir.

A ce prix, les forêts de la grande lie pourront donner des bénéfices certains à la colonie et aux particuliers ou sociétés qui en tenteront l'exploitation.

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